GOBIIDAE
Gobies

Poissons de taille petite à moyenne (3 à 35 cm dans la zone), au corps modérément allongé, subcylindrique, légèrement comprimé en arrière. Tête large, déprimée, à joues rebondies et grosses lèvres. Yeux dorsolatéraux; museau court, bouche légèrement oblique, armée de plusieurs rangées de dents généralement très petites. Deux nageoires dorsales, la première à 6 ou 7 épines flexibles, la seconde, ainsi que l'anale, à 1 épine et 8 à 14 rayons mous ramifiés, le dernier divisé dès sa base; pectorales à rayons supérieurs libres chez quelques espèces; pelviennes thoraciques, à 1 épine et 5 rayons mous, généralement soudées en un disque ventral jouant le rôle de ventouse grâce à une membrane antérieure reliant les rayons épineux externes (seules 2 espèces de la zone ont les pelviennes séparées); caudale généralement arrondie, parfois lancéolée. Ecailles cténoïdes. Pas de ligne latérale apparente sur le corps, mais sur la tête un système de canaux sensoriels très développé (en particulier canaux supraorbitaires, postoculaires, préoperculaires) s'ouvrant à l'extérieur par de gros pores et des séries de petites papilles sensorielles alignées (génipores). La répartition de ces éléments a été codifiée et sert à l'identification des espèces. Coloration: très variable, brunâtre, olivâtre ou jaunâtre, avec des rayures, barres, marbrures et taches variées, les mâles généralement plus colorés que les femelles.

Les Gobiidae, qui comprennent environ 1 800 espèces des eaux tropicales et tempérées chaudes, sont très bien représentés dans la zone: 30 genres, 67 espèces dont 16 sont endémiques de la mer Noire et deux sont des immigrants de la mer Rouge.

Les Gobies peuplent les eaux littorales marines et saumâtres, vivant sur le fond ou près du fond dans des habitats variés: zones sableuses mais surtout faciès rocheux ou herbeux à nombreuses cachettes. Ils se reproduisent au printemps et en été; les mâles qui délimitent et gardent un territoire y conduisent plusieurs femelles après une parade nuptiale; les oeufs collés en masse sont fixés sous des pierres ou des coquilles vides et sont gardés par le mâle. Les larves planctoniques ont un stade pélagique avant de regagner le fond.

Bien que leur chair soit excellente, les Gobies ont généralement une importance très faible. Seules quelques espèces parmi les plus grandes, ou celles qui apparaissent en très grand nombre dans les estuaires (en particulier en mer Noire et mer d'Azov) font l'objet d'une pêche industrielle; les autres, capturées occasionnellement au moyen de sennes, filets et chaluts de fond, nasses, barrages et lignes à main, apparaissent de façon très irrégulière sur les marchés où elles sont commercialisées fraîches.

Familles voisines dans la zone:

Aucune autre famille de la zone n'est caractérisée par la présence simultanée de nageoires pelviennes soudées en un disque ventral et de canaux sensoriels céphaliques aussi développés.

Par suite du nombre très élevé de genres (30) et de la difficulté à identifier les espèces par la topographie des canaux sensoriels céphaliques et des génipores, il ne sera donné que la clé des genres et espèces de la zone présentant une certaine importance économique.