FAO en République du Congo

Cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020 : Préserver les ressources naturelles pour l’alimentation des populations mondiales.

La joie des Participants à l'issue des travaux
31/01/2020

Tenue de la deuxième réunion technique de suivi du Programme Gestion Durable de la faune (SWM)

Brazzaville « Le Programme de gestion durable de la faune s’intéresse à une problématique commune à de nombreuses populations de par le monde : qui portent sur comment concilier la gestion durable des ressources naturelles, qui font la richesse de nos pays, et le bien-être des populations rurales qui dépendent de la faune sauvage comme source principale des protéines et importante source de revenu ». Propos tirés du discours d’ouverture de Rosalie Matondo, Ministre de l’Economie Forestière de la République du Congo à l’occasion du deuxième atelier semestriel du Programme SWM, initiative du Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), financée à hauteur de 45 millions d'euros au total par l'Union européenne à travers le 11ème Fonds européen de développement (FED), et cofinancée par le Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM).

Tenu du 28 au 31 janvier 2020, à l’Hôtel Ledger Plaza Maya Maya de Brazzaville en République du Congo, cet atelier semestriel du programme SWM a regroupé plus de quarante experts nationaux et internationaux en vue de faire le point des progrès accomplis dans le développement de nouvelles approches pour protéger la faune et réduire la chasse à un niveau durable, tout en sécurisant les bénéfices qu’apporte cette faune aux communautés.

Prenant la parole à l’ouverture de ces assises, Raoul Paolo Mateus a déclaré : « Je voudrais insister sur l'espace que nous offre ce Programme pour le partage et l'échange. Bien qu'il concerne huit zones d'action différentes à travers le monde, ayant leurs spécificités, nous visons tous le même objectif. En participant tous les six mois à ces ateliers de suivi de la mise en œuvre, nous avons la possibilité de partager les réussites pour pouvoir les capitaliser, les échecs aussi qui permettent de s'améliorer, de réfléchir ensemble à des solutions; enfin de chercher, de créer et d'innover ensemble. Sachons mesurer l'importance de ces rencontres ».   

En effet, durant quatre jours de travaux, les experts ont passé en revue, l’état d’avancement de la mise en œuvre au niveau de chaque site et du programme. Les principales thématiques abordées ont été : (i) les progrès de mise en œuvre des projets sur les huit sites; (ii) le cadre de suivi et d’évaluation du programme basé sur la théorie du changement et les principes de la gestion adaptative; (iii) les produits de connaissances qui devraient capitaliser les approches et outils innovants développés depuis le début du programme ; (iv) le Consentement Libre Informé et Préalable/CLIP et l’Approche Basée sur les Droits des Communautés ; et (v) la communication au niveau des sites et du programme.

Parlant de la complexité et de la multiplicité des défis à relever,  Suze Percy Filippini, Représentante de la FAO en République du Congo a précisé dans son allocution de circonstance  « qu’à  bien des égards, l’approche intégrée voulue par le Programme SWM invite à des nombreuses remises en question, aussi bien du point de vue de la gouvernance des ressources naturelles, que du point de vue technique, avec des pratiques et approches parfois à contre-courant de celles mises en œuvre ces vingt dernières années dans les projets de conservation de la biodiversité ».

Sauvegarder les espèces sauvages tout en veillant à ce que les communautés rurales tirent profit des initiatives de conservation.

Face à l’urgence d’endiguer le déclin des populations d'espèces sauvages et pour veiller à ce que les communautés rurales tirent profit des initiatives de conservation, le Programme SWM met l’accent sur la contribution de la faune sauvage à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et plus largement à l’éradication de la pauvreté dans le monde. Il s’appuie pour cela sur une approche holistique déclinée en huit modèles qui seront testés dans les différents pays pilotes entre 2018 et 2023. Ces modèles reposent ainsi sur des processus interdépendants opérant à des échelles multiples, tant locales – par exemple les pratiques de chasse villageoise ou les règles coutumières de la gestion foncière – que nationales et globales comme les cours des viandes domestiques sur les marchés, les barrières douanières à l’importation ou le statut commercial de la viande sauvage. Concilier la conservation de la biodiversité et la sécurité alimentaire et nutritionnelle relève en effet d’enjeux à la fois écologiques, économiques et socio-culturels avec des défis juridiques, techniques et de gouvernance à relever pour réussir à tenir compte de tous ces enjeux.

Pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le Programme SWM qui exige un véritable effort collaboratif et multidisciplinaire qui souligne l'importance de l'innovation, illustre en même temps un besoin urgent de travailler de façon efficace et simultanée à différent niveaux, des villages jusqu’à l'arène politique internationale.

Selon Mette Wilkie, Directrice du Département Forêts de la FAO à Rome, la publication phare « La situation des forêts du monde », qui sera diffusée en mai lors de la réunion de l’OSASTT de la Convention sur la diversité biologique à Montréal, mettra l'accent sur les liens étroits existant entre les forêts, la biodiversité et les populations.

A titre de rappel, le Programme SWM est mis en œuvre pour une durée de sept ans dans 12 pays pilotes (dont la République du Congo) par un consortium de partenaires incluant : l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Centre français de recherche agronomique pour le développement international (CIRAD), le Centre pour la recherche forestière internationale (CIFOR) et la Wildlife Conservation Society (WCS).

En République du Congo, le projet pays est coordonné par WCS et mis en œuvre en collaboration avec le Ministère de l’Economie Forestière – ministère de tutelle du projet. Il vise plus particulièrement à améliorer les systèmes existants de cogestion de la faune dans les concessions forestières en testant des approches participatives dans le bassin d’approvisionnement en viandes sauvages de Ouesso dans le Nord Congo.