FAO en République du Congo

Faire face aux impacts du Covid-19 en République du Congo : Appui de la FAO aux cotés des autres agences du Systèmes des Nations Unies

Amenagement du Studio "Espace Covid " avec l'appui de la FAO en République du Congo
10/05/2020

La FAO s’attelle à appuyer le renforcement de la résilience des ménages agricoles et des agripreneurs en milieu rural, alors qu’elle vient de soutenir le Gouvernement dans la mise en place d’un studio de production pour la communication en réponse au COVID-19

Depuis l’apparition du coronavirus (COVID-19) en République du Congo, le Gouvernement a pris des mesures exceptionnelles pour contenir la propagation de la pandémie. Ces mesures comprennent l’instauration de l’état d’urgence sanitaire assorti d’un couvre-feu de 20h à 5h ; le confinement de la population à domicile, la fermeture de tous les restaurants ; la fermeture des frontières aériennes, terrestres, fluviales et maritimes. Il a été également observé un phénomène d’exode urbain, où la plupart des citadins qui ont perdu leur source de revenu à la suite de ces mesures sanitaires ont décidé de regagner la campagne, entrainant ainsi un poids sur l’économie rurale et une pression alimentaire sur les ménages ruraux déjà confrontés à des difficultés socio-économiques.

En coordination avec les autres agences du Système des Nations Unies, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) accompagne le Gouvernement à répondre promptement et efficacement à l’épidémie à coronavirus COVID-19.

En effet, la FAO participe aux activités de la Coordination nationale de gestion de la pandémie du COVID-19 notamment au comité technique national, en apportant son appui au Services Vétérinaires dans l’élaboration des activités spécifique liées à la Santé animale.  Elle participe également à la commission prévention et contrôle des infections (PCI), à la commission surveillance et point d’entrées, à la commission socio-économie et à la commission communication des risques et engagement communautaire. C’est à ce titre que le bureau de la FAO a contribué à la conception technique d’un studio dénommé « Espace COVID-19 » pour lequel l’Institution a mis à disposition son matériel d’enregistrement et son expertise.

Ce studio sert d’espace d’enregistrement de toutes les émissions, déclarations et autres informations relatives à la gestion du COVID-19 en République du Congo.

En République du Congo comme dans certains autres pays touchés par cette pandémie actuellement, le principal défi est de parvenir à appuyer les ménages agriculteurs autour des activités génératrices de revenu dont le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique occupe plus de 75% de la population active. Leurs produits diversifiés, alimentent les différents marchés urbains et locaux. Cette stratégie qui vise à appuyer ces ménages permettrait d’améliorer les conditions de vie des populations rurales dans un contexte de crise sanitaire, à créer de l’emploi au niveau local, et à contribuer à la sécurité alimentaire et nutritionnelle de la population congolaise grâce à la disponibilité en quantité et en qualité des produits locaux sur les marchés.

A cet effet, le Bureau de la FAO en République du Congo vient d’élaborer une note conceptuelle pour le développement d’un projet visant à renforcer la résilience des ménages agricoles et des agripreneurs en milieu rural. Cette assistance cible 14000 ménages vulnérables (70.000 personnes) grâce à un appui multiforme par les filets de sécurité social. Cet appui sera centré sur l’approche caisse de résilience qui met en exergue les ménages précaires et dépourvus de moyens suffisants pour traverser les crises de tout genre, notamment celle liée au COVID-19 dans les départements du Niari, de la Bouenza, du Pool, des Plateaux, de la Cuvette, de la Cuvette-Ouest, de la Sangha et de la Likouala. A terme, cette réponse au COVID-19 permettra d’améliorer la productivité agropastorales et halieutique des ménages, renforcer la résilience des ménages vulnérables, mais également leur état nutritionnel.

Par ailleurs, le Bureau de la FAO participe à l’évaluation conjointe des impacts socio-économiques du COVID-19 à travers la mise à disposition de son expertise dans le domaine agro-alimentaire. Sous la conduite de la Coordination du Système des Nations Unies en République du Congo, cette évaluation rapide dotera le Gouvernement des données nécessaires pour une meilleures prise de décision macro-économique afin d’envisager un redressement de l’économie nationale.

De même, en collaboration avec le Ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, le Bureau de la FAO prépare une évaluation détaillée des impacts du COVID-19 sur les systèmes alimentaires au Congo. Cette évaluation minutieuse sera assortie d’un plan d’action budgétisé pour renforcer la résiliences des acteurs des filières agricoles afin de maintenir les chaînes alimentaires reliant le monde rural aux grands centre de consommation du pays.

Signalant que l’engagement pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle des congolais est au cœur des préoccupations du Gouvernement de la République du Congo, qui d’ailleurs a été représenté par Henri Djombo, Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche à la Conférence régionale ministérielle virtuelle organisée par la FAO et l’Union africaine en avril dernier. Au cours de cette rencontre de haut niveau Henri Djombo a souligné que 90% les problèmes qui se posent à l’agriculture ne sont pas d’origine agricole, mais dépendent de nombreux secteurs connexes. Le Ministre d’Etat a suggéré de porter cette question au plus haut niveau décisionnel des Etats en déclarant : « Que la FAO, l’Union Africaine, les bailleurs de fonds et les donateurs confèrent avec ces autorités qui s’entoureront de leurs ministres concernés pour adopter des engagements responsables. Il faudrait leur envoyer le questionnaire auquel elles vont répondre, assistées de leurs ministres sectoriels, pour donner les vraies réponses aux défis. Une synthèse de ces réponses permettra de connaître les besoins de l’agriculture africaine à considérer dans le contexte actuel, besoins par ailleurs contenus dans les stratégies nationales de développement agricole. Une déclaration issue de ce processus aura, j’en suis sûr, la valeur requise et des suites favorables ».