15. PRÉVENTION ET TRAITEMENT DES MALADIES DE POISSONS

MISE EN GARDE

Au cours des 10 dernières années, pendant lesquelles ce manuel a été successivement préparé, illustré, présenté, traduit et finalement imprimé, le danger potentiel de certains produits chimiques régulièrement utilisés pour la gestion de systèmes de culture aquacoles semi-intensifs et intensifs a été de plus en plus reconnu. C'est en particulier le cas pour le vert de malachite mentionné au chapitre 15, dont l'utilisation a été légalement interdite dans certains pays à cause de sa présence résiduelle à très long terme dans les poissons traités (GESAMP Reports and Studies No. 65, FAO, Rome, 1997).

15.0   Introduction

1. Les maladies de poissons risquent d'infliger aux fermes piscicoles des pertes graves dues à:

2. Bien qu'il soit dîffîcile d'éviter complètement les maladies de poissons, il est préférable de chercher à prévenir leur apparition plutôt que de les laisser se déclarer et d'essayer ensuite de les soigner après qu'elles ont commencé à créer des problèmes (voir section 15.2). Il est beaucoup plus difficile de traiter une maladie et cela exige généralement le concours d'un spécialiste. Lorsqu'un traitement approprié peut être mis en place, la maladie risque de s'être aggravée. Dans certains cas, les poissons qui survivent sont tellement affaiblis qu'il est difficile d'appliquer un traitement véritablement efficace.

3. Toutefois, plusieurs traitements simples et efficaces sont applicables, à titre de mesure de prévention ou de lutte précoce, avant que la maladie ne devienne trop grave. Ces méthodes sont décrites à la section 15.3. Dans tous les cas, vous devrez manipuler des produits chimiques et connaître leurs dangers, ainsi que leurs conditions d'utilisation (voir section 15.1)

Principales causes de maladie en pisciculture

4. Il existe différentes causes de maladie susceptible d'affecter les poissons directement ou de continuer à provoquer des problèmes de santé. Tout facteur qui soumet les poissons à un stress ou à une contrainte diminue sa résistance aux maladies et accroît les risques d'apparition de problèmes sanitaires.

5. Les trois principales causes de maladie sont:

(a) Alimentation inadéquate des poissons: les maladies nutritionnelles deviennent d'autant plus courantes que le système d'élevage devient plus intensif et que les poissons satisfont moins leurs besoins nutritifs à partir d'organismes naturels (voir chapitre 10).

(b) Stress causé aux poissons par l'exposition à un facteur ambiant extrême ou à une substance toxique- les chapitres précédents vous ont déjà donné des indications sur ces facteurs, notamment,

(c) Attaque des poissons par des organismes pathogènes efficaces, soit externes et affectant la peau, les branchies ou les nageoires, soit internes et présents dans le sang, le tube digestif, le système nerveux, etc. Des indications plus détaillées concernant ces organismes seront présentées à la section 15.3.

6. Les caractéristiques et la gestion des deux premières causes de maladie ont déjà été étudiées en détail plus haut; les sections qui suivent sont donc axées essentiellement sur la prévention et le traitement des maladies de poissons causées directement par des organismes vivants.

Cycle vital de Ichthyophthirius multifilis responsable de la maladie des taches blanches

 

 

Mode de développement en étangs d'élevage de maladies dues à des organismes vivants 

7. Le développement de maladies dues à des organismes vivants est favorisé par tout facteur de nature à stresser les poissons (voir ci-dessus paragraphe 5b)

8. Les risques de maladie deviennent encore plus importants lorsque les poissons sont exposés à plusieurs causes de stresss simultanées, par exemple à des manipulations lorsque la température de l'eau est inférieure à la normale ou à un surpeuplement en présence d'une teneur insuffisante en oxygène dissous, .

9. D'autres facteurs présents à la ferme piscicole peuvent aussi être à l'origine de la survie et de la propagation d'organismes pathogènes, ce qui rend la lutte contre la maladie encore plus difficile. Il s'agit notamment des facteurs suivants:

Cycle vital de Diplostomum spathaceum

Prévention des maladies grâce à une gestion adéquate

10. Comme indiqué plus haut, la prévention des maladies affectant les exploitations piscicoles est préférable à leur traitement. Il faut donc s'efforcer autant que possible de mettre en ceuvre de bonnes pratiques de gestion.

11. Veillez particulièrement aux points suivants:.

(a) Assurez une bonne qualité de l'eau: alimentation suffisante, teneur en oxygène dissous adéquate et eau non polluée (voir chapitre 2).

(b) Maintenez sain l'environnement de l'étang: empêchez l'envasement (voir Les étangs et leurs ouvrages, section 11.6), contrôlez les végétaux (voir section 4.9), préservez un bon équilibre entre phytoplancton et zooplancton (voir section 10.1) et remplacez l'eau si nécessaire. Au besoin, installez une aération mécanique (voir section 2.8). Désinfectez régulièrement l'étang (voir section 15.2).

(c) Maintenez les poissons en bonne santé: limitez la densité de stockage. Si nécessaire, stockez séparément les poissons de taille et de sexe différents pour limiter les manifestations d'agressivité. Assurez une bonne alimentation (voir chapitre 10). Manipulez les poissons de façon appropriée, en particulier lors de la récolte (voir chapitre 11) et des triages (voir chapitre 12). Répondez aux besoins des poissons lors des phases de stabulation (voir chapitre 13) et de transport (voir chapitre 14).

(d) Empêchez l'introduction d'organismes pathogènes provenant de l'extérieur de votre ferme piscicole

(e) Empêchez la multiplication d'organismes pathogènes dans l'enceinte de votre établissement piscicole 

15.1  Produits chimiques courants et leur utilisation à la ferme

1. La plupart des produits chimiques utilisés pour éliminer les organismes pathogènes sont des substances toxiques et ou provoquant des irritations de la peau et des voies respiratoires. Nombre de produits chimiques peuvent provoquer de graves problèmes de santé en cas d'ingestion ou d'absorption à travers la peau. Il faut manipuler avec soin les produits chimiques, les identifier clairement et les entreposer en lieu sûr, en particulier hors de la portée des enfants.

2. Lors de la manipulation des produits chimiques, prenez au moins les précautions suivantes:

3. D'autres précautions pour la manutention de produits de désinfection des étangs à l'air libre sont indiquées à la section 4.6.

Achat et entreposage de produits chimiques

4. La plupart des produits chimiques se détériorent avec le temps. Lorsque vous achetez des produits chimiques, vérifiez qu'ils sont encore de bonne qualité. Vérifiez leur date limite de validité ou leur date limite de vente éventuelle. Vérifiez en outre s'ils ont été entreposés correctement. Indiquez clairement sur chaque récipient la date de l'achat.

5. Pour l'entreposage des produits chimiques, utilisez un local frais, sombre et sec, pouvant être fermé à clé. Certains produits chimiques doivent être stockés en réfrigérateur; vérifiez l'état des étiquettes ou du mode d'emploi. En règle générale, les produits chimiques se détériorent plus rapidement lorsqu'il fait chaud. Tenez soigneusement à jour un inventaire et assurez une bonne rotation des stocks

Détermination de la concentration des produits chimiques et de leurs solutions

6. Les produits chimiques de traitement sont coûteux et risquent d'être toxiques pour les poissons en cas de dosage erroné. Il est donc essentiel de savoir et de comprendre comment est exprimée la concentration de ces produits et comment calculer les dosages. Vous devrez ainsi vous familiariser avec les concentrations des solutions chimiques, les unités de traitement et les facteurs de conversion correspondants. Vous serez alors en mesure d'éviter de gaspiller ces produits et de subir des pertes de poissons.

7. Les produits chimiques de traitement contiennent un ou plusieurs ingrédients toxiques destinés à neutraliser ou à tuer les organismes pathogènes. Il s'agit des matières actives (MA). Le contenu en matières actives dépend du produit chimique considéré. La concentration en MA est exprimée en pourcentage du poids total ou du volume du produit chimique 

Exemple

8. La pratique ordinaire consiste à diluer les produits chimiques solides ou liquides dans l'eau et à préparer:

9. Ces solutions sont préparées de façon à obtenir une force ou une concentration recommandée, exprimée sous forme de:

10. Ayez bien soin de vérifier s'il s'agit du produit chimique ou de la matière active. Vous trouverez ci-dessous des exemples de préparation de solutions. On peut exprimer de différentes façons la concentration d'une substance (produit chimique ou matière active) dans une solution:

(a) En termes de poids présent dans le volume de la solution, par exemple en milligrammes par litre de solution (mg/l), en grammes par mètre cube (1 000 l) de solution (g/m³), ou en grammes par 25 l de solution (g/25 l).

(b) En termes de volume présent dans le volume de la solution, par exemple en millilitres par litre de solution (ml/l), en millitres par mètre cube de solution (ml/m³), ou en millilitres par 10 l de solution (ml/10 l).

A toutes fins pratiques, vous pouvez considérer que:

1 ml d'eau pèse 1 g
1 l    d'eau pèse 1 kg

(c) En pourcentage, le nombre de parties (normalement en termes de poids) présentes dans 100 parties de solution.

Exemple

Une solution à 1,5 pour cent de sel contient 1,5 g de sel par 100 g = 100 ml de solution, soit 15 g/l; une solution à 5 pour cent de formol contient 5 ml par 100 ml de solution, soit 50 ml/l.

(d) En parties par million (ppm), soit le nombre de parties de la substance considérée présente dans 1 million de parties de la solution; en termes de poids, cela équivaut à des mg/l ou des g/m³, ou encore en termes de volume à des ml/m³, de solution.

Exemple

Une solution à 10 000 ppm de sel est en fait une solution à 10 000 mg/l cela représente 10 g de sel par litre. Une solution à 160 ppm de formol contient 160 ml/m³ de formol; cela équivaut à 0, 16 ml de formol par litre de solution.

(e) En termes de rapport, soit le nombre de parties de la solution par partie de matière active, par exemple, une solution 1:4 000 dans laquelle chaque millilitre de matière active est présent dans 4 000 ml de solution (1 ml/4 l).

Note: Pour obtenir une valeur en pprn à partir d'un rapport, il suffit de multiplier ce rapport par 1000 000, comme indiqué dans le tableau ci-contre.

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Calcul de la quantité d'une substance chimique à employer

11. Comme indiqué plus haut, vous pouvez avoir besoin de préparer une solution mère, une solution de travail ou encore une dose de traitement du produit chimique considéré. La concentration requise devra être fixée en fonction du type de produit et du traitement à appliquer (voir sections 15.2 et 15.3), et les quantités employées seront fonction de la concentration ainsi que du volume global du conteneur, du bac ou de l'étang à traiter.

12. Le calcul de la quantité à employer dépend des unités choisies pour exprimer la dose à appliquer (voir paragraphes 9 et 10) et du pourcentage de matière active présente dans les produits chimiques.

13. En cas d'utilisation d'un produit chimique contenant 100 pour cent de MA, choisissez l'une des façons de procéder suivantes:

(a) Si la concentration est indiquée en termes de poids ou de volume de MA par volume de solution, multipliez cette concentration par le volume total d'eau à traiter

Exemple

(b) Si la concentration est indiquée en pourcentage, multipliez cette concentration (exprimée sous forme d'un nombre décimal) par 1 000 fois le volume d'eau (en l) pour obtenir la quantité de produit chimique en millilitres ou en grammes.

Exemple

Le dosage de traitement préconisé est une solution de sel de cuisine à 2 pour cent. Votre tonneau en plastique contient 30 l d'eau; Il vous faudra donc 0,02 x 1 000 x 30 l = 600 g de sel.

(c) Si la concentration est indiquée en parties par millions (ppm), multipliez cette concentration par le volume d'eau (en l). Divisez ensuite le résultat par 1000 pour obtenir la quantité de produit chimique en millilitres ou en grammes.

Exemple

Le dosage préconisé est de 100 ppm de sulfate de cuivre; la contenance de votre auge est de 500 l d'eau. Il vous faudra (100 ppm x 500 l)÷ 1000 = 50 g de sulfate de cuivre.

(d) Si la concentration est indiquée sous forme de rapport, multipliez cette concentration par 1 000 fois le volume d'eau (en l) pour obtenir la quantité de produit chimique en millilitres ou en grammes.

Exemple

La concentration préconisée est de 1:6 000 de formol; si votre bassin contient 2 000 l d'eau, il faudra (1÷ 6 000) x 1 000 x 2 000 l = environ 333 ml de formol.

14. En cas d'utilisation d'un produit chimique contenant moins de 100 pour cent de matière active, divisez le résultat obtenu au terme des calculs ci-dessus par le pourcentage de matière active (exprimé sous forme d'un nombre décimal) contenu dans le produit chimique.  

Exemple

Le dosage préconisé d'un insecticide contenant 80 pour cent de matière active est de 0,5 ppm de MA. L'étang contient 50 m³ = 50 000 l d'eau :

15. Les sections suivantes vous indiqueront comment appliquer les calculs ci-dessus dans votre ferme piscicole. A cet effet, il vous faut d'abord savoir:

Mesure des quantités de produits chimiques

16. Pour peser des produits chimiques en poudre, en cristaux, etc., il faut une balance suffisamment précise dans un domaine de mesure déterminé.

17. Pour mesurer de petites quantités, vous pouvez utiliser par exemple une simple balance à fléau de précision ou une petite balance à ressort, offrant une précision suffisante pour des mesures comprises entre 1 et 125 g.

18. Pour mesurer des quantités plus importantes, il faut une bonne balance à fléau ou une balance à ressort semblable à celle utilisée pour peser les poissons (voir section 8.6), offrant une précision adéquate dans le domaine de mesure allant de 100 g à quelques kilogrammes, en fonction des volumes d'eau que vous prévoyez de traiter.

19. Pour des quantités inférieure à 1 g, utilisez des solutions mères ou des solutions de travail (voir paragraphes 25 à 27).

20. Pour mesurer des volumes de produits chimiques liquides, il faut une série d'éprouvettes en plastique à pied graduées, dont la contenance va généralement de 10 ml à 500 ml. La mesure est d'autant plus précise que la capacité de l'éprouvette est petite.

Note: Il est possible de se procurer ce matériel auprès de fournisseurs d'équipement scolaire, médical ou de laboratoire, ou encore dans des magasins de matériel photographique.

21. Pour mesurer de petits volumes, de l'ordre de un à plusieurs millilitres, il est préférable d'utiliser soit une seringue médicale (capacité de 2 à 5 ml), soit une pipette graduée ou à ampoule. Ces fournitures peuvent être obtenues sur place, dans une pharmacie, une quincaillerie ou un centre médical.

22. Pour des volumes inférieurs à 1 ml, utilisez des solutions mères ou des solutions de travail (voir paragraphes 25 à 27).

Détermination des volumes d'eau

23. Dans un manuel précédent de cette collection (voir L'eau, section 2.0), vous avez appris à déterminer le volume d'eau contenu dans un étang en multipliant sa superficie par la profondeur moyenne. Il ne faut pas oublier que ces deux valeurs sont susceptibles d'évoluer dans le temps. Vérifiez s'il y a lieu de corriger votre estimation du volume d'eau en conséquence, avant d'appliquer un traitement.

24. Procédez comme suit pour déterminer le volume des différents ouvrages ou de divers types de conteneurs.

(a) Pour des bacs ou des fûts circulaires, multipliez la superficie de la base (en m²) par la profondeur d'eau (en m). Calculez la superficie de la base par la formule 3,14 x (D² ÷ 4), avec D (en m) comme diamètre intérieur de la base.

(b) Pour une auge, un bac ou un conteneur rectangulaire, multipliez la superficie de la base (en m²) par la profondeur d'eau (en m). Calculez la superficie de la base en multipliant la longueur intérieure (en m) par la largeur intérieure (en m)

(c) Pour des bacs rectangulaires dont les parois sont inclinées, utilisez la largeur et la longueur moyenne (à mi-hauteur d'eau) pour calculer la superficie.

(d) En ce qui concerne les conteneurs en forme de tonneau, entièrement pleins, calculez la superficie intérieure de la section à mi-hauteur et de la base. Déterminez la valeur moyenne de ces deux superficies (en m2) et multipliez la par la profondeur d'eau (en m).

(e) Pour des bacs ou des fûts circulaires dont les parois sont Inclinées, utilisez la superficie moyenne comme dans le cas des conteneurs en forme de tonneau, en utilisant le diamètre à la base et au niveau d'eau supérieur. Multipliez la superficie moyenne par la profondeur d'eau.

(f) Dans le cas de tonneaux partiellement remplis:

(g) Pour de petits récipients ou pour des récipients de forme irrégulière: déterminez le volume d'eau en les remplissant jusqu'à la hauteur d'eau voulue au moyen d'un récipient de volume connu, par exemple une bouteille, une boite ou un seau.

Détermination du volume d'eau contenu
dans différents types de récipients

Note: Il peut être utile de marquer à la peinture ou à l'encre indélébile les niveaux d'eau correspondant aux volumes d'eau que vous utilisez habituellement. Des relevés correctement établis vous permettront de doser rapidement et de façon précise des volumes d'eau déterminés. 

Exemple

Le diamètre intérieur d'un bac circulaire est D = 3 m et la profondeur d'eau est de 0,80 m. Le volume d'eau est égal à 3,14 x [(3 m x 3 m) ÷4)] x 0,80 m = 5,652 m³

Les dimensions intérieures d'une auge d'incubation sont de 1,50 m x 0,40 m. La profondeur d'eau est de 0,25 m. Le volume est donc égal à 1,50 x 0,40 x 0,25 m = 0,15 m³ = 150 l.

Le diamètre intérieur d'un fût métallique est de 0,58 m. La profondeur d'eau est de 0,70 m. Le volume d'eau est égal à 3,14 x [(0,58 x 0,58 m) ÷ 4)] x 0,70 m = 0, 185 m³ = 185 l.

Un tonneau en plastique d'un diamètre de 0,50 m à mi-hauteur a un diamètre de base de 0,38 m (dimensions intérieures). La profondeur d'eau est de 0,75 m. La superficie de la section située à ml-hauteur est de 3,14 x [(0,50 x 0,50 m) ÷ 4) = 0,196250 m². La superficie de la base est de 3,14 x [(0,38 x 0,38 m) ÷ 4] = 0,113354 m². La superficie moyenne des sections transversales est de (0,196250 m² + 0,113354 m²) ÷2 = 0,154802 = 0,155 m² Le volume d'eau est égal à 0, 155 m² x 0,75 m = 0,11625 m³ = 116,25 l.

Utilisation des solutions mères et des solutions de travail

25. La précision des balances et des éprouvettes sur pied généralement disponibles est insuffisante pour mesurer de très petites quantités de produits chimiques, par exemple des fractions de gramme ou de millilitre. Il est alors préférable de préparer une solution mère plus concentrée, à partir de laquelle la solution utilisée en définitive est obtenue. Il est généralement possible de stocker la solution mère et de l'utiliser ensuite en fonction des besoins. Dans certains cas, la solution mère peut être diluée de façon à obtenir une solution de travail, qui peut servir pendant un laps de temps bref, par exemple pendant un ou deux jours, pour être diluée en fonction des besoins.

26. Les solutions mères et les solutions de travail sont généralement préparées à certaines concentrations facilitant leur utilisation. Par exemple :

Préparation des solutions mères et des solutions de travail

27. Vous pouvez :

Exemple

Supposons que vous deviez appliquer un traitement dosé à 1mg/l à un stock de poissons contenu dans des fûts de 50 l. Vous avez un récipient de 20 ml pour doser le produit. Quelle force de solution faut-il employer pour obtenir le dosage approprié, à raison d'un plein récipient par seau?

Il faut 50 l x 1 mg/l = 50 mg du produit pour traiter un seau de 50 l. Il vous faut donc 50 mg dans chaque récipient de 20 ml. La concentration requise de la solution est donc égale à 50 mg/ 20 ml = 50 mg x (1 000 ml ÷ 20 ml) = 2 500 mg/l ou 2,5 g/l.

Note: N'essayez pas de préparer des solutions en dépassant les limites de solubilité du produit utilisé; le fournisseur peut vous indiquer les valeurs de ces limites. Lorsqu'on dissout des produits solides, cette limite de solubilité est mise en évidence quand le produit excédentaire reste en suspension dans le liquide. En règle générale, il convient toutefois d'essayer de préparer des solutions mères très concentrées, parce qu'elles se conserveront mieux habituellement et seront moins affectées par les contaminations accidentelles.

Stockage et distribution des solutions mères et des solutions de travail

28. Les solutions mères et les solutions de travail doivent être stockées dans des bouteilles propres, de préférence en verre sombre. Il est par ailleurs possible d'assombrir une bouteille en verre clair ou en plastique en l'entourant de ruban adhésif noir. Etiquetez clairement la bouteille en indiquant le type de produit chimique, sa date de préparation, sa concentration et son mode d'emploi, par exemple: solution mère de vert de malachite, préparée le 6.6.90, 100 g/l - utiliser 2 ml/ 100 l pour préparer une solution à 2 mg/l.

29. Certains produits chimiques réagissent à d'autres matériaux, en particulier aux matières plastiques domestiques à bon marché. Il faut dans la mesure du possible ne pas utiliser ces matériaux.

30. Les bouteilles doivent être convenablement bouchées, de préférence au moyen d'un bouchon de verre, de caoutchouc ou de liège qui ne réagira pas avec les matières actives.

31. Les produits chimiques doivent être stockés dans un lieu frais, réfrigéré si nécessaire.

32. Pour mesurer une quantité prélevée d'une solution mère ou d'une solution de travail, versez un échantillon dans un récipient en verre propre pour vérifier que le produit ne s'est pas détérioré. Si la qualité est acceptable, versez approximativement la quantité requise, puis mesurez-la de façon précise au moyen d'une pipette propre, d'une seringue ou d'une éprouvette de mesure.

33. Sinon, prélevez la quantité requise au moyen d'une pipette propre ou d'une seringue, et vérifiez ensuite si sa qualité est encore acceptable.

34. Ne mélangez pas une solution de travail non utilisée à la solution mère car elle peut être contaminée par les accessoires de mesure ou après exposition à l'air libre.

Produits chimiques couramment utilisés par les pisciculteurs

35.plusieurs produits chimiques sont utilisés couramment par les pisciculteurs pour prévenir et soigner les maladies des poissons (voir tableau 39).

36. Les chaux et le cyanamide de calcium sont particulièrement utiles pour éliminer les parasites des étangs drainés (voir section 4.6).

37. Des sous-produits agro-industriels, tels que le son de riz, les molasses et les brisures de tabac, sont utilisables à des fins analogues (voir section 4.6).

38. Des poisons organiques comme la roténone et la saponine peuvent éliminer les parasites des étangs non drainés (voir section 4.7).

39. L'eau de Javel est une solution diluée d'hypochlorite de sodium, qui peut faire office de produit général de désinfection des équipements non métalliques et des lieux de travail. Comme le chlore actif s'évapore rapidement, une solution fraîche doit être employée dans un délai de deux jours.

40. Un agent de blanchiment chloré liquide est constitué d'une solution plus forte dont la teneur en chlore actif est de 13 pour cent. Il est possible de la diluer ou de l'utiliser directement comme puissant agent de désinfection, par exemple pour stériliser des bacs.

41. Sous forme de poudre, un agent de blanchiment chloré contient 33 pour cent de chlore actif. Il constitue un agent de désinfection extrêmement puissant, et son utilisation est particulièrement précieuse pour la désinfection des bacs.

42. Les iodophores sont des composés iodés organiques vendus à l'état de liquide brunâtre, sous différents noms commerciaux tels que Wescodyne, Romeiod, FAM 30 et Buffodine. Il s'agit d'excellents produits de désinfection, mais extrêmement toxiques pour les poissons. Leur teneur en matière active varie d'une marque à l'autre; il convient donc de la vérifier soigneusement avant toute utilisation. Une solution concentrée peut être stockée plusieurs mois dans un lieu frais et sombre. La solution diluée reste active pendant une semaine, après quoi elle vire du brun au jaune clair.

43. Les ammoniums quaternaires (chlorures de benzalkonium) sont généralement commercialisés sous forme de poudre ou de solution sous différents noms commerciaux tels que Roccal (10 à 50 pour cent de MA) et Hyamine 3500 (50 pour cent de MA). Il s'agit d'excellents produits de désinfection susceptibles d'être réutilisés pendant une semaine.

44. Le sel ordinaire analogue au sel de cuisine est généralement une substance chimique à bon marché et facilement disponible (chlorure de sodium). En solution, il permet non seulement de détruire un certain nombre d'organismes pathogènes, mais il a en outre des effets positifs sur les poissons en stimulant leur appétit et en augmentant leurs sécrétions muqueuses, ce qui améliore leur résistance aux manipulations. Suivant l'espèce considérée, des teneurs excessives risquent toutefois de stresser les poissons. Ainsi, les cyprinidés sont plus sensibles que les salmonidés.

45. Le formol est la désignation commerciale d'une solution à 35-40 pour cent de gaz aldéhyde formique dans l'eau. Evitez les solutions contenant du méthanol. Le formol est toxique pour les poissons, en particulier en eau douce. Comme il réduit les teneurs en oxygène dissous, il faut vérifier que l'eau de traitement reste suffisamment oxygénée. Ce produit toxique provoquant des irritations des yeux et des poumons doit être manipulé avec beaucoup de précautions et dans un local bien aéré. Particulièrement vulnérable à la lumière, il doit en outre être stocké dans des bouteilles sombres. Vérifiez toujours la présence éventuelle d'un dépôt blanc au fond de la bouteille. En pareil cas et avant toute utilisation, ce dépôt extrêmement toxique de paraformaldéhyde doit être filtré. Le formol ne doit jamais se trouver au contact d'un équipement métallique. Pour déterminer les quantités à utiliser, n'oubliez pas qu'il s'agit en principe d'un produit chimique contenant 100 pour cent de MA.

46. Le vert de malachite est vendu sous forme de poudre de cristaux bleu-vert à vert, ou encore de solution de différentes concentrations. Pour éviter de graves pertes de poissons, il convient d'utiliser le produit sans zinc de qualité médicale. Il ne faut pas l'utiliser en présence de zinc ou de fer. Ce produit doit être manipulé avec précaution, en évitant tout contact avec la peau. Si possible, utilisez un lot d'essai puisque la qualité et la toxicité de ce produit peuvent varier considérablement d'un lot à l'autre.

Note: Dans les pays chauds, il est plus sûr d'utiliser un mélange faiblement dosé de formol et de vert de malachite, connu sous le nom de mélange Lateux-Meyer. Ces deux produits chimiques peuvent être mélangés et stockés avant utilisation.

47. Le permanganate de potassium est une poudre cristalisée violette. Il s'agit d'un bon produit de désinfection, en l'absence néanmoins de matières organiques qui le détruisent. En solution, il doit être conservé dans une bouteille sombre.

48. Le sulfate de cuivre est vendu sous forme de poudre bleu-clair qui se dissout facilement dans l'eau; il se présente aussi dans de nombreux cas sous forme de cristaux bleus, qui doivent cependant être suffisamment petits pour se dissoudre facilement; ce produit relativement bon marché est par ailleurs fortement toxique pour les humains comme pour les poissons. Il convient de le stocker en lieu sûr et de le manipuler convenablement (voir également section 4.9).

49. Les insecticides agricoles sont généralement des organophosphates vendus sous différentes appellations commerciales, telles que Bromex, Dipterex, Dylox, Flibol, Masoten et Neguvon. Vérifiez soigneusement le pourcentage de matière active qu'ils contiennent. Ils sont souvent extrêmement toxiques pour plusieurs autres organismes aquatiques, notamment le zooplancton, ainsi que pour les humains et les animaux domestiques. Dans les étangs, ils se décomposent normalement en quelques jours. Leur toxicité pour les organismes pathogènes diminue généralement lorsque la température de l'eau dépasse 30ºC.

TABLEAU 39
Produits chimiques courants de traitement préventif et curatif des maladies des poissons
(P, traitement préventif, voir section 15.2; C, traitement curatif, voir section 15.3)

Variations de la toxicité des produits chimiques

50. Il ne faut jamais oublier que la toxicité de ces produits chimiques pour les poissons peut varier fortement en fonction de la qualité de l'eau. En règle générale, la toxicité augmente:

51. Vérifiez la qualité de votre eau et recherchez dans le tableau ci-dessous le produit chimique que vous comptez utiliser. Vous prendrez connaissance d'indications complémentaires sur la toxicité lors du choix du traitement (voir section 15.3).

Variations de la toxicité en fonction de la qualité de l'eau
l:augumentation de la toxicicité; D: diminution de la toxicité; O: aucun effet.

Note: La toxicité varie comme indiqué lorsque le facteur de qualité de l'eau augmente.

Traitement de poissons au moyen des produits chimiques considérés

52. Une description de l'utilisation des produits chimiques du premier groupe indiqués dans le tableau 39 figure plus haut (voir sections 4.6 et 4.7). Dans le cas des autres produits chimiques, trois méthodes sont couramment utilisées.

53. Dans le traitement par immersion, les poissons sont placés très brièvement (généralement moins d'une minute) dans une solution relativement forte du produit chimique considéré. Procédez comme suit: 

54. Dans le traitement par bain, les poissons sont placés dans une solution statique moins concentrée du produit chimique considéré pendant une période de temps plus importante, pouvant aller de quelques minutes à une heure (bain court) dans un bain de concentration moyenne et jusqu'à 24 à 48 heures (bain prolongé) dans un bain de concentration très faible. Procédez comme suit :

(a) Pour un bain court, diluez dans un arrosoir en plastique la quantité de produit chimique requise pour le volume d'eau à traiter. Abaissez le niveau de l'eau dans l'auge ou dans le bac circulaire dans une proportion d'un tiers ou de la moitié. Rétablissez l'arrivée d'eau tout en dispersant sur toute la superficie le produit chimique précédemment préparé. Si nécessaire, brassez l'eau au moyen d'un balai propre, d'un agitateur ou d'un aérateur, afin de disperser uniformément le produit chimique dans toute la masse d'eau. Coupez l'arrivée d'eau dès que le niveau a atteint sa valeur normale. Procédez au traitement pendant la durée prescrite. Videz ensuite l'eau aux deux tiers tout en rétablissant le débit d'alimentation.

(b) Pour un bain prolongé, arrêtez l'arrivée d'eau alimentant le bac ou l'étang. Evacuez de l'eau et réduisez le volume d'eau en le ramenant à une valeur minimale acceptable compte tenu de la densité de poissons et de la température de l'eau. Déterminez le volume d'eau et la quantité requise de produits chimiques. Diluez ce produit chimique au moins 100 fois, par exemple dans plusieurs petits seaux en plastique, avant de procéder à l'application. Ajoutez cette solution diluée au bac ou à l'étang, en la dispersant autant que possible sur toute la superficie et en la mélangeant bien à l'eau du bassin. Appliquez le traitement pendant la durée prescrite. Ouvrez ensuite l'arrivée d'eau et faites monter le niveau d'eau jusqu'à sa hauteur normale. Si nécesssaire, vidangez la bassin de nouveau et remplissez-le.

(c) Si vous utilisez un produit chimique qui colore fortement l'eau, tel que le vert de malachite, vous pouvez ouvrir l'arrivée d'eau, verser le produit chimique déjà dilué dans l'eau d'arrivée et suivre son mouvement à travers l'auge, le bac ou l'étang. Lorsque la couleur apparaît à l'évacuation, fermez simultanément l'entrée et la sortie d'eau. Une fois le traitement terminé, procédez comme indiqué précédemment.

55. Dans le traitement par tamponnement, le produit chimique concentré est appliqué directement à chaque poisson, généralement au moyen d'un tampon de coton ou d'une éponge. Cette méthode est réservée habituellement aux géniteurs de valeur élevée, présentant des blessures ou des infections spécifiques. Les poissons doivent être manipulés très soigneusement pour éviter les effets préjudiciables d'un stress supplémentaire.

56. Il existe deux autres méthodes d'utilisation des produits chimiques; elles sont néanmoins plus difficiles à appliquer correctement et à mettre en oeuvre en toute sécurité:

15.2   Prévention des maladies par désinfection

1- Vous avez appris dans les pages qui précèdent que la prévention des maladies est toujours préférable à leur traitement. Ainsi, une bonne désinfection est le meilleur moyen d'empêcher l'introduction et la propagation de maladies dans votre ferme piscicole; la présente section doit vous apprendre à désinfecter le matériel, les bacs et les étangs, ainsi que les oeufs, les juvéniles et les stocks de géniteurs.

Désinfection du matériel des fermes piscicoles

2. A des fins de sécurité et d'hygiène, il convient de désinfecter régulièrement les équipements suivants :

3. Procédez comme suit pour désinfecter correctement ce matériel:

(a) Nettoyez-le soigneusement par brossage et rinçage.

(b) Appliquez l'une des solutions chimiques indiquées dans le tableau ci-contre, au moyen d'une éponge ou d'une brosse; dans la mesure du possible, plongez entièrement l'équipement considéré dans la solution. Utilisez de préférence des gants.

(c) Attendez 10 à 15 minutes.

(d) Rincez soigneusement à plusieurs reprises pour éliminer toute trace de toxicité

Désinfection du matériel
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Désinfection des bacs

4. Les bacs d'élevage, de stockage et de transport peuvent être désinfectés au moyen des produits chimiques indiqués dans le tableau ci-dessous. Nettoyez soigneusement le bac, en particulier dans les angles et près des points de drainage. Appliquez la solution conseillée soit à la main avec une brosse ou une éponge, soit au moyen d'un pulvérisateur agricole. Protégez-vous correctement en portant des gants, un masque, des cuissardes, en particulier pour procéder à une pulvérisation.

Désinfection des bacs

Désinfection des étangs en terre

5. Vous avez appris précédemment:

Désinfection des oeufs de poisson

6. Les oeufs de poisson peuvent constituer des causes majeures de transfert des maladies des géniteurs infectés aux alevins. Pour cette raison, tous les oeufs doivent être soigneusement désinfectés avant d'être transférés dans d'autres installations. Il convient de procéder comme suit pour obtenir de meilleurs résultats:

(a) Préparez une nouvelle solution à 50 ppm de MA d'un iodophore, par exemple:

Vous aurez besoin d'une importante quantité de cette solution, au moins 40 l pour 100 000 oeufs. 

(b) Ajustez le pH de cette solution à environ 7 au moyen d'une solution tampon convenablement choisie, par exemple du bicarbonate de soude (environ 100 mg/l )

(c) Ajustez la température de cette solution à la température d'incubation des oeufs (voir section 9.3).

(d) Utilisez cette solution pour soumettre chaque lot d'oeufs à un bain court de 10 minutes. Lorsque la solution vire au jaune, remplacez-la par une solution fraîchement préparée.

(e) Rincez les oeufs soigneusement à trois reprises dans une eau propre, à la température d'incubation.

(f) Remettez les oeufs en place de façon à poursuivre leur incubation

Note: Il est possible d'appliquer ce traitement aux oeufs soit immédiatement après fertilisation, soit plus couramment lorsqu'ils atteignent le stade embryonné (voir section 9.3).

7. Si vous exploitez votre propre écloserie, il est préférable de traiter régulièrement les oeufs contre les infections très courantes dues au champignon Saprolegnia (voir section 15.3). Il existe plusieurs traitements en fonction du type d'incubateur utilisé.

(a) En cas d'incubation des oeufs dans une jarre verticale (voir section 9.3), procédez comme suit:

(b) En cas d'incubation des oeufs dans une auge, procédez de manière analogue. Arrêtez le débit d'arrivée d'eau et traitez les oeufs dans une solution à 1 ppm de vert de malachite pendant environ 5 minutes.

(c) En cas d'impossibilité de traiter les oeufs dans l'incubateur proprement dit, il convient d'attendre qu'ils se soient développés jusqu'au stade embryonné. Vous pouvez alors les sortir soigneusement pour les soumettre à un bain de courte durée dans une solution de vert de malachite:

ATTENTION: Il est toujours plus sûr d'effectuer des essais préliminaires lors de l'utilisation d'un lot de produits chimiques ou en cas d'application à une espèce de poissons pour la première fois, afin de déterminer quand et comment procéder sans risques (voir section 15.3).

Désinfection des stocks de géniteurs

8. Si vous introduisez de nouveaux géniteurs dans votre ferme piscicole, il convient de les désinfecter dès leur arrivée. Procédez comme suit:

(a) Mettez en stabulation les nouveaux géniteurs dans un bac ou un petit étang distinct des autres zones d'élevage, en leur fournissant un approvisionnement en eau dont l'évacuation ne se déverse pas dans d'autres unités d'élevage.

(b) Traitez les poissons dans un bain de permanganate de potassium pendant 1 heure, à la dose de 5 à 10 ppm suivant la qualité de l'eau (voir tableau à la section 15.1, paragraphe 51).

(c) Deux jours plus tard, traitez les poissons dans un bain de formol d'au moins 4 heures à une concentration de 10 à 15 ppm suivant la qualité de l'eau (voir tableau à la section 15.1, paragraphe 51). Sinon, vous pouvez également utiliser une solution mixte de vert de malachite et de formol (3,3 g de vert de malachite par litre de formol) pour un bain de 1 heure à une concentration de 25 ppm

9. Une méthode plus simple mais généralement moins efficace consiste à utiliser un bain court de 10 minutes dans une solution de sel à 2,5 pour cent.

10. Après la reproduction, les poissons deviennent assez sensibles au développement de champignons tels que Saprolegnia (voir section 15.3). Il est possible d'éviter cette prolifération en désinfectant l'eau de stabulation des géniteurs qui ont frayé:

Note: Pour tous les traitements à base de produits chimiques appliqués à vos poissons, observez les précautions standard, avant et pendant le traitement, comme indiqué à la section 15.3.

Désinfection des alevins avant empoissonnement

11. Lorsque les alevins sont produits dans des systèmes à caractère plus intensif tels que les écloseries modernes, il est préférable de les désinfecter systématiquement avant empoissonnement. Suivant le système d'élevage utilisé, cette opération est effectuée couramment:

12. Pour désinfecter les alevins pendant leur stabulation, procédez comme suit:

(a) Préparez la solution chimique dans un récipient en plastique à grande ouverture:

Note: Préparez une solution mère de vert de malachite en dissolvant 2 g dans 10 l d'eau. Utilisez ensuite 0,5 mi de cette solution mère par litre d'eau pour obtenir une solution à 0, 1 ppm.

(b) Placez une poche de filet à mailles fines à l'intérieur du conteneur.

(c) Traitez des lots successifs de poissons dans ce filet:

(d) Replacez ensuite les poissons en eau propre et convenablement oxygénée pour les maintenir en stabulation jusqu'au moment du transport (voir section 13.2).

13. Pour désinfecter des alevins pendant leur transport préparez à l'avance, par exemple dans un sac de plastique ou une bouteille, la quantité de produit chimique nécessaire pour traiter le volume d'eau présent dans le conteneur de transport.

14. Si les poissons sont directement stockés dans un étang à partir du conteneur, sans manipulation supplémentaire, interrompez le transport 3 à 4 minutes avant l'arrivée à l'étang. Versez la solution chimique dans le conteneur et dissolvez-la soigneusement dans l'eau. Reprenez le transport et stockez les poissons dans l'étang immédiatement à l'arrivée.

15. Si le stockage des poissons exige leur manipulation, versez la solution chimique dans le conteneur 3 ou 4 minutes avant de commencer à stocker les poissons dans le bassin.


Note: Observez les précautions standard à suivre avant et pendant le traitement, comme indiqué ci-après à la section 15.3

15.3   Maladies des poissons et traitements possibles

Symptômes des maladies des poissons

1. Hormis des signes évidents tels que la présence de poissons morts ou agonisants, beaucoup d'autres symptômes indiquent que les poissons ne sont pas en bonne santé.

Symptômes courants de maladie chez les poissons
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2. Observez fréquemment vos poissons, par exemple lorsque vous les nourrissez. Apprenez à bien connaître leur comportement et leur aspect sous l'eau lorsqu'ils sont en bonne santé, pour pouvoir déceler dès que possible toute anomalie. La consultation du tableau ci-contre vous facilitera la tâche.

Identification de la cause de maladie

3. Il n'est pas facile d'identifier dans un étang de pisciculture la cause des problèmes sanitaires des poissons. Deux situations courantes sont néanmoins faciles à identifier.

(a) Une proportion importante (sinon la totalité) des poissons présentent des signes de détresse ou meurent subitement, avec seulement certains des symptômes mentionnés ci-dessus (tels que pipage ou bouche ouverte): la cause est un stress préalable (par exemple une manipulation brutale ou un transport effectué dans de mauvaises conditions) et/ou une mauvaise qualité de l'eau (souvent une faible teneur en oxygène dissous), ou encore la présence d'une substance toxique telle que pesticide ou agent polluant. Vous avez appris quels sont les signes et les causes probables de faibles teneurs en oxygène (voir section 2.5)

(b) Seuls quelques poissons sont morts, tandis que d'autres présentent des signes de détresse. Généralement, quelques poissons meurent au bout de plusieurs semaines, certains des symptômes cl-dessus étant présents.  La cause est alors une alimentation inadéquate et/ou le développement de certains organismes pathogènes. Examinez attentivement les poissons en observant leur comportement natatoire et leurs réactions aux distributions d'aliments. Sortez au filet quelques poissons dont l'état vous semble douteux et cherchez, si possible à l'aide d'une loupe, des signes physiques apparents de maladie. Prélevez des échantillons de la peau et des branchies en vue de leur examen ultérieur au microscope, soit à la ferme (voir paragraphe 14), soit dans un laboratoire vétérinaire ou médical facile d'accès.

4. En cas de doute, n'hésitez pas à faire appel à l'aide spécialisée, par exemple d'un service de vulgarisation vétérinaire. Relevez précisément toutes les circonstances observées, pour fournir autant d'informations que possible, propres à faciliter le diagnostic du spécialiste.

Quels sont les organismes vivants responsables de maladies chez les poissons

5. On distingue trois principaux groupes d'organismes vivants susceptibles de provoquer des maladies chez les poissons:

6. Les virus sont des organismes pratiquement invisibles. Leur détection et leur identification, exige des techniques de laboratoire hautement spécialisées. La lutte contre les maladies virales est délicate et exige les conseils de personnes compétentes.

7. Les bactéries sont des organismes monocellulaires minuscules (de 1 à 12 nm) qui vivent généralement en colonies. Leur détection et leur identification en règle générale doivent également faire appel à des techniques de laboratoire spéciales. Le traitement des maladies bactériennes telles que les nécroses de la queue et des nageoires, ainsi que les ulcères de la peau, exige l'avis de personnes compétentes et expérimentées.

Maladies bactériennes

8. Les parasites sont de petits ou très petits organismes, constitués d'une ou de plusieurs cellules, qui se développent à l'intérieur ou à l'extérieur du corps.

(a) Les parasites internes des poissons sont très difficiles à éliminer. Bien que leurs effets soient parfois aisément identifiables', la détection et l'identification des parasites proprement dits exige généralement des compétences spéciales, On peut citer à titre d'exemple Myxosoma cerebralis, qui se développe dans la tête des truites, provoquant la maladie du tournis; les larves (métacercaires) de vers à ventouse (trématodes), responsables de la maladie des tàches noires et de céclté; enfin, les vers plats ou ténias (Ligula sp,) présents dans la cavité viscérale.

(b) Les parasites externes des poissons sont beaucoup plus faciles à détecter et à identifier. Il est habituellement possible de les éliminer grâce à un traitement chimique approprié. Les sections qui suivent vous donneront davantage d'indications à ce sujet.

Parasites externes les plus courants chez les poissons

9. Les parasites externes observés le plus fréquemment dans une ferme piscicole sont classés dans six groupes différents.

(a) Les protozoaires sont de très petits parasites monocellulaires tels que

 Note:I µm = 0.001 mm = un millième de millimètre

(b) Les vers parasites monogènes sont de très petits vers fixés par des crochets, tels que Gyrodactylus (parasite des viscères) et Dactylogyrus (parasite des branchies); taille de 0,3 à 1 mm,

(c) Les sangsues, de dimension plus importante, sont des vers à anneaux, fixés par une ventouse à chaque extrémité, tel que Piscicola sp. (3 à 5 cm).

(d) Les copépodes sont souvent munis de deux sacs d'oeufs allongés, tels que Lernaea sp, (vers à ancre de 5 à 20 mm) et Ergasilus sp. (0,7 à 1,7 mm). Les états larvaires sont semblables aux copépodes non parasites du zooplancton (voir section 10.1),

(e) Les poux du poisson (crustacés) ont un corps aplati en forme de disque recouvert d'une carapace dorsale arrondie, par exemple Argulus sp. (6 à 10 mm).

(f) Les champignons aquatiques (moisissures) constitués de filaments qui se développent habituellement en une masse ou une couche cotonneuse comme Saprolegnia sp.; ils peuvent également se développer sur les branchies (Brachiomyces sp.)

Parasites externes courants des poissons d'élevage
PROTOZOAIRES

VERS PARASITES
(Monogenea)


SANGSUES

COPEPODES

POUX DU POISSON

Localisation de ces parasites externes sur les poissons

10. La présence de ces parasites externes doit être recherchée sur la peau, les branchies, les nageoires et dans la bouche. La base des nageoires est un emplacement de fixation privilégié.

11. Certains de ces parasites se fixent principalement (mais pas uniquement) sur un organe particulier des poissons, comme indiqué au tableau ci-dessous. Certains d'entre eux se développent également sur les oeufs, comme mentionné précédemment (voir section 15.2).  

Localisation des parasites externes des poissons les plus courants¹
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Recherche et identification des parasites externes des poissons

12. Suivant la taille des parasites (voir tableau ci-dessus), il faudra utiliser:

13. Il est possible de se procurer des loupes de poche dont le grossissement peut atteindre 10 x, auprès de fournisseurs de matériel scientifique ou optique. Il existe également des loupes plus puissantes, mais elles sont plus chères et leur utilisation à la ferme est difficile.

14. Si votre exploitation piscicole est assez importante ou si vous avez la possibilité de vous regrouper avec des exploitants piscicoles voisins, il serait intéressant d'investir dans l'acquisition d'un microscope de bonne qualité et d'apprendre à l'utiliser correctement; en ce qui concerne le choix et l'utilisation de cet appareil, il vous serait possible d'obtenir l'assistance nécessaire auprès d'un service médical ou vétérinaire local, d'un service de vulgarisation agricole ou encore d'un établissement d'enseignement secondaire ou d'un collège. Lors de l'achat d'un microscope, vérifiez qu'il comporte les éléments suivants:

15, En outre, vous devez vous procurer un certain nombre de lames porte-objet en verre pour microscope (environ 2,5 x 7,5 cm et 1 mm d'épaisseur) et de lamelles couvre-objet (verre transparent, environ 2 x 2 cm et 0,2 mm d'épaisseur)

Microscope de bonne qualité pour ferme piscicole

A Tête binoculaire à deux oculaires dotés chacun d'un rapport de grossissement 10 x
B Trois objectifs (grossissements de 10 x, 25 x et 40 x)
C Platine ordinaire (si possible à chariot croisé)
D Condenseur
E Miroir (destiné à réfléchir la lumière naturelle ou artificielle)

16. Pour la recherche et l'identification de parasites extérieurs au microscope, procédez comme suit.

(a) Échantillons de peau/d'écailles: recueillez le mucus à la surface du poisson en grattant à contre-sens des écailles.

(b) Prélevez des échantillons de différentes zones de la peau, en particulier à l'endroit où elle est rougie, ou bien là où le mucus présente un aspect grisâtre opaque.

(c) Placez chaque prélèvement au centre d'une lamelle de verre propre. Ajoutez une goutte d'eau et placez une lamelle couvre-objet par-dessus.

(d) S'il s'agit d'échantillons de branchies, prélevez une arche branchiale et découpez les parties rouges (lamelles). Placez-en quelques-unes au centre d'une lame de verre propre. Ajoutez une goutte d'eau et placez une lamelle couvre-objet par-dessus.

(e) Examinez Immédiatement au microscope et à faible grossissement (objectif 10 x) ces échantillons fraichement prélevés. Cherchez à déceler des signes de mouvement qui constituent généralement un premier indice de la présence de parasites,

(f) Pour identifier les parasites, passez si nécessaire au grossissement moyen (objectif 25 x) ou fort (objectif 40 x).

(g) De manière analogue, vous pouvez installer sur une lame porte-objet et dans une goutte d'eau n'importe quel petit parasite prélevé à la surface d'un poisson, afin de l'examiner de façon plus détaillée.

(h) Pour faciliter l'idenfication du groupe principal (voir ci-dessus) auquel appartient un parasite, utilisez la simple clef de détermination proposée ci-contre. Commencez par le haut et choisissez la description la mieux adaptée à l'organisme considéré. Procédez point par point dans la clef jusqu'à ce que vous aboutissiez au nom de l'un des six principaux groupes de parasites décrits ci-dessus au paragraphe 9. Confirmez l'identification effectuée au moyen des illustrations précédentes et compte tenu de l'emplacement du parasite sur le poisson (voir tableau au paragraphe 11).


Clef d'identification des principaux groupes de parasltes externes des poissons

Traitement des poissons au moyen de produits chimiques

17. Une fois l'agent pathogène précisément identifié, vous devez décider de traiter ou non vos poissons au moyen de produits chimiques. Posez-vous les questions suivantes avant de prendre une décision finale.

(a) Un traitement chimique est-il justifié? Les poissons sont-ils gravement menacés par le parasite en question ou y a-t-il des solutions de rechange envisageables (par exemple améliorer les conditions ambiantes et éliminer les poissons gravement atteints)?

(b) Cette opération se justifie-t-elle d'un point de vue économique, compte tenu du coût du produit, de la valeur des poissons et des risques encourus?

(c) Les poissons sont-ils encore suffisamment résistants pour survivre au traitement?

(d) Le traitement est-il possible en présence de complications telles qu'une prolifération d'algues (fleur d'eau), une température d'eau extrême, une faible teneur en oxygène dissous, ou par exemple un couvert nuageux qui réduit la production d'oxygène par photosynthèse dans l'étang (voir section 2.5)?

(e) Les produits chimiques affecteront-ils un autre étang?

18 Si vous décidez de traiter vos poissons, procédez comme indiqué ci-après. 

Organisation d'un traitement

19. Avant de commencer tout traitement, vérifiez si le parasite responsable a été correctement identifié.

20. Procédez ensuite à une vérification soigneuse de la qualité de l'eau, en particulier la température, la teneur en oxygène dissous, le pH (voir sections 2.2, 2.4 et 2.5) et l'alcalinité totale (voir section 5.0). Augmentez si nécessaire le débit d'eau.

21. Choisissez le traitement curatif le plus approprié en fonction des éléments suivants:

22. Déterminez soigneusement la quantité totale de produit chimique requise pour le traitement (voir section 15.0). Refaites deux fois les calculs, de préférence avec l'aide d'une autre personne.

23. Vérifiez l'état des branchies des poissons à traiter. Si elles sont recouvertes d'une quantité excessive de mucus et/ou mal formées ou agglutinées, les poissons risquent d'être davantage sensibles à un appauvrissement en oxygène.

24.Veillez à toujours disposer à proximité d'un moyen supplémentaire d'oxygénation et, dans la mesure du possible, cessez d'alimenter les poissons malades pendant au moins 24 heures avant le traitement.

25. Essayez le produit chimique sélectionné et son dosage sur un petit nombre de poissons, en suivant une procédure strictement identique à celle du traitement prévu. Observez attentivement les effets immédiats et les effets secondaires. Si nécessaire, modifiez le traitement en conséquence.

Note: Les essais préalables sont encore plus impératifs lorsque vous envisagez d'utiliser un produit chimique ou de traiter une espèce de poisson que vous ne connaissez pas bien (voir paragraphes 28 et 29 ci-après quant à la procédure à suivre).

26. Pendant le traitement, vérifiez les points suivants:

(a) La température de l'eau est aussl basse que possible. Commencez le traitement soit tôt le matin (dans la mesure où la teneur en oxygène dissous est suffisante), soit vers la fin de l'après-midi.

(b) La teneur en oxygène dissous reste suffisante. Fournissez une quantité supplémentaire d'oxygène dès que cela s'impose.

(c) Le produit chimique est parfaitement mélangé à la masse d'eau traitée. Diluez le produit avant de l'utiliser en fonction du type de traitement prévu. Appliquez-le à toute la surface du plan d'eau. Utilisez un colorant, par exemple quelques grains de vert de malachite, pour vérifier plus facilement le mélange de produits chimiques incolores,

(d) Les poissons traités sont attentivement surveillés en permanence. Aux premiers signes de détresse, par exemple lorsque les poissons viennent à la surface, aspirent de l'air ou nagent de manière erratique, arrêtez immédiatement le traitement et fournissez aux poissons un apport suffisant d'eau propre et bien aérée,

(e) Des observations complètes et précises sont notées, comprenant notamment la marque du produit chimique et son numéro de lot de fabrication, la dosage utilisé, les données relatives à la qualité de l'eau, le comportement des poissons et les cas de mortalité,

27. Lorsque le traitement est terminé, effectuez les opérations de posttraitement suivantes:

(a) Le lendemain, contrôlez un échantillon de poissons pour la présence éventuelle de parasites externes. Notez soigneusement vos observations,

(b) Continuez à observer les poissons pendant 24 heures. Observez et notez les effets secondaires éventuels du traitement,

(c) Répétez le traitement uniquement si cela est absolument nécessaire et au bout d'un délai minimal de deux ou trois jours,

Essai préalable d'un traitement

28. En cas d'utilisation d'un traitement qui vous est peu familier, impliquant soit un nouveau produit, soit une espèce différente, il est préférable, si cela est possible, d'organiser des essais préliminaires pour déterminer la toxicité particulière du produit dans vos propres conditions d'élevage piscicole.

29. Une façon simple de procéder est la suivante:

(a) Préparez une solution mère de 5 à 10 l du produit chimique à tester, en fonction des concentrations d'utilisation prévue, comme indiqué au tableau ci-dessous. Par exemple, si vous voulez essayer un nouveau produit chimique dans un domaine de concentration allant de 0,25 à 4 ppm de matière active, il convient de préparer une solution mère à 100 ppm de MA. Diluez-la ensuite comme indiqué dans le tableau ci-dessous pour obtenir des solutions de 25 ml/iol, 50 ml/iol, etc.

Préparation de 10 l de solution d'essai à partir de différentes solutions mères

(b) Préparez une série de récipients identiques, en matière plastique ou en verre, d'une capacité d'au moins 10 l chacun, par exemple des seaux en plastique ou des aquariums en verre, en évitant tout contact avec du métal:

(c) Ajoutez à chacun des cinq autres récipients le volume exact de solution mère nécessaire pour atteindre la concentration chimique requise dans un volume total de 10 l (voir dernière colonne du tableau ci-dessus).

(d) Ajoutez à chaque récipient le volume exact d'eau propre nécessaire pour avoir un volume total de 10 l. Mélangez soigneusement; le récipient témoin est rempli de 10 l d'une eau de bonne qualité.

(e) Prévoyez si possible un système d'aération supplémentaire des récipients, par exemple au moyen d'une pierre poreuse et d'une pompe à air.

(f) Placez cinq des poissons à tester dans chaque récipient. Ces poissons doivent être en bonne santé et semblables (espèce, taille, traitement préalable) aux poissons à traiter.

(g) Observez soigneusement tous les poissons pendant l'essai. Notez les signes de détresse éventuels et le moment auxquels ils apparaissent. Transférez Immédiatement tout poisson stressé dans d'autres récipients contenant de l'eau ppropre. Prolongez de 12 à 24 heures au-delà de la durée normale du traitement la période d'observation de ces poissons.

(h) Si possible, continuez l'essai pendant la durée normale du traitement futur, puis tranférez les lots restants de poissons dans des récipients remplis de 10 l d'eau fraîche et propre. Observez-les encore pendant 12 à 24 heures.

(i) Notez l'état de tous les poissons à ce stade, D'après ces observations, déterminez la dose maximale sûre de produit chimique en ce qui concerne les poissons soumis aux essais, c'est-à-dire la dose à laquelle tous les poissons du lot tolèrent la durée requise du traitement sans effets préjudiciables ultérieurs.

(j) Si aucune des doses n'a été tolérée, vérifiez les résultats obtenus par le traitement témoin:

(k) Si toutes les doses de traitement ont été tolérées, recommencez l'essai avec des concentrations plus élevées.

(l) L'utilisation de répétitions permettra d'accroître la précision de cette procédure. Réalisez cet essai avec deux ou trois récipients par lot de poissons.

(m) Appliquez aux poissons malades une dose tout au plus égale à la dose sûre maximale.

(n) Si possible, testez de manière analogue, mais sur des poissons infectés, les effets d'une série de doses sûres sur le parasite responsable de la maladie. Déterminez la taux de survie des parasites au terme de la période de traitement préconisée. Traitez ensuite les poissons en utilisant la dose la plus faible capable de détruire les parasites.

Exemple

Supposons que vous souhaitiez tester la tolérance de juvéniles de 10 à 20 g d'une nouvelle espèce de poissons à un bain court de formol dans les conditions propres à votre élevage en matière de qualité de l'eau; procédez comme suit:

(a) Pour une première série d'essais, choisissez un domaine de concentration allant de 50 à 250 ppm de formol. Préparez par conséquent 10 l de solution mère de formol à 5 000 ppm, en versant 50 mi de formol dans un seau en plastique et en le remplissant jusqu'au repère correspondant à un volume de 10 l.

(b) Nettoyez soigneusement 12 seaux en plastique destinés aux lots de répétition. Dans chaque seau, tracez un repère indiquant clairement un volume de 10 l. Numérotez clairement chaque seau de 1 à 12 au marqueur indélébile,

(c) Ajoutez un volume précis de la solution mère de formol à chaque seau, en procédant comme suit (section 15.3, paragraphe 29):

(d) Remplissez chaque seau avec une eau propre et bien aérée exactement jusqu'au repère de 10 l. Mesurez la température dans quelques seaux.

(e) Installez des pierres poreuses et des tuyaux en plastique afin du fournir une aération supplémentaire à chaque seau.

(f) Ajoutez au contenu de chaque seau cinq juvéniles de la nouvelle espèce. Couvrez les seaux d'un filet fin pour empécher les poissons de sauter. Notez l'heure exacte à laquelle l'essai commence, par exemple 7 h 40.

(g) Observez les poissons pendant 30 minutes et notez soigneusement les signes de détresse (D) et les transferts de poissons stressés; ces observations se résument comme suit.

(h) Placez les poissons fortement perturbés dans de l'eau propre, dans des récipients distincts clairement identifiés, jusqu'à la fin de l'essai.

(i) Remplacez alors les solutions de chacun des seaux par de l'eau fraîche et propre; replacez ensuite tous les poissons en essai dans leurs récipients respectifs. Observez-les pendant environ 12 heures et notez que certains poissons dans les seaux n° 4, 5, 10 et 11 n'ont pas encore tout à fait récupéré au terme de l'essai, à 20 heures,

(j) Conclusion: la dose sûre maximale pour un bain de 30 minutes est de 100 ppm de formol pour des juvéniles de 10 à 20 g de la nouvelle espèce considérée, dans les conditions de l'essai, et à une température d'eau de 21 à 22 ºC.

(k) Avant de traiter tous vos poissons infectés par des parasites externes (par exemple des protozoaires Trichodina), effectuez un essai similaire en appliquant à quelques poissons malades un traitement par bain dans des solutions de formol de 50 à 100 ppm (par exemple dans des solutions à 50, 60, 70, 80, 90 et 100 ppm) réalisées à partir de la solution mère à 5 000 ppm. Déterminez la plus faible concentration effective permettant de détruire les parasites dans un bain de 30 minutes.

Choix des produits chimiques pour l'élimination de parasites externes

30. Tous les produits chimiques ne sont pas parfaitement efficaces pour éliminer les parasites externes des poissons ou les champignons. Après avoir identifié les parasites à éliminer, vous devez choislr le produit chimique le mieux adapté en fonction des indications du tableau ci-dessous.

31. S'il est impossible de se procurer le produit chimique le mieux adapté, il est néanmoins possible de tenter un traitement au moyen d'un autre produit comme indiqué ci-dessous.

Produits chimiques particulièrement efficaces
pour éliminer certains parasites ou champignons

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Choix du traitement

32. Le tableau 40 présente des exemples de traitement dont l'application à des poissons d'élevage de différents pays pour éliminer des parasites externes et des champignons s'est avérée efficace. Ces traitements impliquent l'utilisation de différents produits:

33. Il ne faut jamais oublier que les doses et les durées de traitement proposées au tableau 40 n'ont qu'une valeur indicative. Vous avez déjà vu (voir section 15.1) que la toxicité des produits à l'égard des poissons varie en fonction de la qualité de l'eau, mais elle peut aussi varier d'un lot de produits à l'autre:

34. Par conséquent, si vous n'êtes pas suffisamment familiarisé avec un lot de produits chimiques ou un type de poisson, effectuez un essai préliminaire avant de traiter tout votre stock de poissons (voir paragraphes 28 et 29), Dans tous les cas, observez strictement les procédures suggérées plus haut.

35. Outre ce que vous avez appris précédemment sur ces produits chimiques (voir section 15.1), les points suivants sont particulièrement importants

(a) Le formol risque d'endommager les branchies des poissons. Sa toxicité augmente fortement lorsque la température de l'eau augmente. Dans des eaux à température élevée, utilisez de préférence des doses plus faibles d'un mélange de formol et de vert de malachite (voir ci-dessous). Vérifiez que la teneur en oxygène dissous dépasse toujours au moins 5 mg/l en cours de traitement, car le formol extrait l'oxygène de l'eau. Les salmonidés présentent une tolérance moindre par comparaison aux autres poissons.

(b) Un mélange de formol et de vert de malachite peut être préparé de deux façons (tableau 40):

N'utilisez pas ce mélange si la température de l'eau dépasse 28 °C et/ou si la teneur en oxygène dissous est inférieure à 5 mg/l.

(c) La qualité du vert de malachite varie fréquemment d'un lot à l'autre. Veillez à vous procurer un produit exempt de zinc, Les salmonidés présentent une tolérance plus importante à ce produit chimique que d'autres poissons. En revanche, la tolérance des carpes chinoises est moindre. Dans certains pays, on constate une tendance à interdire l'utilisation de ce produit chimique.

(d) Les organophosphates perdent leur efficacité vis-à-vis des parasites lorsque la température de l'eau dépasse 30 ºC. Les salmonidés sont plus sensibles à ces produits que les cyprinidés ou les tilapias. Il existe deux types d'organophosphates (tableau 40).

(e) La tolérance au sel ordinaire varie suivant l'espèce et l'âge des poissons:

(f) La toxicité du sulfate de cuivre varie considérablement en fonction de l'alcalinité de l'eau. Ne l'utilisez pas lorsque l'alcalinité totale est inférieure à 50 mg/l de CaCO3 (voir section 5.0). N'oubliez pas que les fortes pluies risquent de réduire brutalement l'alcalinité des cours d'eau et des eaux alimentant les étangs. Pour traiter des poissons dans un étang en terre par un bain long, il faut environ 0,75 ppm de sulfate de cuivre pour 100 mg/l de CaCO3 d'alcalinité totale. N'utilisez pas ce produit si l'alcalinité totale dépasse 400 mg/l de CaCO3. Surveillez bien l'effet du sulfate de cuivre sur le phytoplancton et sur la végétation aquatique. Les teneurs en oxygène risquent d'être réduites.

TABLEAU 40
Doses indicatives de traitement chimique pour l'élimination de parasites externes¹
(les doses indiquées correspondent à des concentrations de matière active)

¹ Abréviations: B: bac/bassin; E: étang en terre.

² La définition des qualités A, B, C et D figure au paragraphe 35,

³ Perm. de pot. = permanganate de potassium; Amm. quat. = ammoniums quaternaires (voir section 15.1).