Politiques, institutions et principaux programmes forestiers

Politiques
Au cours de la dernière décennie, la FAO a conduit, dans le cadre du Plan d¿Action Forestier Tropical (PAFT) et avec l¿appui de la coopération internationale, d¿importantes études qui ont débouché sur une réforme profonde du secteur forestier camerounais. Cette réforme a permis de doter le pays d¿instruments de base indispensables pour une gestion durable de son patrimoine forestier, avec une place prépondérante accordée à l¿aménagement forestier qui a fait l¿objet de différents types d¿interventions pilotes à différents endroits du pays. Ainsi, dans le domaine forestier à vocation multiple (domaine forestier non permanent), l¿aménagement vise à satisfaire de façon durable les besoins des populations riveraines en ressources forestières. Dans le domaine forestier permanent, l¿aménagement a pour objectif de disposer d¿un couvert forestier permanent capable de soutenir la production forestière tout en conservant la diversité biologique et l¿équilibre des écosystèmes forestiers.

Les réformes entreprises par le Cameroun ont débouché notamment sur:

  • la création d¿un Ministère de l¿environnement et des forêts (MINEF);
  • la création d¿un Office de développement des forêts (ONADEF), organe d¿exécution des opérations d¿aménagement, de régénération et de reboisement forestiers;
  • l¿organisation du territoire forestier dans le cadre d¿un plan de zonage;
  • la mise en aménagement des forêts de production et en particulier la mise en place effective des unités d¿aménagement forestier;
  • la mise sur pied d¿une nouvelle politique forestière codifiée par une nouvelle loi, le tout traduit en termes opérationnels dans le cadre d¿un Programme d¿Action Forestier National (PAFN);/li>
  • la création d¿un Comité permanent de suivi de la mise en oeuvre de la Déclaration de Yaoundé de Mars 1999, approuvée par le Sommet des Chefs d¿Etat d¿Afrique Centrale sur la Conservation et la Gestion Durable des Forets Tropicales;
  • l'adoption du Plan d¿Action d¿Urgence (PAU) en novembre 1999, axe sur les 4 thèmes ci-dessous:
    -lutte contre l¿exploitation frauduleuse des ressources forestières;
    -lutte contre le braconnage;
    -implication des populations locales;
    -coordination des actions prioritaires;
Ces efforts ont été appuyés par plusieurs partenaires, en particulier à travers des projets d¿aménagements forestiers et de conservation de la diversité biologique. Parmi ces partenaires on peut citer: la France, le Canada, les Pays-Bas, l¿Allemagne, l¿Union européenne, la Grande-Bretagne, ainsi que le PNUD et la Banque mondiale.

Le Cameroun demeure cependant toujours confronté au problème d¿aménagement de ses forêts, phénomène d¿autant plus préoccupant que plus de 2,5 millions d¿hectares viennent d¿être attribués à titre de concessions forestières et nécessitent d¿être soumis à l¿aménagement conformément à l¿esprit de la nouvelle politique et de la nouvelle loi forestières.

Programmes
Au mois de mars 1999, le Cameroun a initié le sommet des Chefs d¿Etats d¿Afrique Centrale sur l¿avenir des forêts de cette sous-région qui recèle les plus importants peuplements de forêts denses humides du continent. Ce sommet a débouché sur la mise en ¿uvre d¿une plate-forme commune d¿intervention basée sur la décalaration de Yaoundé, avec comme organe de suivi, la Conférence des Ministres en charge des Forêts d¿Afrique Centrale (COMIFAC). Avec le rôle très important que le Cameroun joue dans le domaine de la foresterie en Afrique Centrale, il pourra ainsi non seulement capitaliser les outils techniques mis en place tout au long de la dernière décennie, mais pourra aussi mettre en place un mécanisme de concertation et de coordination pour les partenaires de la coopération, le secteur privé forestier et les organisations non gouvernementales actives dans le secteur.

Le pays a organisé en Juin 2000 un Forum consultatif sur les forêts avec la participation de la Banque Mondiale, DFID, la GTZ et la FAO. Le Forum a visé la facilitation du partage de la connaissance et de l¿information et le dégagement de consensus pour établir les bases d¿une collaboration entre les partenaires vers la gestion durable des forêts du pays.

Il faut enfin noter que le Cameroun est parmi les pays les plus actifs dans la coopération conduite dans le cadre du CEFDHAC, La Conférence Ministérielle sur les Ecosystèmes de Forêts Denses et Humides d¿Afrique Centrale et parmi les Etats concernés par le Sommet dit de Yaoundé sur la gestion durable des forêts de l¿Afrique centrale. La Déclaration de Yaoundé produite par ce sommet en mars 1999 (17 mars 1999) est en cours de mise en ¿uvre. La première réunion ministérielle à cet effet tenue à Yaoundé du 6 au 7 décembre 2000 a vu la participation du Sous Directeur général chargé des Forêts accompagné du fonctionnaire forestier principal du Bureau Régional. A cette occasion la Conférence Ministérielle a mis en place des organes devant assurer le suivi de la mise en ¿uvre du Sommet de Yaoundé (le Sommet des Chefs d¿état, la Conférence Ministérielle, un secrétariat exécutif et un forum sous régional des experts). Le Cameroun, à la suite de la Conférence ne manquera pas de réitérer la demande faite à la FAO d¿appuyer cette tâche pour la gestion durable des forêts de l¿Afrique centrale.

Mis à jour: janvier 2003

dernière mise à jour:  vendredi 19 février 2010