Directeur général  QU Dongyu
Allocutions du directeur général de la FAO QU Dongyu

SEPTIÈME RÉUNION DES PRÉSIDENTS DE PARLEMENT DES MEMBRES DU G20

Sécurité alimentaire et résilience après la covid‑19 

Discours d’ouverture 

M. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO 

Telle que prononcée

Rome, le 8 octobre 2021

 

Mesdames et Messieurs,

Mme Maria Elisabetta Casellati, Présidente du Sénat italien,

M. Roberto Fico, Président de la Chambre des députés italienne,

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis extrêmement honoré d’être le tout premier Directeur général de la FAO à prendre la parole ici, au Parlement italien, depuis le transfert du Siège de l’Organisation de Washington à Rome, en 1951. 

1.      L’année 2020 a marqué un tournant dans le monde entier pour trois raisons:

2.      Premièrement, avant même le début de la pandémie de covid‑19, nous n’étions pas en passe d’éliminer la faim et la malnutrition dans le monde d’ici à 2030.

3.      811 millions de personnes souffraient de la faim en 2020.

4.      La pandémie a contribué à la plus forte aggravation de la pauvreté et de la faim dans le monde observée en une seule année depuis des décennies.

5.      En 2020, ce sont 97 millions de personnes supplémentaires qui ont basculé dans l’extrême pauvreté,

6.      et près de 161 millions de personnes sont venues s’ajouter au nombre de celles qui souffraient de la faim en 2019.

7.      Deuxièmement, avant le début de la pandémie, nous étions déjà mal partis pour atteindre l’objectif de l’Accord de Paris, à savoir limiter le réchauffement planétaire bien en deçà de 2 °C (à 1,5 °C de préférence) par rapport aux niveaux préindustriels.

8.      Des données solides prouvent que les émissions de gaz à effet de serre dues à l’activité humaine, à l’industrialisation et à l’urbanisation, notamment l’agriculture et l’élevage, jouent sur la crise climatique et sont un facteur déterminant du changement climatique.

9.      En parallèle, la crise climatique a des effets directs et indirects sur la productivité agroalimentaire et menace notre capacité d’assurer la sécurité alimentaire mondiale, d’éradiquer la pauvreté et d’atteindre les objectifs de développement durable.

10.     Les systèmes agroalimentaires, qui subissent les conséquences de cette crise tout en y contribuant, doivent donc faire partie de la solution. 

11.     Troisièmement, la pandémie de covid‑19 a mis en évidence à quel point il était nécessaire de consentir davantage d’efforts pour prévenir les zoonoses.

12.     Il sera essentiel d’accélérer la mise en œuvre de l’approche «Une seule santé» pour mieux lutter contre la propagation des zoonoses de manière globale.

 

Mesdames et Messieurs,

13.     J’en viens à ce qui fait l’importance de notre réunion d’aujourd’hui.

14.     Cette rencontre est probablement l’un des événements les plus importants organisés sous la présidence italienne du G20.

15.     Elle est l’occasion de réunir des personnalités à même d’élaborer des politiques et des instruments juridiques qui permettent de faire face aux défis pressants auxquels notre monde est confronté.

16.     Assurer l’accès, partout dans le monde, à une alimentation saine peut contribuer à réduire les coûts liés à la santé et à la crise climatique d’ici à 2030.

17.     Des mesures d’incitation appropriées peuvent transformer les systèmes agroalimentaires, de la production à la consommation,

18.     et ainsi favoriser la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition, réduire les pertes et le gaspillage de nourriture et faire baisser l’empreinte carbone des secteurs agroalimentaires.

19.     Le commerce agricole international demeure un moyen essentiel de renforcer la sécurité alimentaire mondiale. 

20.     L’Initiative Main dans la main, une initiative phare de la FAO fondée sur des éléments factuels, pilotée par les pays et prise en main par ceux-ci, vise à accélérer la transformation agricole et le développement rural durable en vue d’éradiquer la pauvreté (ODD 1) et d’éliminer la faim et la malnutrition sous toutes ses formes (ODD 2). 

21.     L’Italie, qui assure la présidence du G20, a une fois de plus fait preuve d’un engagement et d’un esprit d’initiative remarquables dans le domaine de la sécurité alimentaire,

22.     en convoquant la toute première réunion conjointe des ministres des affaires étrangères et du développement du G20,

23.     et en mettant en œuvre la Déclaration de Matera, dans laquelle l’engagement politique du G20 en faveur de la sécurité alimentaire mondiale a été renouvelé et renforcé.

24.     C’est grâce à la Déclaration de Matera, ainsi qu’à la FAO, que la Coalition en faveur de l’alimentation a été mise sur pied en réponse à la pandémie de covid‑19.

25.     La Coalition tire parti des compétences politiques, financières et techniques de haut niveau pour répondre aux demandes des pays.

 

Chers collègues,

26.     La FAO soutient le rôle des parlementaires dans la lutte contre la faim et la malnutrition depuis plus d’une décennie.

27.     L’Organisation a contribué à la création d’alliances parlementaires dans chaque région du monde.

28.     Ces alliances ont déjà fait passer plus de 35 lois ayant trait à l’alimentation scolaire, à l’agriculture familiale, à la crise climatique, à la petite pêche, aux pertes et au gaspillage de nourriture, ainsi qu’à beaucoup d’autres domaines essentiels. 

29.     La FAO considère que les parlementaires sont des partenaires stratégiques car ils établissent les cadres juridiques, approuvent les allocations budgétaires publiques et veillent à ce que les gouvernements assument leurs responsabilités quant aux engagements pris au niveau international.

30.     L’appui technique prêté par la FAO à plus de 45 alliances parlementaires contre la faim dans le monde a joué un rôle crucial pendant la pandémie.

31.     Il a, par exemple, permis de faire passer plusieurs lois visant à atténuer les incidences de la restriction du commerce et des déplacements sur les petits producteurs. 

32.     Les parlementaires ont su renforcer la volonté politique nécessaire pour reconstruire en mieux.

33.     Vos choix en matière de politiques n’orientent et n’influencent pas seulement les pays du G20.

34.     De ce fait, cette rencontre constitue un espace important pour le dialogue en matière de politiques et la création de nouvelles initiatives et de nouveaux mécanismes qui auront du poids au niveau mondial.

35.     Il est fondamental de garantir la cohérence lorsqu’il s’agit de définir et de mettre en œuvre des politiques et des investissements en faveur de l’alimentation, de la santé, de la protection sociale et des systèmes environnementaux dans le monde entier.

36.     Pour cela, il faut s’appuyer sur les synergies qui existent et œuvrer de concert à bâtir des systèmes agroalimentaires plus efficaces et plus efficients.

37.     La FAO est résolue à continuer de soutenir les parlements nationaux et régionaux dans les efforts qu’ils déploient pour améliorer la sécurité alimentaire et accélérer l’élimination de la pauvreté par la voie de la législation nationale,

38.     notamment en facilitant l’accès aux connaissances techniques et aux données et en favorisant l’échange de bonnes pratiques, de données d’expériences et d’approches.

39.     La FAO se tient prête à œuvrer à vos côtés pour réaliser une transition vers des systèmes agroalimentaires plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables qui permettent d’apporter des améliorations en matière de production, de nutrition, d’environnement et de conditions de vie, en ne laissant personne de côté.

La présidence du G20 a fait des personnes, de la planète et de la prospérité les grands thèmes de l’année 2021. Je suis ici pour ajouter ceci: les personnes ont besoin d’être heureuses, la planète a besoin d’harmonie et, pour être prospères, les agriculteurs ont besoin de récoltes abondantes.

Je terminerai mon discours en italien: «quando la gente è felice, io sono felice!» (quand les gens sont heureux, je le suis aussi!).

40.     Je vous remercie. 

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