FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires 11/00 - MALI (6 novembre)
Les pluies ont été dans l'ensemble bien réparties et régulières en juin, juillet, août et septembre dans les principales zones de production. Les pâturages sont en général abondants. Des oiseaux granivores ont été signalés dans les zones rizicoles bordant le fleuve Niger et des traitements ont été entrepris. Des invasions localisées de criquets ont également été observées. Des criquets pèlerins avaient été signalés en septembre dans le nord de l'Adrar des Iforas, notamment entre Tessalit et la frontière algérienne, et dans l'ouest de l'Adrar des Iforas au début d'octobre. Plusieurs essaims pourraient commencer à se former et, avec l'avancée de la saison sèche, migrer plus au nord, vers l'Algérie méridionale, ou au nord-ouest vers le nord de la Mauritanie.
À fin octobre, une mission conjointe FAO/CILSS d’évaluation des récoltes a estimé la production céréalière de la campagne 2000 à 2 386 300 tonnes. Ce volume est inférieur de 17,5 pour cent au record de l'année précédente (2 893 600 tonnes), mais reste très proche de la moyenne des cinq dernières années. Deux récoltes records consécutives, en 1998 et en 1999, ont permis aux agriculteurs de reconstituer leurs stocks. Ceux-ci ont été estimés à 520 000 tonnes par les services statistiques. Les stocks de sécurité nationaux se situent également au niveau recommandé de 35 000 tonnes (plus 25 000 tonnes potentielles en considérant le stock de sécurité "financier"). Avec les réserves des négociants et d'autres organisations, le stock existant permettait de couvrir les besoins de consommation du pays pendant plus de trois mois, avant la récolte de l'année en cours. La situation des approvisionnements alimentaires est donc satisfaisante. Certaines zones pourraient toutefois être à risque de pénurie alimentaire par suite de mauvaises récoltes, notamment dans les régions de Mopti, Gao, Kidal, Tombouctou et au nord de Ségou. Les prix des céréales devraient augmenter dans ces zones sous l'effet d'un affaiblissement de la production et d'une demande accrue de la part des pays voisins, le Burkina Faso et le Niger, qui ont engrangé des récoltes inférieures à celles de 1999.