SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D’ÉVALUATION APRÈS RÉCOLTE AU SOUDAN

25 mai 2006

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Faits saillants

  • Selon les estimations, la production céréalière totale 2005/06 du Soudan atteindrait 5,46 millions de tonnes, soit une hausse d’environ 59 pour cent par rapport à la très mauvaise récolte de l’année précédente et 17 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes.
  • L’estimation de la mission d’évaluation après récolte représente une légère révision à la hausse de 3 pour cent par rapport aux prévisions faites à la fin de l’an dernier par la mission conjointe d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires.
  • Les prix des céréales sont stables mais demeurent à des niveaux proches de la moyenne. Les principaux facteurs comprennent le très faible niveau des stocks céréaliers au début de la campagne de commercialisation actuelle en novembre 2005, les coûts de production relativement élevés (principalement les salaires) et la perspective d’achats considérables sur les marchés intérieurs par l’Autorité des réserves stratégiques (SRC) et les organisations d’aide humanitaire.

1. VUE D’ENSEMBLE

Une mission conjointe FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires après la récolte s’est rendue au Soudan du 24 février au 12 mars 2006 afin d’examiner les estimations définitives du Ministère de l’agriculture concernant la récolte de céréales secondaires, d’estimer la production de blé de cette campagne et de recueillir des renseignements à jour, à titre indicatif, de la situation actuelle des disponibilités alimentaires en ajustant parallèlement le bilan de l’offre et de la demande de céréales établi à l’issue de l’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires de novembre 2005. Certaines préoccupations avaient été exprimées à la fin de l’an dernier quant à la possibilité que le volume effectif de la récolte diffère des prévisions du rapport d’évaluation, étant donné que celle-ci avait été effectuée au début de la campagne de moisson. Plusieurs facteurs susceptibles d’entraîner une moindre récolte avaient été avancés, notamment la perturbation de la récolte normale des cultures restantes en raison de l’escalade du conflit dans le Darfour, les pénuries de main-d’oeuvre et les salaires élevés constatés dans les zones à haut potentiel, ainsi que l’éventualité de ravageurs, de maladies et de phénomènes météorologiques anormaux au cours de la moisson du gros des cultures.

Après des réunions d’information au Ministère de l’agriculture à Khartoum et un examen des estimations après récolte définitives du ministère tirées de l’enquête annuelle par sondage menée par la Division des statistiques du Ministère de l’agriculture, la mission s’est rendue dans les bureaux du Ministère de l’agriculture des États de Gedaref, de Gezira, du Nil Blanc, du Kordofan nord, du Darfour nord et sud, du Nil septentrional et du Nil, ainsi que dans le périmètre d’irrigation de Gezira. Dans chacun de ces bureaux et dans le périmètre de Gezira, l’équipe s’est longuement entretenue avec tous les spécialistes pertinents, à savoir de hauts fonctionnaires des départements de la planification, de la production végétale, de la production semencière, de la protection des cultures, de la vulgarisation, de la fourniture d’intrants et de la commercialisation. Dans le Darfour nord, ces réunions ont été complétées par des entretiens avec l’Unité de planification agraire du Ministère de l’agriculture et des entretiens indépendants avec de hauts fonctionnaires de l’organisation allemande Agro-Action et du PAM. Au cours de ces entretiens, les résultats de l’enquête nationale ont été comparés avec les estimations après récolte définitives et les précédentes conclusions de la mission conjointe d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, compte tenu des conditions à la clôture de la campagne agricole principale. Des entretiens ont aussi eu lieu avec des interlocuteurs clés au sein des départements de l’élevage du Ministère de l’agriculture dans chaque localité afin de recueillir des données à jour sur l’état du bétail et des pâturages.

L’équipe a également entrepris des enquêtes sur les marchés et s’est longuement entretenue avec des négociants, des représentants du syndicat national des exploitants agricoles (NFU) et des administrateurs de la Banque agricole, afin d’entendre leurs analyses indépendantes de la récolte et de la situation actuelle s’agissant des stocks et des marchés. Dans toutes les zones productrices de blé, une analyse détaillée des systèmes agricoles de la campagne d’hiver et de leurs composantes a été menée à bien grâce à une série de discussions avec des spécialistes du Ministère de l’agriculture, appuyée par des visites de terrains – auxquelles ont participé les spécialistes – dans des périmètres de pompage du gouvernement ainsi qu'auprès d’agriculteurs privés, de coopératives et d’entreprises. La mission s’étant déroulée à l’époque où la plupart des cultures étaient encore au stade du remplissage du grain, il n’a pas été possible de procéder à des coupes échantillons. Toutefois, dans toutes les zones, des études de terrain ont été réalisées et les cultures sur pied dénombrées pour permettre des prévisions de rendement plus précises.

La mission a constaté qu’en fin de compte la main-d’oeuvre s’était révélée rare et les prix plus élevés que l’année précédente, passant de 400 à 800 SD par sac récolté en différents endroits. Toutefois, les prix élevés du sorgho avaient favorisé la moisson, qui s’était néanmoins déroulée plus lentement en certains endroits. Il ressort de l’ensemble des entretiens dans tous les États visités que les principales cultures céréalières n’ont pas souffert pendant le reste de la campagne de phénomènes météorologiques extrêmes ni de graves attaques de ravageurs. En outre, dans le Darfour, la moisson n’a pas connu de nouvelles perturbations graves et les conclusions de la mission conjointe, qui indiquaient une amélioration du volume récolté, ont été confirmées. Dans l’ensemble, les estimations après récolte de la mission concernant la production céréalière de 2005/06 ont été revues à la hausse et s’établissent à 5,46 millions de tonnes environ. Ce chiffre est à rapprocher des prévisions faites par la mission conjointe à la fin de l’an dernier, à savoir 5,29 millions de tonnes.

Les prix des céréales, qui avaient fortement grimpé pour atteindre des niveaux records pendant l’été 2005, ont commencé à baisser à partir de septembre 2005. Actuellement, les prix sont stables mais demeurent supérieurs aux niveaux moyens. Ces prix élevés sont attribués, notamment, au très faible niveau des stocks de céréales au début de la campagne de commercialisation en novembre, aux coûts de production relativement élevés (principalement les salaires) et à la perspective d’achats considérables sur les marchés intérieurs par l’Autorité des réserves stratégiques et les organisations d’aide humanitaire.

Il ressort de ce qui précède que les résultats de la mission conjointe et les perspectives restent valables, et que le relèvement des chiffres concernant la production céréalière devrait rehausser les estimations concernant les disponibilités céréalières au niveau national. Toutefois, au niveau des ménages, du fait de l’impact de plus de deux décennies de guerre et de pauvreté chronique dans le sud du Soudan et du conflit actuel dans le Darfour, la sécurité alimentaire de millions de personnes est précaire et leurs conditions de vie terribles, ce qui compromet leur capacité à accéder à la nourriture disponible. Suite à la signature de l’accord de paix global en janvier 2005, des centaines de milliers de personnes ont commencé à regagner les zones méridionales et de transition, et d’autres devraient suivre au cours des prochains mois, ce qui grèvera encore plus les ressources alimentaires et autres des communautés d’accueil.1

Le présent rapport a été établi par Shukri Ahmed et Ian Robinson sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'informations, le cas échéant.

Henri Josserand
Chef, SMIAR, FAO, Rome
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél: [email protected]
Bradley Guerrant
Vice-Directeur régional et Chargé de bureau, PAM Soudan
Télécopie: +249 83 248003
Mél: [email protected]

Veuillez noter qu'il est possible d'obtenir le présent Rapport spécial sur le site Internet de la FAO (www.fao.org) à l'adresse suivante: http://www.fao.org/giews/

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1. On trouvera une analyse détaillée dans le rapport de la mission FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires de février 2006.