Principales caractéristiques des grosses et des petites gouttelettes | ||
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Grosses gouttelettes |
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Petites gouttelettes |
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Figure 4. Dans les habitats du Criquet pèlerin, les gouttelettes de taille correcte atteignent la végétation et les acridiens. Les gouttelettes trop grosses tombent généralement sur le sol et les gouttelettes trop petites peuvent être portées hors de la zone cible par le vent.

Figure 5. Une grosse gouttelette correspond à huit gouttelettes plus petites ayant chacune la moitié de son diamètre.

Des pulvérisateurs particuliers sont nécessaires pour les traitements en UBV et pour que l’insecticide soit utilisé sans danger et de façon efficace. Plusieurs facteurs importants doivent être pris en considération:
Un des éléments les plus importants du pulvérisateur est la partie qui produit les gouttelettes, c’est-à-dire l’atomiseur, puisque les gouttelettes doivent avoir une taille correcte pour être efficaces.
Si les gouttelettes sont trop grosses ou trop petites, le traitement peut être médiocre et l’insecticide gaspillé. Les grosses gouttelettes tombent beaucoup plus vite que les petites gouttelettes. La figure 4 montre que les trop grosses gouttelettes tombent sur le sol près du pulvérisateur, que les gouttelettes de la bonne taille sont transportées par le vent sur une certaine distance et sont davantage susceptibles d’atteindre la végétation et/ou les criquets et que les gouttelettes trop petites sont emportées par le vent loin de la zone cible.
Les grosses gouttelettes contiennent aussi un grand volume d’insecticide qui est donc gaspillé quand elles tombent sur le sol. Le contenu insecticide d’une grosse gouttelette correspond à celui de huit gouttelettes ayant chacune la moitié de son diamètre. Par conséquent, si on accroît la taille des gouttelettes, le nombre de gouttelettes par litre diminue fortement (voir Fig. 5).
La taille d’une gouttelette correspond généralement à son diamètre, c’est-à-dire à la distance d’une paroi à l’autre de la gouttelette. Elle se mesure en micromètres, parfois aussi appelés microns et cette unité s’écrit «µ». Il y a 1 000 micromètres dans un millimètre et 10 millimètres dans un centimètre. Dans ce fascicule, un point de ponctuation a un diamètre d’environ 200 µ.
En lutte antiacridienne, on estime le diamètre idéal des gouttelettes à 50 à 100 µ mais il s‘agit d‘une gamme très large et on ne dispose que de peu d‘indices de terrain pour déterminer la taille de gouttelettes la plus appropriée en fonction des différentes circonstances de la lutte.
Conseil: dans un air calme, une gouttelette de 200 µ mettra moins de 5 secondes pour tomber de 3 m de haut alors qu’une gouttelette de 20 µ mettra près de 5 minutes. |
Figure 6. Diamètre médian du volume (DMV): diamètre de la gouttelette divisant l’ensemble des autres en deux groupes d’égal volume, l’un constitué des plus grosses gouttelettes et l’autre des plus petites.

Figure 7. Diamètre médian du nombre (DMN): diamètre de la gouttelette de part et d’autre de laquelle se trouve 50% du nombre total de gouttelettes.

S’il existait une taille parfaite des gouttelettes pour chaque situation de lutte antiacridienne donnée, un pulvérisateur UBV idéal produirait des gouttelettes ayant uniquement cette taille. Cependant, il n’existe aucun pulvéris
ateur de terrain de ce type. Chaque pulvérisateur produit une série de gouttelettes de tailles inégales appelée spectre des gouttelettes. Un spectre large contient des gouttelettes de tailles différentes et il y a une grande différence de taille entre les gouttelettes les plus petites et les plus grosses. Un spectre étroit contient des gouttelettes ayant approximativement la même taille et il y peu de différence de taille entre les plus petites et les plus grosses. Un spectre étroit est plus approprié pour la pulvérisation UBV car les grosses gouttelettes, qui contiennent des volumes relativement grands de pesticide, tombent directement sur le sol près du pulvérisateur et les gouttelettes très petites peuvent être emportées par le vent loin de la zone cible (voir pages 10 et 21).
Les spectres de gouttelettes sont généralement décrits en utilisant les valeurs du diamètre volumique médian (DMV) et du diamètre médian du nombre (DMN) (voir les Figures 6 et 7 pour les définitions). Ce sont deux types de moyennes utilisés pour représenter les tailles des gouttelettes dans le spectre: l’une est basée sur le volume des gouttelettes et l’autre sur leur nombre.
Le rapport (R) entre les valeurs du DMV et du DMN donne une mesure approximative de la largeur du spectre des gouttelettes – plus il est proche de 1 et plus les tailles des gouttelettes sont similaires, plus il est grand et plus la gamme de tailles des gouttelettes est étendue.
Par exemple, si un pulvérisateur émet un DMV de 90 µ et un DMN de 60 µ, le rapport DMV/DMN est calculé de la façon suivante:

Le DMV des pulvérisateurs UBV utilisés en lutte antiacridienne devrait être de 50 à 100 µ et le DMN ne devrait pas être inférieur à la moitié du DMV, c‘est-à-dire que R devrait être inférieur à 2.
Une autre façon de décrire un bon spectre de gouttelettes pour la lutte antiacridienne en UBV est de dire qu’au moins 80% du volume pulvérisé devrait l’être avec des gouttelettes de taille comprise entre 50 et 100 µ. Seuls certains types de pulvérisateurs peuvent y parvenir.
Conseil : Il n’est pas facile de mesurer la taille ou le spectre des gouttelettes et cela demande un équipement et une formation adéquats. Une information concernant le spectre des gouttelettes peut cependant être obtenue auprès de certains constructeurs de pulvérisateurs UBV. |
Figure 8. Diagrammes simplifiés des principaux types d’atomiseurs utilisés en lutte antiacridienne et type de spectre de gouttelettes produit.

Les trois principaux types d’atomiseurs disponibles pour la lutte antiacridienne sont:
Le liquide sort sous pression par un petit orifice et est immédiatement fractionné en gouttelettes (voir Fig. 8A). Les buses hydrauliques se rencontrent souvent sur les pulvérisateurs à dos fonctionnant à l’aide d’une vanne de commande et sur les rampes des tracteurs ou des aéronefs de pulvérisation. En général, le spectre de gouttelettes produit par des buses hydrauliques ne convient pas à la pulvérisation UBV car les gouttelettes sont souvent grosses (DMV de 200 à 400 µ) et le spectre des gouttelettes très large (R supérieur à 2,5). Des gouttelettes plus petites peuvent être produites par des buses de taille plus petite ainsi qu’avec une pression de la pompe plus élevée; le courant d’air provoqué par le déplacement des buses montées sur rampes des aéronefs en vitesse de vol produit également des gouttelettes plus petites. Néanmoins, le spectre des gouttelettes reste assez large dans toutes ces situations.
Le liquide est acheminé au moyen d’un tuyau dans un courant d’air qui le fractionne en gouttelettes (voir Fig. 8B). Des buses pneumatiques sont souvent utilisées pour les nébuliseurs à dos. Le pulvérisateur sur pot d’échappement (PPE) comporte un type de buse pneumatique et le courant d’air est produit par les gaz d’échappement du véhicule (voir Annexe 1.10). Il est possible d’obtenir des gouttelettes plus fines (DMV de 40 à 200 µ) mais le spectre demeure assez large (R supérieur à 2). Ce type d’atomiseur n’est pas donc efficace pour une pulvérisation UBV. Des souffles d’air plus rapides produisent des gouttelettes plus petites.
Le liquide alimente une surface rotative qui le rejette en gouttelettes (voir Fig. 8C). Plus la rotation est rapide, plus les gouttelettes sont petites. Certains atomiseurs rotatifs ont des disques rotatifs dentelés qui produisent un spectre de gouttelettes très étroit, particulièrement s’ils ont un bord denté (R pouvant être inférieur à 1,2). Le spectre des gouttelettes est plus étroit avec un faible débit et, si un débit plus important est nécessaire, plusieurs disques peuvent être empilés. D’autres atomiseurs rotatifs ont des cages grillagées à mailles très fines ou des cylindres rotatifs et le spectre des gouttelettes n’est pas tout à fait aussi bon que celui des disques rotatifs (R d’environ 1,7), mais les débits peuvent être plus élevés et ils sont plus robustes (solides et fiables) que les disques sur le terrain.
Les atomiseurs rotatifs constituent le type d’atomiseurs le plus efficace pour les pulvérisations en UBV.
Valeurs-types pour le rapport (R) DMV/DMN | |
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Figure 9. Différents modes de déplacement des pulvérisateurs.

Conseil: une pulvérisation aérienne par hélicoptère est pratiquement identique à celle effectuée par avion car le déplacement d’air est le même lorsque ces aéronefs volent à la vitesse de pulvérisation. Les hélicoptères présentent certains avantages (voir Question fréquemment posée no 2) mais leur coût d’exploitation est plus élevé, leur autonomie est plus faible et ils sont plus lents. En conséquence, ils ne devraient être utilisés que lorsque cela est réellement nécessaire. |
Le pulvérisateur doit être transporté. Les pulvérisateurs UBV peuvent être portés par un opérateur (pulvérisateur portable), montés sur un pick-up tout terrain (pulvérisateur porté par véhicule) ou installé sur un avion ou un hélicoptère (pulvérisateur monté sur aéronef) (voir Fig. 9). Le principe d’utilisation est le même dans tous les cas mais l’échelle de l’opération et la vitesse de travail ainsi que certaines limitations pratiques diffèrent. Le tableau ci-dessous compare la performance des trois modes de transport. Dans la pratique, différents modes de déplacement des pulvérisateurs peuvent être associés au cours d’une campagne de lutte. Par exemple, on peut utiliser un pulvérisateur monté sur véhicule ainsi que trois ou quatre pulvérisateurs à disque rotatif portables. Le pulvérisateur monté sur véhicule est utilisé pour le traitement des plus grandes cibles et les opérateurs peuvent descendre du véhicule avec les pulvérisateurs portables pour traiter les petites taches d’infestation ainsi que les cibles, en terrain accidenté.
Caractéristiques de différents modes de déplacement des pulvérisateurs | |||
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Rendement |
lent |
moyen |
rapide |
(pulvérisation en couverture totale) |
(15 ha/jour) |
(100 ha/jour) |
(5 000 ha/jour) |
Rapidité de la réponse |
rapide |
rapide |
parfois lente |
Pulvérisation sur rochers/collines |
oui |
non |
oui |
Pulvérisation sur sable mou |
oui |
non |
oui |
Pulvérisation de bandes larvaires isolées |
oui |
oui |
pas efficacement |
Pulvérisation d’essaims posés |
difficile |
difficile |
oui |
Pulvérisation d’essaims en vol |
non |
non |
oui |
Possibilité d’un suivi facile |
oui |
généralement oui |
non, difficile |
Participation de la communauté |
possible |
possible |
pas possible |
Dimension appropriée de la cible1 |
10 ha maximum |
1 à 100 ha |
plus de 25 ha |
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Question fréquemment posée no 2 (voir réponse page 82) Quand faudra-t-il utiliser des hélicoptères plutôt qu’un avion? |
Facteurs importants lors du choix d’un pulvérisateur – résumé:
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Conseil: le pulvérisateur devrait être adapté à la taille de la cible. Il est inefficace de traiter par aéronef des bandes larvaires isolées car la zone minimale traitée sera encore plus grande que la plupart des bandes larvaires; il est également difficile d’évaluer avec précision l’endroit où se dépose la majeure partie de l’insecticide quand celui-ci est épandu en un seul passage. |
Conseil: la plupart des pulvérisateurs ne remplissent pas toutes les conditions énumérées ci-dessus. Comprendre ce que devrait être un pulvérisateur idéal peut cependant permettre une utilisation plus efficace des pulvérisateurs existants et aider à prendre des décisions lors de l’achat ou de la construction de nouveaux équipements de pulvérisation. |
Le débit d’un pulvérisateur doit pouvoir être réglé pour épandre un volume d’insecticide correct sur chaque hectare, c’est-à-dire fournir un volume d’application de 0,5 à 1 l/ha. Dans la pratique, cela signifie des débits variant de 0,015 à 0,15 l/minute pour un pulvérisateur portable, de 0,05 à 1,0 l/min pour un pulvérisateur monté sur véhicule et de 4 à 50 l/min pour un pulvérisateur monté sur aéronef. Le débit devrait être facile à mesurer et rapide à régler pour pouvoir être vérifié et ajusté régulièrement (voir le chapitre «Débit d’un pulvérisateur» page 43 et l’Annexe 2.5).
Le pulvérisateur ne devrait pas présenter de danger pour l’opérateur. Par exemple, un opérateur ne devrait pas avoir à s’approcher du pulvérisateur monté sur véhicule pour le mettre en marche ou l’arrêter. Les commandes devraient être installées dans la cabine du véhicule.
Les pulvérisateurs destinés à la lutte antiacridienne devraient être conçus pour être solides et durables car ils seront utilisés dans des conditions difficiles, souvent loin d’un atelier. De travaux de maintenance seront toutefois nécessaires de temps à autre et cet entretien de routine ainsi que le remplacement de pièces devra pouvoir se faire sur le terrain sans avoir recours à des outils spéciaux ou disposer d’installations particulières.
Le pulvérisateur doit être facile à utiliser en conditions de terrain. Par exemple, un pulvérisateur peu pratique serait muni d’un très petit réservoir d’insecticide devant être rempli fréquemment. Un autre exemple serait celui d’un pulvérisateur dont l’accès aux filtres serait compliqué, rendant les nettoyages difficiles.
L’Annexe 1.10 donne une information sur plusieurs types de pulvérisateurs qui se sont avérés être sans danger, efficaces et fiables pour la lutte contre le Criquet pèlerin. Les résultats d’une évaluation de la performance des pulvérisateurs, effectuée par les participants à un atelier de la FAO, sont présentés en Annexe 5.4.
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Question fréquemment posée no 3 (voir réponse page 82) Que peut faire l’équipe de traitement si aucun pulvérisateur à atomiseurs rotatifs n’est disponible ou n’est en état de fonctionner, c’est-à-dire si elle ne dispose que de pulvérisateurs à buses hydrauliques ou pneumatiques ? |