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AG:TCP/RWA/6615 PROGRAMME DE COOPERATION TECHNIQUE APPUI A LA RELANCE DES ACTIVITES D'AMENAGEMENT DES MARAIS DANS RWANDA Compte rendu final du projet l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture Rome, 1998 |
2. RESULTATS DES TRAVAUX REALISES ET CONCLUSIONS
2.2 Récupération de la banque de données informatisées sur les marais et les bas-fonds
2.4 Etude des desiderata des exploitants des marais et sondages agro-économiques
2.5 Etude socio-économique du marais de Bishenyi
2.6 Actualisation de l'étude du plan directeur d'aménagement des marais et de conservation des sols
Au Rwanda, la forte pression démographique a eu pour conséquence une occupation anarchique et incontrôlée des terres de collines et des marais qui sont pourtant écologiquement fragiles. Elle a également occasionnée une modification de la structure foncière due à l'augmentation du nombre d'exploitations et à la diminution de la superficie moyenne des exploitations.
Face à cette situation, le Gouvernement rwandais, dans le cadre du Plan quinquennal 1982-86, avait pris des mesures de planification. Grâce à ce plan, le développement des marais a reçu une attention particulière du Gouvernement et de plusieurs agences internationales de financement et de développement. C'est ainsi que l'Agence pour le développement international (AID) a financé une étude sur la stratégie nationale pour le développement des marais. La FAO, quant à elle, a exécuté le projet PNUD/FAO/RWA/89/006, Inventaire des marais du Rwanda et financé et exécuté les projets TCP/RWA/2254, Appui au projet d'inventaire des marais du Rwanda et TCP/RWA/1356, Appui au projet de stratégie nationale de conservation des sols. D'autres projet ont également été financés par les aides bi- et multilatérales ainsi que par des organisations religieuses et des Organisations non gouvernementales (ONG).
Ces différents efforts ont été interrompus par la guerre civile qui a éclaté au Rwanda en 1990, laquelle a eu pour conséquences un manque de main-d'oeuvre dans le secteur agricole, la désorganisation des services d'appui à l'agriculture (disparition des cadres, destruction des infrastructures), la diminution drastique de la production agricole et, par voie de conséquence, l'augmentation vertigineuse du déficit alimentaire des populations.
Entre-temps, de nombreuses organisations et associations se sont lancées dans l'aménagement des marais, mais sans que les services techniques du Ministère de l'agriculture (MINAGRI) aient pu intervenir pour assurer le suivi technique et la planification des interventions. D'autre part, la plupart de ces organisations n'avaient ni la capacité technique ni les ressources humaines suffisantes pour réaliser les aménagements des marais. Afin de reprendre en main le contrôle de ces aménagements, le Gouvernement a décidé d'adopter une approche d'intervention sur deux plans:
- la réalisation de petits aménagements de marais et de bas-fonds servant notamment à des démonstrations et à une formation sur le tas des cadres et des vulgarisateurs;
- l'élaboration d'un plan d'aménagement des marais, de protection des bassins versants et de conservation des sols.
C'est dans ce contexte que le Gouvernement rwandais a requis l'assistance de la FAO, qui s'est concrétisée par le projet identifié en page de titre et financé par le Programme de coopération technique. Le programme d'aménagement des marais répondait en effet aux priorités du Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA), à savoir, "priorité aux zones à haut potentiel", "maîtrise de l'eau" par des micro-systèmes de gestion de l'eau, "augmentation de la productivité des cultures" et "établissement de programmes sectoriels nationaux".
L'accord de projet, approuvé le 17 novembre 1996 par le Directeur général de la FAO, fixait à 275 000 dollars EU la contribution de la FAO, qui a été révisée à la hausse et portée à 400 000 dollars EU. Elle a couvert des frais de personnel international, de formation, l'achat d'équipement, des voyages officiels et des frais divers.
Le Ministère de l'agriculture, de l'élevage et des forêts était désigné comme organisme gouvernemental chargé de l'exécution du projet.
Ce projet était complémentaire du projet PNUD/FAO/RWA/96/025, Relance des activités d'aménagement des marais, qui a notamment pour tâches la formation des agents du MINAGRI et d'autres ministères impliqués dans l'exploitation des marais et des bas-fonds aux techniques d'aménagement selon l'approche participative.
Le projet TCP devait contribuer plus spécifiquement au renforcement de la capacité de la Direction du génie rural (formation des cadres en matière de topographie et d'aménagement, fourniture d'équipements et de matériel de travail) et à l'aménagement de 60 ha de marais. Il devait également permettre la révision et l'actualisation du schéma directeur d'aménagement des marais et de conservation des sols.
Le projet a permis au Service du génie rural d'acquérir les matériels et équipements suivants nécessaires à la mise en oeuvre de son programme de travail:
- Matériel topographique: niveaux automatiques (5), théodolites (2), altimètres (2), clisimètres (2), mires télescopiques (7), chaînes plastiques (2), ensembles d'arpentage (6), jalons (72), trépieds (4), planches à dessin (30), jeux d'équerres (30).
- Matériel informatique: ordinateurs (2), imprimante laser (1).
- Matériel de bureau: photocopieuse et accessoires (1), tireuses de plans (2), calculatrices électroniques (31), tables de dessin et accessoires (1).
- Equipement de chantier: motopompes (5), brouettes (50), pelles (250), pioches (100), scies (10).
- Véhicules: Toyota DC 4x4 (3).
- Matières consommables: papier calque en rouleau (6), crayons (120), encre de Chine (30 flacons).
Ces équipements et matériels ont été utilisés, d'une part pour les travaux d'aménagement, d'autre part pour les sessions de formation des techniciens du génie rural.
C'est dans le cadre d'un appui au Gouvernement rwandais que les deux projets PNUD/FAO/RWA/89/006 et TCP/RWA/2254 ont été mis en oeuvre en 1992-93. Ils ont permis à la Direction du génie rural et de la conservation des sols de disposer d'un inventaire central constitué d'une base de données informatisées sur les marais et les bas-fonds du Rwanda.
Cette banque de données constitue un outil de planification et de gestion pour le Gouvernement. Elle est aussi un produit essentiel du Plan directeur national d'aménagement des marais et des bas-fonds.
Cet outil de programmation n'était pas opérationnel lors de la mise en oeuvre du projet du fait que l'ordinateur central et les programmes avaient disparu et que le personnel formé à la gestion était introuvable. La première action du projet a été de remettre l'ordinateur en état de fonctionnement et de reconstituer quelques programmes grâce à l'aide d'une volontaire informaticienne des Nations Unies.
Le travail final de récupération de la banque de données a été réalisé durant la période août-septembre 1997 grâce à la mission d'un consultant recruté par le Siège de la FAO. Au terme de cette consultation, les résultats suivants ont été obtenus:
- dernière version des données récupérée et transférée sur le logiciel ACCESS 7.0;
- états pour l'impression des fiches techniques des bassins versants, des tronçons de marais d'un réseau inférieur et d'un réseau supérieur;
- requêtes pour l'extraction des tronçons (réseaux inférieur et supérieur) faisant partie d'un ensemble de marais;
- états pour grouper et imprimer les tronçons faisant partie d'un ensemble de marais;
- requêtes pour l'extraction de tous les tronçons des réseaux inférieurs se trouvant dans une même commune;
- menus reliant les parties de l'outil;
- outil de présentation graphique créé grâce au transfert des fichiers de vecteurs de l'environnement d'Idrisi vers Arcview.
Dans le domaine de la formation, la priorité a été accordée à la formation de topographes pour tenir compte des besoins exprimés par des secteurs importants du pays, à savoir, agriculture, cadastre rural, réinstallation des réfugiés, villagisation, etc.
i. Une première session de formation a été organisée dans le domaine de la topographie à l'intention de 30 techniciens A2 sélectionnés sur la base d'un test. Cette session, d'une durée de trois mois, a comporté une formation théorique et un stage pratique. Le projet a organisé à l'intention des topographes formés un stage en entreprise pendant 45 jours, lequel a été effectué, d'une part dans les marais en cours d'aménagement, d'autre part dans des bureaux d'études et d'ingéniérie.
ii. Une session de formation à l'approche participative a été organisée à l'intention des 40 exploitants du périmètre de Bishenyi. Cette formation a été préparée et dispensée par l'ONG ARDEC qui est chargée de l'animation et de l'encadrement des groupements du marais. Elle a permis à ces exploitants de mieux identifier les contraintes de leur environnement en matière de développement, de proposer des solutions et, surtout, de cerner leurs responsabilités dans le développement socio-économique de leur milieu. Au cours de la même session, une formation à l'entretien du périmètre aménagé de Bishenyi a été dispensée aux participants par le coordinateur du projet, ce qui leur a permis d'acquérir des connaissances sur la problématique de l'entretien d'un périmètre aménagé (type d'entretien, fréquence et organisation de l'entretien, responsabilité de l'organisation paysanne, coût d'entretien).
iii. Deux groupes de 30 exploitants du marais de Rwasave ont bénéficié de sessions de formation axées sur la gestion simplifiée des associations et les cultures maraîchères. Cette formation a été dispensée par l'ONG INADES.
iv. Quatre techniciens de la Direction du génie rural et de la conservation des sols ont bénéficié d'une formation dans le domaine de l'informatique, axée sur l'exploitation et la mise à jour de la base de données informatisées sur les marais.
Une étude-diagnostic rapide a été faite selon la méthode CAP (Connaissance - Aptitude -Pratique) dans six des sept marais retenus pour les travaux d'aménagement. Les marais sur lesquels cette étude a porté ont été respectivement: Bishenyi, Rwasave, Nyabugogo, Kajevuba, Rugende et Kibaya. Elle a permis de mieux connaître la problématique socio-économique des marais et de leur environnement. Les principales conclusions tirées de cette étude peuvent être résumées comme suit:
- la présence féminine est notable dans les marais (38% des exploitations visitées sont tenus par des femmes);
- il existe une forte présence de personnes rapatriées dans certaines zones telles que Kibaya (44% des exploitants du marais);
- le nombre de personnes ne disposant pas de parcelles dans le marais est très élevé (15% environ); la taille des parcelles varie généralement entre 5 et 10 ares;
- les exploitants des marais sont des agriculteurs individuels; on note la présence de certaines associations de producteurs; la majorité des exploitants ne souhaitent pas le remembrement des terres;
- selon l'opinion de la plupart d'entre eux, dans l'optique d'une redistribution des terres, les prioritaires seraient d'abord les anciens exploitants, puis les familles sans terres, et enfin les rapatriés et les veuf(ves);
- dans les marais, les cultures les plus représentatives sont le haricot, le sorgho, la patate douce et les légumes. Il existe des cultures dites interdites dans tous les marais;
- le souhait d'avoir des contrats d'exploitation est exprimé par tous les exploitants;
- presque tous les périmètres manquent d'entretien;
- les organisations paysannes existantes ne fonctionnent pratiquement plus par manque d'encadrement et de formation.
En complément de l'étude Sondage d'opinions des agriculteurs sur l'aménagement des marais, le projet a réalisé une étude socio-économique sur le bassin versant de Bishenyi. Elle a permis de mieux en cerner la situation socio-économique (collines et marais). Les principales conclusions sont ainsi résumées:
- sur les collines, le régime foncier est coutumier et est toujours en vigueur: les enfants héritent de la terre de leurs parents;
- dans les marais, la terre appartient à l'Etat et les exploitants sont régis par le système d'usufruit;
- la pression démographique est très forte (279 hab./km2) dans la commune de Runda; 52% environ de la population est de sexe féminin;
- 40% environ des femmes sont veuves, 43% de la population se trouvent dans la tranche d'âge de moins de 15 ans;
- sur une population estimée à 42 330 habitants, 51% sont actifs;
- le nombre d'exploitants de Bishenyi est estimé à 368 personnes environ;
- la taille des parcelles dans le marais peut varier de 4 à 60 ares;
- l'agriculture est essentiellement traditionnelle (aucune forme de mécanisation n'existe) dans tout le bassin versant;
- le cheptel (surtout bovin) est important (environ 4 344 bovins recensés);
- l'utilisation des intrants agricoles (engrais minéraux, semences sélectionnées) est très limitée;
- aucune structure de commercialisation n'est en place; les producteurs doivent écouler leurs produits, par leurs propres moyens;
- l'encadrement agricole régi par le MINAGRI n'existe plus en tant que tel dans le marais;
- les exploitants manquent de formation.
L'objectif de l'étude du plan directeur d'aménagement des marais, de protection des bassins versants et de conservation des sols est de définir les grandes lignes des politiques et stratégies nationales et d'élaborer un plan d'actions à moyen et à long terme.
L'étude comporte deux volets. Le premier a pour objectif de définir une politique et une stratégie rationnelle optimales d'aménagement des terres de marais en complément de celles de collines. Ce volet doit également permettre la mise en place d'une politique et d'une stratégie visant la protection des bassins versants, la conservation et l'utilisation rationnelle des ressources en terres et en eaux des marais et des collines. Le second volet vise la réalisation d'une étude de faisabilité d'une première tranche de 5 000 ha nets de marais, soit environ 6 000 ha bruts intégrant des actions d'aménagement et de conservation des sols de collines.
La FAO, à l'instar d'autres bureaux d'études internationaux, avait soumis en 1993 une proposition pour la réalisation de l'étude du plan directeur d'aménagement des marais et de conservation des sols. A la demande du Gouvernement rwandais, la FAO a entrepris la réactualisation de sa proposition d'étude. Dans le cadre de ce projet, deux missions d'appui, respectivement du Siège de la FAO et du bureau régional, ont permis d'activer la réactualisation de ladite proposition et de la soumettre au Gouvernement.
Aux termes de l'accord de projet, il était prévu que les travaux d'aménagement à réaliser (60 ha) soient répartis entre les sept marais retenus, mais, dans la pratique, cette proposition a été difficile à mettre en oeuvre compte tenu de l'insuffisance de l'encadrement, de la taille des marais (50 à 200 ha), de leur dispersion géographique, ainsi que de la demande pressante des autorités et des populations locales pour l'aménagement de leurs marais.
C'est ainsi que le projet a concentré ses actions d'aménagement dans les périmètres de Bishenyi (90 ha) et de Rwasave (120 ha) où les travaux sont entièrement achevés. Les travaux entrepris dans le marais de Kibaya (114 ha) ont été terminés à concurrence de 50%. Ceux réalisés à Kajevuba (85 ha) ont été terminés à concurrence de 30%.
Les coûts des travaux d'aménagement des différents marais ont été les suivants:
i. Bishenyi: Le coût total a été d'environ 26 712 525 FRw, soit 89 041,75 dollars EU; les travaux réalisés par les bénéficiaires ont représenté 31 987 h/j: 1 h/j coûte 600 FRw, ce qui donne au total 19 192 200 FRw, soit 63 974 dollars EU. Ce montant représente la valeur des vivres du Programme alimentaire mondial (PAM). Le coût supporté par le projet a été de 7 520 325 FRw, soit 25 067,25 dollars EU. Le coût à l'hectare a été de 1 000 dollars EU environ.
ii. Rwasave: Le coût total des travaux d'aménagement du marais de Rwasave a été de 36 884 500 FRw, soit environ 23 000 dollars EU; le coût à l'hectare a été de 1 100 dollars EU. La participation des bénéficiaires valorisée en vivres du PAM a été de l'ordre de 18 401 000 FRw, soit 61 612 dollars EU.
iii. Kibaya: Le coût total des travaux d'aménagement a été de 54 571 167 FRw, soit un coût d'aménagement à l'hectare d'environ 1 600 dollars EU.
iv. Kajevuba: Le coût total de l'aménagement a été de 47 219 140 FRw, soit environ 157 397,13 dollars EU; ce coût rapporté à l'hectare a été d'environ 1 850 dollars EU.
Le projet a adopté une stratégie mixte (travaux en semi-régie avec la participation des bénéficiaires et travaux contractuels avec des tâcherons pour la réalisation des ouvrages d'art).
Compte tenu du fait que la population était constituée en majorité de personnes vulnérables, le projet a suscité et obtenu la participation du PAM en vue de la fourniture de vivres à la main-d'oeuvre impliquée dans les travaux d'aménagement. Ainsi, l'application de cette formule "vivres contre travail" a permis au projet de mieux valoriser les ressources financières insuffisantes allouées et de subvenir aux besoins alimentaires des familles pendant les travaux d'aménagement.
Pour la réalisation de ces travaux d'aménagement, le projet a passé 50 contrats de tâcheronnage (construction des régulateurs, des prises d'eau, fabrication des vannes métalliques, location d'engins de travaux publics, etc.).
En complément de ces travaux d'aménagement, des actions d'appui à la mise en valeur (formation, distribution d'intrants, démonstrations de techniques nouvelles et introduction de variétés améliorées) ont été mises en oeuvre.
Ainsi, dans le marais de Bishenyi, l'ONG ARDEC, chargée de l'animation et de l'encadrement, a procédé à la sensibilisation des populations en vue de leur participation aux travaux d'aménagement. Les activités d'animation menées par ARDEC ont permis notamment la mise en place d'un comité de gestion de huit membres élus.
L'ARDEC a organisé une session de formation à l'approche participative à intention de 40 exploitants du marais. A cette occasion, le projet a animé une session sur "l'entretien du périmètre aménagé".
Trois membres du comité de gestion du périmètre ont bénéficié d'un voyage d'études dans le marais de Base situé dans la commune de Murama, préfecture de Gitarama. Ce voyage a également permis aux paysans de voir un périmètre aménagé non entretenu.
Dans le marais de Rwasave, l'ONG INADES a organisé deux sessions de formation axées, l'une sur l'identification des contraintes, l'autre sur la gestion simplifiée des groupements.
Le projet a passé un protocole d'accord avec l'ONG ZOA Refugee Care pour l'animation dans le marais de Ngenda. Deux sessions de formation ont été organisées par cette ONG à l'intention des exploitants de ce périmètre.
Le projet a mis à la disposition des comités de gestion des périmètres de Bishenyi, de Rwasave et de Ngenda des intrants à crédit au titre de la campagne "C" dite "campagne marais".
Le projet a procédé à la mise en place de parcelles de démonstration dans le marais de Bishenyi. Il s'est agi d'un essai sur la fertilisation minérale, la pratique du chaulage et leur effet sur la culture de la pomme de terre. Les résultats de cet essai ont montré que, avec application de la chaux et de la fumure minérale (NPK), le rendement de la pomme de terre passait de 5 t/ha à 12,5 t/ha dans les conditions moyennes de Bishenyi.
Le projet a également introduit la pratique du compostage. A cet effet, quatre compostières ont été installées.
Le manque d'expérience dans la pratique de l'irrigation par les exploitants du périmètre a poussé le projet à procéder à des démonstrations d'irrigation à la raie.
Des parcelles de démonstration on également été mises en place dans les marais de Rwasave et de Ngenga. Les thèmes ont porté sur la fertilisation et les variétés sélectionnées.
La distribution des parcelles dans le périmètre de Bishenyi a été précédée de réunions de sensibilisation au cours desquelles l'ONG ARDEC a expliqué aux bénéficiaires l'approche participative ainsi que la responsabilité des exploitants dans l'appropriation et la gestion du périmètre.
La distribution des parcelles a été faite par le comité de gestion du périmètre assisté des représentants de la commune de Runda, ARDEC ainsi que la DRSA de Gitarama. Le cabinet du Ministère de l'agriculture avait recommandé l'octroi de parcelles de 10 ares à chaque exploitant, mais cette proposition a été rejetée par les bénéficiaires qui ont préféré des parcelles d'une superficie de 4 à 8 ares.
Ainsi, dans le marais de Bishenyi, 90 ha environ ont été distribués au profit de 602 exploitants dont 175 hommes et 427 femmes (384 veuves).
Le marais de Rwasave est exploité par 887 personnes dont 476 hommes et 411 femmes. La taille des parcelles y est d'environ 5 ares.
Les groupements d'exploitants du marais de Kibaya comprennent 509 personnes.
Le marais de Kajevuba est exploité par 300 personnes.
Au total, les aménagements réalisés par les projet ont permis à quelque 2 800 familles, soit environ 17 500 personnes, de disposer de parcelles dans les marais.
D'une manière générale, le projet a atteint l'essentiel de ses objectifs.
Il est recommandé que les activités du projet soient poursuivies. Pour ce faire, une reformulation est nécessaire pour en faire un véritable projet de développement. Le projet conjoint PNUD/FAO devrait être prolongé d'une période de six mois au minimum afin de permettre l'achèvement des actions entreprises durant la phase pilote. Une deuxième phase devrait être évaluée pour permettre la consolidation des acquis de la phase pilote. Au cours de la phase de développement, l'approche participative devrait être appliquée dans son sens véritable.
La mise en application des textes sur la loi foncière est une nécessité pour permettre la sécurisation des exploitants des périmètres aménagés. D'autre part, la clarification et la définition du statut des périmètres aménagés sont des actions urgentes à réaliser.
En appui des travaux d'aménagements hydro-agricole, l'essentiel des investissements doit être orienté vers les actions de développement: formation des exploitants, des agents d'encadrement agricoles et des autorités communales (notamment en matière d'approche participative pour un développement durable); octroi de crédits; appui en ce qui concerne la fourniture d'intrants agricoles; promotion de la diversification des spéculations agricoles et non agricoles (petit élevage, pisciculture) dans les marais; organisation de la commercialisation des produits agricoles.
La promotion de la petite mécanisation agricole (culture attelée, motorisation intermédiaire, irrigation à faible coût, etc.) dans les marais permettra de mieux valoriser les investissements effectués dans les aménagements.
La relance de la recherche-développement est une nécessité pressante vu l'enjeu politique, économique et environnemental que représentent les marais. Des thèmes de recherche sur la fertilité des sols, les techniques culturales, les techniques d'irrigation, les variétés, l'impact environnemental et l'hydrologie doivent être développés.
La spécificité du Rwanda fait que les infrastructures rurales (aménagement de marais, mécanisation, hydraulique rurale, etc.) constituent l'un des secteurs-clés de la relance du secteur agricole en vue de la sécurité alimentaire des populations. Par conséquent, le renforcement institutionnel des services du génie rural et de la conservation des sols est une nécessité impérieuse. Dans ce cadre, il est important de poursuivre l'effort de formation des cadres techniques et surtout de procéder aux recrutements nécessaires pour renforcer la structure qui manque par trop de personnel.
La réalisation des travaux à l'entreprise au moyen des petites entreprises locales et des tâcherons doit être poursuivie et renforcée du fait de son impact socio-économique (création d'emplois générateurs de revenus).
Un soutien doit être apporté au secteur de l'ingéniérie locale. A cet effet, certains cadres des bureaux d'études et des entreprises privées locales pourraient bénéficier de formations sur les ressources des projets de développement.
Les organisations paysannes existantes doivent être renforcées afin de créer une véritable dynamique d'auto-développement. Il est nécessaire d'améliorer leur niveau de technicité par la vulgarisation et des formations en matière de gestion de groupements associatifs, et de favoriser l'organisation économique des producteurs.
Il est préconisé d'étendre le suivi-évaluation et la programmation de toutes les actions de développement et de suivre les effets des projets.
L'engagement des bénéficiaires à entretenir les infrastructures réalisées doit être l'une des conditions préalables à tout programme d'investissement dans les marais.