1. Identification
    1. Caractéristiques biologiques
  2. Profil
    1. Contexte historique
    2. Principaux pays producteurs
    3. Habitat et biologie
  3. Production
    1. Cycle de production
    2. Systèmes de production
    3. Maladies et mesures de contrôle
  4. Statistiques
    1. Statistiques de production
    2. Marché et commercialisation
  1. Situation et tendances
    1. Problèmes et contraintes majeurs
      1. Pratiques pour une aquaculture responsable
    2. Références
      1. Liens utiles
    Identification


    Patinopecten yessoensis  Jay, 1857 [Pectinidae]
    FAO Names:  En - Yesso scallop,   Fr - Pétoncle du Japon,  Es - Vieira japonesa
       
    Caractéristiques biologiques
    Grande taille (10-22 cm de longueur), presque circulaire; umbones au centre, entre deux oreilles presque égales. L'extérieur de la valve droite est blanchâtre, avec 20 côtes larges et aplaties. L'extérieur de la valve gauche est de couleur brun violacé avec 20 côtes radiales épaisses. La valve intérieure est blanchâtre, sillonnée, avec un seul muscle adducteur. La saison de ponte commence en mars et prend fin en mai.
    Profil
    Contexte historique
    Ces espèces de mollusques boréales d’intérêt commercial en Asie-Pacifiqueont constitué une ressource pour la pêche substantielle jusqu'aux années 30; ensuite les stocks ont diminué notamment à cause de la surexploitation. La production de pêche semble avoir atteint son pic au milieu des années 30 où 80 000 tonnes (avec coquille) ont été débarquées au Japon. Presque dans la même période, la population russe du pétoncle de Japon le long de la côte de Primorye a été estimée à environ 40 millions, vivant dans une superficie d'environ 16 000 ha. Les captures régionales ont ensuite, nettement régressé à 6 000 tonnes au Japon en 1968. Après 1945, le développement de la culture en surélévation, promue par la capture de naissains sauvages, a mené à une croissance durable de la production, qui a duré jusqu'à l'an 2000. Depuis lors, la production annuelle s'est stabilisée à 1,1-1,2 million de tonnes. La Chine et le Japon sont les principaux producteurs, produisant ensemble plus de 1,1 million tonnes en 2003.
    Principaux pays producteurs
    Ces espèces ont été aussi introduites à partir du Japon en France et au Canada.

    Principaux pays producteurs de Patinopecten yessoensis (Statistiques de Pêches FAO, 2006)
    Habitat et biologie
    Les pétoncles du Japon se trouvent dans les baies abritées et peu profondes et les passes près des rivages rocheux, sur le fond à une profondeur de 30-40 m dans les zones marines plus ouvertes. Elles sont plus abondantes dans la marge bathymétrique 4-10 m et se reproduisent principalement à des salinités entre 32-34‰ sur le sable et les substrats fermes sableux/vaseux entremêlés avec les roches. La température optimale pour la croissance est 4-8 °C mais l’intervalle de tolérance va de -2 °C à 26 °C. La distribution côtière est limitée par la profondeur de la glace pendant l'hiver. Contrairement à plusieurs espèces de mollusques, les sexes sont séparés. Des individus hermaphrodites sont rarement observés. Les pétoncles du Japon sont hermaphrodites protandriques atteignant la maturité d'abord comme mâles ensuite changent de sexe pour devenir femelle avec l'âge. Le frai a lieu au printemps lorsque la température d'eau atteint 7-12 °C. Les mâles dominent chez les plus jeunes et les femelles dans les classes plus âgées. Les femelles d'une taille de coquille de 12-15 cm produisent 8-18 millions d'oeufs. La ponte au Japon commence en mars et atteint son maximum en avril à une température de 7-12 °C et un mois plus tard plus loin au nord. Les larves, qui sont planctoniques et dont la longueur de la coquille est d’environ 110 µm au début, s'alimentent de phytoplancton et se développent pendant 30 à 40 jours atteignant une longueur de 250-280 µm, taille à laquelle elles sont complètement développées et prêtes à la fixation et à la métamorphose. La durée du stade larvaire dépend de la température, après quoi les larves se fixent sur l'épifaune et la flore filamenteuses, s'y attachent au moyen des fils de byssus, et se métamorphosent. Après 3 à 4 mois, quand les naissains sont d'une hauteur de la coquille >10 mm, ils se détachent et se dispersent sur le substrat potentiel. Les pétoncles atteignent ~20 cm et pèsent 1 kg après une durée de vie de 10-12 ans; ils conviennent à la culture en écloserie, cependant les naissains sont presque exclusivement collectés de la nature.
    Production
    Cycle de production

    Cycle de production de Patinopecten yessoensis

    Systèmes de production
    La production mondiale des pétoncles du Japon repose presque entièrement sur le captage de naissains sauvages et leur grossissement en suspension ou en terre. Les méthodes de culture en surélévation ont été développées au Japon et se sont répandues dans d'autres pays du nord de l'Asie-Pacifique. La même technologie basée sur l'expérience japonaise est adoptée dans le monde entier pour de nombreuses espèces de mollusques d'intérêt commercial.
    Approvisionnement en juvéniles  
    Les pétoncles fraient au printemps à des températures variant entre 7 et 12 °C. La densité de fixation dépend de la concentration des larves dans la colonne d'eau qui est surveillée de très près pour prévoir le moment et l'intensité de fixation. Des collecteurs de naissains sont suspendus dans la colonne d'eau quand les programmes de surveillance montrent que plus de 50 pour cent des larves dépassent 200 µm de longueur. Deux types de collecteurs de naissains sont utilisés:
    • Les sacs d'oignon remplis de monofilament en plastique, attachés par 10 à une corde d'une longueur de 5 m.
    • Les plateaux coniques en plastique perforé qui sont attachés ensemble en lots, souvent de 25, par corde pour former une corde d'une longueur de 2,5 m, qui est ensuite couverte par des mailles fines.
    Les deux types de collecteurs sont utilisés. Les larves se fixent sur les mailles des sacs 30-40 jours après la ponte. Les larves qui ont atteint la taille de fixation peuvent passer à travers la maille externe des deux types de collecteurs et se fixer sur le monofilament ou les plats coniques, elles se métamorphosent, ensuite, et se développent. Les plus grands prédateurs ne peuvent pas accéder aux naissains en élevage, de même ces derniers ne peuvent pas s'évader. Les deux types de collecteurs sont attachés à des filières submergées, horizontales, maintenues par des bouées et suspendues à 5-10 m au-dessous de la surface d'eau et jusqu'à 5 m au-dessus du substrat. Les collecteurs sont généralement gardés en place jusqu'à ce que les naissains soient prêts à se détacher, quand la taille de leur coquille dépasse 8-10 mm. La température optimale pour le développement larvaire est de 15±2 °C et la salinité optimale est de 30±2‰. A des densités de 20-30 larve/m3, 100-400 alevins, par collecteur, peuvent être récoltés. La récolte de naissains peut s'élever jusqu'à 500-1 500 par unité de sac de collecteur quand la densité larvaire est dans la marge de 50-100/m3. Exceptionnellement, le rendement peut être plus important.
    Nurserie   
    Les naissains sont récoltés des collecteurs environ 3 mois après leur fixation quand la taille de leur coquille est d'environ 10 mm. Ils sont alors transférés à la culture intermédiaire (nurserie) dans des paniers pyramidaux en suspension type (pearl nets) en automne. Il faut veiller à enlever les prédateurs, qui ont pu se fixer sur les unités, ainsi que les organismes qui concurrencent pour la nourriture et l'espace (par exemple les moules). Chaque élevage en suspension sur des paniers pyramidaux type (pearl net) a une superficie de fond de 0,12 m² et peut être stocké de 50-60 naissains de 10 mm. Les paniers pyramidaux type (pearl nets) sont attachés ensemble pour former des unités verticales «cages» de longueur variable, selon la profondeur d'eau. Il peut y avoir de 5 à 30 filets par unité, et les unités sont suspendues à des filières submergées et placées 5-10 m au-dessous de la surface d'eau. Après 10 semaines, les coquilles des naissains atteignent 20-30 mm et occupent environ 60 pour cent du volume du filet. Un taux de survie de 90 pour cent est réalisable pendant cette période. En octobre, la densité est réduite à 15-20 pétoncles par filet. La culture intermédiaire continue alors en hiver jusqu'au printemps suivant. Quand les pétoncles atteignent ~50 mm, ils sont alors prêts pour le grossissement.
    Techniques de grossissement   
    Le grossissement jusqu’à la taille marchande se fait soit par l'ensemencement au sold'alevins d'un an ou dans diverses formes de culture en suspension. La culture des pétoncles est principalement une activité coopérative dans les pays asiatiques et peut faire partie d'un système de polyculture.

    Culture en suspension

    Cette culture utilise les mêmes méthodes de base que la culture intermédiaire. Cependant, les lanternes multi-niveaux suspendues 5 m au-dessous de la surface d'eau sont fréquemment utilisées dans des profondeurs de 10-15 m. Les paniers pyramidaux type (pearl nets) sont les plus adoptés dans l'eau plus profonde car ils se balancent moins avec le mouvement de la mer en cas de houle, qui peut provoquer une mortalité parmi les pétoncles. La densité est réduite au fur et à mesure que les pétoncles se développent. Les pétoncles âgésd'une année ayant une taille de 20-30 mm sont à 15-20 par panier (pearl nets) et le nombre est encore réduit à 5-7 un an après quand la taille de leur coquille est de 50-70 mm. Les pétoncles d'une taille marchande (100 mm) seront prêts pour la récolte en 2 ou 3 ans (un peu avant quand les conditions d'alimentation et de température sont favorables). Les pétoncles sont souvent cultivés en suspension auriculaire en paires à partir des lignes horizontales dans l'eau peu profonde ou des lignes verticales dans les milieux plus profonds quand ils approchent 10 cm de taille. Dans cette méthode l'oreille de la coquille est perforée et on y fait une boucle avec un fil en nylon qui est attaché aux lignes verticales ou horizontales dans des concessions situées dans les zones d'eau peu profonde.

    Culture à plat

    Quand la semence dépasse les besoins de la culture en suspension, le surplus ayant une coquille de 20-30 mm est ensemencé au sol dans une eau peu profonde à 10-20/m2. Cependant, les couches de sol sont souvent stockés avec des naissains de ~50 mm au mois de mars avec des densités de 5-6/m2. Les pétoncles cultivés à plat prennent une année de plus pour atteindre la taille marchande en comparaison à ceux cultivés en suspension.
    Techniques de récolte   
    Les pétoncles sont récoltés à une taille de coquille d’environ 100 mm après 2 ou 3 ans d'élevage. La récolte à partir de la culture à plat se fait par plongée sous marine ou par dragage. La récolte provenant de la culture en suspension utilise divers types d'embarcations, souvent équipées de treuils mécaniques. La période de la récolte est sensible à la présence, dans les eaux, des toxines paralytiques nocives des mollusques et crustacés (PSP, DSP, etc.); nécessitant ainsi, une surveillance rigoureuse.
    Manipulation et traitement  
    Les pétoncles n'ont pas la capacité de retenir l'eau de la cavité du manteau ainsi elles dessèchent rapidement et meurent une fois à l'extérieur d'eau. Un soin particulier doit être pris pour éviter toute exposition anormale à l'air et au soleil. Durant la manipulation il faut s'assurer que les pétoncles soient enlevés des unités d'élevage et transportés rapidement vers les usines d'emballage/traitement qui ne consiste généralement qu’au lavage et écaillage. Les pétonclesentiers sont transportés congelés vers les marchés locaux et la chaire écaillée est congelée ou mise en boîte.
    Coûts de production  
    Il est difficile d'obtenir des informations sur les coûts de production, non seulement parce que l'information est généralement une propriété industrielle mais aussi à cause des caractéristiques spécifiques du site d'emplacement, de la diversité des méthodes utilisées et des niveaux très variables de la technologie adoptée. Les pétoncles engendrent une valeur au débarquement de 6-7 USD/kg au Japon (2004). Il n'y a pas de coût d'aliments; c'est une ressource qui n'exige aucun aliment pendant tout son cycle d’élevage. La main-d'oeuvre constitue le principal coût et la culture des pétoncles en demande beaucoup. La culture est souvent réalisée par des Coopératives de pêches.
    Maladies et mesures de contrôle
    Aucune maladie spécifique aux pétoncles du Japon n'est signalée dans les diverses bases de données telles que l'AAPQIS. De même aucune maladie à l'origine des mortalités rares n'est mentionnée dans les prospectus. Comme la plupart des bivalves, les coquilles sont souvent perforées par les polychètes, Polydora sp. et Dodecaceria concharum, les éponges parasites, Cliona sp., et les myxosporidies, Myxosporidia. Le sporozoaire parasite, Perkinsus sp. est endémique chez la plupart des populations.
    Statistiques
    Statistiques de production
      
    Actuellement, seuls quatre pays signalent leur production à la FAO. Presque toute la production provient de la Chine et du Japon. La République de la Corée et la Fédération de Russie sont des producteurs mineurs. La production au Maroc a été aussi enregistrée entre 1997 et 2000, mais plus après cette date. En outre, il y a également une production faible (30 tonnes en 2000) dans la côte Pacifique du Canada promue par des naissains cultivés en écloserie mais qui n’est pas incluse dans les données de la FAO. Depuis l'année 2000, la valeur de la production globale annuelle a dépassé 1,5 milliard USD.
    Marché et commercialisation
    La production des pétoncles du Japon est principalement absorbée par le marché local des pays producteurs. La durée courte de conservation des pétoncles vivants fait que le produit réfrigéré est disponible uniquement près des sites d'élevage. Autrement, on trouve sur le marché la chaire congelée. Des quantités s'élevant à quelques mille tonnes sont exportées, notamment en tant que chaire congelée. Les États-Unis d’Amérique et la France sont les principaux importateurs de ces produits.
    Situation et tendances
    La production au Japon a montré une augmentation régulière dés 1970 jusqu'à atteindre 200 000 tonnes en 1992, après, le niveau a été dépassé avec des fluctuations annuelles. La production maximale de 272 000 tonnes est atteinte en 2002. L'éventualité pour davantage augmentation est limitée par la question de durabilité et par la disponibilité des zones de bail potentielles, où la capacité de charge des zones exploitées pose problème. De même, la saturation du marché peut être un facteur dans la tendance de diminution de la production les 10 dernières années.

    La production chinoise a marqué une importante augmentation d'environ 147 000 tonnes en 1990 à 916 000 tonnes en 1995 et à plus de 1 million de tonne en 1997. La production entre 1998 et 2003 a montré une grande variabilité (de 629 000 à 960 000 tonnes), qui peut être liée à la disponibilité des semences. Dans la République de la Corée et la Fédération de Russie il existe un potentiel pour le développement.
    Problèmes et contraintes majeurs
    La disponibilité fiable de naissains en quantité suffisante d’origine naturelle pose toujours un problème surtout que l'industrie dépend de cette ressource. Tandis que la production en écloserie, dans une certaine mesure, constitue un complément aux offres de naissains sauvages, la production requise pour répondre aux besoins de l'industrie des écloseries est techniquement plus intéressante comparée aux huîtres ou aux palourdes. Un autre problème est celui du déséquilibre éventuel de l'environnement, qui existe déjà dans certaines principales zones de production. Les élevages semi intensifs occupent de très grandes zones où les conditions environnementales idoines existent et concurrencent avec d'autres animaux filtreurs pour l’aliment, ainsi que pour l'oxygène. La culture des pétoncles peut enlever les aliments excessifs d'une ligne de partage des eaux et aider ainsi à empêcher l'eutrophisation. Cependant, ceci peut provoquer en soi-même un déséquilibre écologique, comme cela a été observé dans les baies de Jioazhou et de Sungo au nord de Chine, où la culture intensive de mollusques a significativement épuisé les niveaux nutritifs essentiels au point que la production primaire est devenue compromise.
    Pratiques pour une aquaculture responsable
    Un certain nombre de questions importantes ont été soulevées en haut et traitées lors du développement des pratiques plus responsables et plus durables dans la production de ces espèces. Celles-ci sont très conformes au Code de Conduite pour une Pêche Responsable de la FAO et incluent la délimitation des zones de bail au sein des baies et des estuaires afin de respecter la capacité limite des eaux, en parallèle avec d'autres aspects de sensibilisation sur l'environnement et sur la santé des poissons et les mécanismes pour réduire au minimum les impacts négatifs.
    Références
    Bibliographie  
    Anonymous. 2001. Scallops. Korea-U.S. Arrangement for Scientific and Technical Cooperation in Integrated Coastal and Ocean Resources Management.
    Bourne, N., Hodgson, C.A. & Whyte, J.N.C. 1989. A manual for scallop culture in British Columbia. Canadian Technical Report of Fisheries and Aquatic Sciences No. 1694. Fisheries and Oceans Canada, Pacific Biological Station, Nanaimo, BC., Canada. 215 pp.
    FAO. 1995. Code of Conduct for Responsible Fisheries.FAO, Rome, Italy. 41 pp.
    FAO. 1997. Aquaculture development. FAO Technical Guidelines for Responsible Fisheries No. 5. FAO, Rome, Italy. 40 pp.
    Gardner Pinfold  & IEC International. 2001. Economic potential of sea ranching and enhancement of selected shellfish species in Canada: (Section IV Scallop Culture in Japan). Office of the Commissioner for Aquaculture Development, Department of Fisheries and Oceans, Ottawa, Canada. 89 pp.
    Kan-no, H. & Hayashi, T. 1971. The present status of shellfish culture in Japan. Proceedings of the First U.S.-Japan Meeting on Aquaculture at Tokyo, Japan, October 18-l9, 1971 .William N. Shaw, editor. Seattle WA: U.S. Dept. of Commerce, National Oceanic and Atmospheric Administration, National Marine Fisheries Service, 1974. NOAA technical report NMFS CIRC ; 388.
    NACA/FAO. 2004. Emerging trends and experiences in Asia-Pacific Aquaculture 2003. Prepared by the Network of Aquaculture Centres in Asia-Pacific and Food and Agriculture Organization of the United Nations for the 15th NACA Governing Council Meeting, 21-25th April 2004, Colombo, Sri Lanka 146 pp.
    Liens utiles
     
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