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Consultas electrónicas abiertas del HLPE

Re: Promoting youth engagement and employment in agriculture and food systems - HLPE consultation on the V0 draft of the report

Yannick Fiedler
Yannick FiedlerFAOItaly

Dans l’ensemble, la V0 du rapport contient des analyses et conclusions extrêmement pertinentes et utiles pour promouvoir la participation et l’emploi des jeunes dans le secteur agricole et les systèmes alimentaires, et je souhaiterais féliciter les auteurs pour le travail effectué.

Je vous prie de bien vouloir trouver, ci-dessous, quelques réflexions et suggestions, informées par les recherches sur la participation des jeunes aux investissements agricoles responsables. Ces recherches ont été consolidées et publiées récemment dans le rapport « Stimuler et pérenniser les investissements des jeunes dans l’agriculture et les systèmes alimentaires : Recommandations politiques basées sur les enseignements tirés de onze pays africains » (2020, disponible en anglais et en français : http://www.fao.org/publications/card/en/c/CB1124EN) dont certaines sections pourraient éventuellement être utiles.

2. La V0 identifie les tendances principales de la participation des jeunes dans l’agriculture et les systèmes alimentaires, en se focalisant sur l’emploi, les ressources et le savoir.    
Pensez-vous que les tendances identifiées sont celles qui déterminent la participation effective des jeunes dans le secteur agricole et les systèmes alimentaires et, plus largement, les résultats en termes de sécurité alimentaire et de nutrition?  

La section relative aux tendances principales de la participation des jeunes dans l’agriculture et les systèmes alimentaires contient des données très pertinentes. Je souhaiterais suggérer de tenir compte également de certaines problématiques relatives au niveau d’éducation. Selon les régions, le chômage peut affecter plutôt les jeunes peu éduqués, ou – bien au contraire – les jeunes très éduqués. En Afrique du Nord (et dans certains pays où ce phénomène progresse également), les jeunes diplômés semblent être affectés par le chômage d’une manière disproportionnée [1]. Ce phénomène crée des défis importants, y compris sur les plans économique et social. En même temps, ces jeunes diplômés auraient la faculté de devenir des agents d’une transformation durable et inclusive des systèmes alimentaires. Cela nécessite, inversement, des incitations à l’investissement ciblées (et très différentes par rapport aux pays ou le manque d’accès à l’éducation est le défi principal) et des structures d’appui. 

La Tunisie s’est dotée de mécanismes d’appui et d’incitations à l’investissement des jeunes très intéressants à cet égard qui sont analysés dans le chapitre III du rapport RAI-JEUNES mentionné ci-dessus.

4. Le foncier et les autres ressources

Bien qu’il est vrai que l’héritage et la transmission intergénérationnelle demeurent des moyens importants pour les jeunes d’accéder au foncier, d’autres options s’imposent souvent pour des jeunes dans les sociétés caractérisées par une espérance de vie plus longue. Le rapport pourrait, selon moi, inclure davantage sur deux autres options de promouvoir l’accès des jeunes aux foncier : les mécanismes suivant une approche « par le marché » et les programmes de distribution de l’État [2].

Dans les deux cas, il existe des exemples réels qui bénéficient spécifiquement aux jeunes. En Tunisie, par exemple, les prêts fonciers (mis en place par l’Agence de promotion des investissements agricoles, et déboursés par la Banque nationale agricole) permettent aux jeunes diplômés de contracter un prêt à des taux d’intérêt très avantageux et des périodes de grâce généreuses. Plus récemment, certains pays ont également entrepris des efforts pour s’assurer que les programmes de distribution des terres agricoles bénéficient spécifiquement aux jeunes. La Loi foncière agricole du Mali prévoit ainsi un quota spécifique pour les groupes de jeunes lors de la distribution des terres. Ces exemples ont été étudiés dans le rapport mentionné ci-dessus (pp. 22 et 29 dans la version anglaise).

Dans sa forme actuelle, il me semble également que le rapport contient quelques exemples dont le bénéficie pour les jeunes pourraient être davantage expliqué. La section 3.1.3 mentionne spécifiquement qu’il contient des « bonnes pratiques ». Cependant, certains cas (dont notamment le cas des réformes agraires « par le bas ») sont présentés comme ayant un intérêt pour les producteurs opérant à petite échelle, mais l’intérêt spécifique pour les jeunes pourrait ressortir mieux.

Quant à l’accès aux financements, il me semble primordial de discuter également d’autres mécanismes de financement qui peuvent améliorer l’accès des jeunes au financement, y compris des fonds de garantie (surtout dans des pays où des institutions financières sont assez bien développées) ; et de tenir compte du besoin de fournir, dans beaucoup de contextes, des services de financement avec un accompagnement / appui technique. Des cas intéressants du Sénégal, de la Mauritanie et de la Tunisie ont été recensés dans le rapport mentionné ci-dessus (Chapitre III). 

6. S'appuyant sur les rapports et du HLPE les analyses de la littérature en général, le rapport présente plusieurs exemples de voies politiques potentielles pour relever les défis de l'engagement et de l'emploi des jeunes dans le secteur agricole et les systèmes alimentaires, et pour transformer ceux-ci en les rendant plus «adaptés aux jeunes».    
Le HLPE sollicite des contributions relatives à des études de cas qui pourraient illustrer des initiatives politiques réussies qui ont amélioré l'emploi et l'engagement des jeunes dans le secteur agricole et les systèmes alimentaires.

Le rapport contient une liste assez exhaustive de recommandations très pertinente, y compris celles relatives au droit à un travail décent, aux opportunités dans l’Économie sociale et solidaire (ESS), et à la participation des jeunes dans les prises de décision politiques, et je souhaiterais féliciter les auteurs à cet égard.

Je pense que le rapport pourrait également aborder plus en détail la question importante de la participation des jeunes dans le secteur agricole et les systèmes alimentaires en les considérant non seulement en tant que potentiels ouvriers/employés et/ou exploitants (dans l’agriculture primaire), mais également en tant qu’entrepreneurs et investisseurs. Il conviendrait alors de s’interroger sur les incitations à l’investissement (ce qui renvoie également à la question de « l’attractivité du secteur agricole ») qui peuvent être mises en place. Cela inclut non seulement les initiations financières (dont certaines ont été abordées dans mes remarques ci-dessus), mais également les incitations d’appui technique (incubateurs, accélérateurs, mais également une facilitation à l’information à travers des ‘guichets uniques’ physiques ou virtuels).  
 

[1] ILO. 2014. Is education the solution to decent work for youth in developing countries? Geneva, ILO.; Fiedler, Y. 2020. Empowering young agri-entrepreneurs to invest in agriculture and food systems – Policy recommendations based on lessons learned from eleven African countries. Rome, pp. 14 ff.

[2] Comité technique foncier et développement. 2020. La question de l’accès des jeunes à la terre : Éléments pour mieux concevoir et suivre les interventions et les politiques de développement rural dans la durée. (also available at http://www.foncier-developpement.fr/wp-content/uploads/2020_CTFD_ Lacc percentC3 percentA8s-des-jeunes- percentC3 percentA0-la-terre-VF-online.pdf).