
0815-C1
Meyanga
Le problème de cette étude tel que posé par la FAO (1995) est: «Comment utiliser les arbres les ressources naturelles forestières, pour améliorer à la fois l'environnement et le bien être économique des populations, tout en conservant ce patrimoine pour les générations futures?»
Ce problème nous a conduit à mener cette dont l'intitulée est mentionné plus haut:
L'objectif principal de cette étude est: Réactions de ces populations rurales vis à;vis de la foresterie communautaire.
Dans le cadre de la présente étude, les principaux facteurs çi dessous ont été retenus pour dégager les réactions des ruraux vis à vis de la foresterie communautaire:
- L'âge des répondants;
- La participation sociale ou la capacité d'action collective des enquêtés;
- Le degré d'information et d'implication des enquêtés en relation avec la foresterie communautaire;
- Le coût à consentir pour leur adhésion à la foresterie communautaire;
- L'avantage ou retombé que peut tirer les répondants de leur adhésion à la dite forme de gestion.; et Enfin quelques éléments d'identification socio-culturelles des enquêtés.
Les données de terrain ont été collectées auprès de soixante dix (70) chefs de ménage, dont cinquante (50) dans le village ZE et vingt (20) dans le village ESSENG.
L'analyse de ces données a abouti aux résultats suivants.
Pour ce qui est de l'âge, on note que Parmi les répondants, les jeunes, les adultes et les vieux sont capables de participer.
Pour ce qui est du degré d'information sur la foresterie communautaire, 60% des répondants l'estiment élève.
Pour ce qui est du degrés d'implication 52% des répondants se sentent suffisamment impliqués dans les prises de décisions et orientations ayant trait à la foresterie communautaire.
En relation avec la participation sociale ou capacité de mobilisation collective, 57% des répondants l'estiment élevée
82,85% des répondants lient leur participation à l'avantage et, 85,28% des enquêtés estiment les coûts liés à une appropriation de ladite innovation élevée.
Pour ce qui est de quelques éléments d'identification socio-culturelle, il ressort que pour les répondants, exercer une activité génératrice de revenu, se marier et faire des enfants sont les réalisations fondamentales que tout homme devrait faire durant sa vie.
Pouvoir nourrir sa famille, pouvoir s'occuper des soins de santé de sa famille, être utile à la société, pouvoir se loger demeurent les principaux critères du bien être.
Avoir le sens de rassemblement, être un homme responsable (avoir des enfants et épouse(s)) jouir d'une aisance financière et matérielle et être instruit sont des critères que l'on devrait prendre en considération pour le choix d'un leader, d'un chef.
Présentation du problème.
Pour réussir sa politique en matière des forêts le Cameroun s'est doté de certains nombres d'instruments et d'outils d'exécution; C'est ainsi qu'if faut saluer la création en 1992 d'un ministère des forêts et d'un organisme L'ONADEF aujourd'hui L'ANAFOR, chargé de:
- la régénération des forêts,
- de la connaissance des ressources forestières,
- la lutte contre la désertification en passant par le renouvellement du patrimoine forestier,à l'aménagement des écosystèmes et à l'appui aux nationaux.
Dans le but de conserver l'environnement et d'améliorer les conditions de vie de ces populations rurales le parlement camerounais à adopté la loi 94/01/du 20 janvier 1994 portant régime des forêts de la faune et de la pêche au Cameroun. Cette nouvelle législation laisse augurer d'une gestion décentralisée et rationnelle des forêts camerounaises. La banque Mondiale en fait l'éloge et la présente comme un modèle potentiel pour la région. Cette loi instaure 04 changements majeurs (J BRUNIER et al; 2000)
- l'attribution des concessions par un système d'enchères;
- De nouveaux mécanismes de prix et de taxation;
- L'obligation d'avoir des plans d'aménagement, et des dispositions en matière de forêts communautaires.
En effet Les premières forêts communautaires ont été créés en Asie du Sud Est. Dans un contexte caractère par une croissance démographique accéléré entraînant un processus de déforestation accentuée (Agrawal, 1998). Les objectifs étaient de trois ordres:
- Encourager l'utilisation, la gestion des forêts et leurs ressources par les populations locales;
- Explorer les interactions socio économiques et culturelles entre les populations et les Forêts;
- Impliquer les populations locales à une gestion décentralisées et participatives des forêts.
La législation camerounaise en vigueur définit la forêt communautaire comme étant une forêt du domaine forestier non permanent, faisant l'objet d'une convention de gestion entre une communauté villageoise et l 'administration chargée des forêts. La gestion de cette forêt relevé de la communauté riveraine concernée avec l'assistance technique de l'administration chargée des forêts.(Article 3 alinéa 11 du décret N°95/01 du 23 Août 1995, fixant les modalités d'application de régime des forêts)
- Des expériences dans divers pays du monde montrent que le concept de forêt communautaire constitue un champ très vaste qui s'applique à la promotion de l'autogestion et de l'utilisation durable des arbres, avec pour but principal l'amélioration des sources de revenu des populations locales, par l'utilisation des approches participatives qui implique les bénéficiaires depuis la conception jusqu'à la réalisation des projets
- Dans cet ordre d'idée la foresterie communautaire perçue comme l'ensemble des activités et de processus dynamique de responsabilisation des communautés villageoises dans la gestion des ressources forestières, apparaît comme le moyen approprier de remédier à la marginalisation dont sont victimes les communautés villageoises. Elle assure à la fois la gestion durable des ressources forestières et un développement durable des populations concernées. Tchala Abina (1984) note que le trait dominant des méthodes de conception et de mise en uvre des projets ruraux est l'absence de participation dans le vrai sens du terme des populations concernées. En d'autres termes, la sensibilisation seule ne suffit pas pour faire le développement au sein du monde rural. Elle n'est qu'un des facteurs accélérateurs pour reprendre l'expression chère à Arthur Mosher, et que la présence d'une série de facteurs essentiels est indispensable à sa réussite.
- Ainsi comment faire acquérir les attitudes et les aptitudes requises pour l'application d'une approche participative qui intègre les bases de savoir et savoir faire paysans aux développeurs? Y'Aurait-il derrière ce processus d'adoption de la dite innovation une dynamique de construction de la participation par les ruraux? Comment se construit t-elle? Quels sont les acteurs? les enjeux, et les défis réels?
Cette étude revêt une importance à la fois théorique et pratique. sur le plan théorique
Cette étude se veut une contribution à la littérature relative à la foresterie communautaire. sur le plan pratique pour les décideurs:
Cette étude devrait permettre de mieux appréhender les représentions des ruraux vis à vis de la nouvelle loi forestière et, de comprendre l'environnement socio-économique et culturel de ces populations rurales en particulier, et des zones forestières en général. Pour proposer des politiques d'interventions qui répondent aux besoins, et aux aspirations de ces populations. De manière à susciter, une adhésion réelle de ces dernières aux activités de foresterie communautaire. pour les ruraux:
A court terme il s'agit de l'acquisition des connaissances relatives à la foresterie communautaire;
A moyen terme, amener les populations à entamer les procédures d'acquisition et de gestion des forêts communautaires;
A long terme, aboutir à une véritable appropriation, des forets communautaires par ces populations rurales.
Objectifs de mon étude
Objectif Générale: réactions des populations rurales de ZE et D'ESSENG de la périphérie Sud de la réserve de biosphère du Dja vis à vis de la foresterie communautaire.
Objectifs spécifiques:
Déterminer représentations des populations rurales de ZE et d' ESSENG vis à vis de la nouvelle loi forestière en matière de gestion participative des ressources naturelles ligneuses;
Identifier la capacité d'action collective (participation sociale) des populations rurales des villages ZE et d' ESSENG;
Identifier les éléments de la nouvelle loi qui intéressent les populations des villages ZE et ESSENG ainsi que les motivations qui expliquent leurs préférences;
Décrire la population de ZE et d' ESSENG sur la base de quelques variables socioculturelles identifiées aux préalables;
Faire des suggestions sur la base des résultats obtenus qui tendraient à mieux orienter les populations rurales de ZE et D'ESSENG en matière de gestion participative des ressources naturelles forestieres ligneuses..
Cette étude intitulée: S'inscrit dans la logique des théories d'adoption des innovations (ROGERS et SHOEMAKER) et de la participation
Hypothèse générale: La participation des populations des villages ZE et ESSENG à la gestion des ressources naturelles forestières ligneuses sera globalement en relation avec: les caractéristiques socioculturelles des chefs de ménages en rapport avec l'innovation, les caractéristiques de la nouvelle loi forestière telles que perçues par les ruraux, l'appréciation qu'ils ont des avantages qu'ils tireront de leur adoption de l'innovation, et du coût pour le changement que suscite l'adoption d'une telle innovation par les populations rurales.
Quelques hypothèses spécifiques ont été émises établir la relation que la variable indépendante airait avec les variables dépendantes
Test des hypothèses
Cette section est consacrée au test, hypothèses ayant été retenu dans le cadre de cette étude.
Hypothèse 1: Une faible proportion des répondants soit 21,4% ont un age élève, c'est à dire supérieure à 60 ans. De plus une association faible a été observée entre l'age et la participation à la gestion des ressources naturelles forestières chez les répondants(coefficient de corrélation de pearson = 0,1023). Ces différents résultats indiquent que l'age n'influencera pas significativement la participation des ruraux à la gestion des ressources naturelles forestière ligneuses
Hypothèse 2: 85,72% des enquêtes se prononcent pour u ne participation sociale relativement élevée. Tandis que 14,28% des enquêtes estiment avoir une participation sociale faible. A la vue de ces résultats, la tendance selon laquelle les chefs de ménage ayant une participation sociale élève participeront plus est la plus représentée. Par conséquent ce résultat indique que la participation sociale influencera significativement la participation. L'hypothèse de départ est par conséquente acceptée
Hypothèse 3: 54,12% enquêtes estiment être suffisamment informes vis à vis de la nouvelle loi forestière. De même 28,56% par mis ceux ci jugent leur niveau d'information relativement élève. A la lecture de ces résultats la tendance selon laquelle ceux des répondants qui estimeront être suffisamment informes vis à vis de la nouvelle loi forestière participeront plus est dans ce cas plus envisageable. Par conséquent le degré d'information influencera significativement la participation de ces populations à la gestion des ressources naturelles forestières ligneuse.
Hypothèse 4:17,14% des répondants estiment ne pas se sentir largement impliques dans les décisions et orientations prisent dans le cadre de la gestion des ressources naturelles forestière, et On s'entendrait que cette catégorie de répondants ne soit pas motiver à participer. Mais cette catégorie de répondants est faiblement représentée. Or la tendance selon laquelle les chefs de ménage qui estiment être suffisamment impliquent participeront plus est plus représentée; Par conséquent le degré d'implication influencera significativement la participation. L'hypothèse de départ est donc acceptée
Hypothèse 5: I l a été observe une association très forte entre l'avantage et la participation (phi coef = 0,867). De plus 82,85% des répondants estiment que leur participation a la gestion des ressources naturelles forestières ligneuses sera fonction de l'avantage ces résultats indiquent que l'avantage influencera significativement la participation des ruraux à la gestion des ressources naturelles forestières ligneuses,. par conséquent l'hypothèse de départ est par conséquent acceptée.
Hypothèse 6: Une faible proportion de répondants soit 14,28% estiment le coûts pour l'acquisition d'une telle innovation est élevée. Il convient de constater que la tendance selon laquelle les enquêtes qui estiment ces coûts élevés participeront moins est très faiblement représentée. Par conséquent le coût n'influencera pas significativement la participation des ruraux a la gestion des ressources naturelles forestière. Ce résultat s 'expliquerait par le fait que 82,85% des répondants jugent que leur participation leur procurera des avantages supérieurs au coût et par conséquent ceux ci sont prêts à consentir tous les sacrifices nécessaires pour entre en possession de cet innovation l'hypothèse de départ est donc rejeté.
Hypothèse 7: Pour rendre fiable cette hypothèse, la question suivante a été posée: Entre acquérir une forêt communautaire et disposer effectivement d'un comité de gestion, qu'est ce qui vous semble le mieux ou vous paraît le plus intéressant?
Parmi les 70 chefs de ménage des villages Ze et Esseng ayant fait l'objet de l'enquête, il ressort que 57,14% préfèrent acquérir dans leur village respectif une forêt communautaire; 31,42% correspond à la modalité des deux à savoir comité de gestion et forêt communautaire. Pour cette catégorie de répondants l'existence effective d'un comité de gestion leur permettrait de, bénéficier des revenus provenant de l'exploitation forestière. Ces revenus leur serviraient à acquérir une forêt communautaire. 8,57% des répondants sont sans opinion (indifférents). Cette situation serait fonction du manque d'information dont fait preuve les répondants par rapport à ces innovations. Cette catégorie de personnes se retrouverait le plus parmi les plus âgés; 2,85% des personnes interrogées préfèrent le comité de gestion. Celui-ci leur permettra de bénéficier des revenus provenant de l'exploitation du bois.
Les individus semblent adhérer sélectivement aux éléments proposes par la nouvelle loi forestière. Le fait confirme l'hypothèse selon laquelle la participation des ruraux à la gestion des ressources naturelles forestières ligneuses se fera de manière différentielle.
Sur la base des modèles théoriques utilisés et en relation avec les objectifs de cette étude, l'investigation nous a permis de mettre en évidence au sein de notre échantillon de travail, l'influence des facteurs ci-après sur l'adhésion à la nouvelle loi forestière.
L'âge Il se dégage de l'analyse que, les jeunes, les adultes et les vieux sont capables de participer;
Le degré d'implication dans les décisions prises. En effet ces populations rurales jugent leur degré d'implication tel que prévue par la nouvelle loi forestière en générale acceptable et en particulier avec les dispositions relatives à la foresterie communautaire satisfaisant. Néanmoins ceux ci dénoncent: L'extrême pauvreté dont ils sont l'objet qui les empêchent de s'approprier des activités de foresterie communautaire surtout lorsque l'on sait que la majorité de la population vit largement en dessous du seul de pauvreté, l'exclusion dont ils sont victimes de la part des pouvoirs publiques dans la conception des projets de loi qui pourtant les concernent en grande partie, L'escroquerie dont ils sont victimes de la part des exploitants forestiers, Les fausses promesses le clientélisme pratiqués par certaines ONG, L'abandon, et l'égocentrisme de la part des élites.
Le degré d'information.. En la faveur d'une intense sensibilisation dont ils sont l'objet de la part des ONG, et des services publics, ces populations rurales jugent leur niveau d'information acceptable. Néanmoins ceux-ci suggèrent: L'organisation fréquente des réunions et séminaires d'éducation au sujet de la foresterie communautaire, et La formation des encadreurs ruraux qualifiés susceptible de jouer le rôle de relais en l'absence des assistants techniques.
L'avantage et le coût. Au sujet de l'avantage, les ruraux l'estiment très alléchant, du fait que cet avantage est constitué essentiellement en réalisations d'uvres sociales (école, dispensaire, approvisionnement en entrant, aménagements des points d'eau, électrification villageoises...) qui contribueraient à l'amélioration du cadre de vie des populations villageoises
Pour ce qui est des coûts, les populations les jugent accessibles. On comprend que compte tenu du manque d'infrastructures sociales dans ces villages; ces populations sont prêtes à consentir tous les sacrifices exigés pour pouvoir bénéficier des avantages générés par l'innovation. Toutefois connaissant la situation de précarité(financière, intellectuelle, organisationnelle...) qui caractérisent ces populations, une telle assertion relevait de la démagogie. Et cette situation de manque place ces populations dans une situation de dépendance et de faiblesse vis à vis des organismes D'aide, et des opérateurs économiques.
Quelques éléments d'identifications socioculturelles ont été relevés parmi les répondants.
Se marier, avoir des enfants, pouvoir les entretenir, se construire une maison, demeurent les réalisations fondamentales que tout homme devrait effectuer.
Les critères d'évaluation du bien être sont: le mariage, les enfants, la possibilité de les éduquer, la possibilité de disposer d'une source de revenu permanente.
Dans cette rubrique, il a été constaté que les enquêtais sont encore au stade des besoins primaires dans la hiérarchie de Maslow. Toutes les activités qui sollicitent la participation de ces populations rurales devraient prendre cet aspect en considération.