La FAO en Amérique latine et aux Caraïbes

Les légumineuses peuvent aider à combattre les changements climatiques, la faim et l’obésité en Amérique Latine et les Caraïbes

Ils font partie de l’héritage agricole ancestral dans la région, attirent de l’azote atmosphérique dans le sol et possèdent des qualités nutritionnelles uniques

11 avril, Santiago, Chili -  Les Nations Unies ont proclamé l’année 2016 comme étant l’Année Internationale des Légumineuses, compte tenu du rôle fondamental qu’ils jouent dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle, l’adaptation aux changements climatiques, la santé humaine et celle des sols.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), les légumineuses ont une importance particulière pour l’Amérique Latine et les Caraïbes.

“La région possède originairement beaucoup de légumineuses. Elles font partie de notre culture ancestrale et constituent la pierre angulaire de notre alimentation actuelle”, a expliqué Raúl Benítez, Représentant Régional de la FAO.

La majeure partie de la production de légumes dans la région se fait par des agriculteurs et agricultrices familiaux. Cela étant, ils jouent un rôle dans le développement rural, et leur culture aide à la mitigation des changements climatiques en fixant du nitrogène dans le sol.

Par ailleurs, selon la FAO, renforcer la production des légumineuses et leur consommation est fondamental pour stopper la croissance de l’obésité dans la région, qui affecte en moyenne 22% des adultes, et la faim qui affecte 34 millions d’hommes, de femmes et d’enfants dans l’ensemble des pays de la région.

Un aliment complet

Les légumineuses sont essentielles à une saine alimentation. Bien qu’elles soient petites, elles regorgent de protéines et contiennent le double des protéines du maïs et le triple du riz.

“Elles constituent une source fantastique de protéine végétale, ont un très bas niveau de graisse, sont libres de cholestérol et de gluten, et riches en minéraux et vitamines”, a fait savoir Benítez.

Quand les légumineuses sont consommées avec des céréales, elles forment une protéine complète moins chère que les protéines d’origine animale, et par conséquent, plus accessible aux familles économiquement vulnérables.

“Ce mélange est la base de la diète traditionnelle dans différents pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes, comme les mélanges d’haricots et de maïs, ou de riz d’haricots, que nous avons mangé tout au long de notre croissance”, a signalé Benítez.

Aliments pour l’être humain et pour les sols

Les légumineuses non seulement contribuent à l’alimentation saine, mais aussi constituent une source de revenus pour des millions de ménages agricoles qui les cultivent en association ou par rotation avec d’autres cultures, en raison de leur capacité à réintégrer de l’azote atmosphérique dans le sol, améliorant durablement la productivité.

Les légumineuses sont parmi les rares plantes capables de fixer de l’azote dans l’air pour le convertir par la suite en ammonium, enrichissant de la sorte le sol, contrairement à la plupart des autres plantes qui absorbent l’azote du sol sans le réintégrer. Cela permet de contrer les effets liés aux changements climatiques dans la mesure où les agriculteurs et agricultrices réduisent l’utilisation de fertilisants synthétiques, dont la fabrication amène à un usage intensif d’énergie émettant des gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Le rôle des légumineuses dans la création d’emploi rural en Amérique Latine et les Caraïbes est important, particulièrement dans le secteur de l’agriculture familiale, puisqu’ils sont des cultures donnant des résultats remarquables dans ce secteur.

Un trésor génétique pour les générations futures

Selon la FAO, la grande diversité d’haricots et d’autres légumineuses dans la région représente un trésor génétique permettant de créer d’autres variétés nécessaires et adaptées aux changements climatiques.

“Néanmoins, dans plusieurs communautés, on assiste à l’extinction de ces variétés ancestrales en raison de l’homogénéisation globale privilégiant une poignée de cultures et d’aliments au détriment des autres”, a averti Benítez.

Les diètes au niveau mondial sont devenues de plus en plus homogènes et similaires, et l’alimentation globale dépend en majeur partie du blé, du maïs, du soya, sans mentionner la viande et les lactoses, selon la FAO.

Durant l’Année Internationale des Légumineuses, les pays doivent faire un grand effort pour que ce phénomène s’inverse, en sauvegardant la génétique, la culture associée et les savoirs des peuples indigènes qui ont amélioré les légumineuses depuis des centaines d’années dans la région.

Alliés dans la lutte contre la faim

L’Amérique Latine et les Caraïbes non seulement se distinguent comme la source originaire d’haricots et d’autres légumineuses, mais s’est également fait remarquer comme étant la région à réaliser le plus grand progrès dans la lutte contre la faim.

Les légumineuses peuvent être des alliées clés qui permettraient à la région d’atteindre son ambitieux objectif d’en finir avec la faim d’ici à 2025, la date assumée par le principal accord régional, le Plan de Sécurité Alimentaire, Nutrition et Éradication de la Faim, de la Communauté des États Latino-Américains et Caribéens, CELAC.

“Durant cette année, nous devons célébrer les bénéfices des légumineuses, en revendiquant leur rôle dans l’alimentation et la nutrition et son importance dans le développement rural, et dans la mitigation des changements climatiques », a conclu Benítez.