Au Salvador, les agriculteurs adaptent leurs moyens d’existence à la nouvelle donne due au COVID-19


Cultiver des légumes pour répondre aux nouvelles demandes pendant la pandémie

En raison de la fermeture des restaurants et de l’annulation de tous les événements, Juan Carlos a abandonné l'élevage de lapins et de cailles pour se consacrer à la culture de légumes, une compétence qu'il a acquise l'année dernière auprès de la FAO et qui lui sert désormais de nouveau but pendant cette pandémie. ©FAO/ Karla Velasquez

13/05/2020

Juan Carlos Rivera vit au Salvador, dans le Couloir sec. Dans cette région, les températures élevées, les faibles précipitations et les épisodes réguliers de sécheresse défient constamment son mode de vie. Eleveur, il vend des lapins et des cailles. Mais quand la pandémie de COVID-19 a commencé, il a rencontré, avec ses partenaires de "Las Casitas", un réseau de petits producteurs, des problèmes pour commercialiser leurs produits.

Au lieu d'abandonner, ils se sont adaptés à cette nouvelle réalité et vendent maintenant aussi des légumes, tels que des tomates, des piments verts, des haricots verts, de la moutarde, des épinards, des radis et des concombres. "Avant, nous vendions la plupart de la viande de lapin et de caille aux restaurants de la région. Ils ont maintenant été fermés en raison des mesures prises par le gouvernement pour empêcher la propagation du virus, mais nous avons vu dans la production de légumes une opportunité pour aller de l'avant. Cette pandémie ne nous arrêtera pas. Nous continuerons à produire de la nourriture", a expliqué Juan Carlos. 

La ville de Juan Carlos, Las Casitas, dans la municipalité d'Alegría, se trouve à 142 kilomètres de la capitale, San Salvador. Son père était agriculteur et Juan Carlos a grandi dans une ferme. Mais cette vie ne l'intéressait pas et il est parti étudier à l'université dans la capitale. Il a travaillé pendant plusieurs années comme gestionnaire d'entrepôt, puis il est ensuite revenu à Alegría et c'est là qu’il l’agriculture l’a rattrapé. Il a rencontré une femme qui élevait des lapins et a décidé de lui acheter un couple d'élevage. 

Ses premiers lapins n'ont pas survécu. "'Mais tu dois persister', ai-je pensé dans ma tête. J'ai continué à travailler, j'ai construit des cages. J'ai acheté cinq lapins et les premières portées sont nées", se souvient-il. En 2018, il s'était associé à plusieurs producteurs locaux pour former le réseau Las Casitas, mais la pandémie a frappé, les restaurants ont fermé et il ne pouvait plus compter uniquement sur ses lapins.

Heureusement, l'année dernière, Juan Carlos a suivi une formation technique et reçu des fournitures de la FAO pour produire des légumes. Aujourd'hui, il met ces connaissances à profit pour diversifier sa production face à la pandémie.

Juan Carlos et d'autres membres du réseau de producteurs Las Casitas prennent les commandes par téléphone et livrent leurs tomates, piments verts, haricots verts, moutarde, épinards, radis et concombres à leurs clients. ©FAO/ Karla Velasquez

Avec l'aide de ses partenaires de Las Casitas, il continue à élever des lapins, des cailles et des poulets, mais maintenant ils s'entraident aussi pour produire des légumes : "Nous avons chacun notre propre parcelle, mais nous nous aidons mutuellement à préparer la terre, à extraire les graines et à semer comme nous l'a appris la FAO. Nous coordonnons également la vente des produits", explique Juan Carlos. 

Ils commercialisent les légumes au sein de leur communauté, reçoivent des commandes par téléphone tous les jours et s'organisent pour déposer les produits chez leurs voisins. Lorsqu'ils effectuent les livraisons, ils se conforment aux exigences de protection en utilisant des masques, des gants et en se désinfectant les mains avec du gel hydroalcoolique.

En pleine pandémie, la FAO continue d’apporter son soutien à Juan Carlos et aux autres agriculteurs du Couloir sec du Salvador en leur fournissant une aide technique afin d’augmenter leur production alimentaire et être en mesure de répondre à la demande de produits de leur communauté.

Juan Carlos avec sa femme et sa fille. Grâce aux autres compétences acquises et en adaptant ses moyens d’existence, il dispose encore d'un revenu pendant cette crise. ©FAO/ Karla Velasquez

Maintenant que l'hiver approche, Juan Carlos se prépare à produire des tomates dans une serre improvisée, avec les matériaux fournis par la FAO, tels que des matériaux de construction, des semences et autres intrants agricoles. 

En outre, la FAO, en coordination avec la municipalité et le Centre national des technologies agricoles et forestières (CENTA en espagnol), fournira une assistance à Juan Carlos et au groupe de producteurs de Las Casitas afin qu'ils puissent produire de nouvelles variétés de légumes et ainsi continuer à soutenir la sécurité alimentaire de leur communauté.

"Dieu merci, nous sommes en mesure de vendre des légumes dans notre communauté. En tant que producteurs de légumes, nous avons réalisé que nous sommes essentiels à l'approvisionnement alimentaire local. Les gens sont maintenant plus que jamais conscients de l'importance de produire notre propre nourriture localement".

En cette période de crise, avec les changements dans les achats et les restrictions de mouvement, les moyens d’existence des producteurs alimentaires et des petits exploitants agricoles sont particulièrement vulnérables. La FAO aide les communautés rurales à s'adapter à ces nouvelles réalités et à préserver leurs moyens d’existence. Si la protection de la santé de tous les individus est primordiale, nous devons continuer à assurer la sécurité alimentaire des communautés et à soutenir les revenus des les familles vulnérables afin de surmonter ces temps difficiles.


En savoir plus

2. Zero hunger, 8. Decent work and economic growth, 15. Life on land