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République démocratique du Congo | La FAO et la Belgique soutiennent les ménages agricoles touchés par l’éruption volcanique à Goma

29/06/2021

L’éruption du volcan Nyiragongo à Goma a aggravé l’insécurité alimentaire de populations déjà touchées par la recrudescence de la violence, les aléas climatiques et les épidémies, engendrant des besoins chroniques élevés.

Le 22 mai, l’éruption volcanique du Mont Nyiragongo, à Goma, a significativement impacté les activités agricoles et d’élevage des ménages, constituant un choc supplémentaire pour les populations déjà vulnérables dans les territoires concernés. La coulée de lave a provoqué des pertes en vies humaines et matérielles considérables, avec environ 4 000 familles qui ont perdu leurs habitations et au moins 31 personnes décédées. Le 27 mai, les autorités congolaises ont ordonné une évacuation partielle de la ville de Goma en raison du risque d’une nouvelle éruption volcanique et des centaines de milliers de personnes ont quitté la ville les jours suivants. Nombreux d’entre eux ont fui par la route, vers Sake, à l’ouest de Goma, et Rutshuru au nord, tandis que d’autres ont pris le bateau sur le lac Kivu jusqu’à Bukavu.

Environ 8 000 personnes ont traversé la frontière vers le Rwanda et, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, 1 340 enfants ont été séparés de leurs familles à Goma, Sake et Bukavu (à ce jour, 1 038 ont retrouvé leurs familles). Depuis le lundi 7 juin, les populations déplacées ont été officiellement invitées à regagner la ville de Goma, suite à la baisse du risque d’une nouvelle éruption. En outre, les communautés de Masisi et Nyiragongo ont été les plus touchées, notamment par la présence de déplacés internes et par les cendres volcaniques qui ont compromis la récolte de juillet et nui à la santé des animaux.

 

Des enfants de la ville viennent constater les dégâts près de la coulée de la lave séchée

Des enfants de la ville viennent constater les dégâts près de la coulée de la lave séchée. ©FAO

 

Si aucune assistance humanitaire n’est fournie, les communautés d’accueil dans ces zones seront confrontées à des difficultés pour la prochaine récolte (janvier-février 2022) et seront contraintes de décapitaliser davantage leurs actifs productifs. Cette catastrophe vient aggraver une crise humanitaire déjà critique en République démocratique du Congo. En effet, les niveaux d’insécurité alimentaire aiguë sont alarmants, avec 27,3 millions de personnes en situation de «crise» ou pire (phase 3 et plus de l’analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire) sur la période de février à juillet 2021. Les conflits et les déplacements de population continuent de perturber les moyens d’existence des ménages et aggravent l’insécurité alimentaire des populations, en particulier dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de Maniema.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) lance un projet intitulé «Soutien d’urgence aux communautés d’accueil touchées par l’éruption volcanique au Nord-Kivu», financé par la Belgique pour un montant de 250 000 USD, dans le cadre du Fonds SFERA, qui permettra d’assister 950 ménages (5 700 personnes) pendant neuf mois. 

Le projet vise à renforcer la résilience des ménages vulnérables touchés par les effets de l’éruption volcanique et de leur permettre de rétablir leurs moyens d’existence, notamment les ménages à faible revenu dont la plupart dépend de l’agriculture pour principale source de subsistance. La FAO accompagnera également le Gouvernement de la République démocratique du Congo, à travers des dispositifs de protection civile et le Plan de réponse coordonné des Nations Unies de soutien aux déplacés internes et rapatriés grâce à une approche en plusieurs phases (abris, articles non alimentaires, eau, assainissement et hygiène, gestion des camps, santé et nourriture).

Il est crucial de répondre aux besoins les plus urgents des communautés touchées, bien que des solutions à plus long terme seront également essentielles pour permettre aux personnes de se relever de chocs récurrents. Ainsi, la FAO prévoit des distributions d’urgence d’intrants en soutien à la préparation de la saison des semis de septembre 2021, ainsi qu’au repeuplement du petit bétail. «L’agriculture d’urgence permettra de reconstituer rapidement les moyens de subsistance des populations déplacées et de renforcer celles des populations hôtes, il s’agira de distribuer des intrants – outils agricoles, semences, animaux d’élevage – et d’assurer un accompagnement technique» a expliqué Aristide Ongone Obame, Représentant de la FAO en République démocratique du Congo. Le projet permettra aux communautés bénéficiaires de renforcer la production alimentaire locale de produits nutritifs, mais également de maintenir l’accès à la nourriture des ménages ciblés, stabiliser leurs revenus et assurer une diversification de leurs régimes alimentaires, améliorant ainsi leur sécurité alimentaire.