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La MINUSMA soutient la FAO afin d’améliorer les espaces pastoraux au Mali et de renforcer la cohésion sociale

23/11/2021

Au Mali, la région de Mopti s’impose comme la zone d’élevage par excellence, où le phénomène de transhumance est le système d’élevage le plus pratiqué par les communautés rurales. En raison de nombreux facteurs, notamment les aléas climatiques, le surpâturage, les feux de brousse et l’incivisme au regard des conventions et des textes de loi, la situation actuelle des espaces pastoraux (pâturages, pistes, gîtes) est préoccupante dans la zone. De plus, le déplacement du bétail vers les zones de pâturage entraîne des tensions entre agriculteurs et éleveurs, notamment liées aux dégâts causés aux cultures, mais également à l’installation abusive des agriculteurs, obstruant le parcours des animaux. En outre, les régions du nord du pays sont marquées par l’aggravation de l’insécurité, caractérisée par les conflits intercommunautaires et exacerbée par la présence de groupes armés qui poussent nombreux éleveurs à se replier vers les cercles de Djenné, aggravant ainsi les risques de conflits et la pression sur les pâturages. 

 

Au Mali, les espaces pastoraux sont touchés par de nombreux facteurs, notamment les aléas climatiques, les feux de brousse et le surpâturage, impactant significativement l’alimentation du bétail. ©FAO.

 

Afin de contribuer à résoudre ces enjeux et renforcer les mécanismes déjà mis en place, la FAO a lancé un projet intitulé «Projet intégré de gestion du pastoralisme dans le cercle de Djenné», financé par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le projet a pour objectif de contribuer à la stabilité et la cohésion sociale entre les différentes communautés d’éleveurs et d’agriculteurs du cercle de Djenné, dans la région de Mopti, notamment grâce à la réalisation d’infrastructures pastorales et d’aménagements des espaces pastoraux au profit de près de 35 650 ménages bénéficiaires.

Le lancement du projet a eu lieu le mercredi 29 septembre 2021 à Sévaré, en présence du Représentant de la Cheffe de bureau de la MINUSMA à Mopti, du Représentant du Gouverneur de Mopti et du Représentant de la FAO au Mali. Les activités mises en œuvre depuis le début du projet consistent en le recrutement de l’organisation non gouvernementale partenaire, dont les équipes sont actuellement opérationnelles sur le terrain, la signature des protocoles d’accord avec les services techniques de l’État et le Gouvernorat de Mopti, ainsi que la mise en place de partenariats pour l’activité de cartographie de la région. De plus, la FAO a organisé des rencontres communales et villageoises afin d’informer et de sensibiliser les acteurs locaux aux objectifs et activités du projet, et de valider les listes des villages et des communes bénéficiaires dans le cadre d’une approche participative et inclusive. Des comités communaux et villageois de gestion du projet sont en cours de mise en place au sein des zones bénéficiaires. La FAO et ses partenaires procéderont ensuite à la mise en œuvre d’activités de distribution de semences fourragères, la réhabilitation des pistes et infrastructures pastorales et la réalisation de forages pastoraux et d’une cartographie. 

Le projet permettra de minimiser les risques de conflits liés à la transhumance, notamment au regard de la mobilité et de l’alimentation du cheptel. De plus, les capacités des éleveurs seront renforcées en matière de gestion durable des ressources naturelles et la résolution des conflits, grâce à la dispense de séances de sensibilisation sur les lois et textes relatifs à la transhumance et aux espaces de pâturage. Le présent projet, illustration de la dynamique de collaboration «ONE United Nation», permettra également de consolider les synergies et les échanges entre la FAO, la MINUSMA et d’autres agences du système onusien, ainsi qu’avec les autorités régionales, locales et les collectivités, au profit des populations et pour une cohésion sociale renforcée