Directeur général QU Dongyu

Le Directeur général promeut l’innovation et la collaboration lors de la 44e session de la Conférence de la FAO

©FAO/Alessandra Benedetti

04/07/2025

Rome – Le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, a conclu la 44e session de la Conférence de la FAO (28 juin - 4 juillet) en soulignant que, à la lumière des difficultés immenses, complexes et profondément liées entre elles que l’humanité affronte, il fallait absolument que la FAO soit forte. Il a énoncé quatre vérités fondamentales qui découlaient des échanges entre les membres: i) la résilience se construit, elle n’est pas donnée; ii) l’innovation est notre levier; iii) les partenariats font partie de l’ADN de l’humanité; et iv) l’action ciblée produit des résultats concrets.

Dans son discours d’ouverture de la Conférence, M. Qu avait déjà souligné que nous nous trouvions à un moment charnière s’agissant de la transformation des systèmes agroalimentaires mondiaux. Il a demandé que des mesures ambitieuses, fondées sur la science et non exclusives soient prises pour avancer dans la concrétisation des quatre améliorations, à savoir l’amélioration de la production, l’amélioration de la nutrition, l’amélioration de l’environnement et l’amélioration des conditions de vie, en veillant à ce que personne ne soit laissé pour compte.  

«Je souhaite que nous nous remémorions cette 44e session comme le moment où nous avons vu l’espoir au milieu des difficultés et où nous avons choisi collectivement une approche positive, en faisant preuve d’une vision prospective et d’un multilatéralisme réel», a-t-il déclaré, en invitant instamment les membres à passer de la parole aux actes et à collaborer avec détermination et créativité. 

La Conférence de cette année a de fait été pour la FAO l’occasion de renforcer son rôle de catalyseur d’une coopération multilatérale et concrète qui vise à relever les défis agroalimentaires les plus urgents à l’heure actuelle. 

Tout au long de la Conférence, le Directeur général a participé à plusieurs manifestations parallèles, ainsi qu’à la présentation de rapports. Il a aussi inauguré de nouvelles salles techniques et a tenu de nombreuses réunions bilatérales avec divers ministres et représentants de haut niveau, entre autres activités. 

Quatre améliorations sources de vie 

Le premier jour de la Conférence, le 28 juin, le Directeur général a présenté M. Philemon Yang, Président de la 79e session de l’Assemblée générale des Nations unies, qui a prononcé la Conférence McDougall 2025.  

M. Yang a souligné que la sécurité alimentaire ne se résumait pas au simple fait d’avoir suffisamment de nourriture et qu’elle était partie intégrante des trois piliers de la mission du système des Nations Unies: la paix et la sécurité, le développement durable et les droits humains et les libertés fondamentales. 

Il a salué l’ambition de la FAO quant aux quatre améliorations. «Nous devons donner une dimension concrète à ces quatre améliorations dans notre quotidien», a-t-il précisé, en soulignant que les systèmes agroalimentaires constituaient le réseau économique le plus important au monde et qu’ils avaient une incidence sur pratiquement chaque aspect de la vie sur notre planète. M. Yang a engagé vivement tous les membres de la FAO à adopter une approche «axée sur les problèmes» et à faire preuve de volonté pour rendre l’abondance accessible à tous.   

Situation des jeunes 

L’un des temps forts de la semaine a été la présentation officielle du rapport consacré à la situation des jeunes dans les systèmes agroalimentaires, rapport dans lequel on trouve un examen minutieux des initiatives techniques et stratégiques visant à créer des possibilités d’emploi décent, à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition et à renforcer la résilience des jeunes face aux chocs. L’accent y est mis sur le fait que les jeunes sont des acteurs clés du changement dans le secteur agricole, en montrant ce qui fait d’eux la nouvelle génération de producteurs, de transformateurs, de prestataires de services et de consommateurs. 

«Nous souhaitons la bienvenue aux jeunes du monde entier, afin de faire évoluer le système agroalimentaire mondial, a déclaré le Directeur général à l’occasion du lancement du rapport. Nous sommes fermement convaincus que les jeunes sont la clé des quatre améliorations. Il s’agit d’un mouvement mondial. Soyez bienveillants avec les jeunes, faites preuve d’enthousiasme quant à l’avenir.»  

Nouveau mécanisme de financement face aux crises alimentaires 

En marge de la Conférence, la FAO a lancé le Mécanisme de financement en cas de crises alimentaires dues à des chocs, qui repose sur les initiatives existantes afin d’anticiper et de prévenir l’aggravation des situations d’urgence alimentaire. 

Lors de la présentation officielle du Mécanisme, le Directeur général a prôné un changement radical du type de réponse que le monde propose face aux crises alimentaires, c’est-à-dire de passer d’une aide d’urgence réactive à des mesures et un financement préventifs. 

«Chaque année, des millions de personnes sont victimes de la faim à cause de sécheresses, d’inondations, de conflits et de chocs économiques», a déclaré M. Qu, qui a souligné que les interventions sont souvent menées après que les crises ont échappé à tout contrôle et se sont transformées en véritables situations d’urgence. Le Mécanisme de financement en cas de crises alimentaires dues à des chocs est conçu de manière à changer la donne. Il propose un nouveau modèle de mesures préventives, qui repose sur une vérité à la fois simple et éloquente: il est plus efficace – et plus rentable – d’agir avant qu’une crise ne devienne une catastrophe. 

Renforcement du mandat normatif de la FAO 

Un autre fait marquant a été la toute première Cérémonie des traités, qui a renforcé le rôle normatif de l’Organisation.  

Les membres ont eu la possibilité de déposer officiellement les instruments juridiques relatifs à certains des 17 traités adoptés en vertu de l’article XIV de l’Acte constitutif de la FAO. Ces traités fournissent des cadres de coopération dans divers domaines, notamment la santé animale, la protection des végétaux, la pêche, l’aquaculture et la lutte contre le criquet pèlerin. Ils contribuent aussi à la collaboration entre les pays face aux menaces transfrontières qui nécessitent des solutions techniques partagées. 

«Chaque dépôt est un acte souverain puissant qui contribue à une action commune au bénéfice des populations et de la planète, conformément au mandat de la FAO», a déclaré le Directeur général. 

Stimuler l’innovation grâce aux quatre améliorations 

Trois tables rondes ont été organisées au cours des séances plénières de la Conférence en vue de mettre en évidence le caractère central et transversal des quatre améliorations dans les activités de la FAO.  

Au cours de la table ronde consacrée aux quatre améliorations en faveur de l’innovation et de la transformation des systèmes agroalimentaires, M. Qu a souligné qu’il fallait avoir une réflexion intégrée, qui associe technologies numériques, réforme institutionnelle et collaboration intersectorielle. Des projets phares comme la plateforme agro-informatique et l’initiative 1 000 villages numériques ont été présentés pour illustrer l’engagement de l’Organisation en faveur de solutions en temps réel qui soutiennent directement les agriculteurs. 

Lors de la table ronde consacrée aux quatre améliorations en faveur des petits États insulaires en développement (PEID), des pays les moins avancés (PMA) et des pays en développement sans littoral (PDSL), le Directeur général a mis l’accent sur les défis particuliers auxquels ces nations vulnérables sont confrontées.  

M. Qu a attiré l’attention sur les effets conjugués de la fragilité, de la dépendance à l’égard des importations de denrées alimentaires et des chocs environnementaux, prônant des stratégies plus résilientes et tournées vers l’avenir. Les ministres des Bahamas, de Madagascar, du Népal et du Paraguay ont fait écho à cet appel et ont insisté sur le fait qu’il fallait soutenir sans attendre les petits exploitants, les jeunes et les chaînes de valeur climato-résilientes. 

Les PEID, les PMA et les PDSL se sont aussi fait entendre lors d’une manifestation ministérielle de haut niveau au cours de laquelle ils ont adopté une déclaration ministérielle invitant instamment la FAO à élaborer une stratégie globale et un plan d’action en matière de transformation des systèmes agroalimentaires qui mettent l’accent sur leurs priorités spécifiques. 

Dans l’allocution qu’il a prononcée lors de l’ouverture de la manifestation, le Directeur général a souligné que, dans la plupart des États les plus vulnérables, il fallait sans attendre passer à la vitesse supérieure s’agissant de la transformation des systèmes agroalimentaires efficace, inclusive, résiliente, durable et pilotée par les pays. 

«Quand les systèmes agroalimentaires sont performants, les économies se développent, la santé s’améliore et les sociétés prospèrent», a déclaré M. Qu. «Les investissements dans l’innovation, la technologie, la nutrition et le financement durable ne sont pas des opérations isolées mais s’inscrivent dans le cadre d’une transformation générale qui vise à ne laisser personne de côté», a-t-il ajouté. 

Lors de la table ronde consacrée aux quatre améliorations en faveur de l’avenir et d’une alimentation de qualité pour tous, aujourd’hui et demain, le Directeur général a mis en avant que la technologie et l’innovation étaient décisives dans la conduite du changement. Il a noté que les systèmes agroalimentaires étaient des éléments de base de nos sociétés, de nos économies et de notre environnement et il a insisté sur le fait que ces systèmes devaient être plus fonctionnels et plus efficaces dans les pays en développement. 

Nouvelles salles techniques de la FAO 

Un autre moment fort de la semaine a été l’inauguration de deux nouvelles salles techniques au siège de l’Organisation, à Rome: la Salle de suivi stratégique du Libéria et la Zone d’accélération des Pays-Bas. Ces installations dernier cri devraient permettre d’améliorer considérablement l’efficacité et l’efficience de la FAO quant à l’accomplissement de son mandat. 

À la pointe du progrès, la Salle de suivi stratégique du Libéria est un centre d’aide à la prise de décision en temps réel, qui repose sur les données et la science, au service des systèmes d’alerte rapide en cas de chocs ayant des incidences sur la sécurité alimentaire. La Zone d’accélération des Pays-Bas est conçue pour favoriser la collaboration et l’innovation au sein de l’Organisation. 

Autres événements et réunions bilatérales 

Les partenariats et la solidarité ont occupé le devant de la scène lors de la manifestation consacrée à la coopération Sud-Sud, manifestation organisée en marge de la Conférence, au cours de laquelle M. Qu a salué le rôle moteur de la Chine et du Brésil et a noté que nous devions étoffer les formations destinées aux pays du Sud sur les systèmes agroalimentaires et les politiques de développement rural, au moyen de stratégies stimulantes. Le Directeur général a aussi encouragé la coopération entre l’Asie, le Proche-Orient et l’Afrique à partir de l’initiative Un pays, un produit prioritaire.  

Les Prix du champion et Prix du partenariat 2025 de la FAO ont récompensé des organisations de Colombie, d’Égypte et des Philippines pour leur impact sur la transformation agroalimentaire. «Ces prix ne sont pas uniquement l’occasion de rendre hommage à ce qui a été fait, ils représentent les valeurs fondamentales et les aspirations de la FAO», a déclaré M. Qu. «Cette cérémonie est une célébration du possible et de l’espoir». 

Le Directeur général a aussi présidé la cérémonie de clôture de l’Année internationale des camélidés (2024) et a souligné à cette occasion l’importance culturelle et écologique de ces animaux. «Les camélidés nous apprennent à relever les défis et à renforcer notre résilience en tant qu’êtres humains », a-t-il fait remarquer, tout en appelant à la préservation des connaissances et des traditions autochtones.  

M. Qu s’est également adressé aux jeunes forestiers lors de la manifestation «Harmonies forestières», qui célébrait le 80e anniversaire de la FAO. Il a observé que «les jeunes transformaient la façon dont les arbres sont utilisés pour fabriquer divers objets» et il a fait l’éloge de leurs innovations en faveur d’un approvisionnement durable. La réunion a aussi permis d’attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur les bois rares et sur le rôle des échanges culturels dans la conservation des forêts. 

Les améliorations apportées au Portail de la transparence de la FAO et aux tableaux de bord des programmes et projets ont été dévoilées. «J’ai donné la priorité à la transformation numérique – non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen de mieux vous servir, vous, nos membres», a déclaré M. Qu. «La transparence ne consiste pas seulement à partager des données; il s’agit d’instaurer la confiance, de permettre la responsabilisation et de soutenir la prise de décision fondée sur des données probantes.»  

Tout au long de la semaine, le Directeur général a aussi tenu une cinquantaine de réunions bilatérales avec des ministres et des hauts fonctionnaires du monde entier, ce qui a permis de renforcer l’engagement des membres au plus haut niveau. 

LIEN vers les discours du Directeur général.