Isabel, symbole de la résilience des femmes de João Varela
Les gardiennes de la santé dans la communauté de João Varela. Onze femmes unies pour offrir une alimentation plus riche et plus nutritive aux enfants de leur communauté.
©Ekvity dos Santos ©FAO Cabo Verde
João Varela, Cabo Verde - Les potagers verdoyants de João Varela, dans la municipalité de Ribeira Grande de Santiago, ne laissent rien paraître de leur passé aride et pierreux. Pourtant, Isabel Rodrigues, 65 ans, se souvient de chaque étape de cette évolution. Elle incarne la mémoire vivante d’une transformation née non pas de la pluie, mais du labeur.
«Nous avons été l’une des premières familles pauvres à nous battre pour cet espace », raconte‑t‑elle. « Nous avons passé des années à préparer la terre, à retirer les pierres, à lutter contre la sécheresse. Beaucoup ne croyaient pas en nous, mais nous avons persévéré.»
L’alliance des 11 gardiennes
Isabel n’est pas seule dans ce chemin. Elle fait partie d’un groupe de 11 femmes, toutes cheffes de famille, qui ont décidé que l’isolement domestique ne définirait plus leur destin. Pendant des années, la majorité d’entre elles effectuaient principalement des tâches ménagères, avec peu de perspectives. Aujourd’hui, elles forment l’une des rares associations exclusivement féminines du Cabo Verde, véritables gardiennes de la sécurité alimentaire de leur communauté.
En unissant leurs forces, elles sont devenues les principales fournisseuses de produits frais à la Fondation Capverdienne pour l’Action Sociale Scolaire (FICASE), garantissant que les repas servis dans les écoles locales proviennent directement de leurs parcelles. « Nous travaillons ensemble, nous nous entraidons pour garantir la livraison de nos produits à nos principaux clients : les enfants », précise Isabel.
Une routine exigeante : de 5 heures du matin au crépuscule
La journée commence à 5 heures, avec les tâches ménagères et les soins aux animaux. À 7 heures, elles se rendent aux champs pour préparer les récoltes destinées à la vente. L’après‑midi est consacré à l’amendement des sols et à la mise en terre de nouvelles cultures.
Cette solidarité nourrit un véritable cercle de générosité : « C’est ici que nous trouvons notre alimentation, et nous aidons nos voisins dès que possible. Nous soutenons ceux qui sont dans le besoin, car nous aussi, un jour, avons eu besoin d’aide. »
Force et égalité dans les champs
À João Varela, l’agriculture est un manifeste d’égalité. Pour ces femmes, la terre ne reconnaît pas les genres, seulement l’effort.
« Nous nous sentons très fortes. Nous respectons le travail des hommes, mais nous, les 11 femmes de l’Association, sommes solides en agriculture et nous aimons ce que nous faisons pour assurer les moyens de subsistance de nos familles », dit Isabel fièrement.
Leur message aux autres femmes est sans ambiguïté : « Nous voulons que toutes les femmes du secteur agricole soient aussi fortes que nous. Qu’elles se battent pour ce en quoi elles croient. Nous avons les mêmes droits que les hommes et nous luttons à leurs côtés pour le bien-être de nos familles. »
Grâce à un calendrier de plantations rotatif sur des parcelles de 2 000 m², elles assurent des récoltes continues et des produits agroécologiques de haute qualité, cultivés sans intrants chimiques.
Chaque récolte apporte bien plus que des légumes : elle apporte de la dignité. Isabel et ses collègues prouvent que lorsque les femmes unissent leurs forces, elles peuvent nourrir l’avenir d’une génération entière.
Un partenariat qui transforme les moyens d’existence
Dans le cadre du Projet d’appui d’urgence aux associations de producteurs, la FAO a soutenu l’Association des femmes agricultrices de João Varela en modernisant sa logistique, notamment à travers la mise à disposition d’emballages, de caisses de transport et de matériel de stockage pour les produits frais. Grâce à cet appui, les produits locaux arrivent en bon état dans les cantines scolaires et sur les marchés. Cela a permis de renforcer la chaîne de valeur, d’améliorer la résilience face aux défis, d’augmenter les revenus des femmes agricultrices et d’offrir aux enfants de la région une alimentation plus saine.
Contact
Rui de Almeida SantosSpécialiste de la communication
Représentation de la FAO à Cabo Verde
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