FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires 11/00 - OUZBÉKISTAN (6 novembre)

OUZBÉKISTAN (6 novembre)

Une mission FAO/PAM qui s'est rendue dans le pays au mois d'octobre a observé qu'il fallait s'attendre à un déclin du volume récolté tant en blé qu'en coton, par suite d'un déficit en eau d'irrigation dû à un hiver doux et à une mauvaise gestion des ressources hydrologiques. La sécheresse a eu des conséquences catastrophiques pour l'agriculture dans les régions en aval du fleuve de Amu Darya, la région autonome de Karakalpakstan (KK) et de Khorizem, mais en particulier celle de Karakalpakstan.

Dans le KK, la récolte de blé de 2000 – qui avait été semée en septembre/octobre 1999, échappant aux pénuries d'eau du printemps dernier – a été bonne (95 000 tonnes); cependant, la production de la récolte de printemps a été réduite de 35 à 90 pour cent en fonction du type de culture. La pomme de terre a pratiquement été anéantie, tandis que le riz, le maïs et d'autres productions céréalières de printemps ont chuté de 80-90 pour cent, et la plupart des autres cultures (coton, fruits, fourrage) sont réduites de moitié ou d'un tiers. Enfin, les cultures des fermes d'État comme celles des parcelles familiales, essentielles à la survie, ont été touchées.

Dans la région de Khorizem, la pénurie d'eau d'irrigation a également entraîné des pertes de récolte, mais dans une moindre mesure que dans la région de KK. Selon les indications reçues, la récolte de blé 2000 serait proche de la moyenne, mais le volume de riz obtenu risque de tomber de moitié par suite des réductions d'emblavures et des baisses de rendement, tandis que la production de coton devrait subir un recul d'environ 25 pour cent.

À l'échelle du pays, les céréales d'hiver ont moins souffert des pénuries d'eau qui ont sévi le long du fleuve Amu Darya en été que, par exemple, le coton; cependant, les céréales de cultures pluviales ont été touchées. Selon les rapports officiels, la production globale de blé de 2000 s'établirait à 3,4 millions de tonnes, dont 3,1 millions de tonnes provenant du secteur étatique et 300 000 tonnes des parcelles familiales. Compte tenu du volume réduit des récoltes de riz et de céréales secondaires de printemps, la récolte céréalière de 2000 restera probablement en deçà des 4 millions de tonnes, et sera donc inférieure d'au moins 10 pour cent à celle de l'an dernier. Selon les indications préliminaires concernant le coton, culture d'exportation majeure grâce à laquelle le pays finance les importations de blé et de machines, la production devrait tomber à environ 3 millions de tonnes, contre 3,6 millions de tonnes obtenues l'an dernier. L'augmentation des cours mondiaux du coton devrait compenser en partie la baisse du volume obtenu.

Les importations de denrées alimentaires ont décliné au cours des dernières années, d'une part en raison de l'augmentation marquée de la production céréalière, notamment du blé, mais aussi en raison du fait que les importations ont fait l’objet de restrictions afin de réunir un maximum de capitaux pour la création d'industries de remplacement des importations. Cependant, on prévoit que les besoins d'importations de blé augmenteront en 2000, passant à 800 000 tonnes, et qu'il faudra transférer des volumes supérieurs à la normale au bénéfice des populations affectées par la sécheresse. La production globale de riz devrait chuter brutalement. La majeure partie des importations céréalières sera traitée commercialement; cependant, le gouvernement a réclamé et reçu 38 200 tonnes de blé dur destiné à la production de pâtes alimentaires. Les restrictions budgétaires pourraient entraver les moyens dont dispose le gouvernement pour venir en aide aux populations touchées. Des allocations de sécurité sociale sont versées régulièrement. Cependant, par suite des restrictions financières, elles ne suffisent pas à couvrir les besoins.

Les populations du KK éprouvées par cette situation ont besoin d'assistance. La pénurie d'eau d'irrigation a affecté la sécurité alimentaire, en a) réduisant la disponibilité physique de nourriture; b) réduisant les revenus et les pouvoirs d'achat; c) restreignant encore les possibilités d'emploi; et d) augmentant la proportion des besoins alimentaires devant être satisfaits par le biais des marchés. Les réserves des ménages sont très basses, et leurs revenus, déjà faibles, continueront de décliner au cours de l'année prochaine. Dans les régions rurales, il n'y a que très peu de sources d'emploi en dehors du secteur agricole. On observe un important déficit céréalier, qui vient s'ajouter au déficit des autres cultures et à celui de la production de lait et d'œufs. Cette situation, encore aggravée par la réduction du pouvoir d'achat, conduira à une augmentation de la demande de produits meilleur marché, notamment les céréales (blé, sorgho et riz). Or, compte tenu de la faiblesse des revenus et du pouvoir d'achat, il est très peu probable que les importations commerciales en provenance d'autres régions puissent combler ce déficit.


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