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Sécurité alimentaire et nutritionnelle : le parlement congolais lance son Alliance pour lutter contre la faim et la malnutrition

12 avril 2018, Brazzaville–Le Parlement congolais vient de lancer avec l’appui du Système des Nations Unies, notamment de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO),  en présence des corps constitués nationaux et internationaux du pays, son Alliance Parlementaire pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle.  La cérémonie officielle a été organisée à l’issue d’une Assemblée générale qui a réuni presque la totalité des membres de l’Alliance Parlementaire Congolaise pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (APCSAN) constituée de l’ensemble des députés et des sénateurs de cette institution.

Selon Isidore Mvouba, Président de l’Assemblée nationale et président actif de l’APSCAN, cette structure fera le plaidoyer auprès du gouvernement et des partenaires au développement sur la mise en place de politiques alimentaires et nutritionnelles. Il a également ajouté que cette l’alliance parlementaire garantira aux populations la bonne alimentation équilibrée, en qualité et à moindre coût. Déclarant solennellement le lancement de l’APCSAN, il a terminé ses propos en indiquant que le soutien de la FAO et des autres agences du Systèmes des Nations Unies était nécessaire pour permettre à cette Alliance parlementaire de bien jouer son rôle de régulateur des politiques pour la réalisation de l’objectif sécurité alimentaire et nutritionnelle  en vue d’atteindre l’Objectif Faim Zéro.

Les textes organiques (statuts et acte de création) issus des travaux du Comité ad ’hoc et présentés à l’Assemblée générale, précisent les missions et objectifs de l’APCSAN. En effet, outre sa mission de plaidoyer pour l'amélioration des politiques clés et la promotion des approches multisectorielles pour lutter contre la faim et la malnutrition, l’APCSAN se fixe comme objectifs : (i) doter les activités liées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle d'un cadre législatif approprié ; (ii) faire en sorte que l'allocation des fonds publics aux secteurs liés à la sécurité alimentaire et nutritionnelle soit une priorité nationale ; (iii) amener le gouvernement à mettre en place et à appliquer des politiques économiques et sociales conformes aux objectifs de la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ; (iv) sensibiliser les responsables politiques et les populations à la base sur l’urgence de la lutte contre la faim et la malnutrition pour assurer un développement harmonieux et durable du pays ;  (v) mobiliser des ressources pour développer la coopération internationale en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

 

Suze Percy Filippini, Représentante de la FAO au Congo, a félicité le Parlement Congolais pour cette initiative qui contribuera assurément à garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. « Au Congo, la problématique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle reste encore une préoccupation majeure. Car de nos jours les enfants de moins de cinq ans, les adolescents et les femmes enceintes constituent les catégories les plus vulnérables. Cette situation nutritionnelle se caractérise par des taux de prévalence élevée en zone rurale comme dans les villes » a-t-elle expliqué.

 

De plus « on compte 14,2% des ménages qui vivent en insécurité alimentaire et 66,7% des enfants de 6 à 59 mois souffrant d’anémie ferriprive et ayant de sévères   répercussions négatives sur le développement physico-cognitif avec impact négatif sur le développement économique du pays dans le long terme »a rajouté Mme Filippini.

L’APCSAN : un outil de veille pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle

Anthony Ohemeng-Boamah, Coordonnateur résident du Système des Nations Unies, se référant au rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde publié en 2017 par la FAO, le FIDA, l’OMS, le PAM et l’UNICEF, a attiré l’attention de l’auditoire sur le nombre de personnes dans le monde souffrant de sous-alimentation chronique qui a augmenté, d’après les estimations, passant de 777 millions en 2015 à 815 millions en 2016. Il a également souligné que la problématique de la sécurité alimentaire et nutritionnelle est prise en compte dans les objectifs de développement durable (ODD) adoptés par les Nations Unies, notamment les ODD 1 « pas de pauvreté », ODD 2 « faim zéro » et l’ODD 3 « bonne santé et bien-être ».

Avec la création de cet outil national de veille sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, le Coordonnateur résident s’est réjoui du fait qu’à travers l’APCSAN, le Parlement congolais s’implique davantage dans la mise en place de mécanismes de gouvernance qui contribueront à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Congo.

 

Rappelons qu’au cours de sa session du 30 octobre 2017, l’Assemblée Nationale rendait public son engagement politique en matière de sécurité alimentaire et nutritionnelle conformément aux Objectifs de Développement Durable (ODD 1 et 2) afin de légiférer de manière particulière sur le droit à l’alimentation et au développement de l’agriculture.

Dans l’optique d’impulser une nouvelle dynamique dans les relations de coopération entre le parlement congolais et le Système des Nations Unies en République du Congo, les Agences du SNU spécialisées et/ou impliquées dans le domaine de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (FAO, OMS, PAM, UNICEF…) ont été sollicitées et marqué leur disponibilité pour accompagner les Parlementaires dans le processus de mise en œuvre d’une Alliance pour la Sécurité alimentaire et nutritionnelle en République du Congo.

 

Ainsi, après la tenue de la session de sensibilisation le 06 décembre 2017, qui a permis de présenter l’utilité, l’ancrage institutionnel et le processus de mise en œuvre de ladite alliance, un comité ad’hoc avait été mis en place pour la préparation et validation des textes organiques adoptés en assemblée générale.