La «Reine des oranges» en Tunisie


Veiller à la qualité de l’une des oranges les plus prisées du pays.

Fehria récolte la «Reine des oranges», plus connue sous le nom d’orange maltaise, dans les vergers du cap Bon, en Tunisie. ©FAO/Souha Yacoub

13/01/2022

L’orange maltaise, que les Tunisiens locaux appellent la «Reine des oranges» est certainement originaire d’Asie, mais la manière dont elle est arrivée en Tunisie fait encore l’objet de débats. Certains disent qu’elle a été introduite depuis l’Espagne, au début du XVIIe siècle, mais cela n’explique pas son appellation...

Malte n’est qu’à 284 km de la Tunisie moderne, donc cette orange doit provenir directement de là‑bas. Le fruit était certainement cultivé sur cette île de la Méditerranée dès le IXe siècle.

Quoi qu’il en soit, on a commencé à nommer ce fruit «orange maltaise» il y environ 250 ans. Il a été mis à l’honneur dans des livres de cuisine et a même inspiré une sauce française, la «sauce maltaise», une variante de la sauce hollandaise qui comprend du jus et des zestes d’orange maltaise. Il va sans dire que cette orange est extrêmement appréciée en Europe et au-delà.

De nombreux bienfaits

L’orange maltaise fait partie de la famille des Rutacées. Elle ressemble à une orange semi-sanguine et est aujourd’hui cultivée avec le plus grand succès dans le nord-est de la Tunisie, en particulier sur la péninsule du cap Bon, près de la côte d’Hammamet.

Elle est de taille moyenne, de forme légèrement ovale et se pèle facilement. À l’intérieur, la pulpe est tendre et juteuse. Elle est douce et acidulée, ce qui la rend unique. Sur l’arbre, sa couleur orange peut tourner au rouge si elle est trop exposée au soleil.

«Elle est savoureuse et pleine de bienfaits pour la santé, en particulier en cette période de crise», affirme Fehria, une agricultrice timide d’âge moyen du cap Bon, en coupant des tiges d’oranges.

La récolte de l’orange maltaise est faite à la main par des spécialistes locaux comme Fehria et ses collègues.

Fehria a toujours travaillé dans le secteur agricole. La cueillette des fruits et légumes est la principale source de revenu pour elle et sa famille. Elle a d’abord cueilli des pommes de terre et des artichauts et a commencé à cueillir des agrumes il y a quatre ans seulement. Aujourd’hui, sa priorité est la «Reine des oranges» et elle est fière d’être associée à un produit si prisé.

La région du cap Bon produit plus de 75 pour cent de tous les agrumes de Tunisie. Grâce aux produits récoltés, notamment les oranges maltaises, Fehria et ses collègues ont un revenu stable. ©FAO/Souha Yacoub

Maltaise de nom, tunisienne de production

Avec environ 25 000 habitants, la ville de Grombalia où réside Fehria est un lieu vivant situé sur le cap Bon.

L’air de Grombalia est parfumé de l’odeur des fleurs d’oranger au printemps et la couleur dorée des fruits luit dans le paysage en hiver, la saison de la cueillette.

Bien que saisonnière – de la fin décembre à la fin mars –, la cueillette offre à Fehria, et à ses collègues des vergers des environs, un revenu stable et surtout, des conditions de travail décentes.

«Ici dans le verger, entouré d’oranges, je suis dans mon élément. Mais le plus important pour moi, c’est que ma contribution soit respectée par ma communauté et mon employeur», affirme Fehria.

Les orangeraies de la péninsule du cap Bon couvrent environ 14 000 hectares, dont près de la moitié sont consacrés à la production d’oranges maltaises.

La «Reine des oranges» règne sur les exportations, mais d’autres variétés locales, notamment les variétés meski, châmi ou Thomson, sont également cultivées dans la région.

Dans la région du cap Bon, qui produit plus de 75 pour cent de tous les agrumes de Tunisie, les mandariniers et les citronniers se multiplient également, tous bénéficiant d’un sol riche et fertile et d’un climat ensoleillé toute l’année.

Fehria vérifie la conformité des oranges maltaises par rapport aux normes de qualité. Ce projet de la FAO en Tunisie renforce les capacités des producteurs d’aliments, des laboratoires de contrôle de la qualité et des autorités locales, afin qu’ils connaissent et respectent les critères de qualité nécessaires pour l’exportation. ©FAO/Souha Yacoub

Qualité et sécurité sanitaire assurées

Le patron de Fehria est producteur d’agrumes qu’il destine au marché local et à l’exportation. Il dirige également une unité d’emballage adjacente, où il emploie une cinquantaine de locaux qui lavent et emballent les oranges maltaises et vérifient que celles-ci sont conformes aux normes de qualité.

Au sein de cette unité d’emballage, ainsi que dans d’autres unités de production, la FAO contribue à l’enregistrement de la production de fruits et légumes dans le système d’information national. Ce système permet aux agriculteurs d’enregistrer leurs produits en vue du contrôle de la qualité et aide les autorités à communiquer les résultats et les certificats qui les accompagnent, car il joue un rôle de plateforme. Grâce à son efficacité, il facilite l’exportation de fruits et d’autres produits agricoles.

Il ne s’agit que d’une partie de l’activité principale que mène la FAO en Tunisie, un projet phare intitulé «Support for Official Control Services (ASCO)» et financé par l’Union européenne. L’aide prêtée dans le cadre du projet vise à garantir la sécurité sanitaire des produits animaux et végétaux et à moderniser le secteur agricole du pays, en intervenant tout au long de la chaîne de valeur. Il s’agit de renforcer les capacités des producteurs d’aliments, des laboratoires de contrôle de la qualité et des autorités locales, afin qu’ils connaissent et respectent les critères de qualité nécessaires pour l’exportation. Un autre domaine d’activité important consiste à aider les producteurs à lutter contre les maladies végétales et animales et à les gérer.

Les partenariats avec les communautés agricoles, les autorités locales et le secteur privé sont importants pour s’assurer du bon fonctionnement de ces processus et permettre aux agriculteurs d’obtenir un revenu régulier. Pour résumer, la FAO veille à ce que le peuple tunisien ait accès à des moyens de subsistance rémunérateurs grâce à des produits comme l’orange maltaise, produits dont ce peuple peut être fier et qui passent avec succès les tests de qualité internationaux.


Pour en savoir plus:

2. Zero hunger, 3. Good health and well-being, 8. Decent work and economic growth