La FAO apporte une assistance agricole d’urgence aux ménages vulnérables grâce à la contribution de la Belgique pour faire face à l’aggravation de l’insécurité alimentaire dans le Sud de Madagascar

La FAO apporte une assistance agricole d’urgence aux ménages vulnérables grâce à la contribution de la Belgique pour faire face à l’aggravation de l’insécurité alimentaire dans le Sud de Madagascar

10/05/2021

La sècheresse prolongée, l’apparition fréquente du phénomène de tempête de sable, et les attaques d’ennemis de cultures, dont les chenilles légionnaires sont, entre autres, les situations vécues par la population du Grand Sud de Madagascar depuis la fin de l’année 2019. Selon Croplands Water Requirement Satisfaction Index, avec une valeur de l’indice de satisfaction des besoins en eau de 65 pour cent en dessous de la normale et la baisse généralisée du niveau des nappes phréatiques, la production durant trois campagnes culturales consécutives a presque été réduite à néant: contre-saison 2019, grande saison 2019/20 et contre-saison 2020. Avec le retour progressif de la précipitation vers le mois de février 2021, les jeunes pousses issues des rares semences restantes après plusieurs tentatives de semis ont été à leur tour victimes du phénomène de «Tiomena» de plus en plus fréquent et du ravage des insectes ennemis des cultures. Le taux moyen d’infestation est de 53 pour cent et les pertes de rendement sur les cultures de maïs sont estimées à 47 pour cent.  

La plongée du pays dans une situation d’urgence sanitaire à la suite de l’arrivée de la maladie à coronavirus 2019 (covid-19) entre mars et septembre 2020 a fortement entravé les actions d’urgence humanitaires et de relèvement précoce. Le traitement d’une urgence sanitaire nationale a délaissé les autres préoccupations régionales, dont le cas de l’insécurité alimentaire notoire du Grand Sud. Les mesures de restriction liées à la gestion de la pandémie ont réduit la possibilité de la population à pratiquer certaines stratégies d’adaptation aux chocs. De plus, les interventions de relèvement ont été fortement entravées par le manque généralisé de semences de qualité certifiées dans le pays. 

Ces paramètres ont conduit à une vulnérabilité très poussée dans les régions du Grand Sud. Selon les résultats de la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) en mai 2021, près de 1,14 million de personnes dans le Sud de Madagascar sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë (avril-septembre 2021), dont près de 14 000 personnes en Phase 5. Ce chiffre devrait doubler pour atteindre un total de 1,31 million de personnes en octobre-décembre 2021, si aucune action n’est entreprise.

L’instauration d’une nouvelle urgence sanitaire nationale le 3 avril 2021 liée à la remontée fulgurante des cas de la covid-19, laisse sous-entendre un risque d’inflation généralisée et la remise au second plan de la problématique régionale du Grand Sud. Selon le Système d’information sur la sécurité alimentaire et la vulnérabilité dans la région du Sud-Est de février 2021, le prix moyen du riz était de 2 550 ariary malgache/kg, soit une hausse de 26 pour cent par rapport à l’année précédente; le maïs, rare à inexistant, dans presque toutes les communes est vendu deux fois plus cher, soit 2 900 ariary malgache/kg; le manioc, inexistant dans près de 80 pour cent des communes, affiche un prix de 1 200 ariary malgache/kg contre 950 ariary malagache/kg en 2020. De plus, les cheptels restants connaissent annuellement le ravage des maladies. D’autre part, les pathologies comme la pseudopeste aviaire, la variole aviaire, et la bronchite infectieuse déciment le cheptel de volailles.

Avec les budgets des Ministères qui ont été redirigés vers la lutte contre la covid-19 lors de la première vague, l’ampleur de l’insécurité alimentaire s’est creusée d’une manière non maîtrisable. Il est évident que sans mesures d’anticipation pour renforcer les avoirs, recapitaliser et créer un environnement favorable à la relance agricole de la contre-saison 2021 auprès des ménages vulnérables dans les régions d’Androy et d’Anosy, une catastrophe humanitaire irréversible avec une forte probabilité d’occurrence est à prévoir avec les impacts des nouvelles mesures sanitaires.   

Par le biais du Fonds spécial pour les activités d'urgence et de relèvement, le Gouvernement du Royaume de Belgique a contribué 400 000 USD à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) afin de restaurer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance des ménages vulnérables en insécurité alimentaire aiguë dans le Sud de Madagascar. Le Représentant de la FAO à Madagascar, Monsieur Mbuli Charles Boliko, déclare que la FAO, avec le soutien généreux et opportun de la Belgique, sera en mesure de fournir à 2 400 ménages (14 400 personnes) une assistance en transferts monétaires pour mener à bien les actions d’anticipation afin de prévenir une catastrophe humanitaire irréversible face aux impacts très probables de la deuxième vague de la covid-19 et les aléas climatiques et biologiques récurrents dans le Sud de Madagascar.

L’appui immédiat en transferts monétaires permettra de subvenir aux besoins vitaux des ménages appuyés, d’éviter la décapitalisation continuelle et de renforcer leur capacité pour les activités agricoles. La distribution d’intrants agricoles constitués de semences à cycle court assurera le démarrage de la contre-saison et garantira une possibilité de récolte échelonnée et une tolérance élevée au déficit de précipitation, en plus de la fourniture de petits matériels, d’outils d’irrigation et des produits phytosanitaires. La FAO apportera l’expertise technique et l’assurance qualité des appuis techniques aux bénéficiaires ciblés en matière d’itinéraire technique amélioré, selon l’approche agriculture intelligente face au climat et adaptées à la conduite de l’élevage.