RAPPORT ðPRELIMINAIRE SUR LA PERFORMANCE DES EMBARCATIONS DE PECHE SUR L'ILE D'ANJOUAN AUX COMORES

Mai 1985
RAF/79/065/WP/20/85

Michiel Van Nierop

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

MÉTHODES

RÉSULTATS

CONCLUSIONS

REFERENCES

ANNEXE 1. Fiche de pêche - SODEPEC

INTRODUCTION

La République Fédérale Islamique des Comores comprend quatre îles d'origine volcanique, recouvertes d'une végétation luxuriante. Celles-ci sont la Grande Comore (1148 km2), Anjouan (424 km2), Mohéli (220 km2) et Mayotte (374 km2), cette dernière étant toujours sous administration Française. La population des Comores est de 350 000 personnes, dont 167 000 habitent la Grande Comore, 123 000 Anjouan, 14 000 Mohéli et 46 000 Mayotte. Les langues officielles sont le français et l'arabe, mais le swahili prédomine comme langue véhiculaire. Les exportations des Comores se comprennent pour l'essentiel d'éssence d'ylang ylang, de vanille, de clous de girofle, et de coprah. De nombreux produits de base pour l'alimentation tels le riz, le sucre, la farine et la viande sont importés. En 1980 le P.N.B. par tête d'habitant était de US$185.-

On estime que 8.650 pêcheurs sont employés à la pêche traditionnelle. Ceux-ci se trouvent essentiellement sur la Grande Comore (4.500) et à Anjouan (3.500).

La pêche est pratiquée essentiellement à la palangrotte et, vu le plateau extrèmement réduit autour des iles, les prises se composent largement de pélagiques tels que les thonidés. La saison la plus productive est entre novembre et février quand les thonidés se concentrent autour des iles. Les prises chutent sensiblement le reste de l'année, et les éspèces démersales sont d'avantage exploitées (1). Les moussons de sud-est ('KUSSI' mai à octobre) et de nord-ouest ('KASKASSI' novembre à avril) rendent la pêche hazardeuse sur les côtes, exposées tour à tour.

L'embarcation de pêche en usage généralisé aux Comores est la pirogue monoxyle (Figure 1). Les pirogues de la Grande Comore font de 3 à 4 m de long et portent deux balanciers, tandis que celles d'Anjouan sont plus grandes (4 à 7 m) et portent un seul balancier. Il y a 1500 pirogues de ce type à Anjouan.

FIGURE 1. Pirogue traditionnelle

Quelques unes des pirogues d'Anjouan sont propulsées par un moteur horsbord, en plus des voiles latines et pagaies en usase général. Ici, elles seront appelées "pirogues motorisées" (Figure 2).

FIGURE 2. Pirogue motorisée

Le troisième type de barque - ici appelée "vedette" (Figure 3) - provient d'un don de l'Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA). Ce sont des barques en fibre de verre (Yahama BLC-30) dérivés des pirogues sénégalaises, longues de 9,1 m et ayant deux balanciers. Elles sont propulsées par un moteur de câle diésel de 11,5 CV et sont equipées d'une voile de secours. Environ 25 de ces vedettes se trouvent à Anjouan.

FIGURE 3. Vedette

La pêche à partir des vedettes à évolué par rapport aux pirogues traditionnelles. Ces barques ayant une tenue à la mer nettement meilleure, ainsi qu'une autonomie en carburant permettant des déplacements plus importants, la pêche à la traine s'est largement substituée à la palangrotte traditionnelle. Les lieux de pêche aussi sont différents : les vedettes basées sur la côte Ouest de l'ile d'Anjouan pêcherait régulièrement en vue de Mayotte (40 milles nautiques), tandis que ceux de la côte occidentale iraient jusqu'aux abords de Mohéli (Ouirdane, Directeur SODEPEC : comm. pers.).

Dans ce rapport, les prises, coûts, revenus bruts et revenus nets par pêcheur en chaque type de barque ont été comparés. Finalement des conclusions ont été tirées sur la performance générale de ces embarcations.

MÉTHODES

De novembre 1983 à fevrier 1984, des agents de la SODEPEC (Société de Développement des Pêches aux Comores) à Anjouan ont rempli des fiches de pêche (voir Annexe 1) sur 73 débarquements. Ces fiches, couvrent divers points de débarquement et fournissent des données sur le type d'embarcation, le nombre d'hommes d'équipage et la durée de la sortie de pêche, ainsi que sur le poids total des prises, le nombre de poissons (parfois aussi sur les éspèces), les prix de vente et les coûts de la sortie (carburant, lubrifiants, appât, matériel de pêche ...).

Suite à la saisie de ces données sur l'ordinateur du projet OISO, un certain nombre d'analyses ont été entreprises : tri des fiches pour obtenir moyennes et totaux par type d'embarcation des éléments sus-nommés en fonction des mois pour lesquels les données sont disponibles. Les moyennes ainsi obtenues ont permis de faire des analyses économiques (* Logiciels utilisés : PFS III File; PFS III Report; Visicalc III avec programme d'application SIDA - T. Johnsen FAO/OISO) qui permettent une évaluation de la performance de chaque type d'embarcation.

On sait qu'il faut distinguer une haute saison, de novembre à février, pendant laquelle la pêche est bonne, et une contre-saison plus médiocre.

Les données disponibles ne couvrant qu'une partie de l'année, les analyses économiques ont été faites suivant plusieurs hypothèses.

On estime que les pêcheurs font 60 sorties entre novembre et février (haute saison), soit une sortie tous les deux jours - ce chiffre est d'ailleurs un minimum, puisqu'il est vraisemblable que les pirogues traditionnelles fassent au moins cinq sorties par semaine, et certaines des vedettes sont utilisées par deux équipes de pêcheurs, donc sortent journellement (Ouirdane comm. pers.). En contre-saison (8 mois), on estime que chaque barque fait 90 sorties.

Plusieurs analyses économiques ont été tentées:

  1. Analyse de la situation vraisemblablement la plus conforme à la situation actuelle dans laquelle:
    - les augmentations de prix en contre-saison ne compensent pas les baisses de rendement.
  2. On pose comme hypothèse que les baisses de rendement en contre-saison sont compensées par l'augmentation des prix par rapport à ceux pratiqués en haute saison. (Les pêcheurs auraient ainsi tout au long de l'année des revenus à peu près constants).
    Il est peu problable que ce scénario soit entierèment valable, puisque les rapports disponibles font état de baisses sensibles des prises en contre-saison. Il faudrait préciser toutefois, que ces rapports concernent pour l'éssentiel la Grande Comore, où les prises journalières sont de beaucoup inférieures à celles d'Anjouan.
  3. On suppose que le prix moyen du poisson se maintient toute l'année à son niveau de haute-saison.
    On a cherché à évaluer les prises moyennes minimales nécessaires pour assurer à chaque pêcheur des revenus équivalents à ceux d'un travailleur agricole, après déduction des coûts, ceci en vue d'une comparaison avec les rapports disponibles sur les pêches comoriennes.
  4. Sur la base des données des fiches de pêche et suposant qu'il n'y ait pas d'activités de pêche en contre-saison, on examine l'évolution des revenus en haute saison en fonction du nombre de sorties.

Dans ces analyses, les prix au Tableau 1 ont été utilisés comme valeur d'achat pour les barques. A ces prix l'on a appliqué des intérêts de 10% par an, intérêts moyens de la Banque de Développement des Comores (J. Boyer comm. pers.)

TABLEAU 1. Valeur d'achat et remboursement annuel pour les barques Comorrienne
  Prix d' achat(F CFA) Depreciation
en
Remboursement
annuel
(F CFA)
Pirogue
traditionnelle
400,000
5 ans
105,000
Pirogue
motorisée
1,900,000 1) 5 ans
500,000
Vedette 4,000,000 2) 5 ans 1,050,000

1): Le coût de la pirogue motorisée est identique à celui de la pirogue traditionelle, mais on doit déprécier un moteur hors-bord en usage professionnel en deux ans, ce qui fait donc deux moteurs et demi à acheter en cinq ans.
2): Le Yamaha BLC 30 est évalué à 5 millions FCFA, prix de reviens C.A.F. Comores. Il a été fourni aux pêcheurs à 3 millions FCFA. En construction locale, un prix d'achat de 4 millions FCFA parait raisonnable.

RESULTATS

Général

Les moyennes obtenues à partir des fiches de pêche sont reproduites au Tableau 2. Seulement 23, 12, 21 et 17 fiches de pêches sont remplies dans les mois de novembre, décembre, janvier et février respectivement. C'est-à-dire une partie très petite des pirogues traditionnelles et motorisées sont échantillonnées.

TABLEAU 2. Captures realisées et coûts de production.
  Prises/sortie
(kg.)
Nombre de
marins
Prises/homme/
sortie (kg.)
Heures de
sortie
Coût de sortie
x 1,000 F CFA
Nombre
d'échantillons
  PT PM V PT PM V PT PM V PT PM V PT PM V PT PM V
novembre 39.1 78.2 228.5 2 2 5.5 19.6 39.1 41.5 11.7 10.4 23.0 0.9 2.8 2.9 16 5 2
décembre 23.6 114.3 219.8 2 2 5.6 11.8 57.2 39.3 9.6 6.8 21.7 1.0 6.5 11.4 4 3 5
janvier 59.7 67.6 284.1 2 2 5.8 29.9 33.8 49.9 9.3 15.1 14.7 0.5 4.7 12.6 8 9 4
février 31.1 35.4 294.5 2 2 5.0 15.6 17.7 58.4 10.0 10.6 14.1 0.3 5.6 9.3 10 5 2
moyenne 39.7 69.0 252.4 2 2 5.5 19.9 34.5 45.6 10.5 11.4 18.6 0.6 4.7 10.1 38 22 13

PT = Pirogue traditionnelle ; PM = Pirogue motorisée ; V = Vedette

Il est immédiatement évident que les vedettes pêchent plus que les pirogues, ceci toutefois avec un équipage plus conséquent, des sorties plus longues, et des coûts opérationnels plus importants.

La différence entre les pirogues motorisées et traditionnelles, en ce qui concerne des prises (figure 4), est moins nette. En novembre et décembre, les pirogues motorisées avaient fait meilleure pêche, mais en janvier-février, malgré des durées de sortie en augmentation, les prises n'étaient guère meilleures que celles des pirogues traditionnelles.

A la figure 4, un trait intéressant parait dans l'évolution des prix, qui augmentent au moment où les débarquements des pirogues traditionnelles et motorisées sont en baisse. Ceci découle de l'importance numérique des pirogues à Anjouan. Il est à noter que dans le meme temps, les prises des vedettes s'amélioraient, tandis que les durées de sortie diminuaient (Figure 5). Par conséquent, la rentabilité des vedettes dans cette période était en nette expansion.

FIGURE 4. La distribution mensuelle des prises (kg) par sortie et l'évolution des prix au kilogramme.

Espèces

La représentation des espèces dans les prises n'était pas toujours très détaillée. Toutefois, il paraîtrait que les espèces pêchées par les trois types d'embarcation étaient sensiblement les mêmes, quoi qu'il y avait une différence dans les poids moyens entre les pirogues (3.2 et 3.3 kg ) et les vedettes (5.4 kg). Les thonides -listaos et albacoras (Katsuwonus pelamis et Thunnus albacares)- étaient généralement presents, surtout dans les prises des vedettes où ils représentaient 50 % des débarquements. Par ailleurs, les prises de Serranidae, Carangidae, Lutjanidae, Gemplidae et Sphyraenidae étaient fréquentes. Il est vraisemblable qu'en saison hivernale, les espèces démersales seront plus pêchées.

FIGURE 5. La distribution mensuelle de la durée moyenne des sorties

Analyse Économique

Suivant les hypothèses énoncées ci-dessus:

Schéma A - Les augmentations de prix en contre-saison ne compensent pas les baisses de rendement.

On estime qu'en haute saison (4 mois) chaque barque fait 60 sorties, les prix pratiqués seraient 570 FCFA (moyenne dégagée des fiches) et les prises par sortie du Tableau 2 sont utilisées. En contre-saison (8 mois) on estime que chaque barque fait 90 sorties, les prix seraient 750 FCFA et les prises par homme des pirogues traditionelles, des pirogues motorisées et des vedettes sont estimées à 5, 6, et 7 kg. respectivement (d'après (1) et (2)).

Le Tableau 3 donne les chiffres estimés d'après cette hypothèse. Il est évident que les moyennes annuelles de prises sont inférièures à celles de la haute saison (= les prises moyennes au Tableau 2). Les revenus des pêcheurs montrent ici une nette progression: pirogue traditionnelle - pirogue motorisée - vedette, malgré les répercussions de coût qui suivent la même tendance et malgré aussi les pêcheurs plus nombreux sur la vedette. Ceux-ci pêchent environ 65 pour cent plus que les pêcheurs en pirogue.

TABLEAU 3. Revenu net par bateau et par homme si les augmentations de prix en contre-saison ne compensent pas les baisses de rendement (Schéma A)
  Prise
moyenne/
sortie
Prises
annuelles
Revenu
brut/an
Coûts Revenu
net/
bateau/an
Revenu
net/
homme/an
  kg. tonnes x 100,000 F CFA
Pirogue
traditionnelle
21.9 3.3 20.3 1.9 18.4 9.2
Pirogue
motorisée
34.8 5.2 31.7 12.1 19.6 9.8
Vedette 117.6 17.6 112.5 25.7 86.8 15.7

Schéma B - Les augmentations de prix en contre-saison (mars à octobre) compensent les baisses de rendement.

Puisque les augmentations de prix dans cette hypothèse compensent les baisses de rendement en basse saison, on a utilisé pour l'évaluation annuelle, les valeurs moyennes des prises en haute saison (Tableau 2) et le prix moyen à cette époque (570 FCFA/kg). Le Tableau 4 donne donc les estimations de revenus annuels bruts, les coûts annuels, les revenus annuels nets par bateau et les revenus annuels nets par homme pour 150 jours de pêche (150 sorties). Les coûts étant identiques à ceux du schéma précédent. Les revenus annuels sont plus spectaculaires, en particulier pour les pêcheurs en vedette qui gagnent un salaire très haut (un fonctionnaire cadre gagne environ 24 millions FCFA, Figure 7).

TABLEAU 4. Revenu net par bateau et par homme si les augmentations de prix en contre-saison compensent les baisses de rendement (Schema B)
  Revenu brut/
bateau/an
coûts Revenu net/
bateau/an
Revenu net/
homme/an
  x 100,000 F CFA
Pirogue
traditionnelle
33.9 1.9 32.0 16.0
Pirogue
motorisée
59.0 12.1 46.9 23.4
Vedette 215.8 25.7 190.1 34.3

Schéma C - Se basent toujours sur 150 jours de mer par an, le Tableau 5 donne des estimations des prises moyennes minimales nécessaires afin que les pêcheurs sur les diverses embarcations atteignent des revenus comparables à celui d'un travailleur agricole (estimé à 200,000 FCFA/an, d'après (4) et (3) ).

TABLEAU 5. Prises minimales nécessaires afin que les pêcheurs atteignent des revenus comparables à celui d'un travailleur agricole (200,000 FCFA/an) (Schéma C)
  Revenu
net/
homme/an
Revenu
net/
bateau/an
Coûts Revenu
brut/an
Prise/sortie Prise/
sortie/
homme
  x 100,000 F CFA kg.

Pirogue
traditionnelle

2.0 4.0 1.9 5.9 6.9 3.5

Pirogue
motorisée

2.0 4.0 12.1 16.1 18.8 9.4

Vedette

2.0 11.0 25.7 36.7 42.9 7.8

Il apparait ici que le pêcheur en pirogue traditionnelle trouve la rentabilité à un niveau de prises très bas, qui parait réalisable d'après tous les rapports disponibles sur les pêches comoriennes. En effet, les coûts très faibles qu'impliquent l'usage de ce type d'embarcation réduisent les risques dûs à une contre-performance.

Les vedettes, dans ce schéma, doivent pêcher sensiblement deux fois plus que les pirogues motorisées, mais les prises par homme, en raison du plus grand nombre de pêcheurs, sont légèrement inférièures. La pirogue motorisée apparaît alors ici comme étant la moins performante, les données disponsibles montrant que, dans la réalité, les pêcheurs en vedette prennent plus que leurs homologues en pirogue.

FIGURE 6. Evolution des revenus nets des pêcheurs avec le nombre de sorties en haute saison.

Schéma D - L'évolution des revenus des pêcheurs avec le nombre de sorties en haute saison est présentée de façon graphique à la Figure 6. Ici aussi, la pirogue motorisée ne prend l'avantage sur les pirogues traditionnelles qu'après 32 jours de mer, avantage qui n'est pas déterminant même au bout de 60 jours. Si l'on considère donc le manque de fiabilité des moteurs hors-bord, le risque d'un tel investissement parait difficilement justifiable.

La vedette, par contre, rejoint la pirogue traditionnelle après seulement dix jours de mer. Au bout de 60 jours de mer en haute saison, le revenu des pecheurs n'est que de peu inférieur à ceux du Schéma 'A'.

FIGURE 7. Revenus annuels des pêcheurs en comparison avec ceu des travailleurs agricoles et des fonctionnaires de divers niveaux.

A la Figure 7 sont représentés les revenus annuels des pêcheurs d'Anjouan sur les trois types d'embarcation, en comparaison avec ceux des travailleurs agricoles et des fonctionnaires de divers niveaux.

Selon l'hypothèse la plus vraisemblable (Schema A) où dans le cas d'activités de pêche limitées à la haute saison (Schema D) les pêcheurs gagnent dejà autant qu'un fonctionnaire moyen, la pêche étant à ce niveau un métier attractif. Cette comparaison aussi n'est guère à l'avantage de la pirogue motorisée. En prenant le schéma 'A', ce type d'embarcation parait plus rentable, mais la vedette surtout confirme son avantage.

CONCLUSIONS

Cette étude, quoi qu'étayée sur peu de données et sur une période plutôt courte, permet de dégager certaines conclusions:

  • Les pêcheurs d'Anjouan jouissent de revenus élevés par rapport à d'autres secteurs d'activité. Même en ne prenant que les revenus de la bonne saison, les pêcheurs en pirogue gagnent plus que de petits fonctionnaires.
  • La pirogue motorisée ne semble pas justifier ses coûts, surtout quand les risques financiers et de perte d'usage dûs aux défaillances éventuelles des moteurs sont pris en consideration.
  • La vedette, par contre, justifie amplement son prix d'achat élevé, que les pêcheurs devraient étre en mesure d'amortir en un an. Un avantage non négligeable de ces barques est qu'elles permettent, par leur plus grand rayon d'action, de réduire l'effort de péche sur les ressources côtières, déjà fortement exploitées. La multiplication de ce type d'embarcation est donc vivement recommandée.

Il est vrai que l'usage de barques motorisées augmente considérablement l'élément de risque pour les pêcheurs: les investissements sont plus importants, et le pêcheur dépend de la disponibilité de pièces détachées et de carburant. Par contre, les rentrées financières justifient ce risque, et il est aussi probable que la tenue de mer des vedettes, en permettant des sorties par mer houleuse, aidera à augmenter les prises en saison d'alizée, à l'avantage aussi bien du pêcheur que du consommateur.

Cette étude, par ailleurs, souligne la nécessité d'assurer une collecte de données régulière sur la pêche. Une analyse définitive ne pourra se faire que quand il y aura des fiches couvrant au moins une année.

 

REFERENCES

(1) Iles Comores - Projet de Développement de la Pêche Artisanale, Rapport Provisoire Vol. I et II, 1979, No. 23/79, bbc COI-2 FAO, Rome.

(2) Projet d'Essai de Pêche en Haute Mer, 1980, Ministère de la Production et du Développement Industriel, République Fédérale Islamique des Comores.

(3) Etude pour une Stratégie Alimentaire, 2-Approche Sectorielle, 1983, Ministère des Relations Exterièures, Coopération et Développement, Republique Française.

(4) Saussay, C. du, 1981. La Législation des Pêches aux Comores, FL/IOR/04/4, FAO, Rome.

(5) Projet d'Assistance a l'Administration des Pêches aux Comores, 1985 OISO Projet Proposition.

ANNEXE 1. Fiche de peche, SODEPEC