2. RESULTATS DES TRAVAUX REALISES ET CONCLUSIONS
La communication est une n�cessit� pour le d�veloppement rural. L'importance qu'ont prise la participation populaire et le d�veloppement durable rend cette n�cessit� encore plus imp�rieuse.
Dans ce contexte, la radio rurale est, en Afrique, l'outil de communication le moins on�reux, le plus populaire, le mieux adapt� au contexte socio-culturel et le plus facilement appropriable par la population.
Depuis plus de 20 ans, la FAO s'est engag�e dans le d�veloppement de la radio rurale en Afrique et a mis au point une m�thodologie fond�e sur:
- l'int�gration des diff�rents secteurs du d�veloppement rural dans la d�finition et la mise en oeuvre des programmes;
- la constitution d'�quipes interdisciplinaires de production;
- la mobilit� des dispositifs de production permettant la r�alisation d'�missions sur le terrain;
- la recherche de solutions juridiques et r�glementaires permettant aux radios rurales de poursuivre leur activit� de fa�on autonome apr�s le retrait de l'assistance ext�rieure.
Cette m�thodologie a �t� mise au point � partir de l'exp�rience acquise sur le terrain, dans le cadre de projets de cr�ation ou de relance de radios rurales en Afrique, auxquelles la FAO s'est associ�e, en collaboration avec plusieurs partenaires de la coop�ration bi- et multilat�rale, ainsi qu'avec l'Union des radios t�l�visions nationales Afrique (URTNA), � travers le Centre interafricain d'�tudes en radio rurale de Ouagadougou (CIERRO).
Un programme de formation de formateurs, entrepris avec le Bureau r�gional de l'UNICEF pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre et le CIERRO, a permis la formation de 13 formateurs provenant de huit pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre.
Cependant, malgr� les r�sultats obtenus par ce programme, de nombreux probl�mes restent � r�soudre pour assurer le d�veloppement � long terme de cet outil essentiel au d�veloppement rural.
Il s'agit d'abord de la question des infrastructures techniques de production et de diffusion. Il est essentiel de renouveler ou de renforcer des �quipements qui se trouvent dans
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un �tat de grande v�tust� dans la plupart des stations existantes et de doter celles qui sont en cours de cr�ation d'�quipements fiables et durables.
Il s'agit ensuite des questions juridiques, r�glementaires et institutionnelles, notamment en ce qui concerne les statuts des radios rurales, la d�finition de leur mission et de leurs cahiers des charges, et de la cr�ation de r�seaux.
Il s'agit enfin des questions relatives � la formation (formation � l'exploitation et � la maintenance des �quipements dans le cadre des radios locales et communautaires, formation � l'�tude des auditoires ruraux et � la mesure de l'impact des programmes, formation � la gestion des stations et au marketing, formation � la mise en place de syst�mes de documentation et � la gestion de sonoth�ques, etc.).
De nombreux partenaires au d�veloppement des pays africains manifestent de plus en plus leur int�r�t pour la radio rurale et sont pr�ts � s'engager dans des programmes de soutien de ce secteur. Il s'agit notamment de la Banque mondiale, de l'Union europ�enne, du PNUD, du FNUAP, de l'Unesco, de l'UNICEF, de l'ONUDI, du Centre de coop�ration technique agricole (CTA), de l'Agence de coop�ration culturelle et technique (ACCT), de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), du Conseil international des radios et t�l�visions d'expression fran�aise (CIRTEF), ainsi que de partenaires bilat�raux tels que les agences de coop�ration n�erlandaise, allemande, fran�aise, suisse, belge, canadienne, italienne et am�ricaine.
Cet int�r�t cr�e un contexte favorable � la d�finition et � la mise en oeuvre d'un plan d'action global pour le d�veloppement de la radio rurale en Afrique, dans lequel les apports respectifs de ces diff�rents partenaires pourraient �tre harmonis�s et rendus compl�mentaires, afin d'offrir une plus grande efficacit� et de meilleures garanties de durabilit�.
C'est dans ce contexte que plusieurs Etats ont sollicit� l'assistance de la FAO pour organiser, en collaboration �troite avec l'URTNA et le Gouvernement du Burkina Faso qui en assurera l'accueil � Ouagadougou, un atelier de r�flexion et de concertation sur ce th�me, r�unissant l'ensemble des partenaires concern�s et les repr�sentants de radios rurales des pays africains: Afrique du Sud, B�nin, Burkina Faso, Cameroun, Congo, Gambie, Ghana, Guin�e, Guin�e-Bissau, Mali, Mauritanie, R�publique centrafricaine, S�n�gal, Tchad, Zambie et Zimbabwe.
L'accord de projet, sign� par les Gouvernements des pays concern�s et la FAO pour une dur�e de deux ann�es, fixait � 165 000 dollars EU la contribution de cette derni�re. Elle a couvert les prestations de services de deux consultants internationaux, qui ont effectu� trois missions pour une dur�e de 3,5 mois, de 17 consultants nationaux (17 missions d'un mois), deux missions d'appui technique du Si�ge de la FAO, un contrat de prestations de services en mati�re de formation, des frais g�n�raux de fonctionnement et les frais d'organisation d'un atelier international pour le d�veloppement de la radio rurale en Afrique.
Le Minist�re charg� de la communication a �t� d�sign� dans chacun des pays concern�s comme organisme gouvernemental charg� de l'ex�cution du projet.
L'assistance avait pour objectifs d'organiser un atelier de r�flexion et d'�change entre les partenaires institutionnels et les donateurs engag�s ou int�ress�s par le d�veloppement de la radio rurale en Afrique, afin de d�finir un plan d'action global dans ce secteur et d'envisager les possibilit�s de financement ainsi que les moyens n�cessaires � sa mise en oeuvre.
Un consultant national a �t� charg� de faire une �tude des diff�rents aspects du d�veloppement de la radio rurale dans chacun des pays concern�s: historique, statut juridique, budget, organisation, personnel, infrastructures et �quipements, programmes, auditoire, besoins, projets de d�veloppement, etc.
ii. Synth�se
Une synth�se de ces diff�rentes �tudes a �t� faite, en anglais pour les pays anglophones, en fran�ais pour les pays francophones et traduite dans l'autre langue.
iii. Evaluation
Un consultant international a effectu� une mission d'�valuation dans neuf pays d'Afrique francophone o� la FAO a �t� associ�e au d�veloppement de la radio rurale (Burkina Faso, Congo, Guin�e, Guin�e-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, R�publique centrafricaine et Tchad). Cette �tude a fait l'objet d'un rapport de synth�se qui a �t� traduit en anglais.
Un document de probl�matique g�n�rale sur le bilan et les perspectives des radios rurales africaines a �t� �labor� par la FAO sur la base des �tudes pr�c�dentes et traduit en anglais.
L'ensemble de ces documents a �t� distribu� aux participants � l'atelier.
L'atelier s'est tenu du 10 au 14 juin 1996 dans la salle des conf�rences du Minist�re des affaires �trang�res � Ouagadougou, Burkina Faso. Il a regroup� les d�l�gu�s des radios rurales de 21 pays africains (francophones, anglophones et lusophones), les repr�sentants d'une vingtaine de partenaires de la coop�ration bi- et multilat�rale, ainsi que des repr�sentants de nombreuses organisations non gouvernementales et des responsables de radios communautaires ou associatives.
Un panel de discussion sur le d�veloppement de la radio rurale en Afrique a introduit l'atelier. Plusieurs expos�s de synth�se sur la situation de la radio dans l'ensemble des pays repr�sent�s ont permis de dresser un bilan exhaustif de la situation des radios rurales en Afrique, d'identifier leurs potentialit�s et d'inventorier les obstacles qui s'opposent � leur d�veloppement.
Les principaux partenaires bi- et multilat�raux des radios rurales africaines ont expos� les grandes lignes de leurs programmes d'action dans ce domaine et ont signal� leur int�r�t � poursuivre leur appui aux radios rurales africaines, en pr�servant la diversit� des interventions et la pluralit� des approches, mais en s'inscrivant dans le cadre d'une plate-forme et d'un plan d'action concert� pour le d�veloppement de la radio rurale en Afrique.
Le d�bat g�n�ral qui a suivi l'ensemble de ces expos�s a mis en �vidence ce qui constitue le th�me central de l'atelier, � savoir que les radios rurales africaines se trouvent aujourd'hui � la crois�e des chemins et qu'elles doivent trouver des solutions novatrices pour assurer leur survie et leur d�veloppement:
- du point de vue de la reconnaissance de l'importance de leur r�le et de leur mission par les Etats et de leur int�gration dans de v�ritables politiques nationales de communication pour le d�veloppement;
- du point de vue de leur identit� et de leur position juridique, qui doit les d�gager d'une tutelle �troite de l'Etat tout en pr�servant leur mission de service public. Il s'agit en fait de trouver le point d'�quilibre entre leur mission sociale et la n�cessit� de s'inscrire dans un march� de la communication, de g�n�rer des revenus et de les g�rer de fa�on autonome;
- du point de vue de leur mission, qui doit les rapprocher davantage de leur public et donc favoriser les formes communautaires et associatives tout en tissant des r�seaux entre des stations de types diff�rents afin de couvrir de fa�on significative les besoins de l'ensemble du monde rural. La notion de partenariat est apparue comme un �l�ment essentiel pour le d�veloppement de la radio rurale;
- du point de vue de leurs moyens techniques, qui doivent �tre autonomes, adapt�s � leur mission, renouvel�s et mieux entretenus;
- du point de vue de leurs ressources humaines dont la formation doit �tre poursuivie, intensifi�e et diversifi�e;
- du point de vue de leur programme de recherche qui doit �tre d�velopp� afin de leur permettre de mieux s'adapter � leurs futures missions, de mieux conna�tre leurs auditoires, de d�finir les statuts et formes juridiques les plus appropri�s, de mettre au point des programmes et des �quipements adapt�s � leurs missions.
L'atelier s'est ensuite divis� en groupes de travail afin d'approfondir les th�mes soulev�s durant les s�ances pr�c�dentes. Quatre groupes ont �t� constitu�s:
- Groupe 1: Infrastructures, �quipements et choix technologiques.
- Groupe 2: Missions des radios rurales - Aspects juridiques, institutionnels et r�glementaires.
- Groupe 3: Nouvelles orientations pour la formation et la recherche.
- Groupe 4: Coop�ration et concertation des partenaires internationaux.
Pour faciliter et harmoniser le travail des groupes, la FAO a pr�sent� un cadre m�thodologique et un projet de plan d'action. Le cadre m�thodologique proposait de traduire les conclusions des groupes en termes concrets: description du contexte et des bases de l'action, engagements, objectifs et activit�s. Un projet de d�claration g�n�rale d�finissant le cadre et les principaux axes de ce plan d'action a �galement �t� propos�.
A l'issue des travaux de groupes, la d�claration et le plan d'action ont �t� amend�s et adopt�s. La FAO, le Gouvernement du Burkina Faso et l'URTNA ont �t� charg�s du suivi de la mise en oeuvre du plan d'action.
Le projet a atteint les objectifs qui lui avaient �t� assign�s et a mis en oeuvre l'ensemble des �l�ments de son plan de travail. Il a permis de d�finir de fa�on exhaustive la situation des radios rurales africaines, � travers une s�rie d'�tudes, de synth�ses et d'�valuations, r�alis�es par des consultants nationaux et internationaux et de poser la probl�matique g�n�rale du d�veloppement de la radio rurale en Afrique.
L'atelier international qui s'est tenu � Ouagadougou du 10 au 14 juin 1996 a constitu� un moment exceptionnel de rencontre entre tous les acteurs engag�s dans le d�veloppement de la radio rurale en Afrique.
La participation de 21 pays africains francophones, anglophones et lusophones, au niveau des responsables des organismes nationaux de radiodiffusion ou de radio rurale, a montr� l'int�r�t port� par ces pays au renforcement de ce secteur particuli�rement important pour le d�veloppement rural.
La pr�sence des principales organisations des Nations unies, (Unesco, UNICEF, ONUDI, UIT, PNUD, FNUAP), de repr�sentants des organismes de coop�ration bi- et multilat�rale et de partenaires des radios rurales africaines tels que l'ACCT, le CIRTEF, le CTA, le CRDI, la GTZ, la Deutsche Welle, DANICOM, la coop�ration fran�aise, la coop�ration suisse, l'Institut PANOS, le GRET, le CECI, l'INADES, et, enfin, de repr�sentants de nombreuses autres organisations publiques, priv�es ou associatives intervenant dans ce secteur a permis, une expression tr�s diverse, de riches d�bats et des contributions pertinentes.
La contribution du Gouvernement du Burkina Faso, � travers l'accueil qu'il a r�serv� � l'ensemble des participants et les conditions mat�rielles qu'il a permis de mobiliser pour le bon d�roulement des travaux de l'atelier, a constitu� un �l�ment d�terminant de r�ussite de cette rencontre. De m�me, l'URTNA et le CIERRO ont apport� une contribution pr�cieuse � l'organisation, � la gestion et � l'animation de l'atelier.
L'atelier a mis en lumi�re la n�cessit�, pour le monde rural africain, de disposer de radios dynamiques, vivantes, d�mocratiques et interactives.
La diversit� des initiatives prises dans ce domaine et l'int�r�t manifest� par les diff�rents acteurs en pr�sence pour cette forme de communication montre qu'il s'agit d'un secteur bien vivant et en phase d'expansion, m�me si ce d�veloppement se fait dans une certaine dispersion des ressources et des �nergies.
Il est essentiel, pour accompagner ce mouvement d'expansion que connaissent les radios rurales africaines et pour ouvrir la voie de leur d�veloppement durable, que les Etats et leurs partenaires s'engagent r�solument dans ce secteur, prennent des d�cisions novatrices et d�finissent de nouvelles orientations, tant en mati�re juridique et institutionnelle, qu'en termes d'infrastructures et d'�quipements techniques et dans les domaines de la recherche et de la formation.
L'atelier de Ouagadougou a �t� une �tape importante dans ce processus car il a permis de d�finir une plate-forme commune d'action sur la base d'une analyse d�taill�e de la situation des radios rurale en Afrique et d'un dialogue entre l'ensemble des acteurs en pr�sence.
La FAO, l'URTNA et le Gouvernement du Burkina Faso ont �t� investis de la responsabilit� du suivi de cet atelier, de la recherche des financements et de la mise en oeuvre des objectifs et activit�s d�finis par le plan d'action. Il leur appartient d�sormais d'assurer les t�ches suivantes:
- publication des actes de l'atelier de Ouagadougou;
- pr�sentation du plan d'action � l'Initiative sp�ciale des Nations Unies pour l'Afrique;
- �tablissement d'un m�canisme de concertation appropri� entre les diff�rents partenaires concern�s;
- �laboration, en coordination avec les pays et institutions concern�s, d'un ensemble de propositions de projets � financer;
- organisation d'une table ronde des bailleurs de fonds pour examiner des propositions d'actions sp�cifiques.