La sécurité alimentaire sur la table : un projet pionnier va estimer la quantité des pertes nutritionnelles
La Communauté de Praticiens sur la réduction des pertes alimentaires va attirer l’attention sur la composition nutritionnelle des pertes et sur le travail accompli, à l’heure actuelle, à ce sujet, par les organismes de recherche.
A présent, la plupart des recherches sur les pertes de l’après récolte se sont penchées sur les pertes physiques des aliments qui surviennent par le déversement, la détérioration, le stockage ou les modes de cuisson. Un nouveau projet appelé ‘Nutri-P-Loss’ va au delà des pertes quantitatives afin d’évaluer les pertes concernant la composition nutritionnelle, y compris la quantité de vitamines, minéraux et protéines susceptibles d’être perdus. Ce projet a pour but de formuler des estimations sur les pertes nutritionnelles qui vont fournir des informations essentielles pour élaborer des stratégies visant à améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le futur.
Nutri-P-Loss est un projet pionnier dans ce secteur visant à développer une méthodologie solide à suivre pour évaluer les pertes nutritionnelles à travers la chaîne de valeur de l’après récolte. Tout en associant les analyses documentaires au travail en laboratoire et sur le terrain, l’équipe du projet va évaluer les pertes nutritionnelles concernant trois cultures très importantes pour la sécurité alimentaire, à savoir : le niébé, le maïs et la patate douce.
Ce projet, de la durée de deux ans, est mené par l’Institut des ressources naturelles (INR) de l’Université de Greenwich, en partenariat avec les scientifiques de l’Université du Zimbabwe, les Laboratoires nationaux de recherche agricole à Kawanda, Ouganda, le Centre international de la Pomme de terre, ainsi que l’Université Purdue et l’Université de l’Etat de l’Iowa aux Etats Unis.
La première étape du travail de l’équipe consiste dans l’ « organisation d’une consultation ouverte sur les pertes nutritionnelles » comme l’explique Mme Aurélie Bechoff, Spécialiste de nutrition et nourriture, chef du projet. “Plus de quatre cents experts dans les secteurs de l’agriculture et de la nutrition provenant de plus de 50 pays, ont été invités à participer à une étude concernant les nutriments clés. Les données collectées, à ce propos, seront utilisées pour la recherche et intégrées dans un nouvel outil de prévision qui sera conçu et développé tout au long de la durée du projet.”
Nutri-P-Loss va coopérer avec APHLIS, le Système informatique sur les pertes de l’après récolte an Afrique, créé en 2010 par l’INR et ses partenaires. Il s’agit d’un modèle scientifique en mesure de formuler des estimations calculées sur les pertes de l’après récolte des cultures alimentaires de la région de l’Afrique sub-saharienne. A travers APHLIS+, un projet mené par M. Bruno Tran (AfricaRice et INR), une nouvelle version améliorée de ce système informatique va être développée concernant davantage de cultures et types de données, y compris les pertes nutritionnelles.
Ce projet est conçu dans le cadre de l’initiative de recherche appelée ‘IMMANA’ à savoir Innovative Metrics and Methods for Agriculture and Nutrition Actions (Des paramètres et méthodes innovants pour des actions dans le secteur de l’agriculture et de la nutrition), financé grâce à UK Aid du Gouvernement du Royaume Uni par le Département du développement international (DFID) et coordonné par le Leverhulme Centre for Integrative Research on Agriculture and Health (LCIRAH) (Centre Leverhulme pour la recherche intégrative concernant l’agriculture et la santé).
Photo: gaspillage de mangues au marché alimentaire à Dar es Salaam © Aurélie Bechoff, 2014
