Dégradation des écosystèmes: que pouvons-nous faire?


Voici quelques exemples de la contribution de la FAO à la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes

Bon nombre d’écosystèmes sont aujourd’hui mal en point. Quelles mesures concrètes pouvons-nous prendre pour remédier à ce problème? ©Sean Gallagher

25/02/2022

Les écosystèmes sont au fondement de la vie sur Terre. Leur santé est étroitement liée à celle de la planète – et de ses habitants. On entend beaucoup parler de la restauration des écosystèmes, mais de quoi s’agit-il exactement? 

La restauration des écosystèmes englobe une large palette d’approches qui permettent de maintenir les écosystèmes en bonne santé et de remettre en état ceux qui ont été dégradés. On peut procéder par restauration active ou en éliminant les causes de dégradation, ce qui facilitera la régénération naturelle. Quelle que soit la stratégie adoptée, il faut du temps, des ressources, des connaissances et une bonne gouvernance pour que la restauration contribue au bien-être humain, au développement économique, à la stabilité climatique et à la préservation de la biodiversité. 

Découvrez ci-après trois actions concrètes mises en œuvre par la FAO dans le but de restaurer des écosystèmes. 

1)    Reboisement des pinèdes afghanes

Située dans la partie orientale de l’Afghanistan, la province de Paktia était auparavant réputée pour ses pinèdes. Au fil des 50 dernières années, cependant, elles ont bien failli disparaître sous l’effet de l’exploitation forestière illégale. Le surpâturage, l’extraction non durable des espèces fourragères et le boisement insuffisant continuent d’endommager le couvert forestier de Paktia. 

Depuis 2019, la FAO collabore avec le Ministère afghan de l’agriculture, de l’irrigation et de l’élevage pour enrayer cette inquiétante tendance. Avec l’appui financier du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le projet a pour mission de reboiser 687,5 hectares de forêts de pins et de noyers en créant 65 pépinières de noyers et de pins au sein des communautés de la province. 

Dans le cadre du projet, des associations de gestion forestière ont été établies: ces groupes communautaires encouragent les habitants locaux à administrer leurs forêts de façon pérenne et à mettre un terme à la déforestation. Les associations ont planté 107 000 noyers, 6 100 pins et 5 000 jeunes amandiers dans la zone déboisée. Ces nouvelles forêts seront aussi synonymes de débouchés économiques, puisqu’elles permettront de produire et de vendre des denrées à base de fruits à coque.

En haut, à gauche: L’un des projets de la FAO consiste à planter des forêts de pins et de noyers en Afghanistan. ©FAO En bas, à droite: Fortes de l’appui apporté par la FAO et l’Initiative pour les pêches côtières, les populations locales s’emploient à sauvegarder des habitats naturels comme les formations de mangrove afin de protéger les écosystèmes et de préserver leurs moyens de subsistance. ©FAO/Yacine Cissé

2)    Restauration de mangroves au Sénégal

Dans le delta du Saloum, au Sénégal, l’élévation du niveau de la mer entraîne une augmentation de la salinité de l’écosystème des mangroves, ce qui met à mal ces précieuses ressources. Les formations de mangrove sont en effet à l’origine d’un grand nombre de services écosystémiques essentiels. Les perspectives de pêche uniques qu’elles fournissent aux communautés locales sont source de moyens de subsistance et de nutrition. Si elles venaient à disparaître, l’écosystème tout entier en serait transformé, et les sources de revenus des résidents de la zone se volatiliseraient. La mangrove est un milieu dans lequel les poissons peuvent frayer, grandir et s’abriter, car l’eau est plus fraîche et la teneur en oxygène plus élevée, et la présence de racines tentaculaires leur offre une protection face aux prédateurs. Entre terre et mer, les mangroves jouent un rôle déterminant dans la lutte contre l’érosion des côtes et protègent les communautés et les habitats des littoraux des ondes de tempête. 

La FAO, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et d’autres partenaires internationaux chargés de la conservation s’emploient à protéger et à remettre en état ces formations de mangrove ainsi qu’à préserver les moyens de subsistance des communautés tributaires de la pêche dans le delta du Sine Saloum et alentour. Avec l’appui financier du FEM, ce projet baptisé Initiative pour les pêches côtières a entrepris de remettre en état des mangroves dégradées afin qu’elles conservent leur rôle de premier plan dans l’équilibre des écosystèmes. L’Initiative a pour objectif de régénérer la terre et de replanter de vastes étendues de mangrove, tout en travaillant avec les communautés pour repenser la manière dont elles peuvent les utiliser et les protéger. En 2020, 175 hectares d’écosystèmes de mangrove étaient gérés selon des pratiques pérennes.

En Mongolie, le projet de la FAO et du FEM contribue à faire reculer la dégradation des terres et des forêts dans les zones arides du pays. ©FAO/Khangaikhuu Purevragchaa

3)    Gestion durable des terres arides en Mongolie 

En Mongolie, la dégradation des forêts et le déboisement de ses terres arides sont un problème urgent qu’aggravent les feux de forêt, les organismes nuisibles, les coupes d’écrémage, les coupes rases et le pâturage. Environ 90 pour cent du territoire national est particulièrement sujet à la désertification et 57 pour cent des prairies du pays sont plus ou moins gravement dégradées. La gestion durable des terres mongoles a été entravée par une planification insuffisante des capacités, un suivi lacunaire des ressources forestières et une connaissance limitée des solutions applicables aux zones arides.

Afin de remédier au problème, le FEM, la FAO et leurs partenaires appliquent le volet «gestion durable des zones arides» du Programme d’impact sur la gestion durable des forêts, qui consiste à mettre en œuvre des mesures visant à prévenir, à réduire et à inverser la dégradation, la désertification et le déboisement des terres et des écosystèmes de Mongolie et de 10 autres pays.

Les steppes mongoles orientales, qui s’étendent sur 27,3 millions d’hectares, figurent parmi les écosystèmes de prairie les plus vastes encore présents sur la planète. On y trouve des écosystèmes d’importance mondiale sur le plan écologique. Au sein de cet écosystème, le projet encouragera la production de cultures et de plantes fourragères respectueuses de l’environnement et adaptées au climat. Les communautés d’éleveurs et les communautés forestières de la région seront mobilisées afin de mettre en œuvre la gestion durable et la restauration des terrains de parcours et des fragments forestiers. Le projet appuiera aussi les partenariats entre les groupes d’éleveurs, les coopératives, les pouvoirs publics et le secteur privé afin de développer les filières et l’accès aux marchés s’agissant de denrées agricoles issues de méthodes de production durable. 

En 2025, le projet mis en œuvre en Mongolie aura remis en état 248 827 hectares de terre, appliqué des pratiques de gestion améliorée à 5 640 317 hectares et apporté des avantages économiques directs à 25 000 bénéficiaires. Il aura aussi empêché l’émission de 10 302 215 tonnes de gaz à effet de serre. 

L’objectif de la Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes est de prévenir et d’enrayer la dégradation des écosystèmes sur tous les continents et dans tous les océans, et d’inverser la tendance actuelle. Elle peut contribuer à éliminer la pauvreté, à lutter contre le changement climatique, à empêcher une extinction de masse et à renforcer la production durable. Par l’intermédiaire des projets qu’elle met en œuvre aux quatre coins du monde, la FAO s’emploie à atteindre ces objectifs, qui sont bénéfiques non seulement pour les écosystèmes mais aussi pour les moyens de subsistance et les populations humaines. 


En savoir plus

 

12. Responsible consumption and production, 13. Climate action, 15. Life on land