De la ville durement touchée de Marioupol à la petite agriculture dans l’est de l’Ukraine


Larysa s’engage dans la voie de la petite agriculture pour garantir la sécurité alimentaire de sa famille.

Le déclenchement de la guerre a contraint Larysa et son petit-fils à abandonner Marioupol, leur ville d’origine. Il leur a fallu cinq jours pour rejoindre Pushkarivka, dans l’est de l’Ukraine, où la FAO les a aidés à démarrer des cultures pour subvenir à leurs besoins. ©FAO/Oleksandr Mliekov

21/06/2022

La guerre a surpris Larysa Zueva alors qu’elle était au travail dans un hôpital psychiatrique de Marioupol, au sud-est de l’Ukraine. Avec son petit-fils et environ deux cents autres personnes, c’est là qu’elle a trouvé un abri pendant plus d’un mois, tout en continuant à y travailler malgré les attaques. Quand le réseau de distribution de gaz a été coupé, il a fallu cuisiner à l’ancienne, sur un feu à foyer ouvert, continuer à nourrir tous les présents et prendre soin des patients.

«Les bombardements étaient intenses et nous n’avons pas pu quitter la ville lors de la première évacuation, raconte Larysa, mais le 22 mars, nous avons finalement pu partir.»

Larysa et son petit-fils ont passé cinq jours sur les routes pour rejoindre Pushkarivka, dans la province de Dnipropetrovska, au nord de Marioupol, où les bombardements n’étaient pas permanents. Natalia, une ancienne collègue de la fille de Larysa, les a accueillis et les a aidés à s’installer.

«Mon appartement à Marioupol était complètement détruit, explique Larysa. Je n’avais nulle part où aller. Notre si belle ville, si moderne, et notre foyer n’étaient plus que des souvenirs.»

Maintenant, son petit-fils et elle louent une maison. Ils ont déjà commencé à cultiver la terre. Ils s’habituent petit à petit à leur nouveau foyer, au jardin, se familiarisent avec de nouveaux paysages.

Larysa n’avait aucune expérience agricole, mais ses voisins l’ont aidée. Ils lui ont expliqué quoi faire, et comment.

«Par ici, les gens sont vraiment à l’écoute; on nous a donné des conseils sur la manière de cultiver la terre. Hier, nous avons planté des fraises. Nous avons aussi acheté des semences de concombres et de tomates. Et aujourd’hui, nous avons reçu des plants de pommes de terre de la FAO, que nous allons mettre en terre, précise Larysa. Nous cultivons des légumes car personne ne sait à quoi ressemblera demain.»

Au total, 862 tonnes de plants de pommes de terre ont été distribuées à 17 740 foyers dans dix provinces ukrainiennes. La distribution de la FAO a été organisée à temps pour la saison des semis de printemps, ce qui permettra de récolter cet aliment nutritif en septembre. ©FAO/Oleksandr Mliekov

Dans le cadre de la distribution de la FAO, Larysa a reçu 50 kilogrammes de plants de pommes de terre, d’un rendement d’environ 600 kilogrammes, destinés à la consommation familiale ou à la vente.

Même si elle ne voit pas comment elle pourrait retourner à Marioupol, sa ville natale, elle ne perd pas espoir et tient à exprimer sa reconnaissance pour l’assistance et les intrants agricoles reçus.

«Dès que la guerre finira, nous voudrions acheter cette maison.»

Au total, la FAO a distribué 862 tonnes de plants de pommes de terre à 17 740 foyers répartis sur tout le territoire de dix provinces de l’est, du sud, du centre et de l’ouest de l’Ukraine. La distribution a été organisée à temps pour la campagne printanière de semis de pommes de terre à la mi-mai, qui permettra de récolter cet aliment nutritif en septembre.

La famille de Larysa fait partie des 3 690 foyers de la province de Dnipropetrovska qui ont reçu une assistance du programme d’intervention humanitaire de la FAO. La distribution des plants de pommes de terre a été réalisée en coopération avec les services publics de conseil agricole de la région de Dnipropetrovsk, partenaire local d’exécution.

Suite au déclenchement de la guerre, la FAO a mis sur pied un plan d’intervention rapide afin d’apporter de l’aide au secteur agricole et de veiller à la sécurité alimentaire des personnes les plus touchées par le conflit. ©FAO/Oleksandr Mliekov

«Il est absolument crucial d’aider en ce moment les exploitants, en particulier les petits propriétaires, qui pratiquent une agriculture domestique et produisent des denrées alimentaires pour leur propre consommation», a déclaré Pierre Vauthier, fonctionnaire de la FAO chargé de l’Ukraine. «Dans le cadre de son intervention, la FAO fournit des intrants pour les cultures et l’élevage et distribue de l’aide en espèces aux petits agriculteurs et aux éleveurs les plus touchés afin qu’ils puissent respecter les échéances saisonnières. Grâce à ce soutien, les ménages seront en mesure de produire des légumes, des céréales, du lait, de la viande et des œufs qu’ils pourront consommer.»

La FAO est présente en Ukraine depuis 2003. Suite au déclenchement de la guerre, l’Organisation a mis en place un plan d’intervention rapide afin d’apporter de l’aide au secteur agricole et de veiller à la sécurité alimentaire des personnes les plus touchées par le conflit.

Dans le cadre de ce plan, la FAO lance un appel visant à rassembler un montant total de 115,4 millions d’USD pour soutenir 979 320 petits exploitants et producteurs de taille moyenne jusqu’en décembre 2022.

Pour l’heure, l’Australie, la Belgique, le Bureau de l’aide humanitaire de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), la Fondation Louis Dreyfus, le Fonds central pour les interventions d’urgence, le Fonds humanitaire pour l’Ukraine, la France, le Japon et l’Union européenne ont déjà apporté leur contribution.


Pour en savoir plus

2. Zero hunger, 8. Decent work and economic growth, 10. Reduced inequalities