FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires 03/01 - ARMÉNIE* (1er février)

ARMÉNIE* (1er février)

Les perspectives céréalières de la campagne 2001 sont incertaines. La persistance de la sécheresse en 2000 a entraîné un recul de la production céréalière de 27 pour cent, ce qui l’a portée à 219 000 tonnes, ainsi qu’une pénurie de semences. Selon les premières indications, les superficies sous céréales d’hiver (blé essentiellement), qui seront récoltées en 2001, ont donc régressé d’un tiers, pour s’établir à 65 000 hectares. Des pluies abondantes, fin 2000, ont permis de rétablir l’humidité des sols; les précipitations se sont toutefois affaiblies depuis lors et sont encore très insuffisantes. Des images satellites montrent clairement que le développement des cultures dans le nord (dans certaines zones de Shirak, Lori et Tavouch ainsi que dans les régions contiguës de Kotaik et Geharkunik, sur une bande s’étalant depuis le lac Sevan jusqu’à la frontière) est beaucoup moins important que l’an dernier. Cette observation reflète cependant la réduction des emblavures de céréales d’hiver effectuées dans cette partie du pays. Ce n’est que dans le district de Siunik que les cultures sont en bien meilleur état que l’an dernier. Les perspectives d’approvisionnements en 2001 dépendront essentiellement de l’augmentation des superficies consacrées à des céréales de printemps à plus faible rendement et de la disponibilité de plants de pomme de terre pour permettre aux agriculteurs de produire cette culture de première nécessité. Les pâturages et la production fourragère ont également souffert de la sécheresse.

Selon une mission FAO d’évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires qui s’est rendue en Arménie au mois d’août, les besoins en importations céréalières s’élèveront à 515 000 tonnes pour la campagne de commercialisation 2000/01 (juillet/juin), dont 458 000 tonnes de blé et 44 000 tonnes de céréales fourragères destinées à fournir des rations de survie au bétail, principale source de protéines et de revenus des ménages ruraux. Ces volumes sont nettement supérieurs à la moyenne et comprennent 146 000 tonnes d’aide alimentaire. Face à ces besoins, environ 200 000 tonnes de céréales ont été importées jusqu’à fin 2000, dont 68 000 tonnes sous forme d’aide alimentaire.

Les problèmes économiques, sociaux et politiques qui affaiblissent le pays depuis les dix dernières années ont engendré un chômage et une insécurité alimentaire considérables, ce qui se traduit ainsi par la malnutrition chronique touchant près de 15 pour cent des enfants en milieu rural, même en temps normal. Le PAM prévoit de fournir des secours alimentaires d’urgence à environ 297 000 agriculteurs de subsistance et autres ménages vulnérables. Ces secours, qui seront distribués entre le 1er novembre 2000 et le 1er juillet 2001, comprendront du blé fortifié en fer, de l’huile végétale et des légumineuses. L’Opération d’urgence proposée sera pleinement intégrée à l’Intervention prolongée de secours et de redressement (IPSR) en faveur de 170 000 autres bénéficiaires, qui est en vigueur jusqu’en juin 2001. Le tonnage combiné restant à distribuer dans le cadre de l’Opération d’urgence envisagée et de l’IPSR actuelle se chiffre à plus de 28 000 tonnes jusqu’à la mi 2001.


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