E-Agriculture

Question 2 - lundi 16 mai

Laurence Lalanne-Devlin
Laurence Lalanne-DevlinConsultante Independante United Kingdom

...que je veux souligner car il met le doigt vraiment sur le probleme: la sensibilisation des femmes car ce ne sont pas que les femmes qui ne s'interessent pas a quelque chose si elles n'y voient pas leur interet ... c'est tout le monde !!!!

Donc cette sensibilisation est au coeur du probleme et aussi, affirmons-le sans risques de se tromper, la raison d'etre de ce forum!

Donc de bons exemples ont deja ete donnes et des solutions proposees mais en avez vous d'autres ? 

Au plaisir de vous lire et bonne journee a tous 

Laurence - Facilitatrice

 

 

 

Bonjour à tous, je viens juste de prendre le train de la discussion en marche. Très très intéressants et pertinents les arguments avancés sur les facteurs qui limitent l'accès des f emmes  aux TIC  en zone rurale. les facteurs instruction, pratiques sociales ou culturelles en cours dans la zone, financier... à cela on peut ajouter, l'enclavement de la zone et ce qui pose d'ailleurs avec acuité dans l'accès aux TIC chez les femmes en milieu rural. ces zones sont pour plupart éloignées des zones souches de connection et les politques font moins d'efffort pour changer la donne. Cette démarche est souvent délibérée pour mieux contrôler l'électorat dans ces zones. les politqiues ont l'expérience des villes où l'électorat est souvent difficile parce que informé ou surinformé alors ils comptent combler ce déficit électoral avec la paysanerie, donc toute action ou projet dans le cadre de la promotion des TICs dans ces zones, peut être compromettant pour leur calendrier électoral. Il y a aussi le contenu des TICs qui ne sont pas souvent en adéquation avec les réalités des zones concernées. Il y a tout un arsenal de facteurs limitants mais heureusement on peut relever ce défi avec l'avènement des Centres multimédia communautaires qui font du bien aux populations des zones rurales ne matière d'information et de communication. Ces initiatives sont à promouvoir dans tous les pays. Il y a aussi les ONG qui accompagnent ces femmes dans leur quotidien, ce qui est plus. En conclusion, disons que chaque pays à ses réalités concernant cette problématique et il serai intéressant de faire un diagnostic par pays et faire partager les expériences entre pays, ce qui pourrait aider à débloquer la situation et à rélever le niveau d'accès des femmes aux TICs dans le cadre de leurs activités.

Excusez moi de rentrer dans le debat un peu tardivement. je m'appelle Ouédraogo Sylvestre. suis actif sur le terrain des TIC au Burkina Faso et faisons de l'appui conseils, formations et vulagrisation TIC aux ONG, associations et jeunes du Burkina Faso. je suis impliqué dans l'élaboration des politiques TIC de mon pays et j'ai conduit plusieurs travaux dans ce sens. le dernier en dâte est l'étude sur les e-services pour le monde rural que le gouvernement m'a démandé. Pour voir nos travaux et activités, vous pouvez visiter burkina-ntic.net.

Pour ceux et celles qui me connaissent, je suis un peu provocateur et j'assume les coups que l'on me donne.

Sur le thème, je dirai que nous sommes souvent pressés de voir les résultats d'un projet ou d'une action et parfois, on a tendance à forcer pour voir ou avoir des résultats. l'utilisation effective des TIC par les femmes rurales depend en grande partie de leur degré de compréhension et de leur propre vision et adoption des TIC. par exemple, des populations auxquelles on a donné des moustiquaires pour se protéger du paludisme les ont utilisé comme filet de pêche parce que la nourriture était plus prioritaire que les moustiques. Pour le palu, on dira: s'il plait à Dieu, on ne tombera pas malade.

On a tendance à croire que les outils TIC doivent être utilisés en premier lieu pour accroître la valeur ajoutée du travail humain. mes propres observations me disent plutôt que le facteur production n'est pas le premier. il ya tout d'abord la sécurité ( pouvoir joindre une tierce personne quand on veut et résoudre son problème: maladies, vols, transfert d'argent...), "la sociabilité" pouvoir joindre un/une amie ou un parent qui est lointain et enfin l'économique ( pouvoir faire des affaires...).

Les outils TIC sont devenus, même en zone rurale des éléments d'identification sociale. Un teléphone portable avec sa forme peut déterminer le statut social d'une femme. plus il est luxe, plus la femme est aisée ( ou son mari) il ya une moto au Burkina que l'on appele, mon mari est capable.  parce que la moto est chère et une femme qui la possède, à coup sur, c'est son mari qui lui a acheté ce bien. 

Ces objets sont donc classés comme objet de parure et leurs usages posent souvent de multiples problèmes: le fait de vouloir en posséder même si la co épouse en a un (individualisme), détournement de l'argent pour payer des crédits, le fait de désirer recevoir des appels quand on est en public pour montrer son importance. le fait de désirer changer de portables ou d'ordinateur...

Nous avons fait une formation en zone rurale et une femme a témoigné qu'elle est fière de pouvoir utiliser l'ordinateur parce que des hommes dans le village qui sont instruits et travaillent à la fonction publique ne savent même pas le faire. Vous voyez qu'elle n'oriente pas sa fièrté en terme d'acquisition de connaissances pour améliorer son statut, mais, plus son prestique social qui est le plus important.

Les raisons souvent évoquées pour montrer les difficultés des TIC à percer dans le milieu rural et surtout feminin ne tiennent pas. ce sont les mêmes discours que nous tenons et nous devons travailler à changer de discours: analphabetisme, manque d'électricité, absence de si, absence de ca... qui sont trop limitatifs et ne nous amène pas à une reflexion en profondeur. on croirait qu'il suffit que toutes les femmes soient alphabetisées, aient des ressources pour s'acheter des portables ou des ordinateurs derniers cri pour que tout aille pour le mieux. Non, c'est pas aussi simple que cela.

Il n'y a pas longtemps, une dizaine d'années à peine, on avait des projets au Burkina; un téléphone par village. Actuellement, nous tendons vers un téléphone par habitant. mais qu'est-ce qui change dans le fond? 

Pourquoi une femme est capable même en zone rurale se débrouiller pour régarder son émission télévisuelle préférée (en francais) et dire qu'elle n'a pas le temps d'aller à une réunion pour apprendre des techniques agricoles?

Comment les femmes soient disante analphabètes font-elles pour utiliser leurs téléphones portables et même mémoriser les numéros et recevoir des SMS?

 

 1 - je me penche sur la question des INCITATIONS pour trouver le vrai moteur de l'avancée des usages des technologies en zone rurale.  la question des incitations est très importante et nous devons faire attention pour ne pas tomber dans le piège du rural qui oriente vite son discours en fonction de la personne qui est en face de lui.

2 -  Un autre aspect que je trouve important est de rechercher plus la qualité et non les quantités. En zone rurale, on ne devrait pas forcément vouloir que tout le monde utilise les TIC. même les outils traditionnels, ce n'est pas tout le monde qui les utilise: pourquoi vouloir donc que les gens adoptent des technologies?

On doit en zone rurale commencer à travailller avec les groupes organisés qui ont plus de compétences et de facilités et plus de besoins. une base de données dans une organisation féminine pourrait faciliter beaucoup de choses ( ou aussi créer des problèmes).

3 - je suis en train de travailler sur des bases de données de micro crédits accordés à des femmes dans une région du Burkina et on trouvé des choses très intéressantes qui montrent que les développeurs sont souvent à côté de la plaque et que les femmes savent ce qu'elles veulent réellement. cela concerne l'embouche, mais, ce n'est pas le sujet de ce forum.

4- J'ai également constaté que les femmes ont tendance à cacher leurs réels besoins. Elles ont tendance à prioriser des besoins collectifs pour éviter la furie des autres. dans la pratique, les actions ou le projet ne marchera pas bien parce que nous n'avons pas pu intégrer les besoins égoistes de tout un chacun qui sont pourtant très important à prendre en compte dans le cadre de l'exécution d'une action de développement.

je m'arrête là pour l'instant et vous souhaite un bon week end.

Abdou DIOP
Abdou DIOPSenegal

Parmis les facteurs ralentissants: L'analphabetisme, manque de formation sur les TIC, l'inexistence du reseau d'internet et un systeme d'electrification adequat, manque de materiels informatiques.

<div>Par souci de faire participer tout le monde c-&agrave;-d femmes et hommes de fa&ccedil;on &eacute;quitable au d&eacute;veloppement du monde rural les questions de&nbsp; genre dans les projets et programmes pour l'utilisation des TIC dans l'agriculture et le d&eacute;veloppement rev&ecirc;t une importance capitale ind&eacute;niable.</div>
<div>Les TICs peuvent apporter au genre des moyens d&rsquo;existence en milieu rural. Seulement, la barri&egrave;re qui s&rsquo;&eacute;rige devant la femme rurale dans l&rsquo;appropriation des TICs est l&rsquo;analphab&eacute;tisme primaire.</div>
<div>Pour exister dans la Soci&eacute;t&eacute; de l&rsquo;Information il faut &ecirc;tre comp&eacute;titif. La comp&eacute;titivit&eacute; est sous-tendue par un capital de savoir.</div>
<div>L&rsquo;acquisition du savoir et du savoir faire passe&nbsp; par la lutte contre l&rsquo;analphab&eacute;tisme &ndash; un frein ind&eacute;niable &agrave; tout d&eacute;veloppement.</div>
<div>Le r&eacute;sultat serait&nbsp;l&rsquo;assurance de la comp&eacute;titivit&eacute; de l&rsquo;entreprise. Les femmes sont une main d&rsquo;&oelig;uvre abondante dans le monde rurale. La comp&eacute;titivit&eacute; de cette sph&egrave;re de l&rsquo;&eacute;conomie serait en partie li&eacute;e au capital de savoir acquis par les femmes. Or, les TICs facilite l&rsquo;appropriation du savoir et du savoir faire.</div>
<div>Je m&rsquo;explique&nbsp;:</div>
<p>&nbsp;---&gt; &agrave; suivre</p>

Je m’explique :
Au Mali, les femmes sont nombreuses dans la recherche agricole, la vulgarisation, la commercialisation et la production. Dans les trois premiers domaines, elles occupent souvent des postes de responsabilité qu'elles assument avec brio. Par contre dans la production, même si leur nombre y reste élevé, elles demeurent moins responsabilisées. Cet état des faits est peut-être tributaire des facteurs culturels au pays de Soundiata.
Justement, la filière dans laquelle la proportion est en faveur des femmes (ex. la production), elles ne possèdent pas de compétence leur permettant de sortir de l'étau masculin. Cela est inhérent à l'analphabétisme. C’est l’homme qui est le chef du champ. Il définit quand semer, sarcler, récolter, quelle technique culturale il faut  utiliser, quelle spéculation -cultiver, quelle race animale - élever, etc.
Dans les autres filières : recherche agricole, vulgarisation et commercialisation, moins nombreuse que les hommes, les femmes sont très visibles au sommet.
Le constat est le suivant en milieu rural, hors des villes le poids de la tradition pèse sur elles et les écarte des centres de commandement. Cela s’inversera à travers l’éducation des femmes rurales pour qu’elles puissent prendre conscience du rôle formidable qu’elles jouent dans la production.
L’éducation scolaire ou académique est par conséquent le terreau ou composte nécessaire sur lequel poussent à merveille les TICs. Dans l’acquisition du savoir, la femme rurale est trop en retard par rapport à l’homme de la campagne au Mali. Il va de soi que ce retard se projette dangereusement dans l’appropriation des TICs par ces femmes.
---> à suivre

 

Le développement des TICs surtout l’Internet touche tous les domaines de la vie : l’éducation, la recherche, la documentation, la gouvernance, l’agriculture, etc. Cette évolution fulgurante a naturellement ses avantages et ses inconvénients. Elle déplace le seuil de l’analphabétisme. On était dans un passé très récent analphabète si on ne savait ni lire ni écrire dans une langue (analphabétisme primaire ou en d’autres termes analphabétisme du 1er degré. Aujourd’hui la perception de ce phénomène a changé. L’avènement de Internet et surtout des nouvelles technologies de l’information basculèrent notre société dans l’ère de l’Information. La société de l’Information est pratiquement entamée et elle suppose que l’homme moderne sache écrire à l’ordinateur, communiquer virtuellement avec ses semblables et rechercher l’information utile et le savoir dans le cyberespace – un océan de sources informationnelles - pour mériter que l’on appelle le lettré de notre temps. Je me permets d’appeler cet analphabétisme, l’analphabétisme du second degré.
 
Il est tout à fait opportun de s’atteler à traiter la question des TICs dans l’agriculture pour le genre. La 1ere raison poignante  est par conséquent de lutter contre l’analphabétisme du premier et du second degré très incisif chez les femmes rurales.
La seconde raison est liée au fait que le savoir est le premier élément qui soutient la compétitivité de l’entreprise au 21e siècle, l’ère de la société de l’information.
L’élément principal de cette nouvelle époque est la société globale de l’information. Dans la société de l’information ce qui est déterminant est le fait, que l’information soit devenue la ressource fondamentale de production (à côté des matières premières, du capital, du travail). Et l’utilisation dans ce cas des techniques informatiques est exclusivement une question d’outils, d’instruments.
 Cependant, il est indéniable que le fondement de l’évolution de la société de l’information soit l’économie basée sur le savoir. Et la ressource économique essentielle, cumulée aussi bien dans les bases de données que le potentiel intellectuel de la société devienne la ressource cognitive, c’est-à-dire l’information et son mode d’utilisation....

 ---> à suivre

Le savoir devient le capital nominal de l’entreprise, plus important que jusqu’ici le capital fondamental qui était autrement dit capital financier. Le capital de connaissances va décider de la compétitivité d’une entreprise dans la société de l’information. C’est pour cette raison que la création, le magasinage, l’archivage, la recherche, l’extraction, la publication et le mode d’accès au savoir doivent faire l’objet d’étude rigoureuse et de traitement pertinent.
Le genre s’affranchira davantage si sa maîtrise des TICs devenait réalité. C’est à ce seul prix qu’il imprimera d’un sceau indélébile sa présence décomplexée en milieu rural tout au long de ce 21e siècle. (Fin)

 

Laurence Lalanne-Devlin
Laurence Lalanne-DevlinConsultante Independante United Kingdom

pour sa longue contribution.

Plus qu'une semaine de Forum donc bonne continuation a tous pour la derniere semaine: nous posterons la troisieme et derniere question des demain lundi.

En attendant bon week end a tous et au plaisir de vous lire donc.

Laurence - Facilitatrice