RÉUNION DES MINISTRES DE L’AGRICULTURE DU G7 À SYRACUSE. Première session du Forum agricole du G7 pour l’Afrique, consacrée au processus d’élaboration du programme de l’après-Malabo et à la mise en œuvre du programme après 2025
de M. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO
«Comment soutenir le programme de l’après-Malabo?»
26/09/2024
Mesdames et Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,
Mes chers frères et mes chères sœurs d’Afrique,
L’Afrique est le continent qui subit le plus l’insécurité alimentaire et depuis que le programme de Malabo a été mis en œuvre en 2015, la faim a malheureusement continué de progresser.
Dans son rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, la FAO a indiqué que plus d’une personne sur cinq souffrait de la faim en Afrique, soit près de 300 millions de personnes en 2023.
L’insécurité alimentaire demeure un phénomène généralisé sur ce continent, où 58 pour cent de la population est touchée par l’insécurité alimentaire à un niveau modéré ou grave.
Sans passage à la vitesse supérieure et sans une mobilisation accrue des ressources, on prévoit que dix millions de personnes supplémentaires souffriront de la faim en Afrique d’ici à 2030.
Il convient toutefois de souligner que certains pays de cette région ont considérablement progressé dans la réduction de la sous-alimentation.
Cette réussite s’explique principalement par des investissements et des réformes stratégiques ciblés et pertinents.
Depuis 2017, la FAO collabore avec la Commission de l’Union africaine afin d’alimenter le mécanisme de déclaration biennal du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA).
Ce travail s’est appuyé sur la méthodologie de mesure et d’analyse de l’indice de résilience de la FAO, moyennant un soutien technique apporté aux experts des pays, la cartographie des données nationales sur les ménages pour l’ensemble des 54 pays et l’organisation de plusieurs sessions de formation.
La FAO a récemment présenté une boîte à outils numérique conçue pour permettre aux pays de produire les indicateurs requis.
À l’avenir, la FAO gardera à cœur de soutenir le processus après-Malabo et ses six objectifs stratégiques.
Le programme de l’après-Malabo souligne la nécessité de passer d’un modèle de transformation agricole à une transformation globale des systèmes agroalimentaires du continent.
Les six objectifs stratégiques de l’après-Malabo sont conformes aux quatre améliorations définies dans le Cadre stratégique de la FAO pour 2022‑2031, qui concernent la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie, en ne laissant personne de côté.
Ils cadrent aussi avec les quatre «accélérateurs» transversaux: les technologies, l’innovation, les données et les compléments (gouvernance, capital humain et institutions). Ceux-ci jouent un rôle clé dans l’accélération des progrès et l’optimisation des efforts déployés pour atteindre les objectifs de développement durable, et contribuent aussi à ce que la FAO soit en position de prêter efficacement main-forte aux efforts en Afrique, ainsi qu’à la nécessité d’élaborer des politiques fondées sur des données probantes.
La FAO aide l’Union africaine à rédiger le cadre de l’après-Malabo, dans la mesure où elle apporte sa participation et sa contribution aux 13 groupes de travail.
Nous continuons également à soutenir l’Union africaine et ses partenaires dans le choix des indicateurs de haut niveau et des cibles connexes qui renseigneront la Déclaration de Kampala en janvier 2025.
Après ce mois, les données, outils et approches actuels de la FAO faciliteront la conception, la mise en œuvre et le suivi du programme de l’après-Malabo.
Notre action dans le cadre de la Vision pour des cultures et des sols adaptés (VACS), en collaboration avec les États-Unis d’Amérique et d’autres partenaires, nous aide à proposer aux agriculteurs africains de nouvelles possibilités de culture, les bonnes informations sur les sols et des débouchés commerciaux pertinents.
La FAO est à l’origine de changements concrets sur le terrain; elle met en œuvre des projets et aide les pays à trouver de nouvelles occasions d’investissement.
Par exemple, l’initiative «Main dans la main», initiative phare de l’Organisation, accompagne 40 pays sur tout le continent, tout comme deux initiatives régionales au Sahel et en Afrique australe.
À la mi-octobre, lors du Forum annuel de l’investissement «Main dans la main», qui se tiendra à Rome sous l’égide du Forum mondial de l’alimentation 2024, 13 pays africains collaboreront avec des investisseurs afin d’accélérer cette transformation au moyen de projets concrets.
Je tiens à réitérer l’attention et la détermination constantes de la FAO dans l’aide qu’elle apporte à l’Afrique en vue de concrétiser le programme de l’après-Malabo
et de réaliser nos objectifs communs fixés dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063, intitulé «L’Afrique que nous voulons».
Unissons nos forces pour veiller à mobiliser les ressources nécessaires, que ce soit sur le plan financier, celui des connaissances ou de l’innovation, afin d’aider l’Afrique à concrétiser l’ambition de l’après-Malabo.
Comme l’a déclaré une éminente personnalité africaine: «Cela semble toujours impossible, jusqu’à ce qu’on le fasse.»
À l’action!
Je vous remercie.