Directeur général  QU Dongyu
Allocutions du directeur général de la FAO QU Dongyu

CONSEIL DE LA FAO – CENT SOIXANTE-SIXIÈME SESSION

ALLOCUTION DU DIRECTEUR GÉNÉRAL

26 AVRIL 2021

Texte avant allocution

 

M. Khalid Mehboob, Président indépendant du Conseil de la FAO,

Mesdames et Messieurs les délégués,

Mesdames et Messieurs,

1. J’ai le plaisir de m’adresser à vous à l’occasion de l’ouverture de la cent soixante-sixième session du Conseil et je suis heureux de vous trouver tous en bonne santé.

2. Je tiens à témoigner ma compassion et ma solidarité aux personnes touchées par la pandémie.

3. Dans mon intervention d’aujourd'hui, je ferai le point sur les résultats de l’Organisation et présenterai les propositions concernant la voie à suivre.

4. Comme vous le constaterez, aucune des décisions, des activités et des conclusions que je vous présenterai aujourd’hui n’est un exercice isolé, mais chacune fait partie intégrante d’une succession d’avancées interdépendantes.

5. Ces progrès se traduisent par des résultats tangibles et des actions concrètes visant à mieux servir nos Membres.
6. Plus d’un an après le début de la pandémie de covid-19, nous constatons l’ampleur des conséquences à long terme sur les systèmes agroalimentaires, la sécurité alimentaire et la nutrition dans le monde.

7. Avant même la pandémie, le monde n’était pas en bonne voie pour atteindre l’objectif de développement durable (ODD) 2 d’ici à 2030.

8. La pandémie a révélé les nombreuses lacunes des systèmes agroalimentaires actuels, qui constituent le plus vaste système économique du monde du point de vue de l’emploi et des moyens d’existence.

9. Dans le monde, 4,5 milliards de personnes sont employées dans les secteurs de la production, de la récolte, des services, de la transformation et de la distribution au sein des systèmes agroalimentaires et en tirent leur subsistance.

10. Les perturbations causées par la pandémie ont mis en péril l’approvisionnement alimentaire, compromettant l’accès à des aliments salubres et nutritifs à des prix abordables.

11. Dans les villes, on a assisté à la fermeture des cantines scolaires, à la restriction drastique de la vente de produits alimentaires dans les espaces publics, à la hausse considérable des prix des denrées alimentaires et à la fragilisation des emplois dans les secteurs de la transformation et de la distribution de produits alimentaires.

12. Dans toutes les régions en développement, cette situation a également eu des répercussions défavorables sur les revenus des ménages des zones rurales, en raison de la diminution des revenus tirés des emplois agricoles et non agricoles.

13. Les salaires et les envois de fonds ont aussi connu une réduction similaire.

14. Les réseaux alimentaires qui couvrent l’ensemble du continuum rural-urbain offrent la possibilité de favoriser une transformation rurale inclusive et durable.

15. Dans le cadre du Programme FAO d’intervention et de redressement dans le contexte de la covid-19, l’Organisation s’efforce d’établir un lien entre la protection sociale et les moyens d’existence agricoles et ruraux et de mettre l’accent sur la création d’emplois pour les femmes et les jeunes dans les systèmes agroalimentaires.

16. Nous avons, par ailleurs, renforcé le recours aux technologies numériques afin d’aider les petits exploitants agricoles à maintenir leur production, préserver leur productivité et conserver leur accès aux marchés.

17. La FAO prête un appui constant à ses Membres de façon à assurer la continuité des chaînes d'approvisionnement pour que les populations les plus vulnérables puissent continuer à se procurer des aliments essentiels.

18. Vingt-quatre millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë se trouvant menacées par les effets de la covid-19 ont pu bénéficier d’une aide d’urgence pour les moyens d’existence et de l’accroissement des transferts monétaires dans les 34 pays ciblés par le Plan global de réponse humanitaire.

19. La FAO élargit les domaines d’action de son Programme d’intervention et de redressement dans le contexte de la covid-19 afin de mieux intégrer le «relèvement vert», compte tenu de l’importance et du caractère urgent que cet élément commence à revêtir au niveau national.

20. La situation exige non seulement un engagement politique, mais aussi davantage de ressources financières, de solutions innovantes et de technologies sur le terrain.

21. À cet effet, nous avons lancé la Coalition pour l’alimentation (à l’initiative du Gouvernement italien), conjointement avec nos Membres, en novembre 2020.

22. Pour pouvoir changer la donne, la Coalition a besoin d’un large éventail de partenaires mais, avant tout, que nos Membres renforcent leur appui et prennent part à cet effort.

23. Le fait d’inscrire la sécurité alimentaire et la Coalition pour l’alimentation au programme du G20, sous la présidence italienne, offre une occasion unique de s’engager, de sensibiliser et de mobiliser une aide à l’échelle mondiale.

24. La FAO prendra part à ce processus en tant qu’organisme fédérateur et fournira une assistance technique et un soutien aux politiques.

25. Les équipes techniques de la FAO chargées des questions liées à la covid-19 aideront les Membres à élaborer leurs propositions et à mobiliser d’autres parties prenantes en vue de la mise en œuvre sur le terrain.

26. Notre action collective façonnera l’avenir et je vous encourage à vous engager et à participer activement.

27. Nous continuons à veiller à la sécurité et à la santé des employés de la FAO et de leurs familles à travers le monde, ainsi qu’à celles du personnel des Nations Unies travaillant en Italie.

28. Depuis décembre 2020, le service de dépistage de la covid-19 au volant proposé au Siège de la FAO est ouvert aux membres du personnel de l’Organisation, aux personnes à leur charge qui remplissent les conditions requises, ainsi qu’au personnel des représentations permanentes et des organismes ayant leur siège à Rome.

29. En ma qualité de Fonctionnaire désigné des Nations Unies pour l’Italie, responsable de la sûreté et de la sécurité de l’ensemble du personnel des Nations Unies travaillant en Italie, je mène le dialogue avec le Gouvernement italien afin que les employés des Nations Unies présents dans le pays soient inclus dans les plans de vaccination du pays hôte.

30. Pendant la première phase, 180 employés qui se trouvent en première ligne (principalement des employés de l’Organisation internationale pour les migrations [OIM], du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés [HCR] et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance [UNICEF]) ont pu être vaccinés dans les locaux de la FAO en février.

31. Pendant la deuxième phase, qui vient de s’achever, 1 000 personnes supplémentaires, à savoir des membres du personnel des Nations Unies et les personnes à leur charge remplissant les conditions requises, ont pu être vaccinées, conformément au plan de vaccination italien, et la priorité a également été donnée aux entités des Nations Unies chargées de la gestion de la continuité des opérations et de l’action humanitaire.

32. Les négociations concernant la troisième phase de la campagne de vaccination du personnel des Nations Unies se sont achevées avec la publication, par le Bureau du Commissaire extraordinaire pour la covid-19, du décret n° 7/2021 du 24 avril, relatif aux modalités de vaccination pour les entités des Nations Unies, les organisations internationales et le corps diplomatique. Cette phase devrait concerner les 8 000 employés restants qui ont exprimé le souhait d’être vaccinés, ainsi que les personnes à leur charge remplissant les conditions requises.

33. Par ailleurs, le système spécial de notification en cas d’urgence de la FAO permet de communiquer rapidement les informations pertinentes aux employés de l’Organisation, aux 26 institutions des Nations Unies dont le siège est en Italie et aux représentations permanentes.

34. Dans les pays où aucun programme national de vaccination n’est mis en place, les employés de la FAO et les personnes à leur charge bénéficieront du programme de vaccination géré par l’Organisation des Nations Unies (ONU), dans le cadre d’un protocole d’accord que nous avons signé avec le Secrétariat de l’ONU.

35. Il s’agit là d’un bon exemple de coopération à l’échelle du système des Nations Unies, telle une grande famille qui évolue et s’adapte avec succès pour surmonter les difficultés qui se dressent devant elle.

36. L’Équipe de gestion des crises n’a pas cessé de relever les nombreux défis liés à la pandémie de manière remarquable.

37. La FAO continue d’appuyer les dispositifs d’évacuation sanitaire relatifs à la covid-19 et les services de santé locaux, qui constituent la première ligne de défense dans les différents bureaux de pays de la FAO.

38. Depuis le début de la pandémie, sur près de 14 000 employés de la FAO à travers le monde, 429 ont été touchés par la covid-19, 57 sont actuellement en convalescence chez eux et trois se trouvent à l’hôpital; malheureusement, SEPT employés sont décédés depuis le début de la pandémie, en mars 2020.

Mesdames et Messieurs les délégués,

39. Grâce à la transformation la plus profonde que la FAO ait jamais entreprise depuis sa création, notre Organisation est désormais moderne, adaptable, inclusive et transparente.

40. Elle a été dotée d’une structure souple et modulaire favorisant une collaboration intersectorielle optimale.

41. Nous avons apporté des ajustements afin de nous adapter au mieux aux besoins et aux priorités qui se font jour: nouveaux postes, nouveaux bureaux et nouveaux centres.

42. Nous avons accompli tout cela en gardant constamment à l’esprit le mandat initial de la FAO et en nous inspirant de ses Textes fondamentaux.

43. De manière innovante et unique, j'ai créé une équipe de direction centrale qui me seconde dans tous les domaines relevant du mandat de l’Organisation.

44. Composée de trois directeurs généraux adjoints, de l’Économiste en chef, de la Scientifique en chef et du Directeur de cabinet, elle illustre le nouvel esprit de collaboration de la FAO: plus de cloisonnement ni de petits royaumes, mais une seule équipe soudée qui travaille en harmonie et en synergie.

45. Grâce à une autre innovation, à savoir les lignes hiérarchiques doubles, nous pouvons garantir des niveaux de transparence et un travail d’équipe inégalés.

46. Par ailleurs, nous avons renouvelé notre position à l’extérieur.

47. Nous avons élargi notre collaboration avec les partenaires dans le monde entier.

48. Nous avons refait de la FAO un acteur dynamique au sein du système des Nations Unies.

49. Nous nous sommes forgé une position mondialement reconnue en matière de connaissances et d’expertise dans les enceintes internationales, allant du G20 au Forum économique mondial, mais aussi ailleurs.

50. Nous avons été les premiers à fournir des orientations, à apporter une expertise et un appui et à changer la donne.

51. Nous le faisons dans le cadre de nos initiatives et activités, de nos collaborations et projets, à tous les niveaux et partout dans le monde.

52. Mais nous continuons à œuvrer pour devenir une véritable organisation de premier plan à l’échelle mondiale.

53. L’année dernière, au mois de janvier, j’ai proclamé 2020 «année de l’efficience à la FAO».

54. En 2021, la FAO restera efficiente et gagnera en efficacité en mettant particulièrement l’accent sur les principes de transparence et de responsabilité.

55. Nous nous attachons actuellement à établir des structures régionales et sous-régionales plus cohérentes et à renforcer les capacités des bureaux de pays pour obtenir des résultats plus concrets sous la bannière d’une FAO unie dans l’action.

56. Les bureaux régionaux ont entrepris de créer des plateformes de connaissances thématiques, qui s’appuieront sur l’expérience acquise au niveau régional et constitueront de puissants mécanismes d’échanges intercontinentaux.

57. Le nouveau réseau de terrain de la FAO établira des normes internationales en matière de responsabilité, qui permettront de prévenir plus efficacement les fraudes et d’appliquer strictement les politiques de l’Organisation visant à prévenir l’exploitation et les atteintes sexuelles et le harcèlement sous toutes ses formes.

58. Le renforcement des moyens d’action, de la mobilisation et de la responsabilité, la rationalisation des processus et l’amélioration de la gestion des ressources humaines permettront de consolider la position de la FAO dans le monde entier.

59. L’amélioration des méthodes de travail nous aidera à concentrer nos ressources limitées sur les fonctions essentielles, l’objectif étant d’optimiser la présence de la FAO au niveau national pour répondre aux besoins des Membres.

60. Les bureaux de liaison de la FAO seront mieux intégrés au Siège pour ce qui est des thèmes mondiaux et aux bureaux régionaux en ce qui concerne les possibilités de partenariat.

Mesdames et Messieurs,

61. Nous poursuivons l’établissement d’un environnement de travail professionnel, sûr et constructif dans l’ensemble de la FAO.

62. Le Rapport annuel sur les ressources humaines fait état des progrès accomplis dans ce domaine en 2020.

63. Grâce au nouveau plan d’assurance maladie de la FAO, les cotisations de l’Organisation font maintenant partie des plus basses de tout le système des Nations Unies.

64. Nous avons considérablement amélioré la couverture médicale de tout le personnel, ce qui est particulièrement important dans le contexte de la pandémie actuelle.

65. La couverture du personnel affilié, soit 75 pour cent des effectifs de la FAO, a été considérablement renforcée, y compris en ce qui concerne le congé de maternité et la couverture facultative lors des ruptures de service.

66. J’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai décidé d’allonger le congé parental, y compris le congé de paternité avec traitement, afin d’aligner davantage la FAO sur les autres organismes du système des Nations Unies.

67. Nous continuons de prendre en compte les souhaits de notre personnel et de travailler de manière constructive avec les organismes qui le représentent.

68. Près de 6 000 membres du personnel ont répondu à l’enquête sur le télétravail menée en décembre 2020.

69. Plus de 85 pour cent d’entre eux se sont dits satisfaits des informations communiquées par la FAO et 75 pour cent d’entre eux de la gestion globale de l’environnement de travail pendant la pandémie.

70. Nous avons donné suite à une recommandation importante du Bureau de l’Inspecteur général, qui avait proposé de vérifier rigoureusement les références et le parcours des candidats, afin d’exclure du recrutement ceux qui avaient des antécédents de harcèlement, d’exploitation ou d’abus sexuels.

71. La nouvelle FAO numérique est désormais une réalité bien ancrée et les services numériques mondiaux qui facilitent les nouvelles modalités de travail sont disponibles 24 heures sur 24 et 7 jour sur 7.

72. Le portefeuille numérique de la FAO, qui contient plus de 290 produits numériques, facilite la réalisation de nos activités sur le terrain.

73. Plus de 94 000 utilisateurs sont inscrits au portefeuille de services numériques, une plateforme en nuage qui offre aux agriculteurs des informations et des conseils sur leur téléphone mobile.

74. Le portefeuille de l’initiative sur les villages numériques offre plus de 300 produits numériques qui facilitent la transformation numérique des zones rurales.

75. La communauté de pratique e-Agriculture compte à présent près de 18 000 membres.


Mesdames et Messieurs,

76. L’Initiative Main dans la main, un mécanisme permettant de réunir différents acteurs pour aider les plus défavorisés, éradiquer la pauvreté, éliminer la faim et la malnutrition et réduire les inégalités au sein des pays et entre les pays, continue de prendre de l’ampleur.

77. Je sais que cet objectif est ambitieux, en particulier au vu de la situation extraordinairement difficile à laquelle le monde doit faire face actuellement.

78. Pourtant, une occasion historique nous est offerte, outre et malgré ces difficultés.

79. Les 37 États Membres qui ont été acceptés sont désormais des participants officiels et plusieurs autres bénéficient déjà des méthodes, des plateformes et de l’aide offertes dans le cadre de l’Initiative.

80. Dans 12 pays pilotes, nous allons bientôt conclure des accords sur le contenu du programme et du plan d’investissement de base qui permettra de le financer.

81. Nous sommes en train de former des coalitions avec le secteur privé et les institutions financières internationales, afin d’attirer des financements destinés à ces plans d’investissement.

82. Dans 12 autres États Membres, nous parachevons les études initiales et nous dialoguons avec les gouvernements, afin de définir les paramètres des programmes nationaux.

83. Les autres États Membres en sont encore à la phase de conception, car ils ne se sont joints à l’Initiative que récemment.

84. Étant donné que cette Initiative est prise en charge et pilotée par les pays, les points de départ possibles et la nature des activités varient en fonction des priorités et des besoins nationaux respectifs.

85. Dans plusieurs pays d’Afrique, l’Initiative contribue aux programmes nationaux qui visent à moderniser les chaînes de valeur et à favoriser l’industrialisation en renforçant la partie médiane de ces chaînes au moyen d’agropoles qui augmentent la valeur ajoutée, améliorent l’accès au marché et accroissent les profits des agriculteurs.

86. C’est la direction qui a été prise en Éthiopie et au Zimbabwe et qui sera empruntée dans les pays du Sahel, en plus des pratiques de renforcement de la résilience.

87. Dans le couloir sec d’Amérique centrale, nous contribuons aux stratégies nationales visant à accroître la productivité et les perspectives de revenus des petits exploitants, des pêcheurs et des populations autochtones.

88. En outre, dans l’ensemble des systèmes agroalimentaires, nous renforçons la résilience des femmes et des jeunes face au changement climatique et nous leur offrons des perspectives.

89. Au Nigéria, en Équateur et au Pérou, nous sommes en train de déterminer quels sont les produits à forte valeur et nous élaborons des plans d’investissement qui permettront d’offrir un accès compétitif et efficace aux marchés, ainsi que des mesures complémentaires pour améliorer la vie des producteurs et des travailleurs agricoles.

90. Pour ces pays et d’autres, nous avons élaboré des outils permettant de définir les lieux qui conviennent pour les installations de regroupement et de stockage et nous travaillons avec les gouvernements et des partenaires non étatiques afin de mobiliser des ressources à cette fin.

91. Avec la Banque mondiale et Rabobank, nous étudions actuellement la mise en place de systèmes électroniques de récépissés d’entrepôt destinés aux installations de stockage réfrigérées, afin de réduire les pertes alimentaires et de permettre aux cultivateurs, aux éleveurs, aux producteurs laitiers et aux pêcheurs d’obtenir de meilleurs prix et d’accéder plus facilement au crédit.

92. En République démocratique populaire lao, nous collaborons étroitement avec le Gouvernement, la Banque mondiale et des partenaires, afin de développer des couloirs de croissance durables le long de la nouvelle voie ferrée, qui tireront partie du potentiel d’une agriculture, d’une aquaculture et d’une agroforesterie accessibles pour améliorer la vie d’un grand nombre de personnes.

93. Au Népal, sept modules ont été définis pour le plan d’investissement en faveur de l’agriculture intelligente face au climat sur lequel nous travaillons avec le Ministère de l’agriculture et la Banque mondiale.

94. Au Tadjikistan, premier pays de la région Europe de l’Est et Asie centrale à participer à l’Initiative Main dans la main, un atlas géospatial qui éclairera la prise de décisions en faveur du développement durable est en cours d’élaboration.

95. Dans les îles du Pacifique, nous sommes confrontés à des difficultés considérables pour trouver les données de grande qualité et les modèles adaptés dont nous avons besoin pour définir et évaluer les possibilités et les risques.

96. Nous œuvrons donc à nouer des partenariats stratégiques avec des centres d’excellence mondiaux et régionaux, afin de mettre en commun des données et de réaliser des analyses techniques qui, nous le croyons, bénéficieront non seulement aux îles du Pacifique, mais également à tous les petits États insulaires en développement.

97. Néanmoins, nous n’avons pas attendu pour agir: nous avons déjà mis au point le tout premier plan de développement agricole global pour les Îles Salomon, en collaboration avec le Fonds international de développement agricole (FIDA).

98. En Syrie, nos efforts portent sur le rétablissement de l’approvisionnement en eau et de l’irrigation au niveau local, compte tenu du fait que l’agriculture est devenue essentielle pour l’emploi et les disponibilités alimentaires nationales.

99. Enfin, au Yémen, nous avons commencé à travailler davantage à l’interface entre action humanitaire, développement et paix, domaine que nous avons privilégié et dans lequel nous souhaitons combler les lacunes. Des diagnostics à ce sujet sont menés actuellement, afin d’étayer les politiques et le cadre d’investissement.

100. La Plateforme géospatiale Main dans la main compte aujourd’hui plus de 38 000 utilisateurs.

101. Celle-ci dispose désormais de sa propre page web et les demandes de formation technique de la part des autorités nationales augmentent de façon régulière.

102. Le cadre de référence de la Plateforme internationale pour l’alimentation et l’agriculture numériques a été révisé par le Comité de l’agriculture, le Comité des pêches, le Comité des forêts et le Comité du Programme.

103. Les Membres ont communiqué des recommandations et des observations constructives qui visent à s’assurer que la façon dont est conçue la Plateforme permettra de relever les défis qui nous attendent.

104. Le cadre de référence prévoit un mécanisme souple et ciblé qui est axé sur le potentiel des applications de technologies numériques dans l’alimentation et l’agriculture, tout en prenant en compte leurs effets, leurs difficultés et leurs risques.

105. Je vous invite à apporter votre soutien à cet effort important en approuvant le cadre de référence de la Plateforme, afin que nous puissions agir collectivement pour réduire la fracture numérique.

106. Des progrès satisfaisants ont été accomplis dans la mise en œuvre de la Stratégie relative à la mobilisation du secteur privé, depuis que vous l’avez approuvée en décembre.

107. Aujourd’hui même, nous avons lancé le Portail «Connect» de la FAO, un «guichet unique» consacré à la mobilisation du secteur privé, dont l’objectif est de tirer parti des partenariats avec le secteur privé pour transformer les systèmes agroalimentaires.

108. Sur ce portail, les Membres peuvent obtenir des informations sur la manière dont la FAO collabore avec le secteur privé et consulter les accords officiels conclus avec des entités du secteur privé, après s’être identifiés au moyen d’un mot de passe. D’autres fonctionnalités seront ajoutées par la suite.

109. Depuis décembre, nous avons signé une déclaration d’intention avec une entreprise de taille moyenne située au Rwanda et un accord de coopération multipartite avec plusieurs acteurs au Ghana.

110. Nous prévoyons de passer d’autres accords afin d’établir un portefeuille d’entités du secteur privé qui soit diversifié et équilibré en ce qui concerne les types et la représentation régionale.

111. La FAO a été très active puisqu’elle a contribué à la collecte de données et a catalysé l’élaboration des politiques et les activités visant à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires.

112. Nous avons intégré des activités de renforcement des capacités en matière de réduction des pertes après récolte dans nos plus importants programmes de renforcement des capacités statistiques: la Stratégie mondiale pour l’amélioration des statistiques agricoles et rurales et l’initiative 50 x 2030.

113. En Afrique, en Europe et en Amérique latine, nous proposons aux Membres une assistance technique et des activités de renforcement des capacités dans le domaine de l’évaluation des pertes alimentaires.

114. Avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), nous élaborons actuellement une méthode qui permettra de regrouper l’indicateur relatif à l’indice des pertes alimentaires et l’indicateur relatif à l’Indice du gaspillage alimentaire sous un seul indicateur des ODD qui permettra de faire rapport sur la cible 12.3.

115. Aux côtés de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), nous avons commencé une analyse détaillée des pertes alimentaires dans la chaîne de valeur du maïs en Tanzanie et au Mozambique et nous avons lancé des activités visant à réduire les pertes alimentaires au Zimbabwe auxquelles participent des acteurs du secteur public et du secteur privé.

116. Le nombre de visites sur la Plateforme technique sur l’évaluation et la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires a augmenté de 419 pour cent depuis juin 2020.

117. Le projet révisé de Code de conduite d’application volontaire sur la réduction des pertes et du gaspillage de nourriture sera présenté à la Conférence de la FAO en juin, pour approbation.

118. On retrouve la question des pertes et du gaspillage alimentaires dans les cinq pistes d’action du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires 2021.

119. Nous contribuons à l’élaboration de solutions qui changeront la donne en matière de transformation des systèmes agroalimentaires, notamment en veillant à la consistance, à la pertinence et à l’efficacité des propositions visant à réduire les pertes et le gaspillage alimentaires.

120. Nous contribuons également au Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires en fournissant un tableau de bord d’indicateurs qui couvre les pertes et le gaspillage alimentaires.

Mesdames et Messieurs,

121. Dans la lutte contre le criquet pèlerin, nos partenaires fournisseurs de ressources se sont mobilisés rapidement et généreusement.

122. Plus de 223 millions d’USD ont été réunis en réponse à l’appel pour la Corne de l’Afrique et le Yémen dans sa version révisée.

123. Dans la Grande Corne de l’Afrique et au Yémen, plus de 2 millions d’hectares ont été traités depuis janvier 2020.

124. Grâce aux efforts déployés dans la région, 4 millions de tonnes de céréales environ et près de 800 millions de litres de lait ont été sauvés, pour une valeur de 1,53 milliard d’USD.

125. Ces quantités peuvent couvrir les besoins alimentaires de plus de 34 millions de personnes pendant un an et préserver plus de 1,7 million de ménages pastoraux de la perte de leurs moyens d’existence et de la misère.

126. Je me réjouis que la menace d’une invasion acridienne en Afrique de l’Ouest ait été complètement écartée, et que la recrudescence en Asie du Sud-Ouest ait été maîtrisée.

127. Les efforts que les nations d’Afrique de l’Est ont déployés pour mettre fin à la plus forte recrudescence de criquets pèlerins que leur région ait subie de mémoire d’homme ont été couronnés de succès.

128. Depuis le lancement de l’action mondiale de la FAO contre la légionnaire d’automne, nous avons accompli des progrès notables dans la lutte intégrée, la prévention et la coordination mondiale.

129. Les huit pays de démonstration ont mis sur pied des équipes spéciales nationales et élaborent actuellement des plans de travail ayant pour objet la surveillance, l’évaluation technologique, la démonstration et le renforcement des capacités.

130. Des réunions de coordination par zone géographique ont permis de faire avancer les travaux entrepris avec plus de 50 pays pilotes.

131. Des ateliers de formation technique et des consultations sont organisés en vue de l’élaboration de trains de mesures de lutte intégrée contre les organismes nuisibles qui soient spécifiques à chaque région.

132. Un groupe de travail multipartite sur la mobilisation de ressources a été créé.

133. L’Initiative Villes vertes de la FAO progresse très bien.

134. Dans le cadre du Programme régional de l’Initiative pour l’Afrique, des mesures vertes, novatrices et donnant des résultats rapides ont commencé à être mises en œuvre à Cabo Verde, au Kenya, à Madagascar, au Mozambique et au Rwanda.

135. Un renforcement des capacités ajusté aux réalités locales est engagé, son but étant d’intégrer les systèmes agroalimentaires et les espaces verts dans les travaux de planification urbaine de 12 villes africaines en 2021, le parachèvement des accords officiels étant en cours.

136. Dans 10 pays Membres, nous aidons les villes et les acteurs municipaux à élaborer des interventions vertes s’inscrivant dans leur contexte spécifique.

137. La page web thématique «Villes vertes» existe dans les six langues officielles de la FAO.

138. Nous proposons d’ajouter un domaine prioritaire du Programme spécifique dans le nouveau Cadre stratégique de la FAO pour la mise en œuvre de cette initiative.

Mesdames et Messieurs les délégués,

139. L’Initiative 1 000 villages numériques connaît un développement satisfaisant.

140. Dans la région Amérique Latine et Caraïbes,58 villages de 14 pays vont y participer.

141. En Asie et dans le Pacifique, plusieurs Membres, dont le Cambodge, l’Inde et le Pakistan, ont entrepris d’intégrer l’Initiative dans leurs programmes de travail nationaux.

142. Au Bangladesh, la FAO élabore actuellement un plan de refonte de l’agriculture à l’appui de la transformation des produits agricoles, de l’agriculture intelligente face au climat et des villages numériques.

143. La Chine a proposé cinq domaines de travail pour l’Initiative – le commerce électronique, les drones, les mégadonnées, les plateformes en nuage et la gouvernance électronique –, qui seront exploités et mutualisés.

144. En Afrique, cinq pays ont soumis des propositions en vue de prendre part à l’Initiative.

145. Le Comité de la jeunesse et le Comité des femmes institués par la FAO continuent de promouvoir activement la solidarité et l’inclusion parmi les employés et à l’extérieur.

146. Le Forum mondial de l’alimentation porté par Global Youth, mouvement dont le Comité de la jeunesse de la FAO est à l’origine, a activé son site web et ses chaînes sur les réseaux sociaux à la fin du mois de mars, obtenant 15 000 visiteurs, abonnés et internautes fidélisés au cours des deux premières semaines.

147. L’Assemblée de la jeunesse en faveur de l’action, qui s’inscrit dans le cadre du Forum mondial de l’alimentation, a été lancée officiellement lors du récent Forum de la jeunesse du Conseil économique et social de l’ONU.

148. L’Assemblée prévoit plusieurs manifestations et dialogues mondiaux connexes au Forum mondial de l’alimentation pour les prochains mois, notamment une rencontre pour les jeunes durant le pré-sommet du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires prévu en juillet, son but étant d’augmenter la mobilisation et la participation des jeunes.

149. Ces dialogues s’élaborent en étroite collaboration avec le volet jeunesse du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires et les organisations et entités mondiales représentant la jeunesse, notamment le Grand groupe des enfants et des jeunes de l’ONU.

Mesdames et Messieurs les délégués,

150. En tant qu’organisation assurant l’actuelle présidence de l’Alliance tripartite «Une seule santé», qui réunit la FAO, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), nous travaillons sur un certain nombre de priorités, notamment l’élaboration d’un plan d’action mondial «Une seule santé».

151. Le mandat du Groupe d’experts de haut niveau pour l’approche «Une seule santé» est parachevé et un appel à candidatures a été lancé en mars 2021.

152. Nous continuons de collaborer à la surveillance de l’évolution du SARS‑CoV-2 et à publier des directives à l’intention des professionnels de l’élevage.

153. Des notes de synthèse ont été élaborées conjointement sur le thème «Une seule santé» pour le G7 et le G20.

154. Le centre de référence de la FAO sur les coronavirus zoonotiques continue d’accompagner les Membres en se fondant sur des éléments factuels et en suivant à une démarche scientifique.

155. Dans le cadre du programme de prévention des pandémies, sept fiches d’action ont été établies pour les cinq régions et publiées en ligne.

156. Le Plan d’action de la FAO contre la résistance aux antimicrobiens (2021‑2025) a été actualisé selon les observations et les recommandations reçues; l’indicateur de résistance aux antimicrobiens a, quant à lui, été revu afin de refléter les avancées réalisées par la FAO dans sa mesure à partir des résultats du questionnaire tripartite d’autoévaluation des pays.

157. Le Groupe de direction mondial sur la résistance aux antimicrobiens intégrant le principe «Une seule santé», créé en novembre 2020, a tenu sa réunion inaugurale en janvier 2021.

158. Le mandat du Groupe indépendant chargé d’étudier les données factuelles sur lesquelles appuyer l’action contre la résistance aux antimicrobiens a été soumis au Secrétaire général de l’ONU pour avis et approbation.

159. Le cadre de référence de la Plateforme de partenariat pour l’action contre la résistance aux antimicrobiens est en cours de parachèvement.

Mesdames et Messieurs,

160. Le renforcement des partenariats de la FAO se poursuit au sein du système des Nations Unies.

161. Nous sommes actifs dans le cadre de 119 programmes conjoints des Nations Unies et de 114 stratégies relatives à des activités d’appui conjointes des Nations Unies.

162. Nous avons lancé un nouvel outil de profil de pays pour donner accès aux données et aux indicateurs clés d’échelon national, afin de faciliter la contribution de la FAO à l’analyse commune de pays.

163. Nous rejoignons le Groupe de travail de haut niveau demandé par le Secrétaire général de l’ONU, à la lumière des niveaux croissants d’insécurité alimentaire aiguë, aux côtés du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et du Programme alimentaire mondial (PAM).

164. Avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), nous avons mis en place un indice de pauvreté multidimensionnel dans plus de 30 pays et nous aidons plus de 20 pays à renforcer leurs contributions déterminées au niveau national.

165. Nous nous employons à harmoniser nos programmes respectifs d’intervention et de redressement dans le contexte de la covid-19 et, avec d’autres institutions des Nations Unies, nous avons élaboré un cadre de redressement vert.

166. Avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), nous avons élevé notre division commune au rang de Centre mixte FAO/AIEA (Techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture).

167. Avec l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), nous avons facilité les consultations nationales des parties prenantes en Afrique concernant les incidences de la pandémie sur les jeunes.

168. Entre organismes ayant leur siège à Rome, nous continuons de coordonner nos programmations à l’échelon des pays et des régions et à étudier les possibilités d’améliorer notre efficacité administrative et opérationnelle.

169. La FAO continue d’apporter son plein appui à la préparation du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires.

170. En tant qu’organisme référent des Nations Unies pour la piste d’action 1 – «Garantir l’accès à des aliments sains et nutritifs» –, nous faisons en sorte que les groupes de travail bénéficient des connaissances et de l’expérience existantes au sein du système des Nations Unies.

171. Les points focaux de la FAO chargés de chacune des autres pistes d’action offrent leur expertise et leurs contributions à mesure que de nouvelles solutions sont mises en œuvre.

172. La Scientifique en chef et l’Économiste en chef de la FAO siègent au Comité scientifique.

173. Les Journées de la science du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires (2021), qui se dérouleront les 8 et 9 juillet, seront facilitées et coanimés par la FAO.

174. L’Économiste en chef de la FAO dirige un complexe de plateformes de modélisation destiné à aider à l’évaluation des mesures et des interventions proposées.

175. Les Membres qui organisent des dialogues dans le cadre national sollicitent l’appui technique de la FAO de plus en plus souvent.

176. Avec des financements de l’UE, la FAO effectue actuellement des évaluations rapides des systèmes agroalimentaires de 60 pays, lesquelles éclaireront l’élaboration et la mise en œuvre de feuilles de route nationales relatives aux systèmes alimentaires.

177. Nous poursuivons l’édification d’une FAO ouverte et nouant des partenariats solides.

178. Un nouveau protocole d’accord avec l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) promeut les bioénergies durables et l’utilisation d’énergies renouvelables dans les systèmes agroalimentaires.

179. Notre protocole d’accord conclu avec l’Agence spatiale européenne (ESA) ouvre la voie à un échange accru d’expertises pertinentes et au développement d’applications dans lesquelles les images d’observation de la Terre serviront à un meilleur suivi des systèmes agroalimentaires.

180. Nous coordonnons un pôle mondial de connaissances sur les systèmes alimentaires des peuples autochtones, dont la vocation est de témoigner de leur résilience et de leur durabilité au Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires.

181. En outre, nous poursuivons nos activités de sensibilisation auprès d’un large éventail d’acteurs.

182. Lors du Forum économique mondial de Davos organisé en janvier, qui, cette année, s’est tenu en visioconférence, j’ai appelé à mener des interventions communes et une action mondiale en faveur de la transformation des systèmes agroalimentaires.

183. Dans l’allocution liminaire que j’ai prononcée à la Conférence d’hiver du Forum économique et social d’Autriche en janvier, j’ai souligné le rôle que l’Initiative Main dans la main peut jouer dans le partage de données d’expériences sur le développement agricole et rural parmi les pays sans littoral.

184. Dans mon discours à la Conférence des ministres de l’agriculture tenue à Berlin en janvier, j’ai souligné qu’il importait de poursuivre la coopération mondiale au sortir de la pandémie de covid-19.

185. Dans mon intervention au Sommet One Planet pour la biodiversité en janvier, j’ai réitéré l’engagement de la FAO à maintenir son appui à l’intégration de la biodiversité dans l’ensemble des secteurs agricoles et alimentaires, notamment par l’intermédiaire de l’Initiative Main dans la main.

186. Lors d’une réunion avec les chefs d’État et de gouvernement des Fidji, du Guyana, des Palaos, du Samoa, de Sao Tomé-et-Principe et du Suriname en février, j’ai présenté les efforts déployés par la FAO pour aider les petits États insulaires en développement à faire face à la pandémie.

187. Ma communication à l’Académie des Lyncéens à Rome en février, intitulée «Transformation des systèmes agroalimentaires: de la stratégie à l’action», a été diffusée en direct à la télévision nationale italienne.

188. L’allocution liminaire que j’ai prononcée à l’ouverture de la conférence annuelle du Forum pour l’avenir de l’agriculture (FFA) en mars comprenait un message en faveur de la primauté de la science dans l’encadrement des interventions menées face aux défis mondiaux.

189. Lors de la première Conférence internationale sur l’eau, qui s’est tenue à Bagdad en mars, j’ai appelé à un changement de modèle dans la valorisation de l’eau et souligné la nécessité d’une gouvernance efficace de l’eau.


Mesdames et Messieurs,

190. Depuis la dernière session du Conseil (décembre 2020), la mobilisation de contributions volontaires par la FAO connaît une relative progression, même s’il va sans dire que les données du premier trimestre constituent un échantillon limité pour prédire les montants annuels.

191. À la fin du mois de mars 2021, la FAO avait mobilisé 229 millions d’USD, ce qui est nettement supérieur à la moyenne sur cinq ans.

192. Près d’un tiers de ces fonds provenaient de l’Union européenne et concernaient des projets remontant à 2020.

193. Le deuxième plus important fournisseur de ressources au cours de ce trimestre a été le Canada, grâce à une généreuse contribution de 19 millions d’USD au Programme d’intervention et de redressement dans le contexte de la covid-19, les autres grandes contributions provenant du Japon et de la Fondation Bill et Melinda Gates.

194. Au cours du premier trimestre de 2021, on a constaté une légère baisse des financements destinés aux situations d’urgence et au renforcement de la résilience (-15 pour cent) par rapport à la même période de l’année précédente.

195. En 2021, la FAO continue de prévoir une légère baisse des financements émanant des partenaires bilatéraux habituels, en raison des contraintes que la lutte contre la covid-19 fait peser sur les budgets nationaux.

196. Cela devrait, dans une certaine mesure, se voir compensé par le maintien des bons résultats en ce qui concerne les fonds verticaux.

197. Dans le cadre du Fonds vert pour le climat (FVC), la FAO met déjà en œuvre sept projets, d’un montant total de 244 millions d’USD, et prévoit que des projets supplémentaires, d’un montant total d’au moins 120 millions d’USD (cette somme pouvant atteindre 195 millions d’USD) seront également opérationnels en 2021.

198. Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) devrait également retrouver un niveau supérieur à 100 millions d’USD en 2021, avec une grande quantité de projets qui, après avoir été reportés en raison de la covid-19, deviendront opérationnels en 2022.

199. Les contributions de la Banque mondiale devraient également se maintenir à un niveau élevé en 2021.

200. Le financement des situations d’urgence et du renforcement de la résilience devrait se maintenir à un niveau élevé, de grands programmes devenant opérationnels au Yémen, en Somalie et au Soudan du Sud.

Mesdames et Messieurs les délégués,

201. Comme le prévoient les Textes fondamentaux, tous les travaux de la FAO sont guidés par un cadre stratégique que le Directeur général présente à la Conférence.

202. Un processus remarquable et sans précédent, qui a débuté en janvier 2020, a permis d’élaborer le Cadre stratégique.

203. Ce processus a consisté en des consultations approfondies, inclusives et transparentes, tant officielles qu’informelles, avec les Membres.

204. À ces consultations s’est ajouté un processus interne intensif mobilisant les connaissances et l’expertise de la FAO dans toute leur ampleur.

205. L’approche qui a été suivie, à la fois ascendante et descendante, a permis de tenir compte du mandat mondial et des atouts normatifs de la FAO.

206. L’intégration des besoins émanant des Membres, qui doit permettre à la FAO d’apporter un appui maximal à la concrétisation des ODD à l’échelon des pays, a fait l’objet d’une attention particulière.

207. C’est donc avec un sentiment de fierté que nous vous présentons le Cadre stratégique 2022-2031, le Plan à moyen terme 2022-2025 qui s’y rapporte et le Programme de travail et budget 2022-2023.

208. Ces trois documents se fondent sur les modifications de l’organigramme et des modalités de gestion qui ont été instaurées pour faire de la FAO une organisation plus modulaire, plus souple et plus réactive, et leur sont complémentaires.

209. Le Cadre stratégique a pour ambition d’appuyer la réalisation du Programme 2030 par une transformation des systèmes agroalimentaires destinée à rendre ceux-ci PLUS efficaces, PLUS inclusifs, PLUS résilients et PLUS durables, en vue d’améliorer la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie, en ne laissant personne de côté.

210. Ces quatre améliorations constituent un principe d’organisation régissant la manière dont la FAO entend contribuer directement au Programme 2030, en ayant en ligne de mire les ODD 1 (Pas de pauvreté), 2 (Faim «zéro») et 10 (Inégalités réduites), et concourir à la réalisation des ODD dans leur ensemble.

211. Ces améliorations traduisent l’interdépendance des trois dimensions – économique, sociale et environnementale – que comportent les systèmes agroalimentaires. À ce titre, elles encouragent aussi l’adoption d’une approche stratégique, axée sur les systèmes, dans toutes les interventions de la FAO.

212. Dans le but d’accélérer l’avancement de nos travaux, nous appliqueront quatre «accélérateurs» transversaux et convergents dans toutes nos interventions programmatiques, afin de maximiser les efforts et de faciliter la gestion des arbitrages en fonction des priorités nationales.

213. Ces accélérateurs sont les technologies, l’innovation, les données et les compléments (gouvernance, capital humain et institutions).

214. Les 20 domaines prioritaires du Programme, qui sont des thèmes techniques interdisciplinaires rattachés à des problématiques, représentent la contribution stratégique de la FAO à des cibles spécifiques des ODD, comme il est exposé plus en détail dans le Plan à moyen terme, et ces domaines relèvent des quatre améliorations de notre nouveau fil conducteur stratégique.

215. Ils englobent et expriment des thèmes dans lesquels la FAO possède un avantage comparatif, peut se prévaloir d’une certaine expérience et dispose de capacités d’agir.

216. Le renforcement des partenariats est un aspect crucial du nouveau Cadre stratégique.

217. Les modes de financement novateurs sont eux aussi décisifs pour parcourir le long chemin qui nous sépare encore de la concrétisation des ODD.

218. Le Programme de travail et budget 2022-2023 est l’expression, sous la forme d’un programme de travail biennal, du fil conducteur stratégique qu’exposent le Cadre stratégique et le Plan de travail à moyen terme.

219. Il a été élaboré autour des principes fondamentaux suivants:
• il conserve un budget inchangé en valeur nominale (1 005,6 millions d’USD);
• il couvre toutes les augmentations de coûts sans incidence négative sur les travaux techniques; et
• il maintient l’organigramme actuellement en place.

220. À l’intérieur de l’enveloppe budgétaire, qui demeure inchangée en valeur nominale, les ressources sont réaffectées à des domaines hautement prioritaires, dont les nouveaux domaines prioritaires du Programme, le Bureau de l’Inspecteur général et le multilinguisme.

221. La nouvelle structure organisationnelle modulaire et souple du Siège est le résultat de l’une des principales initiatives que j’ai lancées depuis mon arrivée et demeure l’une des composantes essentielles de la mise en œuvre du Cadre stratégique.

222. Nous souhaitons à présent rendre notre réseau décentralisé efficace et moderne, raison pour laquelle nous avons entrepris de réexaminer les structures régionales et de transformer le modèle d’activité des bureaux de pays.

223. Il s’agit de refléter les changements introduits au Siège et d’accroître la qualité, la pertinence et l’efficacité des activités régionales et de l’appui fourni aux bureaux des représentants de la FAO.

224. Nous privilégierons la collaboration et le décloisonnement entre les équipes régionales, sous-régionales et nationales.

225. Une coopération intercontinentale forte et un partage soutenu de données d’expériences entre les représentants de la FAO se traduiront par des avantages accrus pour nos Membres.

226. Afin de rendre la FAO plus efficace et plus moderne sur les dix prochaines années, plusieurs autres domaines feront aussi l’objet d’une attention particulière.

227. Des stratégies spécifiques ont été élaborées dans ces domaines, qui comprennent la gestion des activités, les ressources humaines, la FAO numérique, la gouvernance, la communication, le multilinguisme, ainsi que la sûreté, la sécurité et les services de santé.

228. L’enveloppe budgétaire proposée dans le PTB 2022-2023 est de 3,26 milliards d’USD, dont 2,25 milliards d’USD (69 pour cent) sont pourvus par des ressources extrabudgétaires.

229. Nous prions instamment les Membres de prêter appui au Cadre stratégique et à la mise en œuvre du programme de travail en continuant d’apporter un fort soutien extrabudgétaire.

230. Nous voulons faire en sorte que les méthodes de travail que nous adopterons dans les années à venir soient porteuses d’un changement positif – au titre des quatre améliorations – qui permette de donner davantage d’ampleur à nos programmes sur le terrain et d’exploiter les possibilités offertes par la science, l’innovation et les technologies numériques, en ne laissant personne de côté.

Mesdames et Messieurs,

231. Je suis convaincu que l’actualité dont je vous ai fait part et les résultats que je vous ai énumérés aujourd’hui ont fait ressortir nettement deux choses:
• la FAO nouvelle, adaptable, efficiente et efficace est là pour mieux vous servir;
• elle contribue à effacer les divergences s’agissant de la manière de relever les défis, d’éliminer la faim et de vaincre la pauvreté. L’efficience et l’efficacité, qui reposent sur une gouvernance encadrée par des règles, une approche professionnelle et un esprit de coopération, sont les maîtres-mots.

232. Notre détermination n’a pas été entamée ni entravée par les difficultés liées au contexte actuel.

233. Notre motivation se nourrit de l’espoir que nous suscitons chez toutes les personnes qui comptent sur la FAO dans le monde.

234. L’espoir de continuer à produire des denrées alimentaires, à rassembler des troupeaux ou à élever des poissons;

235. L’espoir que véhiculent la science, le savoir et l’expertise;

236. L’espoir de garantir la dignité humaine la plus élémentaire, qui est celle de ne pas souffrir de faim.

237. En nous vouant pleinement à notre mandat et aux nobles objectifs que nous partageons.

238. Merci beaucoup!

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