Septembre 1999 WECAFC/IX/99/4F

FAO



Commission des pêches pour l'Atlantique Centre-Ouest
Neuvième session
COPACO - Comité des pêches des petites Antilles
Sixième session
Castries, Sainte-Lucie, 27-30 Septembre 1999
COÛTS ET AVANTAGES DE LA COOPÉRATION ET RENFORCEMENT DES COMPÉTENCES EN VUE D'UNE GESTION RESPONSABLE DES PÊCHES


SOMMAIRE

Ce document technique a pour but d�identifier les avantages et les coûts que peut présenter la coopération régionale dans le renforcement des compétences et la gestion responsable des pêches dans la région de la COPACO. Il est présenté à des fins d�information et sera soumis à la discussion au sein d�ateliers. Son objectif est d�aider la Commission à prendre une décision quant à son rôle futur.

Introduction

1. Le caractère transfrontières et d�espèces multiples de la distribution des stocks constitue un défi complexe pour assurer une exploitation rationnelle de ces ressources en termes de pérennité. C�est pourquoi des travaux de recherche et une coopération étroite s�imposent afin d�aborder les graves questions de gestion qui se posent aux échelons national, sous-régional et régional dans la zone de la COPACO.

2. La diversité des ressources vivantes de la zone de la COPACO est amplement reconnue. Cervigón et coll (1993) signalent l�existence d�environ 680 espèces de poissons, 49 espèces de requins ainsi qu�un grand nombre d�espèces de céphalopodes, de gastéropodes et de bivalves présentant un intérêt économique. Ces espèces se retrouvent dans les prises annuelles qui représentent 1,8 à 2,2 millions de tonnes annuelles dans la région (FAO, 1999). Les compétences en matière de gestion des prises sont également très variées dans la région de la COPACO.

3. L�objectif de ce document est de présenter l�application régionale des principes de prévention dans la gestion des pêches (FAO, 1995) dans l�étude de la dynamique, des risques et des incertitudes propres aux principales pêches industrielles et artisanales de la COPACO. Il s�agit aussi de présenter un cadre simple permettant d�identifier les avantages et les coûts possibles de la coopération et de la consolidation des compétences dans le but d�évaluer et d�assurer une gestion responsable des principales pêches de la région de l�Atlantique centre-ouest.

Cadre pour l�analyse coûts-avantages de la formation et de la coopération

4. Une analyse coûts-avantages de la formation et de la coopération dans la région doit comprendre plusieurs étapes, qui sont proposées dans la structure ci-après (Hanley&Spash, 1993 ; Johansson, 1993 ; Schmid, 1989 ; Pearce&Nash, 1981):

Définition du projet de coopération en matière de gestion

5. La définition du projet de gestion des pêches doit préciser le changement qu�implique la stratégie de gestion proposée ainsi que la population de gagnants et de perdants dans les Etats côtiers ou parmi les pays participants. Cette étape de définition a également pour but de cerner l�analyse. Par exemple, une stratégie de gestion déterminée visant à améliorer le rendement d�une pêche spécifique peut, pour un Etat côtier, entraîner des externalités positives et/ou négatives pour les pêcheurs dans le cadre de pêches interdépendantes sur les plans technologiques et écologiques. Du point de vue de l�Etat côtier, l�analyse devra inclure les avantages et les coûts marginaux privés et externes pouvant résulter d�une nouvelle stratégie de gestion des pêches.

Identification des incidences bio-économiques et sociales du projet de coopération en matière de pêches

6. Lorsque le projet de coopération en matière de gestion des pêches est identifié, l�étape suivante consiste à préciser toutes les incidences pouvant résulter de sa mise en oeuvre. Deux concepts importants sont à prendre en considération à ce stade: l�additionnalité et le déplacement. L�additionnalité concerne l�incidence nette de la stratégie de gestion des pêches. Si un Etat côtier envisage d�introduire une limite au droit d�exploitation afin d�éviter la surexploitation et la suppression d�une rente dans une pêche existante d�accès ouvert, les avantages doivent être calculés en chiffres nets par rapport aux bénéfices ayant existé dans le temps en régime d�accès ouvert. Le déplacement se présente lorsque la diminution des opportunités des pêcheurs là où les réductions de l�effort de pêche et, partant, de l�emploi direct, ne sont pas compensées par les possibilités d�un effort accru dans un autre type de pêche qui pourrait n�en être qu�au stade de développement.

7. Là où la pêche est basée sur une ressource chevauchante, il faut tenir compte de l�incidence de nouvelles stratégies de gestion en termes de distribution. En effet, ce type de situation requiert une analyse bio-économique conjointe de la pêche dans laquelle des scientifiques de tous les états côtiers concernés seront appelés à participer à une évaluation des incidences que peut entraîner, en termes de distribution, le nouveau mécanisme de gestion des pêches proposé.

Quantification physique des impacts pertinents

8. A ce stade, il s�agit de déterminer les montants physiques des flux des coûts et des avantages pour le projet de coopération en matière de pêches et de préciser à quel moment exact ils vont se présenter. Dans les calculs réalisés, il conviendra de spécifier les sources d�incertitude présentes au niveau du rendement dynamique de la pêche et d�effectuer l�analyse des risques pertinente.

Valorisation monétaire des effets pertinents

9. Afin que les mesures physiques puissent être comparables, elles doivent être valorisées en unités communes. L�unité commune en matière d�analyse coût-avantage est l�argent. Il s�agit ici d�adopter une modalité pratique et non pas de prôner que l�argent est le seul facteur important. Tout programme de formation et de coopération visant à une exploitation rationnelle des pêches comporte des valeurs en matière de coûts et d�avantages qui n�ont pas de valeur vénale et qui, par conséquent, constituent des valeurs non évaluées en prix qui doivent être explicitées (Sinden et Worrel, 1979).

Actualisation des coûts et des avantages du programme de formation et/ou de coopération

10. Lorsque les coûts et les avantages pertinents ont été exprimés en sommes monétaires, il faut les convertir à leur valeur actuelle. Il est particulièrement important de choisir le taux d�actualisation approprié pour estimer la valeur actuelle nette ou la valeur actuelle du ratio avantage/coût de la formation et de la coopération. Ce processus implique l�existence de préférences intertemporelles dans l�exploitation des ressources. Le choix du taux d�actualisation a également une incidence sur l�horizon temporel considéré comme pertinent dans le cadre de l�utilisation durable des ressources halieutiques. Un taux élevé d�actualisation aura tendance à favoriser l�adoption de décisions en matière de gestion des pêches axées sur le court terme plutôt que sur l�équité intergénérations et la pérennité des captures de ressources marines.

Critères fondés sur la distribution dans la coopération visant à une gestion responsable des pêches

11. Dans un contexte d�accès ouvert et d�épuisement des stocks, certains pêcheurs seront plus fortement touchés que d�autres. D�une manière générale, les bateaux jouissant d�une plus grande autonomie et rente auront tendance à accroître leurs prises en exerçant leur effort de pêche dans des zones de pêche plus éloignées. Ceci pourrait engendrer des conflits entre les pêcheurs concernés par une ressource chevauchante. Par conséquent, un aspect majeur à prendre en compte dans le choix d�une stratégie de gestion des pêches consiste à savoir comment favoriser un groupe de pêcheurs sans porter préjudice à un autre et, essentiellement, comment accroître, du moins de façon proportionnelle, les bénéfices nets de tous les pêcheurs concernés. Dans le contexte d�une coopération visant à la gestion durable des pêches, le préjudice économique est défini comme la diminution des revenus ou du degré de satisfaction des pêcheurs d�un état côtier suite à l�adoption d�une stratégie de gestion des pêches. Dans ce contexte, l�équité est un facteur important à prendre en considération dans le processus de coopération pour une pêche responsable. Il est néanmoins difficile de traduire ce concept dans les faits car l�égalité des chances ne garantit pas nécessairement l�égalité en termes de distribution d�une ressource marine renouvelable.

12. Selon le postulat principal de la théorie économique du bien-être appliquée aux pêches (Hannesson, 1978), l�objectif ultime de la politique en matière de pêches est la maximisation du bien-être social. Le principal concept sous-jacent dans cette théorie est celui de l�Optimalité de Pareto. Une stratégie de gestion des pêches de stocks partagés répond à l�optimum de Pareto si les changements résultant de l�introduction d�une stratégie de gestion commune des pêches se traduisent par une amélioration des conditions de bien-être de pêcheurs d�un ou de plusieurs pays sans que d�autres s�en ressentent. Il existe, dans la théorie néo-classique du bien-être appliquée à l�exploitation et à la conservation d�une ressource naturelle (Randall, 1981 ; Hannesson, 1978 ; Schmid, 1989), plusieurs approches qui ont, en termes de distribution, des incidences différentes quant aux coûts et aux avantages découlant de l�adoption de nouvelles stratégies de gestion. Ces approches peuvent être résumées comme suit:

Tableau 1. Critères de bien-être appliqués aux pêches de ressources chevauchantes

Critères de bien-être dans la pêche de stocks chevauchants

Caractéristiques des critères de bien-être en termes de distribution

Incidence en termes de distribution

Efficience de Pareto

Le préjudice économique n�est pas autorisé

Neutre pour les pêcheurs moins efficients

Sécurité de Pareto

Le préjudice économique n�est pas autorisé pour les pays participants

Neutre pour tous les pêcheurs

Valeur maximum du produit social

Préjudice économique autorisé si la somme des changements sur le plan du bien-être des pays>0 et maximum

Neutre

Parties proportionnelles aux pays ayant le stock en commun

Aucun préjudice économique aux pêcheurs, en termes relatifs ou absolus, n�est autorisé

Proportionnelle

Bien-être social maximum

Le préjudice économique est autorisé

Neutre

Coûts de l�organisation d�un atelier visant à résoudre des problèmes de gestion

13. L�organisation de réunions de groupes de travail d�évaluation aux échelons régional et sous-régional, ainsi que des réunions annuelles des décideurs de chaque pays implique des coûts de planification et de préparation et des coûts de mise en oeuvre. Les tableaux 2 et 3 contiennent un schéma des exigences minimales de la coopération requise pour ces deux types de réunion et les sources potentielles de financement.

14. Des propositions relatives aux éventuelles stratégies de partage des coûts et au rôle que peut jouer la FAO pour faciliter l�organisation des cours et d�ateliers chargés d�évaluer les stocks, de réaliser des analyses bio-économiques et de mettre au point des plans sur les principes de précaution dans la gestion des pêches sont présentées dans les tableaux 2 et 3.

Groupes de travail d�évaluation à l�échelon régional

15. Selon les estimations, la réunion d�un groupe de travail régional composé de 26 participants, 3 membres du personnel FAO/CFRAMP et 4 consultants aurait un coût de US$ 128.500 pour un atelier de trois jours.

16. Il faut souligner l�importance de convoquer une réunion de trois jours à laquelle participeraient 10 décideurs (Directeurs de pêches) pour étudier les résultats de l�atelier. Cette réunion représente un coût additionnel de US$ 12.000.

Tableau 2. Coûts de l�organisation de réunions de groupes de travail à l�échelon régional (par exemple, sur les pêches de la langouste blanche (Panulirus argus) dans toute la zone de la COPACO)

Coûts de planification et de mise en oeuvre

Part des coûts
(% du coût total)

Possibilités de partage des coûts

Coûts de planification

3,9

FAO, CFRAMP

Pays hôte

Coûts de déplacement des participants

15,6

FAO, CFRAMP

Coûts de déplacement des experts et des consultants

5,8

FAO, CFRAMP

Indemnité journalière de subsistance et de logement

47,9

Pays hôte

FAO, CFRAMP

Location d�équipement

5,6

FAO, CFRAMP

Fournitures, accessoires et autres coûts opérationnels

4,8

Pays hôte

Honoraires des consultants

11,7

FAO, CFRAMP

Actes

3,9

FAO

Coûts du suivi

0,8

FAO, CFRAMP

Total

100

 

Groupe de travail sous-régional d�évaluation

17. Les réunions du groupe de travail concernant des pêches particulières de zones géographiques et d�écosystèmes partagés par deux pays ou plus revêtent également une importance considérable à l�échelon sous-régional. Il est estimé que la réunion d�un groupe de travail sous-régional de 12 participants, 2 membres de l�équipe de la FAO/CFRAMP, et 2 consultants pourrait avoir un coût de US$ 69 300 pour un atelier d�une durée de trois semaines comprenant les procédures ainsi que les frais de suivi correspondants. On remarquera qu�une réunion de trois jours comptant sur la présence de 5 décideurs (Directeurs des pêches) afin de présenter et discuter les résultats de l�atelier est indispensable, ce qui représenterait un coût supplémenatire de US$ 6 000.

Tableau 3. Coûts de l�organisation de réunions de groupes de travail à l�échelon sous-régional (par exemple, sur les pêches de crevettes et de poissons de fond dans la zone de la plateforme Brésil-Guyana)

Coûts de planification et de mise en oeuvre

Part des coûts
(% du coût total)

Possibilités de partage des coûts

 

Coûts de planification

2,2

FAO, CFRAMP

Pays hôte

Coûts de déplacement des participants

 

13,4

FAO, CFRAMP

Coûts de déplacement des experts et des consultants

 

7,2

FAO, CFRAMP

Indemnité journalière de subsistance et de logement

 

43,2

Pays hôte

FAO, CFRAMP

Location d�équipement

 

7,0

FAO, CFRAMP

Fournitures, accessoires et autres coûts opérationnels

 

4,0

Pays hôte

Honoraires des consultants

14,4

FAO, CFRAMP

Actes

 

7,2

FAO

Coûts du suivi

 

1,4

FAO, CFRAMP

Total

100

 

Stratégies de partage des coûts

18. Afin que le processus de renforcement des compétences soit durable, il est indispensable que les pays bénéficiaires des cours et des ateliers sur l�évaluation et la gestion des pêches contribuent aux et partagent les coûts de la planification et de l�organisation de ces activités. Trois types d�arrangements sont envisageables dans le cadre du partage des coûts.

19. La FAO jouant un rôle de facilitateur, la première option peut requérir un accord de partage des coûts entre les deux pays concernés. La deuxième option peut, quant à elle, exiger une contribution soutenue des pays participants, de la FAO et d�autres organismes régionaux tels que OLDEPESCA et la CARICOM. En ce qui concerne les ressources communes à toute la zone de la COPACO, outre la FAO et les pays participants, d�autres sources de financement peuvent être pressenties afin de faciliter la continuité des efforts de recherche, d�évaluation et de gestion.

Bénéfices nets de la coopération

20. Après avoir déterminé les coûts entraînés par la planification et l�organisation de cours de formation et d�ateliers en matière d�évaluation des stocks et des aspects bio-économiques de la gestion des pêches, il faut aussi estimer la valeur actuelle des bénéfices espérés en chiffres nets par rapports aux bénéfices qu�aurait engendré avec le temps le régime actuel de capture. Les bénéfices nets résultant de solutions spécifiques à des problèmes de gestion des pêches devraient être supérieurs aux coûts entraînés par l�application d�une nouvelle stratégie de gestion, plus les changements intervenus dans les coûts de mise en application correspondants.

Formation et coopération en vue de la gestion responsable des pêches

21. Une gestion responsable des pêches (Caddy, 1996) passe par l�existence d�une coopération régional au sein de groupes de travail dont la tâche sera d�appliquer les principes de prévention dans la gestion des pêches de la région de la COPACO. L�exploitation intertemporelle et la gestion des ressources marines dans la région exigent une intégration systématique des aspects biologiques et écologiques de la ressources, et des facteurs économiques et sociaux qui déterminent le comportement de cette ressource et des pêcheurs dans le temps. Pour élaborer des stratégies intelligentes de gestion applicables aux principales pêches de la région, on propose de mettre en place le processus suivant:

22. L'utilisation de points de référence (Caddy, 1998; Caddy et McGarvey, 1996, Caddy et Mahon, 1995; Die et Caddy, 1997) en tant qu'objectifs de l'administration des ressources constitue une phase importante du processus de gestion.  D'autre part, il est essentiel de tenir compte du climat d'incertitude qui reigne dans plusieurs secteurs de l'industrie de a pêche afin de déterminer des critères de précaution dans le processus de prise de décision. Afin de contribuer à ce processus, l'utilisation de modèles mathématiques spécialisés pour les pêches permet aux chercheurs, aux administrateurs et aux exploitants des ressources de faire l'expérience de différentes options de gestion et d'observer ainsi que les éventuelles conséquences dynamiques pouvant s'exercer sur les différentes parties du système et les variables de rendement corespondantes.

23. Afin d'illustrer ce processus, nous présentons ci-après deux études de cas réalisées par les groupes de travail sur l'évaluation des stocks et les aspects bio-économiques.  Il s'agit de cas relatifs aux stratégies de gestion, aux échelons régional et sous-régional pour des pêches spécifiques de ressources chevauchantes à un ou plusieurs stades déterminés de leur cycle de vie (par exemple, les pêches de crevette dans la régiona Guyana-Brésil, et de langouste blanche Panulirus argus  dans la zone de la COPACO).

Etude de cas appliquée à la pêche d'un stock partagé d'espèces et et de flottilles multiples: analyse bio-économique préliminaire de la pêche chalutière à Trinité-et-Tobago et au Venezuela

24. Pour illustrer l'approche fondée sur des critères de précuation que nous décrivons plus haut,  nous présentons ci-après un résumé des travaux du groupe de travail émané de l'Atelier sur la crevette et les poissons de fond tenu à Belem, Brésil du 25 mai au 11 juin 1999. Ce groupe de travail était composé de MM. L. Ferreira, de Trinité-et-Tobago, et de J. Alió et L. Marcano du Venezuela.

Description de la pêche du stock partagé

La pêcherie de la Trinité-et-Tobago

25. Selon un recensement des chalutiers réalisé en 1997 par la Division des pêches de la Trinité, la flottille de chalutiers comprend un total de 126 bateaux: 30 embarcations artisanales de Type I (7 à 10 m à moteur hors-bord) et 66 embarcations artisanales de Type II (10-12 m à moteur diesel); 11 embarcations semi-industrielles de Type III (10 à 12 m à moteur diesel); et 19 bateaux industriels de Type IV (navires à gréement double du Golfe du Mexique, de 17 à 23 m ) (Fabres et coll., 1995). Tous les chalutiers évoluent dans le Golfe de Paria. La flottille industrielle se déploie également dans le canal de Colomb, ainsi que sur la côte nord de la Trinité Cinq espèces de crevettes sont exploitées: Penaeus subtilis; P. schmitti; P. notialis; P. brasiliensis; et Xiphopenaeus kroveri. Plusieurs espèces de poissons de fond appartenant, par exemple, aux Sciaenidae, aux Serranidae, aux Haemulidae et aux Lutjanidae sont également capturés lors de pêches accessoires ou ciblées (Ferreira, 1998).

La pêcherie du Venezuela

26. La pêcherie du Venezuela est composée de deux flottilles: la flottille industrielle de chalutiers est composée de 88 navires (pour la plupart métalliques de 24 à 30 m de long) qui pêchent la crevette (P.sutilis et P.schmitti) et des poissons des familles des Sciaenidae, des Carangidae, des Haemulidae, des Trichiuridae, des Lutjanidae, des Arridae et des Mustelidae. Cette flottille évolue dans la partie sud du Golfe de Paria et en face du delta de l'Orénoque.  Les quantités débarquées par cette flottille en 1998 atteignent 6.178 tonnes de poissons de fond et 636 tonnes de crevettes (436 tonnes de P.subtilis et 200 tonnes de P.schmitti). La flottille artisanale de chalutiers est composée de 28 embarcations en bois (8m de long à moteur hors-bord) et travaille dans le secteur nord du delta de l'Orénoque. Cette flottille ne pêche que la P.schmitti à son stade juvénile, avec une quantité débarquée en 1998 de 131 tonnes.Elle n'est pas été incluse dans l'exercice de simulation.

Méthodes

Modèle saisonnier utilisé pour représenter la dynamique des ressources et des pêches

27. Un modèle bio-économique dynamique d�espèces et flottilles multiples lié à l�aspect saisonnier a été mis au point afin de représenter la nature de cette pêche de stocks partagés. Le modèle couvre une période de quatre ans et comprend des données de 1995 à 1998 pour le Venezuela et de 1995 à juillet 1996 pour la Trinité. Le tableau 4 représente les paramètres d�entrée utilisés pour le modèle. Le modèle comprend quatre types parmi les espèces de crevettes exploitées dans la région du Golfe de Paria dans le Canal de Colomb : Penaeus subtilis; P. schmitti; P. notialis et Xiphopenaeus kroyeri. Les données concernant le Venezuela ne tiennent en compte que les deux premières espèces car les prises relatives aux deux dernières ne sont pas significatives faute de données disponibles. L�espèce P. brasiliensis a été exclue du modèle malgré son importance pour la flottille industrielle de la Trinité. En ce qui concerne le Venezuela, les prises de P. brasiliensis sont également peu significatives. Les pêches accessoires réalisées par la flottille de chalutiers de la Trinité se sont révélées être 0,4 fois supérieures à celles de crevettes prises par la flottille, tandis que les captures accidentelles de la flottille industrielle du Venezuela étaient 10 fois supérieures à celles de crevettes prises par cette même flottille. Deux niveaux record en matière de recrutement (février/mars et juillet/août) sont considérées chez toutes les espèces sauf X. kroyeri selon une évaluation de P. schmitti menée par Altuve et coll. (1998), ainsi qu�une étude sur l�abondance post-larvaire menée par Alio et coll (1990).

Points de référence de limite

28. Les points de référence de limite (PRL) indiqués représentaient 0,3 de la biomasse constante à la fin de la période de quatre ans (Bmax) de P. subtilis, par exemple 566 t, et 0,3 de la production économique maximum (PEM) en ce qui concerne les deux flottilles, par exemple US$2,9 millions pour la Trinité et US$5 millions pour le Venezuela. L�ancien PRL, 0.3 Bmax, a été calculé selon la formule CPUEmax/q où CPUEmax correspondait à P. subtilis (0,226 tonnes/jour de pêche) en 1977 par la flottille industrielle du Venezuela (Marcano et coll. 1997) et q comme coefficient de la capacité de capture (résultat du modèle bio-économique) de P. subtilis à l�âge de 18 mois, où les individus sont complètement recrutés. Le point de référence de limite 0.3 PEM a été déterminé séparément pour l�ensemble de la flottille de la Trinité et de la flottille industrielle du Venezuela là où le PME était dérivé du modèle bio-économique.

Principales sources d�incertitude

29. La mortalité naturelle (M) a été identifiée comme un paramètre représentant un source importante d�incertitude et, par conséquent, la M pour chacune des quatre espèces pouvait varier de façon aléatoire selon la méthode de Monte Carlo avec des niveaux variables d�effort de pêche pour chaque flottille. Les niveaux d�effort utilisés pour l�analyse étaient de 4000 à 13000 jours par flottille à 1000 jours d�intervalle, ou de 8000 à 26000 jours pour l�ensemble des deux flottilles. Dans ce cas précis, l�objectif était d�observer les variables des performances (biomasse de P. subtilis et la rentabilité actuelle des flottilles de la Trinité et du Venezuela) et les probabilités de dépasser les PRLs. L�effort optimum qui permet de maximiser la rentabilité de la pêche a alors pu être déterminé.

Paramètres bio-économiques

30. Afin d�illustrer les données requises pour amorcer l�analyse bio-économique d�une pêche de la COPACO, l�ensemble des paramètres bio-économiques utilisés dans la mise en place d�un modèle de la dynamique des pêches de crevettes de la Trinité et du Venezuela figurent dans le tableau 4.



Tableau 4. Paramètres bio-économiques des pêches de crevettes de Trinité et du Venezuela utilisés dans le modèle bio-économique

P. schmitti

P. notialis

P.subtilis

X. kroyeri

Recrutement, R (individus)

17000000

20000000

220000000

9000000

Paramètre de croissance, k (1/mois)

0,35

0,25

0,0927

0,09

Coefficient de mortalité naturelle, M (1/mois) :

0,2

0,2

0,146

0,2

Poids maximum, Wmax (g)

162,296333

145,589

64,9323044

27,7893088

Longueur maximum totale Lmax (mm)

250

220

176

155

Paramètre t0 de l�équation de croissance :

0

-0,017

0

0

Taux de réduction :

0,0045

0,0045

0,0045

0,0045

Paramètre de la dynamique de l�effort (flottille 1) :

0,000003

0,00003

0,000003

0,000003

Paramètre de la dynamique de l�effort (flottille 2):

0,000003

0,000003

0,000003

0,000003

Prix moyen de l�espèce 1 ($/tonne) :

7400

7400

3700

1380

Coût unitaire de l�effort de la flottille 1 ($/vaisseau/jour) :

186

186

186

186

Coût unitaire de l�effort de la flottille 2 ($/vaisseau/jour) :

1113

1113

1113

1113

Coefficient de la capacité de capture de la flottille 1 :

0,002

0,000694

0,000694

0,000694

Coefficient de la capacité de capture de la flottille 2 :

0,002

0

0,000694

0,000694

Longueur de la moitié de la flottille de rétention 1 (mm)

107

107

107

107

Longueur des � de la flottille de rétention 1 (mm)

120

120

120

120

Paramètre de sélection S1 flottille 1

3,92707494

3,9270749

3,92707494

3,92707494

Paramètre de sélection S2 flottille 1

0,03670163

0,0367016

0,03670163

0,03670163

Surface parcourue par la flottille 1 (km2/jour)

1,08

1,08

1,08

1,08

Surface totale de la distribution des ressources (km2)

5000

3000

6000

1500

Paramètres de sélection et de capacité de capture de la flottille 2 de crevettes seabob

Longueur de la moitié de la flottille de rétention 2 (mm)

107

107

107

107

Longueur des � de la flottille de rétention 2 (mm)

120

120

120

120

Paramètre de sélection S1 flottille 2

3,92707494

3,9270749

3,92707494

3,92707494

Paramètre de sélection S2 flottille 2

0,03670163

0,0367016

0,03670163

0,03670163

Surface parcourue par la flottille 2 (km2/jour)

2,1

2,1

2,1

2,1

Paramètre "a" de l�équation de croissance

0,00000111

0,00001

0,000029

0,00000346

Paramètre "b" de l�équation de croissance

3,405

3,058

2,82789

3,1524

Marcano et coll. 1997

Fabres et coll. 1995

Marcano et coll. 1997

Lum Young et coll. 1992

Résultats

31. Le tableau 1 indique la probabilité de dépasser les points de référence de limite (0,3 Bmax et 0,3 PEM) en ce qui concerne les flottilles de la Trinité et du Venezuela en matière d�éventail des efforts de pêche. De plus, la rentabilité actuelle de deux flottilles correspond à l�éventail des efforts.

Tableau 1. Probabilité de dépasser PRL=0,3Bmax de P. subtilis

Le Tableau 1 montre que l�augmentation de l�effort total des deux flottilles fait augmenter la probabilité de dépasser 0,3 Bmax.

32. Pour l�éventail complet des efforts examinés, on observe 0% de probabilité que les profits soient inférieurs à 0,3 PEM pour la Trinité, tandis que pour le Venezuela, la probabilité de dépasser ce PRL augmente relativement vite, avec un effort en augmentation d�environ 8000 jours (Tableau 2).

Tableau 2. Valeur actuelle du stock de pêche partagée loué sur un éventail d�effort de pêche des flottilles de la Trinité et du Venezuela

33. Le Tableau 2 montre que pour l�ensemble de l�éventail d�effort examiné, la valeur actuelle de la flottille de Trinité varie approximativement entre US$ 9 et 11 millions, tandis que la valeur actuelle de la flottille du Venezuela diminue relativement vite, à partir de 5000 jours jusqu�à son élimination totale par un effort de pêche de cette flottille de 13000 jours. L�effort de pêche actuel (considéré comme celui de 1995) est de 8175 jours (dans des unités de type 4) pour la flottille de la Trinité, et de 9348 jours pour la flottille du Venezuela. L�effort optimum des deux flottilles en interraction dynamique (Díaz de León et Seijo, 1992), est estimé à 5000 jours pour la flottille de la Trinité et à 6462 jours pour la flottille du Venezuela (Tableau 5).


Tableau 5. Niveaux actuels et optimum de l�effort des flottilles de la
Trinité et du Venezuela

Niveaux d�effort

Flottille de la Trinité
(Unités du Type IV)

 

Vaisseaux industriels de la flottille du Venezuela

Effort total (TT et Venezuela)

Effort actuel
(1995 )

 

8175

9348

17523

Effort optimum1

5000

 

6460

11460

1 Effort conduisant à la valeur actuelle nette maximum des pêches

Conclusions pertinentes du groupe de travail

34. Les analyses bio-économiques préliminaires réalisées ont révélé que l�effort de pêche tant des flottilles de la Trinité que celles du Venezuela ne doit pas dépasser le niveau actuel. De plus, l�affectation optimum de l�effort de pêche entre les deux flottilles qui serait à même de produire le maximum de profits est de 61% de l�effort en cours de la flottille de la Trinité, et de 69% de l�effort en cours de la flottille du Venezuela, ce qui équivaut à une réduction de l�effort de chaque flottille d�environ 3000 jours.

35. Il est également évident que la stratégie de réduction de l�effort afin d�atteindre un optimum bio-économique pour les pêches partagées de crevettes du Golfe de Paria pourrait engendrer des bénéfices nets considérables supérieurs au coût de la planification et de l�organisation de l�atelier sur les pêches de crevettes et de poissons de fond de la plateforme Brésil-Guyana. Aborder, moyennant la coopération, le problème de la gestion sur les niveaux d�effort optimum pour les flottilles de la Trinité et du Venezuela partageant des stocks chevauchants offre un bon exemple pour les efforts futurs de la COPACO dans la région encouragés par la FAO.

Recommendations pour la recherche future

36. Les paramètres d�entrée du modèle doivent être redéfinis. De plus, d�après Sparre et Willmann (1993), les coûts doivent être déterminés selon la production, l�effort et le nombre d�embarcations. Le recrutement devrait également être inclus comme fonction aléatoire avec une distribution probable proche de celle des paramètres environnementaux ayant un impact sur le processus, comme peut l�être l�écoulement du fleuve Orénoque pendant le mois le plus pluvieux (août) ou la vitesse maximum annuelle du vent dans le Golfe de Paria (Aéroports de Güiria ou de Port of Spain) (Alió et coll. 1999b).

Gestion des pèches dans la région de la COPACO : traitement du risque et de l�incertitude

37. Butterworth et coll. (1993), Hilborn et Peterman (1996), entre autres, ont identifié un ensemble de sources d�incertitude associées à l�évaluation des stocks et des méthodes de gestion qui comprennent :

38. Afin d�être en mesure de traiter ces diverses incertitudes au moyen d�une approche basée sur des critères de prévention, il a été suggéré, lors de la réunion de Lysekil (FAO, 1995), d�utiliser le théorème Baysien et non-Baysien (Francis, 1992; Perez et Defeo, 1996; Defeo et Seijo 1999), ainsi que l�incorporation de points de référence de limite et d�objectif pour la gestion des pêches (Caddy et Mahon, 1995). Selon cette approche, les décideurs de la région de la COPACO doivent opter pour une stratégie de gestion, d, à partir d�un ensemble d�options de stratégies D. Au moment du choix de la stratégie, le gestionnaire des pêches doit être conscient des conséquences possibles. Ces conséquences dépendront probablement des relations de cause à effet spécifiées dans le modèle de pêche, les paramètres bio-économiques et le possible état de nature (Seijo et col. 1998). Il existe une probabilité que le point de référence d�objectif (par exemple la biomasse de la ressource, la production, le revenu, l�emploi direct, les recettes liées à l�exportation, la contribution à la sécurité alimentaire dans les zones côtières, etc.) ne soit pas atteint à cause des facteurs aléatoires des systèmes naturels, des connaissances insuffisantes sur le système de pêche, les changements dans les variables exogènes économiques et bio-écologiques (Garcia, 1996a).

Tableaux de décision avec et sans l�aide des probabilités mathématiques

39. Dans la théorie de la décision, il est important d�être en mesure d�évaluer une perte de la fonction d�opportunités, L(d,q), qui traduit les pertes résultant du choix de la stratégie d alors que l�état de nature actuel était q.

40. Si les probabilités préalables ou postérieures sont disponibles pour construire des tableaux de décision pour les gestionnaires des pêches de crevettes, les valeurs attendues (VA) et leur variance correspondante (VAR) doivent être estimées pour la variable de rendement de la pêche selectionnée (par exemple la valeur actuelle nette de la pêche, la biomasse, la production, l�emploi direct, les revenus liés à l�exportation, entre autres) selon la formule suivante :

EVd= åPq PVqd (1)

 

VARd = S Pq (PVqd - EVd)2 (2)

 

où Pq sont les probabilités associées aux différents états de nature, PVqd sont les valeurs de la variable de performance provenant de la décision de gestion d quand l�état de nature est q. Un gestionnaire des pêches neutre en matière de risque chosira la stratégie de gestion qui produit la valeur attendue maximum sans tenir compte de la variance correspondante. Un décideur contraire au risque aura tendance à choisir la stratégie de gestion de la pêche produisant la variance minimum. Cependant, il existe différents degrés d�opposition au risque et par conséquent, le théorème de Bayses fournit un critère de rechange permettant d�accroître les degrés de précaution quant à la prise de décision (Shotton, 1995; Shotton et Francis, 1997). Afin de permettre l�application de ces concepts de précaution en matière de pêche, les critères de décision avec et sans l�aide des probabilités mathématiques sont présentés dans la section suivante.

Critère Bayesien

41. Le critère Bayesien est une méthode qui utilise les probabilités mathématiques préalables ou postérieures afin de faciliter le choix d�une stratégie de gestion. Par exemple, elle indique au gestionnaire de la pêche de crevettes quelle décision prendre afin de minimiser les pertes attendues d�opportunités. Les décisions ne disposant pas d�un fondement empirique utilisent les distributions préalables évaluées à travers des expériences traduites de façon subjective en probabilités numériques. Les décisions en matière de pêche de crevettes ayant un fondement empirique peuvent utiliser les probabilités postérieures. Les probabilités postérieures sont la probabilité conditionnelle de l�état de nature q, en accord avec les données expérimentales.

Critère de décision sans l�aide des probabilités mathématiques

42. En l�absence d�observations suffisantes permettant d�attribuer des probabilités aux éventuels états de nature, il existe trois critères de décision qui traduisent différents degrés de prévention en matière de sélection des stratégies de gestion (Schmid, 1989; Seijo et. coll.1998; Defeo et Seijo, 1999).

Critère Minimax

43. Le critère Minimax évalue la perte maximum d�opportunités de chaque stratégie de gestion et choisit celle offrant le minimum du maximum de pertes. Ce critère fonctionne de la même façon que la nature pourrait choisir la distribution des probabilités, définie pour tous les états de nature possibles, qui est moins favorable au décideur.

Critère Maximin

44. Ce critère utilise le tableau de décision de la variable de rendement qui évalue les valeurs obtenues pour un ensemble de combinaisons d�options de décisions et d�états de nature. Le critère calcule un vecteur des valeurs minima pour la variable de rendement provenant de chaque option de décision de gestion. Le gestionnaire de la pêche de crevettes choisit donc le maximum du minimum de ces valeurs. C�est l�approche la plus préventive du théorème.

Critère Maximax

45. Un gestionnaire des pêches enclin au risque aurait tendance à appliquer le critère de décision Maximax pour sélectionner la stratégie de gestion. Le critère calcule un vecteur des valeurs maxima pour la variable de rendement résultant de chaque option de décision de gestion. Le gestionnaire de la pêche de crevettes choisit alors le maximum du maximum de ces valeurs et la décision correspondante.

Étude de cas de la pêche de la langouste blanche brésilienne

46. Afin d�illustrer l�utilisation de tableaux de décision dans l�approche préventive de la gestion des pêches, ce document comprend un sommaire de la coopération du groupe de travail résultant du deuxième atelier sur la pêche de la langouste blanche, Panulirus argus, dans la région de la COPACO, tenu à Merida, Mexico du 1er au 12 juin 1998. Les membres de ce groupe étaient R.C.A. Carvalho, C.A.S. Rocha, J.A.N. Aragao et N.R.L. Conceicao.

47. L�exploitation de la langouste blanche au Brésil a commencé à la moitié des années 50 à Récife et Fortaleza. Cette pêche a enregistré une expansion rapide de la pêche depuis 1965, date à laquelle sa faisabilité, aussi bien technologiquement qu�économiquement, a été démontrée. Deux méthodes de pêche coexistent depuis cette époque : les pièges et les filets maillants. Trois flottilles exercent leur effort de pêche avec cette ressource : deux artisanales (avec et sans moteur hors-bord) ainsi qu�une flottille industrielle. Les premières opèrent dans les zones côtières tandis que la seconde évolue dans des écosystèmes plus profonds et éloignés. L�intensité de la pêche se concentre traditionnellement dans le nord-est du Brésil. Ces dernières années, de nouvelles zones de pêche ont été explorées, principalement des bancs situés dans le nord-ouest et le sud ouest. L�évolution de l�effort et des prises correspondantes figurent dans le Tableau 1 dans la section du Groupe 1 de ce rapport. L�intensité de pêche la plus forte s�exerce dans le nord-est du Brésil.

Modèle mathématique et paramètres bio-économiques

48. Le modèle mathématique décrivant la pêche au Brésil est un modèle bio-économique structuré en fonction de la dynamique de l�âge et par sexe. L�effort était concentré sur une unité d�effort appelée piège journalier, qui est la méthode de pêche dominante. Il faut souligner qu�à mesure que les données sur l�effort par méthode de pêche deviennent accessibles, il serait intéressant d�évaluer la dynamique de l�effort dans les différentes méthodes et les flottilles qui les appliquent. Des prix spécifiques correspondent au prix du navire x. Le coût unitaire de l�effort évalué lors de cet atelier devrait être révisé soigneusement afin de tenir en compte le nombre effectif de jours de pêche.

Tableaux de décision

49. Les tableaux de décision pour la réalisation des pêches pour une valeur actuelle nette (VAN) d�options de stratégies de gestion ont été créés pour différents états de nature et des options de gestion. Les états de nature font référence aux situations possibles du recrutement annuel.



Tableau 6. Tableaux de décision avec et sans probabilités mathématiques
Valeur actuelle nette des pêches (en millions de US$)

Décision
(10
3 jours de capture)

R1=3000000
P
1=0.3

R2=6000000
P
2=0.5

R3=9000000
P
3=0.2

VE

VAR

Libre accès

-18,9

136,9

299,5

122,7

12367,5

15000

149,0

322,4

495,8

305,1

14731,4

28000

140,8

328,9

517,0

310,1

17336,5



Critère Bayesien
Analyse des décisions à l�aide des probabilités mathématiques
(Perte des matrices de possibilités)

Décision

R1=3000000

R=6000000

R=9000000

 
 

P1=0.3

P2=0.5

P3=0.2

VE

D1

168.0

192.1

217.5

189.9

D2

0.0

6.5

21.2

7.5

D3

8.2

0.0

0.0

2.5

Le critère Bayesien est un processus qui aide la personne chargée de la gestion des pêches de langouste à choisir la décision qui minimise la perte prévue d�opportunités, dans ce cas précis, la décision D3.

Critère Minimax
Analyse des décisions sans l�aide des probabilités mathématiques
(Perte des matrices d�opportunités)

Décision

État de Nature 1

État de Nature 2

État de Nature 3

Max

 

R1=3000000

R2=6000000

R3=9000000

 

D1

168,0

192,1

217,5

217,5

D2

0,0

6,5

21,2

21,2

D3

8,2

0,0

0,0

8,2

Le critère Minimax évalue la perte maximum d�opportunités de chaque stratégie de gestion et choisit celle qui offre le minimum du maximum des pertes, dans ce cas précis, D3.



Critère Maximin
Analyse des décisions sans l�aide des probabilités mathématiques

Décision

État de Nature 1

État de Nature 2

État de Nature 3

Minimum

 

R1=3000000

R2=6000000

R3=9000000

 

D1

-18,9

136,9

299,5

-18,9

D2

149,0

322,4

495,8

149,0

D3

140,8

328,9

517,0

140,8

50. Le critère Maximin utilise le tableau de décision de la variable de rendement qui tient compte des valeurs résultantes pour un ensemble de combinaisons d�options de décisions et d�état de nature. Le critère calcule un vecteur des valeurs minima de la variable de rendement résultant de chaque option de décision de gestion. La personne chargée de la gestion des pêches de langouste choisit alors le maximum du minimum de ces valeurs et la décision correspondante, dans ce cas précis la décision D2. Il s�agit de l�approche de décision la plus préventive.

Analyse des décisions sans l�aide de probabilités mathématiques

Critère Maximax

Décision

État de Nature 1

État de Nature 2

État de Nature 3

Maximum

 

R1=3000000

R2=6000000

R3=9000000

 

D1

-18,9

136,9

299,5

299,5

D2

149,0

322,4

495,8

495,8

D3

140,8

328,9

517,0

517,0

Critère Maximax

51. Le critère calcule un vecteur des valeurs maxima pour la variable de rendement résultant de chaque option de décision de gestion. La personne chargée de la gestion des pêches de langouste choisit alors le maximum du maximum de ces valeurs et la décision correspondante, dans ce cas précis la décision D3.

Conclusions

52. Cette structure simple qui permet de considérer les coûts et les avantages découlant de la formation et de la coopération pour une gestion responsable des pêches constitue un exercice qui offre une base à de futurs débats en matière de planification et d�organisation de cours de formation et d�ateliers ayant pour objectif la mise en place d�une gestion responsable des pêches les pus importantes de la région de la COPACO. Un ratio coût-avantage de cette nature permet d�évaluer l�impact de la coopération sur l�évaluation et l�analyse bio-économique des pêches liées aux ressources chevauchantes. L�analyse bio-économique de la plateforme Trinité-Venezuela qui applique des critères de précaution à la gestion des pêches de crevettes dans le Golfe de Paria constitue une excellente étude de cas dans laquelle les bénéfices nets potentiels de la coopération dépassent considérablement les coûts de planification et d�organisation d�ateliers dont le but est de répondre à des questions de gestion spécifiques. Des efforts durables en formation et coopération encouragés par la FAO dans la région impliqueront la mise en place d�une stratégie de partage des prix raisonnable en accord avec la COPACO.

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