Visite du CIMMYT et d’un site du SIPAM et réunions bilatérales avec des représentants de haut niveau du gouvernement dans le cadre d’un voyage au Mexique
Le Directeur général de la FAO, M. QU Dongyu, s’entretient au Mexique avec le Ministre de l’agriculture et du développement rural, M. Julio Berdegué, et le Directeur général du CIMMYT, M. Bram Govaerts.
©FAO/Luis Antonio Rojas
Mexico – M. QU Dongyu s’est rendu au Mexique pour un voyage de deux jours au cours duquel il a rencontré des ministres majeurs du gouvernement et effectué des visites sur le terrain dans des institutions locales.
L’un des moments forts a été la visite à Españita, dans l’État de Tlaxcala, du site de Metepantle, qui a été récemment désigné par la FAO comme étant un système ingénieux du patrimoine agricole mondial (SIPAM). Accompagné de M. Julio Berdegué Sacristán, le Ministre de l’agriculture et du développement rural, et de représentants des autorités locales, M. Qu a fait l’éloge du site de Metapantle, estimant qu’il s’agissait là d’un très bon exemple de résilience agricole à long terme dans des environnements montagneux fragiles.
Le site est réputé pour abriter une multitude de cultures en terrasses de maïs, d’agaves, de haricots, de courges et de plantes sauvages cultivées depuis 3 000 ans selon des méthodes ancrées dans les savoirs traditionnels Nahua, qui favorisent la biodiversité des terres arides. Ce lieu, décrit par le Ministre comme un «musée vivant», préserve plus de 140 espèces indigènes, dont 40 variétés locales de maïs, au moyen d’un système perfectionné de conservation des semences, de commerce et de réseaux d’échange.
Le Directeur général a profité de la visite pour rencontrer quelque 500 familles d’agriculteurs et dirigeants locaux. «Plus qu’un système agricole, Metepantle est une philosophie qui nous apprend à produire de manière respectueuse, à vivre en harmonie avec la planète et à bâtir l’avenir en nous appuyant sur la sagesse du passé», a déclaré M. Qu.
Au cours de cette même journée, M. Qu et la délégation de la FAO se sont ensuite rendus au siège mondial du Centre international d’amélioration du maïs et du blé (CIMMYT), un centre de recherche à but non lucratif qui travaille à l’amélioration des rendements, de la qualité et de la fiabilité des systèmes de production alimentaire et de cultures essentielles telles que le maïs, le blé, le sorgho et le mil à travers le monde.
«La FAO et le CIMMYT poursuivent le même objectif: garantir une bonne nutrition pour tous au moyen de la science, de l’innovation et de la coopération», a indiqué le Directeur général. Et d’ajouter: «En ces temps difficiles, nous devons travailler ensemble pour transformer nos systèmes agroalimentaires, préserver les savoirs traditionnels et promouvoir des technologies nouvelles susceptibles d’améliorer la vie des agriculteurs.»
La FAO collabore avec le CIMMYT dans le cadre de plusieurs projets à long terme, notamment le projet Vision pour des cultures et des sols adaptés (VACS), le Mécanisme de reconstitution du carbone organique des sols au niveau mondial (RECSOIL) et l’initiative phare de l’Organisation, intitulée «Un pays, un produit prioritaire» (OCOP).
«La FAO et le CIMMYT partagent un engagement de longue date qui vise à transformer l’agriculture par la science et l’innovation», a fait savoir M. Berdegué.
La délégation de la FAO a visité les collections de biodiversité, les plateformes de recherche sur le terrain et les laboratoires du CIMMYT, débattu des priorités communes à mettre en œuvre pour développer des systèmes de forage à faibles émissions ainsi que la gestion durable du sol et de l’eau, et passé en revue les travaux de recherche en cours consacrés à la génétique de précision, à la mécanisation intelligente et aux pratiques de l’agriculture de conservation.
«Depuis des décennies, le CIMMYT est fier d’être un partenaire d’exécution et d’innovation pour la FAO. À l’avenir, nous approfondirons notre relation dans le domaine de la résilience des systèmes agroalimentaires aux stress pour les petits exploitants agricoles, en tirant parti du pouvoir de l’agriculture en tant que fondement de la paix et de la sécurité», a déclaré M. Bram Govaerts, le Directeur général du CIMMYT.
Réunions bilatérales
Le lundi, le Directeur général s’est entretenu avec plusieurs interlocuteurs de haut niveau.
À l’occasion d’une nouvelle rencontre avec M. Berdegué, il a tenu à dire que c’était un grand honneur pour la FAO de voir un ex-membre du personnel (M. Berdegué était auparavant Représentant régional de la FAO pour l’Amérique latine et les Caraïbes, en poste à Santiago, au Chili) officier à un poste ministériel, et a engagé vivement le Mexique à renforcer son rôle dans la région dans les domaines de la transformation des systèmes agroalimentaires et de la fourniture de biens publics mondiaux, ajoutant que le pays pouvait compter sur l’Organisation en sa qualité de partenaire technique stratégique.
Lors de son entretien avec M. Juan Ramón de la Fuente Ramírez, le Ministre des affaires étrangères, M. Qu a salué l’aptitude du Mexique à tisser des liens et à créer des cercles vertueux entre les savoirs traditionnels, la biodiversité, les technologies modernes, l’innovation et l’action publique, et invité instamment le pays à jouer un rôle moteur dans les pays du Sud et au-delà, avec l’appui de la FAO.
Mme Rosaura Ruiz Gutiérrez, la Ministre de la science, des humanités, de la technologie et de l’innovation, a présenté brièvement au Directeur général le programme d’action de son ministère en matière de souveraineté alimentaire, programme qui s’appuie sur un vaste réseau de partenariats noués avec des États, des universités, des instituts de recherche et des entreprises privées du pays et vise à améliorer la production de maïs et de haricots. M. Qu l’a remerciée pour cet exposé et est revenu sur la façon dont la FAO pourrait collaborer, en particulier pour améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants et aider à orienter davantage le secteur agricole du Mexique vers l’économie de marché.
Toutes les parties ont annoncé vouloir renforcer encore le solide partenariat entre la FAO et le Mexique qui s’est développé au cours de ces 80 dernières années.