Identification et discussions des succès et échecs dans le cadre de l’utilisation des TIC par les femmes en milieu rural – Quels sont les facteurs qui ralentissent l’utilisation effective des TIC par les femmes rurales ?
J’interviens sur les facteurs de succès et de ralentissement de l’utilisation effective des TIC par les femmes rurales.
Succès : si les TIC sont abordables en termes de coût et de proximité et que le contenu est adapté aux besoins locaux, cela permet à davantage de femmes et filles de les utiliser. Nous (AZUR Développement) organisons actuellement des formations (radio et internet) pour la promotion des droits des femmes et la lutte contre la violence faite aux femmes en zone rurale et urbaine.
Nous avons constaté que les femmes sont très intéressées à utiliser l’internet pour avoir des informations sur leurs préoccupations. Par exemple, elles préfèrent participer à la préparation des émissions radios, y compris les thèmes plutôt que d’être des simples auditrices. Donc, si le contenu est adapté à leurs besoins et qu’elles participent à la création de ce contenu, il y a davantage de possibilités de favoriser l’utilisation des TIC par les femmes dans les zones rurales.
Le ralentissement : l’absence des politiques publiques sur les TIC sensibles au genre a été citée. Cependant, même lorsque ces politiques existent, elles ne sont pas appliquées ou il n’y a pas de budget conséquent mis à disposition par l’Etat.
Par exemple, il y a les fonds de services universels qui sont mis en place dans plusieurs pays ; cependant il est utile de regarder dans quelle mesure ces fonds appuient les initiatives genres et TIC. Les financements même des partenaires au développement se focalisent sur les efforts d’e-gouvernement et d’infrastructures. Il y a aussi le facteur temps en zone rurale étant donné les occupations de femmes (travaux champêtres et les occupations familiales). Cela dépend de la technologie utilisée.
Un autre échec est « de décider unilatéralement» à quelle fin les TIC doivent être utilisées par les femmes. L’essentiel est qu’elles apprennent la technologie, et elles sauront quel usage en faire selon leurs besoins. Au cours des formations internet que nous tenons avec des étudiantes, il y en a qui préfèrent lire du contenu en ligne sur la mode, la cuisine tandis que d’autres lisent l’actualité et la science, etc. C'est pareil pour la télévision, très peu suivent d'autres émissions en dehors de l'actualité, par contre elles sont intéressées par les séries télévisées. Cela nécessitera de plus en plus de la créativité dans l'usage des TIC.
Il est vrai que peu d'organisations de la société civile (OSC) s'intéressent ou s'investissent dans les problématiques de genre dans l'accès et l'utilisation des TIC. Cependant il y a des raisons à cela. Combien d’OSC ont été sensibilisés sur le sujet ? Même quand il y a eu des sensibilisations et des formations, l’une des questions principales qu’elles poseront est « où sont les fonds pour le faire » ?
Il y a encore beaucoup d’OSC pour le cas du Congo et de la RDC qui ne disposent même pas d’un ordinateur et doivent se rendre dans les cybercafés pour naviguer. Elles sont limitées par les financements mais aussi par l’orientation politique des bailleurs de fonds, par exemple il y a eu avec le VIH/SIDA une multitude d’actions dans le secteur c’est synonyme aussi de fonds. Actuellement, ce sont les thématiques comme la démocratie, l’Etat de droit, les élections et la lutte contre la corruption qui sont beaucoup financées. Donc, lesOSC sont souvent appellées à démontrer comment les TIC peuvent aider à avancer dans ces thématiques. C’est pareil dans le domaine de l’agriculture, car elles doivent démontrer comment les TIC seront utiles, et cela aide davantage si elles ont déjà mené des actions en ce sens.
Par exemple, au cours d’un projet appuyé par le PARF d’APC, des organisations de femmes ont reçu des petites subventions pour réaliser des projets TIC de lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles, et puisqu’elles ont été témoin de l’impact des téléphones cellulaires sur le terrain ; aujourd’hui ces associations nous ont rejoint dans le plaidoyer. Donc, elles se sentent plus à l’aise de travailler sur les TIC car elles ont vu les résultats.
Il y a peu de travail en réseau au niveau pays, car les TIC ne sont pas toujours pas vues comme une priorité ou un domaine dans lequel les OSC devraient s’investir excepté l'utilisation simple des outils technologiques ; certaines OSC trouvent les discussions sur les TIC « trop techniques ». Une tendance qu’il est important de renverser à travers les sensibilisations, les analyses et aussi l’implication des média afin de susciter l’adhésion et les actions collectives des OSC dans ce domaine.
APC a produit plusieurs ressources sur les questions de plaidoyer sur les TIC qui peuvent être utiles aux OSC :
... son excellente contribution qui conclut parfaitement les discussions de la deuxieme semaine. J'ai trouve particulirement eclairantes les raisons qu'elle donne sur la "mefiance" que les organisations de la societe civile ont frequemment par rapport aux TIC, notamment que les discussions sur les TIC sont souvent considerees comme "trop techniques" ... C'est une mefiance qu'on ne ne peut plus se permettre d'avoir de nos jours!
Nous entamons en tous cas la "derniere longueur" de nos discussions avec la troisieme et ultime question. Je me rejouis donc a l'avance de lire vos commentaires et de decouvrir, a n'en pas douter, vos remarques perspicaces et pleines d'enseignement.
Je voudrais intervenir sur les facteurs qui ralentissent l'utilisation effectives des TIC par les femmes.
Dans les différents commentaires, beaucoup de facteurs importants ont été cités par les uns et les autres, et je partage pleinement ces points de vue. cependant, je voudrais attirer l'attention de tous sur deux facteurs non moins pertinents que sont l'absence de la stabilité politique et de la bonne gouvernance surtout dans nos pays africains. Ces facteurs ont non seulement un impact négatif sur la mise en place même des TICs aussi bien en milieu urbain que rural mais aussi sur l'accès des femmes et même des hommes à ces outils de communication. Certains ont parlé de manque d'infrastructures (électricité, couverture réseau, etc.). Un pays en pleine crise politique ou instable ne peut avoir ni la volonté, ni bénéficier de l'appui des partenaires intérieurs et extérieurs pour mettre en place ces infrastructures préalables à tout développement économique et sociale.
J’interviens sur les facteurs de succès et de ralentissement de l’utilisation effective des TIC par les femmes rurales.
... son excellente contribution qui conclut parfaitement les discussions de la deuxieme semaine. J'ai trouve particulirement eclairantes les raisons qu'elle donne sur la "mefiance" que les organisations de la societe civile ont frequemment par rapport aux TIC, notamment que les discussions sur les TIC sont souvent considerees comme "trop techniques" ... C'est une mefiance qu'on ne ne peut plus se permettre d'avoir de nos jours!
Nous entamons en tous cas la "derniere longueur" de nos discussions avec la troisieme et ultime question. Je me rejouis donc a l'avance de lire vos commentaires et de decouvrir, a n'en pas douter, vos remarques perspicaces et pleines d'enseignement.
Bonne semaine a tous et au plaisir de vous lire
Laurence - Facilitatrice
Je voudrais intervenir sur les facteurs qui ralentissent l'utilisation effectives des TIC par les femmes.
Dans les différents commentaires, beaucoup de facteurs importants ont été cités par les uns et les autres, et je partage pleinement ces points de vue. cependant, je voudrais attirer l'attention de tous sur deux facteurs non moins pertinents que sont l'absence de la stabilité politique et de la bonne gouvernance surtout dans nos pays africains. Ces facteurs ont non seulement un impact négatif sur la mise en place même des TICs aussi bien en milieu urbain que rural mais aussi sur l'accès des femmes et même des hommes à ces outils de communication. Certains ont parlé de manque d'infrastructures (électricité, couverture réseau, etc.). Un pays en pleine crise politique ou instable ne peut avoir ni la volonté, ni bénéficier de l'appui des partenaires intérieurs et extérieurs pour mettre en place ces infrastructures préalables à tout développement économique et sociale.
nice post