Bureau régional de la FAO pour l'Afrique

Le PDG du FEM visite un projet innovant de la FAO sur la résilience climatique au Sénégal

Dakar, le 20 mai 2022. Ayant grandi dans une ferme, Carlos Manuel Rodriguez, le Président Directeur Général (PDG) du Fonds pour l'environnement mondial (FEM), était impatient de rencontrer le 14 mai 2022 et de discuter avec les femmes et les hommes du village de Ngueye Ngueye à Ngoye, au Sénégal, qui ont bénéficié du projet de résilience climatique de la FAO.

L'économie locale de Ngueye Ngueye est basée sur la production agricole, mais les effets du changement climatique et de la dégradation des sols ont affaibli la chaîne de valeur du mil et menacé la nutrition et la sécurité alimentaire de la communauté. L'élevage extensif et semi-intensif, deuxième activité économique de la région, est pratiqué par tous les ménages et contribue à réduire la pauvreté et à améliorer les rendements agricoles.

Pour aider à améliorer les conditions de vie des agriculteurs de Ngoye, la FAO met en œuvre un projet intégré innovant intitulé Intégration de l'engraissement du bétail, des biofertilisants et de la production de millet par le biais d'écoles de terrain pour agriculteurs. Ce projet s'appuie sur les succès du projet Mainstreaming ecosystem-based approaches to climate-resilient rural livelihoods in vulnerable rural areas through the Farmers Field School methodology qui a été soutenu par le FEM à travers le Fonds des pays les moins avancés. Cette initiative est unique grâce à l'intégration de l'embouche bovie, de la production de biofertilisants pour l'agriculture et de la production de biogaz à usage domestique.

En deux ans, la communauté des agriculteurs a constaté des résultats significatifs. L'association Jambaar est une association locale dont tous les bénéficiaires sont membres. Son président, Papa Assane Faye, a noté que la communauté a presque doublé son nombre de bœufs, passant à 113 animaux en moins de deux ans, grâce aux techniques d'embouche bovines. La communauté produit également du tourteau de coton, du son de blé et de la paille naturelle pour les animaux, qui peuvent être vendus pour obtenir un revenu supplémentaire.

"Nous produisons également des biofertilisants pour la culture du millet et du maïs et pour le maraîchage", explique M. Faye. "Plus de 20 ménages produisent du biogaz à usage domestique à partir des bœufs élevés. Nous avons également mis en place un fonds de résilience climatique qui nous permet d'accorder des prêts aux membres avec des conditions de remboursement flexibles. A ce jour, 113 agriculteurs, dont 42 femmes encadrantes, ont bénéficié de ce fonds pour un montant total de près de 6 millions de francs CFA. Ce fonds de résilience permettra d'assurer la pérennité des activités à la fin du projet".

Le PDG du FEM et sa délégation ont également visité une serre construite dans le cadre d’un projet mis en œuvre par l’ONG Eclosio et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Il s’agit d’une unité de production d’inoculum de Mycorhize, des biofertilisants pour augmenter la production de mil, du maïs et et des produits maraichers. Cinquante (50) tonnes de biofertilisants sont produites chaque année. Ils bénéficient principalement aux agricultrices qui pratiquent des activités de maraîchage, notamment la production de tomates, d'aubergines, de gombos et de choux.

"Nous avons augmenté notre production grâce aux biofertilisants que nous utilisons", a déclaré Brigitte Thiaw, présidente du groupe de femmes de l'association Jambaar. "nous avons maintenant plus facilement accès aux biofertilisants pour éviter l’utilisation de produits chimiques et les conseils prodigués par les encadrants du champ école agro-pastoral nous permettent de produire et de commercialiser sans problème. Nous souhaitons une deuxième phase du projet pour augmenter nos surfaces maraîchères car la demande de notre village en produits maraîchers est de plus en plus forte".

En visitant leur jardin maraîcher, le directeur général du FEM a salué les efforts de l'association des femmes pour la protection de l'environnement. Il a également noté la satisfaction des ménages qui utilisent le biogaz produit à partir de la matière organique des bœufs élevés dans les concessions.

"Il s'agit d'une initiative originale qui intègre plusieurs activités connexes qui contribuent à la protection de l'environnement et à l'amélioration des conditions de vie des agriculteurs", a déclaré M. Rodriguez. "La production de biofertilisants permet de réduire l'utilisation de pesticides chimiques et la production de biogaz permet également de réduire l'utilisation des coupes de bois dans les champs et les forêts. J'encourage les agriculteurs à poursuivre la voie qu'ils ont empruntée pour renforcer la résilience climatique."

Selon Makhfouss Sarr, Représentant adjoint de la FAO en charge des programmes pour le Sénégal, "en deux ans, les producteurs ont adopté une approche pragmatique, celle des champs-écoles pour agriculteurs. Les agriculteurs ont compris et adopté des pratiques d'adaptation au changement climatique qui ont contribué à augmenter la production agricole et à améliorer leurs moyens de subsistance et leur sécurité alimentaire et nutritionnelle".

Les réalisations à Ngoye sont le résultat des efforts conjugués de plusieurs parties prenantes, notamment le Fonds national de développement agro-sylvo-pastoral (FNDASP), la Mairie de Ngoye, le Sous-Préfet de Ngoye et les membres de l'association Jambaar qui participent activement à sa réussite.