Rome, 15 avril 2002 - La faim et la sous-alimentation ont atteint des seuils alarmants parmi les populations de Cisjordanie et de la bande de Gaza, avertit l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un rapport diffusé aujourd'hui.

Le blocus hermétique imposé à la Cisjordanie et à la bande de Gaza a paralysé une économie palestinienne vulnérable, largement dépendante d'Israël et affaiblie par de fréquentes fermetures de frontières. La paupérisation et l'insécurité alimentaire affectent des millions de personnes, selon le rapport de la FAO.

La sous-alimentation fait tâche d'huile comme en témoignent les augmentations de 10,4 pour cent du nombre d'enfants à poids faible à la naissance et de 52 pour cent du nombre de morts-nés dans la bande de Gaza, toujours selon le rapport. Citant des agencies humanitaires, la FAO souligne que beaucoup d'habitations sont sans eau, ni électricité, ni provisions alimentaires et le peu qui restait de nourriture est en train de se détériorer.

La FAO a exprimé sa "vive préoccupation" à l'égard des destructions à grande échelle des infrastructures palestiniennes, des fermes agricoles, des silos céréaliers, des systèmes d'irrigation, des serres où poussaient des cultures, des jardins potagers et de la disparition de quelque 8 000 hectares de terres cultivables.

En limitant considérablement l'accès des Palestiniens aux marchés, Israël est devenu le principal fournisseur de la bande de Gaza et de la Cisjordanie. De ce fait, la fermeture des frontières a entraîné une insécurité alimentaire alarmante dans ces territoires, selon le rapport qui évoque également la confiscation de la part d'Israël de terres et de ressources hydrauliques.

En Cisjordanie et dans la bande de Gaza, les ressources en eau disponibles sont estimées à 112 mètres cubes par personne par an, contre 377 mètres cubes en Israël, selon le rapport.

En raison des troubles, la FAO n'a pas pu dépêcher sur place sa propre mission d'évaluation de la situation alimentaire, mission planifiée depuis novembre 2001. Mais les informations disponibles laissent présager le pire dans les territoires, selon l'agence des Nations Unies.