FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires 03/01 - AFGHANISTAN* (14 février)

AFGHANISTAN* (14 février)

En raison de deux années consécutives de sécheresse, de la persistance des troubles intérieurs et d’un hiver rigoureux, le pays est confronté à une grave crise alimentaire. Selon de récents rapports, le nombre de personnes victimes des températures glaciales augmente dans les régions occidentales et septentrionales.

La sécheresse de 2000 a détruit les cultures et ravagé le bétail dans l’ensemble du pays, ce qui a durement éprouvé plus de 3 millions de personnes. L’intensification des troubles intérieurs, notamment dans le nord du pays, a provoqué de nouvelles vagues de déplacements de population, aggravant la situation alimentaire, déjà précaire. Les habitants des districts éloignés des provinces du Ghor, Badghis et Faryab plus particulièrement, ont déjà commencé à migrer en très grand nombre et des familles en difficulté sont actuellement hébergées dans des camps à proximité d’Herat, le centre urbain le plus important de l’ouest. De plus, en ne tenant compte que des cinq derniers mois, 150 000 personnes se sont réfugiées dans le nord du Pakistan et vivent dans le froid et dans conditions extrêmement pénibles dans des camps établis aux alentours de Peshawar.

Les perspectives des récoltes céréalières de la campagne 2001, qui seront engrangées en mai/juin, restent incertaines, en raison surtout de la persistance de l’insécurité dans les provinces septentrionales où se situent environ 40 pour cent des terres irriguées du pays.

Une mission conjointe FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui s’est rendue dans le pays au milieu de l’année dernière avait averti de l’imminence d’une importante crise alimentaire. Selon la mission, la production céréalière en 2000 se chiffrait, au total, à 1,82 million de tonnes, soit un recul d’environ 44 pour cent par rapport à 1999 et de 53 pour cent par rapport à 1998. Les besoins en importations céréalières pour la campagne de commercialisation 2000/01 (juillet/juin), évalués au niveau record de 2,3 millions de tonnes, représentent près du double du volume de 1999/2000, estimé à 1,3 million de tonnes. Les populations nomades ont enregistré de très fortes pertes de bétail en raison de la faiblesse des précipitations l’hiver dernier et de l’insuffisance du développement végétatif au printemps, dans la plupart des pâturages de montagne situés dans les régions occidentales et méridionales.

En 2000, le PAM a distribué environ 161 000 tonnes de vivres à 3,3 millions de personnes sinistrées, contre 82 631 tonnes à la même époque l’an dernier. En novembre dernier, les Nations Unies ont lancé un nouvel appel pour obtenir des contributions d’un montant de 220 millions de dollars E.-U. alors que fin janvier 2001, moins de 14 millions de dollars E.-U. avaient été engagés.


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