Forum global sur la sécurité alimentaire et la nutrition (Forum FSN)

Consultations

L'Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine et le développement agricole: Enjeux et perspectives

L'Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) offre à l'Afrique une occasion unique de déployer son potentiel économique en faveur d'une croissance inclusive et d'un développement durable. Cet accord permettra de créer un marché africain unique de plus d'un milliard de consommateurs avec un PIB combiné de 2,5 billions de dollars des États-Unis. Il a pour objet de promouvoir la transformation et la croissance de l'agriculture en Afrique et de contribuer à la sécurité alimentaire, ainsi que d'améliorer la compétitivité moyennant le développement de chaînes de valeur agricoles régionales et d'encourager les investissements essentiels dans les infrastructures de production et de commercialisation. À travers ses différents protocoles, l'accord sur la ZLECAf aborde le commerce des marchandises (calendriers de libéralisation tarifaire, barrières non tarifaires, règles d'origine), le commerce des services, la concurrence, les investissements et la propriété intellectuelle. Une fois mis en place, il devrait stimuler les échanges agricoles intra-africains, estimés actuellement à moins de 20 pour cent du total des échanges agricoles.

Il est largement admis que l’accord portant création de la ZLECAf devra être étayé par des mesures et des politiques d'accompagnement. Dans de nombreux pays, l'amélioration des capacités de production et la promotion des investissements à valeur ajoutée constituent des conditions préalables pour tirer parti du marché unique créé par la ZLECAf. Il faudra appliquer des politiques complémentaires dans le domaine des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS), des obstacles techniques au commerce (OTC) et des mécanismes de facilitation des échanges, notamment en ce qui concerne le respect des exigences des organismes internationaux de normalisation (par exemple la Commission du Codex Alimentarius) et l'introduction d'un régime commercial simplifié et harmonisé, en particulier pour les échanges agricoles transfrontaliers. Certains défis devront être relevés, notamment les pertes après récolte, la pression concurrentielle accrue, les mauvaises conditions de travail et les pertes d'emplois, la progressivité des droits de douane, les écarts en matière d'accès et d'utilisation des intrants et des services productifs entre les jeunes et entre femmes-hommes, et les dommages environnementaux causés par une croissance sauvage.

Certes, la ZLECAf devrait jouer un rôle crucial pour répondre à la demande croissante de denrées alimentaires sur le continent, mais les liens entre le commerce et la sécurité alimentaire et la nutrition sont intrinsèquement complexes, car plusieurs voies d'interaction affectent simultanément les différentes dimensions de la sécurité alimentaire (disponibilité, accès, utilisation et stabilité). Ainsi, le commerce contribue à stabiliser les prix des denrées alimentaires et à améliorer la disponibilité alimentaire grâce au déplacement des denrées alimentaires des régions excédentaires vers les régions déficitaires. Certains considèrent toutefois le commerce comme une menace pour la sécurité alimentaire car il comporte des risques, tant pour les petits producteurs que pour les consommateurs.

Cette discussion en ligne a pour but d'ouvrir un échange d'idées, de bonnes pratiques et de leçons apprises sur les enjeux et les perspectives de la mise en œuvre de la ZLECAf dans le secteur agricole et les incidences sur la sécurité alimentaire et la nutrition. Nous vous invitons à prendre en considération les questions suivantes:

  1. Certains pays africains craignent que la ZLECAf ne porte préjudice aux agriculteurs et aux industries locales. Comment la ZLECAf va-t-elle influer sur la sécurité alimentaire et le développement agricole? Comment minimiser les éventuels impacts négatifs? Pouvez-vous en donner quelques exemples concrets?
  2. Le commerce transfrontalier informel joue un rôle crucial en contribuant à la sécurité alimentaire, mais pose également des défis majeurs pour les commerçants et les entreprises locales.  Comment les politiques commerciales appliquées dans le contexte de la ZLEACf devront-elles aborder ce commerce transfrontalier informel? Quels sont les éléments qui font obstacle à la formalisation inclusive du commerce agricole en Afrique?
  3. Plus de 90 pour cent des acteurs sur les marchés africains sont des micro, petites et moyennes entreprises (MPME). Quels sont les enjeux spécifiques auxquels sont confrontés les opérateurs et les MPME dans le cadre du commerce agricole transfrontalier? Quelles sont les actions qui, selon vous, peuvent contribuer à relever ces défis? Existe-t-il des solutions informatiques numériques éprouvées permettant de répondre à certains de ces enjeux, et peuvent-elles être mises en œuvre à plus grande échelle?
  4. Les SPS/OTC ont un rôle légitime à jouer pour garantir la sécurité alimentaire. Veuillez décrire à l'aide d'exemples comment ces mesures peuvent devenir des entraves aux échanges et partager les bonnes pratiques en illustrant la manière dont ces obstacles aux échanges peuvent être surmontés.
  5. Dans le cadre de la ZLEACf, les pays africains se sont engagés à libéraliser la quasi-totalité des échanges commerciaux moyennant l'élimination des droits de douane sur 90 pour cent des marchandises. Les 10 pour cent restants sont répartis entre les produits sensibles (7 pour cent) et la liste d'exclusion (3 pour cent), à savoir les produits pour lesquels aucune réduction tarifaire ne serait proposée. La liste des produits sensibles et exclus n'est pas encore disponible. Si des denrées alimentaires essentielles figurent sur la liste des produits sensibles et exclus, quelles en seraient les conséquences pour la sécurité alimentaire?
  6. La dépendance vis-à-vis des importations de denrées alimentaires rend les pays africains vulnérables aux fluctuations des échanges commerciaux internationaux causées par COVID19. Quelles sont les mesures politiques et réglementaires qui peuvent être prises au niveau régional et/ou continental pour maintenir les circuits commerciaux ouverts, tout en minimisant les impacts sur les chaînes d'approvisionnement alimentaire? Quel est le rôle de la ZLEACf à cet égard?

 

Les résultats de la discussion contribueront à éclairer le travail de la FAO dans le soutien fourni aux pays africains et aux organismes régionaux pour la mise en œuvre de la ZLEACf dans le secteur agroalimentaire et pour améliorer le partage des connaissances, la coopération et l'échange d'informations sur le commerce agricole intra-africain dans le contexte de la ZLEACf.

Nous attendons avec impatience vos contributions et vous remercions de votre aide pour faire avancer l'agenda du commerce agricole dans le processus de la ZLEACf.

Jean Senahoun

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TRADUCTION FRANÇAISE CI-DESSOUS

Simply, if AfCFTA is to deliver on its promises it must take lessons from the region trade blocs like EAC, SADC and ECOWAS; Lessons on impromptu commodity import bans and government commitments . Proponents of AfCTA should provide instruments for governments that are threatened by the trade . Food security concerns and protections of local farmers and industries seem to be the overarching issues , therefore vulnerable countries with low agricultural development systems possibly due to prolonged civil unrest like south sudan, DRC require specific policies to enable them strategically position.

Covid-19 pandemic movement restrictions set by governments have demonstrated the abilities of African governments to enforce policies when there is political good will , definetly these restrictions have disrupted supply chains and informal cross-border trade . The informal cross-border supply chain disruptions effects have further exposed the need for an integrated IT platform to facilitate an efficient cross border trade especially for perishable agricultural commodities . Therefore there is an urgent need for regional governments to investment in IT solutions that incentivize formal cross border solutions.

Si la ZLECAf doit tenir ses promesses, elle doit tirer les leçons des blocs commerciaux régionaux comme La Communauté est-africaine, la Communauté de développement d'Afrique australe et la CEDEAO; Leçons sur les interdictions impromptues d'importation de denrées et l’engagement du gouvernement. Les partisans de la ZLECAf devraient fournir des instruments aux gouvernements menacés par le commerce. Les préoccupations de sécurité alimentaire et la protection des agriculteurs et des industries locales semblent être les questions primordiales, par conséquent, les pays vulnérables avec des systèmes de développement agricole faibles, probablement en raison d'une longue période de troubles civils comme le sud du Soudan et la République démocratique du Congo ont besoin de politiques spécifiques pour leur permettre de se positionner stratégiquement.

Les restrictions aux mouvements imposées par les gouvernements en raison de la pandémique de la Covid-19 ont démontré la capacité des gouvernements africains à appliquer les politiques en cas de bonne volonté politique, définitivement, ces restrictions ont perturbé les chaînes d'approvisionnement et le commerce transfrontalier informel. Les effets des perturbations de la chaîne d'approvisionnement transfrontalière informelle ont mis en évidence la nécessité d'une plate-forme informatique intégrée pour faciliter un commerce transfrontalier efficace, en particulier pour les produits agricoles périssables. Par conséquent, il est urgent que les gouvernements régionaux investissent dans des solutions informatiques qui encouragent les solutions transfrontalières formelles.

 

 

TRADUCTION FRANÇAISE CI-DESSOUS

Thank you for the opportunity to participate in this online discussion. As an European NGO, allow us to answer only the first question and only where we see an influence of European agricultural and trade policy.

Some African countries fear that AfCFTA will harm farmers and local industries. How will AfCFTA affect food security and agricultural development? How can negative impacts be minimized, if there are any? Can you give concrete examples?

There are many voices in Europe and Germany that support the AfCFTA very positively and actively. Politicians, the private sector and economists see the future common market as a great opportunity for European exporters to market their products throughout Africa. As a church-related NGO, Brot für die Welt has been trying for years to draw attention to the negative effects of European agricultural exports on smallholder producers in Africa. Supported by agricultural subsidies, the EU has done serious damage to African agricultural markets in the past decade, particularly in milk, meat, vegetable and cereal products. West and Central Africa have been particularly affected, more recently South and North Africa.

Some African countries have therefore imposed import restrictions on EU products or impose high tariffs. What will become of the EU exports to Africa if the African domestic tariffs disappear almost completely with the AfCFTA? Is this really a new big opportunity for small African farmers to market their products across Africa?

Unfortunately, we do not believe in it. Because the joy of politicians and agribusiness in Europe shows that they are right to look forward to an open African market. Why? The EU has managed to conclude bilateral trade agreements with a few, but strategically important countries. In North Africa (Morocco) in West Africa (Cote d’Ivoire, Ghana and Cameroon) in East Africa (Kenia and Zimbabwe)  and in South Africa (eg. RSA, Namibia).

In these contracts, mainly so called Economic Partnership Agreements (EPAs), these countries have committed to abolish tariffs on the EU for industrial products in the coming years and to maintain the low tariffs on agricultural products. What will happen in the future if cheap EU products continue to flood these open markets while tariffs and trade restrictions are falling across Africa?

Then it is understandable that EU exporters are happy about the meat parts, the milk powder, cereals and tomato cans that then can be exported to all of Africa without controls or restrictions. The entire African market is open to Europe's exports. The EU agribusiness is happy and the future damage is being suffered by all African farmers, including those whose production have so far been protected from neighboring  cheap EU imports.

But wait, some will say now, there are something called “rules of origin” for that. The African domestic markets would only open up to African products. EU products may not be traded duty-free across Africa.
This may be the case, but firstly, the AU has not yet agreed on rules of origin and secondly, how should customs officials check what an African product is?

An example: Everywhere in West Africa, EU milk companies buy dairies in Africa, e.g. ARLA, Friesland-Campina, Nestle, etc. They import cheap EU milk powder in large bags and pack them in small bags with African names and logos. Then is that African milk powder? Or the African subsidiaries of EU milk companies make yoghurt or cheese from the EU milk powder with African water supply. So are such Nestle yogurts African? Although 100% of milk powder comes from EU subsidized milk? No, the EU agricultural companies have the profit. Therefore, they are looking forward to the AfCFTA supported by EU politicians and economists.

We as European NGO demand that the best support for regional market integration is the freezing of all bilateral EU agreements with Africa. The EU must respect African interests and accept sustainable agricultural production, in which Africa mainly feeds on African products. That helps the African farmers. However, as our colleagues from the African Center for Biodiversity in their contribution to this discussion mentioned, we recognize that African agribusiness, often combined with EU or US capital, can also harm small farmers.

If the EU really wants to support the establishment of a fair internal African market, it should offer free access to the European market to all African countries in addition to an end to bilateral trade agreements, as is now the case for the low-income countries. At least for agricultural products, including processed products such as chocolate or roasted coffee.

That would be a real sign of support for Africa from the European Union, free of its own economic interests.
Germany's EU Presidency starting in July 2020 would be a good opportunity to do more than just pay the usual lip service to Africa, but to follow up the announced EU partnership with Africa with concrete action.

Bread for the World wants to support African partners and farmers in this way, especially in view of the economic crisis caused by Covid-19.

Merci pour l'opportunité de participer à cette discussion en ligne. En tant qu'ONG européenne, permettez-nous de ne répondre qu'à la première question et seulement là où nous voyons une influence de la politique agricole et commerciale européenne.

Certains pays africains craignent que la ZLECAf ne porte préjudice aux agriculteurs et aux industries locales. Comment la ZLECAf va-t-elle influer sur la sécurité alimentaire et le développement agricole ? Comment minimiser les éventuels impacts négatifs? Pouvez-vous en donner quelques exemples concrets ?

Il existe de nombreuses voix en Europe et en Allemagne qui soutiennent la ZLECAf de manière très positive et active. Les politiciens, le secteur privé et les économistes voient le futur marché commun comme une grande opportunité pour les exportateurs européens de commercialiser leurs produits dans toute l'Afrique. En tant qu'ONG liée à l'église, Brot für die Welt tente depuis des années d'attirer l'attention sur les effets négatifs des exportations agricoles européennes sur les petits producteurs en Afrique. Soutenue par des subventions agricoles, l'UE a gravement endommagé les marchés agricoles africains au cours de la dernière décennie, en particulier concernant le lait, la viande, les légumes et les céréales. L'Afrique de l'Ouest et du Centre ont été particulièrement touchée, plus récemment l'Afrique du Sud et l'Afrique du Nord.

Par consequent, certains pays africains ont imposé des restrictions à l'importation sur les produits de l'UE ou ont imposé des tarifs élevés. Qu'adviendra-t-il des exportations de l'UE vers l'Afrique si les tarifs intérieurs africains disparaissent presque complètement avec la ZLECAf ? Est-ce vraiment une nouvelle grande opportunité pour les petits agriculteurs africains de commercialiser leurs produits à travers l'Afrique ?

Malheureusement, nous n'y croyons pas. Parce que la joie des politiciens et de l'agro-industrie en Europe montre qu'ils ont raison d'espérer un marché africain ouvert. Pourquoi? L'UE a réussi à conclure des accords commerciaux bilatéraux avec quelques pays, mais pays stratégiquement importants. En Afrique du Nord (Maroc) en Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Ghana et Cameroun) en Afrique de l’Est (Kenya et Zimbabwe) et en Afrique du Sud (par exemple La république d'Afrique du Sud, Namibie).

Dans ces contrats, principalement les accords de partenariat économique (APE), ces pays se sont engagés à supprimer les tarifs sur les produits industriels de l’UE dans les années à venir et à maintenir les tarifs bas sur les produits agricoles. Que se passera-t-il à l'avenir si les produits bon marché de l'UE continuent d'inonder ces marchés ouverts alors que les tarifs et les restrictions commerciales diminuent en Afrique ?

Il est alors compréhensible que les exportateurs de l'UE soient satisfaits de la viande, du lait en poudre, des céréales et des conserves de tomates qui peuvent être exportés vers toute l'Afrique sans contrôles ni restrictions. L'ensemble du marché africain est ouvert aux exportations européennes. L'agro-industrie de l'UE est heureuse et les dommages futurs sont subis par tous les agriculteurs africains, y compris ceux dont la production jusqu'à présent a été protégée des importations bon marché provenant de l'UE.

Mais attendez, certains diront qu’il y a ce qu'on appelle « règles d'origine ». Les marchés intérieurs africains ne s'ouvriraient qu'aux produits africains. Les produits de l'UE ne peuvent pas être échangés en franchise de droits à travers l'Afrique.

Ce peut être le cas, mais l'UA n'a pas encore convenu de règles d'origine, et comment les fonctionnaires des douanes devraient-ils vérifier ce qu'est un produit africain ?

Un exemple: Partout en Afrique de l'Ouest, les entreprises laitières de l'UE achètent des laiteries en Afrique, par ex. ARLA, Friesland-Campina, Nestlé, etc. Ils importent du lait en poudre bon marché de l'UE dans de grands sacs et les emballent dans de petits sacs avec des noms et des logos africains. Alors, c'est du lait en poudre africain ? Ou les filiales africaines des entreprises laitières de l'UE fabriquent du yaourt ou du fromage à partir du lait en poudre de l'UE avec un approvisionnement en eau africain. Ces yaourts Nestlé sont-ils donc africains ? Bien que 100 % du lait en poudre provienne du lait subventionné par l'UE? Non, les entreprises agricoles de l'UE en tirent profit. Par conséquent, ils attendent avec intérêt la ZLECAf soutenu par les politiciens et les économistes de l'UE.

En tant qu'ONG européenne, nous demandons que le meilleur soutien pour l'intégration du marché régional soit le gel de tous les accords bilatéraux de l'UE avec l'Afrique. L'UE doit respecter les intérêts africains et accepter une production agricole durable, dans laquelle l'Afrique se nourrit principalement de produits africains. Cela aide les agriculteurs africains. Cependant, comme l'ont mentionné nos collègues du Centre africain pour la biodiversité dans leur contribution à cette discussion, nous reconnaissons que l'agro-industrie africaine, souvent combinée avec des capitaux européens ou américains, peut également nuire aux petits agriculteurs.

Si l'UE veut vraiment soutenir la mise en place d'un marché intérieur africain équitable, elle devrait offrir un accès gratuit au marché européen à tous les pays africains en plus de mettre fin aux accords commerciaux bilatéraux, comme c'est désormais le cas pour les pays à faible revenu. Au moins pour les produits agricoles, y compris les produits transformés tels que le chocolat ou le café torréfié.

Ce serait un véritable signe de soutien à l'Afrique de la part de l'Union européenne, libre de ses propres intérêts économiques.

La présidence allemande de l'UE à partir de juillet 2020 serait une bonne occasion de faire plus que simplement payer des lèvres à l'Afrique, mais de suivre le partenariat annoncé de l'UE avec l'Afrique par des actions concrètes.

Bread for the World souhaite soutenir les partenaires et agriculteurs africains, notamment au vu de la crise économique provoquée par Covid-19.

 

TRADUCTION FRANÇAISE CI-DESSOUS

African Centre for Biodiversity Comments on the Challenges and Prospects of the AfCFTA

2 June 2020

Thank you for the opportunity to submit commentary on the African Continental Free Trade Area (AFCFTA) as it relates to food and agriculture. The input here by the African Centre for Biodiversity, which is based in Johannesburg, South Africa, centres around three areas of concern: 1) the kind of food systems that in its current form the AfCFTA will most likely lead to; 2) the problem of democratic accountability and transparency and what it means for who gets to define the food and agriculture related outcomes of the Free Trade Area; and 3) concerns around the development of IP Protocol as it relates to food and agriculture.

What the AfCFTA means for agriculture and food systems in Africa

It is increasingly being widely acknowledged that industrial food systems have devastating ecological and social impacts. The COVID-19 situation, and other shocks hitting the African continent, like Ebola, the locust invasions, and the fall army worm, point to the increasingly intense interactions between climate change, ecological degradation and agriculture. The key thrust in terms of the AfCFTA and agriculture is to build regional food value chains to replace the massive annual food imports for consumption. The prioritisation of regional value chains may be an improvement on global value chains, but this still does not in itself address a number of critical factors in terms of ecological sustainability and social equity:

  • The assumption is still the standardisation and therefore industrialisation of food systems. A big part of the approach in the AfCFTA in general is about building African corporate power. How will supporting the increased industrialisation and corporatisation of food systems increase inequality, centralise wealth in corporate actors, reduce the power of small farmers, traders and distributors? All over the world there is a push back against industrial and corporate-controlled food systems because of these effects. Instead of promoting such a system, there is an opportunity here for the AU to instead support people- and nature-centred food systems, as is embodied in the increasingly well-know idea and movement of food sovereignty. There is therefore a question here of what is considered agricultural development. Is it an outdated 20thcentury modernisation, Green Revolution vision, or is it one appropriate to social and environmental justice in a time of civilisational crisis?
  • In further relation to corporate power, there are two questions. 1) Are the Rules of Origin strict and well-considered enough to prevent the further infiltration of non-African (especially European Union) corporations in African food systems, as is already a prominent trend? 2) At the moment the driving trend of the AfCFTA has been trade liberalisation through elimination of tariff and non-tariff barriers between African countries. However, trade on its own will not lead to manufacturing and development outcomes. It needs to be regulated in line with social and economic objectives, firstly; and secondly, needs to be accompanied by targeted state development policies that subordinate trade to democratically-derived development agendas. In the case of agriculture, where most of the African agro-food sector is still characterised by small scale farmers, traders and distributors, the removal of trade barriers will surely simply open the way for existing, powerful African agro-food corporations (such as South African ones) to displace these existing actors, without alternatives. There also still remains the potential for non-African agro-food corporations to play a similar role.
  • Overall, then, and as the COVID-19 crisis has highlighted, the focus on food systems should be to localise them as far as possible. Stronger regionalisation of food systems for the sake of regionalisation will create long value chains that in turn are more vulnerable to disruptions and shocks, and will therefore increase the vulnerability of African food systems. A scaled approach therefore needs to be taken to agro-food systems, where localisation is the key objective, and regional integration is about knowledge flow between farmers and people-centred food traders and distributors, and about supplementation and support of locally-centred food systems.

Democratic Decision Making and Civil Society Involvement

So far there has been a deep democratic deficit in the construction of the AfCFTA, at two levels. Firstly, at the AU negotiating level, where negotiations have taken place behind closed doors and where civil society has been excluded from the negotiating table. There has been mention of an AfCFTA Consultative Dialogue Framework. However, we have yet to have sight of this and so the question is still open as to whether it facilitates sufficient democratisation of the process.

Secondly, between civil society and national governments. At the moment, citizens and civil society in national contexts know virtually nothing of the negotiating positions that their governments are taking to the process, such as on the negotiation of the Protocols. Governments are expected to consult their societies on their National Implementation Strategies of the Agreement. As of yet, no countries have presented these and it is not clear whether any have undertaken such a consultative process.

In relation to the whole process, but also to agriculture and food, such democratisation is critical, otherwise an untransparent process further facilitates the influence over the process of powerful actors to skew processes in their favour. For example, the Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA) has already established the Regional Food Trade Coalition and indicated its intention to influence policy in relation to the AfCFTA to ensure agricultural development is directed towards Green Revolution and industrialisation approaches. But AGRA is completely unaccountable to the citizens of the Continent and so, given their role in expanding the role of the global corporations in the agricultural sector, their role in policy constitutes vested interest representation at the expense of open democratic participation and deliberation.

The above calls for two immediate interventions:

1) The AU negotiating and planning processes must be completely opened up to civil society participation

2) Guidelines that governments must adhere to in their national-level consultations that ensure transparency and democratic accountability in what such governments agree to through the AfCFTA, must be developed

Issues on the planned Intellectual Property (IP) Protocol

As far as we understand, second phase negotiations of the Agreement are delayed due to the COVID situation. This provides an opportunity for democratising the process. This includes incorporating a view beyond a narrow IPR regime. A general approach in terms of agriculture here should be based on necessities of biodiversity and farmers rights. It is worrying to hear that ARIPO is playing a role in developing the IP Protocol. ARIPO has promoted UPOV 1991 on the continent, which increases the rights of commercial breeders over seed and genetic resources, and reduces the power of small farmers over their seed, farming, and the preservation of genetic diversity. Instead, three approaches must be taken here:

1) The AfCFTA must not be used as an opportunity to further the agenda of the corporate seed sector to push for draconian plant breeders’ rights and undermine farmers’ rights through inter alia, national level as well as harmonisation of plant variety protection laws based on UPOV 1991. An example of such a harmonized PVP law is the Arusha Protocol for the Protection of New Varieties of Plants. This regional framework is principally aimed at ensuring regionally seamless and expedited trade and seed production of commercially-bred seed varieties for the benefit of multinational seed companies. It is also part of the legal and institutional architecture designed to facilitate the transformation of African agriculture from peasant-based to an inherently inequitable, and ecologically unsustainable, agricultural model, based on an out-dated Green Revolution/industrial agricultural model. It is a mechanism designed to coerce African countries into joining UPOV 1991. UPOV 1991 is a restrictive and inflexible international legal regime that grants extremely strong intellectual property rights to commercial breeders and undermines farmers’ rights. Both the Arusha Protocol and UPOV 1991 provide for very narrow exceptions to breeders’ rights, with regard to the use of farm-saved seed by smallholder and peasant farmers, especially women farmers who are often the custodians of seed. This regime undermines age-old farming practices that form the backbone of seed, agricultural, and food systems in the ARIPO region. It also erodes the implementation of Farmers’ Rights as outlined in the International Treaty on Plant Genetic Resources for Food and Agriculture (ITPGRFA). Since both the Arusha Protocol and UPOV 1991 focus principally on strengthening breeders’ rights, it pointedly ignores the contribution of farmers to the conservation and development of plant genetic resources for food and agriculture across the continent, as recognised explicitly in the ITPGRFA.

2) African farmers have for centuries undertaken innovations in farming and protection of genetic diversity without IP frameworks. The question then is to protect this knowledge and genetic diversity from corporate looting. Hence the ITPGRFA must be a key guiding framework for this Protocol as it relates to agriculture, Article 9 of which protects farmers’ rights.

3) The recently-passed UN Declaration on the Rights of Peasants and Other People Working in Rural Areas (UNDROP) should be a another key guide in pursuing a rights-based approach to agricultural and food system development in terms of continental development approaches. Furthermore, specifically in relation to seed, genetic diversity and intellectual property, Article 19 of the UNDROP provides further particular guidance with regard to rights in relation to seed, genetic diversity, traditional knowledge, benefit sharing for the use of plant genetic resources for food and agriculture, rights to decision making, the rights of peasants and other rural people to maintain, control, protect and develop their own seeds and traditional knowledge, and the prerogative for the state to support these systems financially, through research and so on. Where states do consider seed policies, plant variety protection and other intellectual property laws, they must take into account and respect the rights, needs and realities of peasants and other people working in rural areas. The UNDROP must be a guiding framework on these matters – indeed, no African country voted against the approval of the Declaration at the UN, and so such a recommendation made here should not be seen as controversial.

Thank you.

Centre Africain pour la Biodiversité
Commentaires sur les défis et les perspectives de la ZLECAf

2 juin 2020

Merci pour l’occasion de soumettre des commentaires sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en ce qui concerne l'alimentation et l'agriculture. La contribution du Centre africain pour la biodiversité, qui est basé à Johannesburg, en Afrique du Sud, s'articule autour de trois sujets de préoccupation: 1) le type de systèmes la ZLECAf, sous sa forme actuelle, produirait probablement; 2) le problème de la responsabilité et de la transparence démocratique et ce que cela signifie pour qui fixe des résultats liés à l'alimentation et à l'agriculture de la zone de libre-échange; et 3) les préoccupations concernant l'élaboration d’un protocole sur la propriété intellectuelle en ce qui concerne l'alimentation et l'agriculture.

Ce que la ZLECAF signifie pour l'agriculture et les systèmes alimentaires en Afrique

Il est de plus en plus reconnu que les systèmes alimentaires industriels ont des effets écologiques et sociaux dévastateurs. La situation du COVID-19 et d'autres chocs qui touchent le continent africain, comme l’Ebola, les invasions acridiennes et la chenille légionnaire d’automne, indiquent les interactions de plus en plus intenses entre le changement climatique, la dégradation écologique et l'agriculture. L'idée centrale en termes de la ZLECAf et d'agriculture est de construire des chaînes de valeur alimentaires régionales pour remplacer les importations alimentaires annuelles massives pour la consommation. La priorisation des chaînes de valeur régionales peut être une amélioration par rapport aux chaînes de valeur mondiales, mais cela ne répond pas à un certain nombre de facteurs critiques en termes de durabilité écologique et d'équité sociale:

  • L'hypothèse reste la standardisation et donc l'industrialisation des systèmes alimentaires. En général, une bonne partie de l'approche de la ZLECAf consiste à renforcer le pouvoir des entreprises africaines. Comment le soutien à l'industrialisation et à la corporatisation des systèmes alimentaires augmentera-t-il les inégalités, centralisera-t-il la richesse des entreprises, réduira-t-il le pouvoir des petits agriculteurs, commerçants et distributeurs? Partout dans le monde, on lutte contre les systèmes alimentaires industriels et contrôlés par les entreprises en raison de ces effets. Au lieu de promouvoir un tel système, l'UA a la possibilité de soutenir des systèmes alimentaires axés sur la population et la nature, comme dans le mouvement de la souveraineté alimentaire qui est de plus en plus connu. Il s'agit donc de savoir ce que l'on entend par développement agricole. S'agit-il d'une modernisation dépassée du XXe siècle, d'une vision de la Révolution verte, ou est-elle une modernisation appropriée à la justice sociale et environnementale en temps de crise de civilisation ?
  • En ce qui concerne le pouvoir des entreprises, deux questions se posent. 1) Les règles d'origine sont-elles suffisamment strictes et bien considérées pour empêcher l'infiltration de sociétés non africaines (en particulier de l'Union européenne) dans les systèmes alimentaires africains, comme c'est déjà une tendance dominante? 2) Actuellement, la tendance dominante de la ZLECAf a été la libéralisation des échanges par l'élimination des barrières tarifaires et non tarifaires entre les pays africains. Cependant, le commerce à lui seul ne conduira pas à des résultats de fabrication et de développement. Il doit être réglementé conformément aux objectifs sociaux et économiques, d'une part; et deuxièmement, il doit s'accompagner de politiques de développement étatiques ciblées qui subordonnent le commerce à des programmes de développement d'origine démocratique. Dans le cas de l'agriculture, où la majeure partie du secteur agroalimentaire africain est encore caractérisée par de petits agriculteurs, commerçants et distributeurs, la suppression des barrières commerciales ouvrira sûrement la voie aux puissantes sociétés agroalimentaires africaines existantes (telles que des sociétés Sud-africains) pour déplacer ces acteurs existants, sans alternatives. Il reste également la possibilité pour les sociétés agro-alimentaires non africaines de jouer un rôle similaire.
  • Dans l'ensemble donc, et comme l'a souligné la crise du COVID-19, l'accent devrait être mis sur les systèmes alimentaires pour les localiser autant que possible. Une régionalisation plus forte des systèmes alimentaires par sourci de régionalisation créera de longues chaînes de valeur qui, à leur tour, sont plus vulnérables aux perturbations et aux chocs, et augmenteront donc la vulnérabilité des systèmes alimentaires africains. Une approche échelonnée doit être adoptée pour les systèmes agroalimentaires, où la localisation est l'objectif principal, et l'intégration régionale concerne le flux de connaissances entre les agriculteurs et les commerçants et distributeurs d'aliments qui se concentrent sur les personnes, et une approche qui se concentre sur la supplémentation et le soutien des systèmes alimentaires centrés sur le niveau local.

Prise de décision démocratique et participation de la société civile

Jusqu'à présent, la construction de la ZLECAf a connu un profond déficit démocratique, à deux niveaux. Premièrement, au niveau des négociations de l'UA, où les négociations se sont déroulées à huis clos et où la société civile a été exclue de la table des négociations. Il a été fait mention d'un cadre de dialogue consultatif de la ZLECAf. Cependant, nous ne l'avons pas encore vu et la question reste de savoir si elle facilite une démocratisation suffisante du processus.

Deuxièmement, entre la société civile et les gouvernements nationaux. Actuellement, les citoyens et la société civile dans les contextes nationaux ne savent pratiquement rien des positions de négociation que leurs gouvernements adoptent à l'égard du processus, par exemple en ce qui concerne la négociation des protocoles. Les gouvernements devraient consulter leurs sociétés sur leurs stratégies nationales de mise en œuvre de l'accord. Jusqu'à maintenant, aucun pays ne les a présentés et il n'est pas certain que certains d'entre eux aient engagé un tel processus de consultation.

Par rapport à l'ensemble du processus, mais aussi à l'agriculture et à l'alimentation, une telle démocratisation est essentielle, sinon un processus non transparent facilite l'influence sur le processus d'acteurs puissants pour biaiser les processus en leur faveur. Par exemple, l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA) a déjà créé la Coalition régionale du commerce alimentaire et a indiqué son intention d'influencer la politique relative à la ZLECAf pour garantir que le développement agricole soit orienté vers la révolution verte et les approches d'industrialisation. Mais l'AGRA ne rend pas de comptes aux citoyens du continent et donc, étant donné leur rôle dans l'élargissement du rôle des sociétés mondiales dans le secteur agricole, leur rôle dans la politique constitue une représentation des intérêts acquis au détriment d'une participation et d'une délibération démocratiques ouvertes.

Ce qui précède appelle deux interventions immédiates :

1) Les processus de négociation et de planification de l'UA doivent être complètement ouverts à la participation de la société civile

2) Des lignes directrices que les gouvernements doivent respecter dans leurs consultations au niveau national qui garantissent la transparence et la responsabilité démocratique dans ce que ces gouvernements acceptent par le biais de la ZLECAf doivent être élaborées.

Questions concernant le protocole sur la propriété intellectuelle (PI) prévu

À notre connaissance, les négociations de la deuxième phase de l'accord sont retardées en raison de la situation COVID. Cela fournit l'occasion de démocratiser le processus. Cela inclut l'intégration d'une vision au-delà d'un régime étroit de DPI. Une approche générale en termes d'agriculture devrait être basée sur les nécessités de la biodiversité et les droits des agriculteurs. Il est inquiétant d'apprendre que l'OAPI joue un rôle dans le développement du protocole PI. L'OAPI a promu l'UPOV 1991 sur le continent, ce qui accroît les droits des obtenteurs commerciaux sur les semences et les ressources génétiques et réduit le pouvoir des petits agriculteurs sur leurs semences, leur agriculture et la préservation de la diversité génétique. Au lieu de cela, trois approches doivent être prises :

1) La ZLECAf ne doit pas être utilisé comme une opportunité pour faire avancer l'agenda du secteur privé semencier afin de faire valoir les droits draconiens des sélectionneurs de plantes et de saper les droits des agriculteurs à travers, entre autres, le niveau national ainsi que l'harmonisation des lois de protection des variétés végétales basées sur UPOV 1991. Un exemple d'une telle loi harmonisée sur la protection des obtentions végétales est le Protocole d'Arusha. Ce cadre régional vise principalement à assurer un commerce régional accéléré et une production de semences de variétés de semences de race commerciale au profit des multinationales semencières. Elle fait également partie de l'architecture juridique et institutionnelle conçue pour faciliter la transformation de l'agriculture africaine d'un modèle agricole paysan à un modèle agricole intrinsèquement inéquitable et écologiquement non durable, basé sur un modèle agricole révolutionnaire / industriel vert dépassé. Il s'agit d'un mécanisme conçu pour contraindre les pays africains à adhérer à l'UPOV 1991. L'UPOV 1991 est un régime juridique international restrictif et rigide qui accorde des droits de propriété intellectuelle extrêmement solides aux obtenteurs commerciaux et porte atteinte aux droits des agriculteurs. Le Protocole d'Arusha et l'UPOV 1991 prévoient des exceptions très étroites aux droits d'obtenteur, en ce qui concerne l'utilisation de semences de ferme par les petits exploitants et les paysans, en particulier les agricultrices qui sont souvent les gardiennes des semences. Ce régime sape les pratiques agricoles séculaires qui forment l'épine dorsale des systèmes semenciers, agricoles et alimentaires dans la région de l'OAPI. Il érode également la mise en œuvre des droits des agriculteurs, comme indiqué dans le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture (TIRPAA). Étant donné que le Protocole d'Arusha et l'UPOV 1991 se concentrent principalement sur le renforcement des droits des obtenteurs, il ignore ostensiblement la contribution des agriculteurs à la conservation et au développement des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture à travers le continent, comme cela est explicitement reconnu dans le TIRPAA.

2) Pendant des siècles, Les agriculteurs africains ont entrepris des innovations dans l'agriculture et la protection de la diversité génétique sans cadres de propriété intellectuelle. La question est alors de protéger ces connaissances et cette diversité génétique du pillage des entreprises. Par conséquent, le TIRPAA doit être un cadre directeur pour ce protocole en ce qui concerne l’agriculture, dont l’article 9 protège les droits des agriculteurs.

3) La Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) récemment adoptée devrait être un autre guide clé dans la poursuite d'une approche fondée sur les droits pour le développement du système agricole et alimentaire en termes d'approches de développement continental. En outre, spécifiquement en ce qui concerne les semences, la diversité génétique et la propriété intellectuelle, l'article 19 de l'UNDROP fournit des orientations particulières supplémentaires en ce qui concerne les droits relatifs aux semences, à la diversité génétique, aux savoirs traditionnels, au partage des avantages pour l'utilisation des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, les droits à la prise de décisions, les droits des paysans et des autres populations rurales à conserver, contrôler, protéger et développer leurs propres semences et connaissances traditionnelles, et la prérogative pour l'État de soutenir financièrement ces systèmes, par la recherche, etc. Lorsque les États envisagent des politiques sur les semences, la protection des obtentions végétales et d'autres lois sur la propriété intellectuelle, ils doivent prendre en compte et respecter les droits, les besoins et les réalités des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. L'UNDROP doit être un cadre directeur sur ces questions - en effet, aucun pays africain n'a voté contre l'approbation de la Déclaration à l'ONU, et donc une telle recommandation faite ne devrait pas être considérée comme controversée.

Merci.

 

 

 

Traduction française ci-dessous 

Response to Question 1 on negative impacts of the AfCFTA

1)  Negative impacts of AfCFTA may come from situations where import traders sell their products at the expense of local farmers due to import price-crashing. This can be minimized by innovation of digitalized and centralized technological platforms within African countries that would avail countries with real-time data of necessary food products to be imported to various markets at different times.With respect to weather and climate deviations within African countries, import of specific food items which can be sold within the AfCFTA should take cognizance of food products which are not in season in each country and route trade in that direction.

Response to Question 2 on inclusive formalization of agricultural trade in Africa

2) Trade policies must find a diplomatic way to legalize cross border trade as this will improve legal foreign exchange for both the importing and exporting countries. The problem comes to play when protocols are too much or tarrifs are too high. Countries that are close to each other can have reduced tarrifs to encourage cross-border trade.

Response to Question 4 on implication of including key food commodities on the list of sensitive products

4) Including key food commodities on the list of sensitive products will not necessarily affect food security as these barriers have always been there. Since most African countries are agricultural producers, each country can maintain the 7 percent tarrif placed on foods which they produce in adequate quantities while food commodities not produced in the importing country can be tarrif-free. An example is that Nigeria produces millet in surplus, and it would be disadvantageous to millet farmers  in the country if it becomes outrageously cheap to import millet.

Réponse à la question 1 sur les impacts négatifs de la ZLECAf

1) Les impacts négatifs de la ZLECAf peuvent provenir de situations où les négociants de l’ importation vendent leurs produits au détriment des agriculteurs locaux en raison de la chute des prix des importations. Cela peut être minimisé par l'innovation de plates-formes technologiques numérisées et centralisées au sein des pays africains qui fourniraient aux pays des données en temps réel des produits alimentaires nécessaires à importer sur différents marchés à des moments différents. En ce qui concerne les écarts météorologiques et climatiques au sein des pays africains, l'importation de produits alimentaires spécifiques qui peuvent être vendus dans le cadre de la ZLECAf devrait tenir compte des produits alimentaires qui ne sont pas de saison dans chaque pays et orienter le commerce dans cette direction.

Réponse à la question 2 sur la formalisation inclusive du commerce agricole en Afrique

2) Les politiques commerciales doivent trouver un moyen diplomatique de légaliser le commerce transfrontalier, car cela améliorera le change légal pour les pays importateurs et exportateurs. Le problème intervient lorsque les protocoles sont trop ou les tarifs sont trop élevés. Les pays situés à proximité les uns des autres peuvent avoir des tarifs réduits pour encourager le commerce transfrontalier.

Réponse à la question 4 sur l'implication de l'inclusion des denrées alimentaires essentielles sur la liste des produits sensibles

4) L'inclusion des denrées alimentaires essentielles sur la liste des produits sensibles n'affectera pas nécessairement la sécurité alimentaire, car ces obstacles ont toujours été présents.

Puisque la plupart des pays africains sont des producteurs agricoles, chaque pays peut maintenir le tarif de 7 pour cent appliqué aux aliments qu'il produit en quantité suffisante tandis que les produits alimentaires non produits dans le pays importateur peuvent être exempts de tarif. Un exemple est que le Nigeria produit du mil en excédent, et il serait désavantageux pour les producteurs de mil du pays si importer du mil devient scandaleusement abordable.

 

TRADUCTION FRANÇAISE CI-DESSOUS

The Covid -19 pandemic has been a clarion call to inefficiencies in not only the African but also the Global food supply chains. Attaining Zero Hunger calls for collaborative efforts, alinment to Good Agricultural Practices, leveraging on agricultural technology especially data science and emergency preparedness to cater for intra and inter trade.Below are my thoughts on the discussion.

1. AfCFTA will trigger individual African countries and regional blocs into revitalizing their agricultural production both in terms of productivity and food safety. This means that we will see a rise in speciaalization of crops and entrepreneurship in areas of value-addition for agricultural commodities in order to suit our diverse regional tastes and preferences. In Kenya, we need pantain chips btw, not I but itsa need. Negative impcts such as unfair competition from informal trade i.e goods crossing the borders without adhering to protocol, can be curtailed by creating an enabling environment through subsidies for agricultural inputs and produce.

2. Trade policies may efficiently address informal cross-border trade in the context of AfCFTA through establishing traceability system using geotaging and tracking of agricultural commodities. What might prevent the inclusive formalization of agricultural trade in Africa is the lack of a joint continental policy governing issues on informal trade and the production threshhold by which a state is considered self-sufficient in feeding its population in a given crop/animal produce.

3. In Kenya, last year especially, we experienced hostility where traders would move their goods into a neighboring country andthe citizens would attack and destroy their cargo in retaliation. We are believed to be "bad for business meaning unfair capitalists." Lack of political goodwill can be a major challenge stifling cross border agriculture trade. Given that most of such isues arise from poor political relations, enhancing great political relations with our neighnors actually worked in reducing hostility in cross-border trade.

4. Where one country bans use of certain synthetic agrochemicals whereas the other neighboring countries freely smuggle thesebanned chemicals into the said state at a cheaper farmers and farmers end up using the said chemicals, SPS measures are adultered. A common understanding and ruling needs to be established on SPS/TBT measures for our continent.

5. If key food commodities are on the list of sensitive and excluded products, food and nutrition security will be negatively impacted given that the cost of trading in these goods will be higher and hence the economies of scale lower. Countries may result into the forbidden informal cross-border trade.

6. As our sister mentioned earlier, there needs to be a continental policy giving a threshhold as to how to classify a country as food secure enough to export its excess produce to the rest of Africa.

Feel free to find my two-cents on https://marymwema.wordpress.com/

La pandémie de Covid -19 a été un appel de clairon en ce qui concerne l'inefficacité non seulement dans les chaînes d'approvisionnement africaines mais aussi mondiales. Atteindre la faim zéro appelle à des efforts de collaboration, à l'alignement sur les bonnes pratiques agricoles, à l'exploitation de la technologie agricole, en particulier de la science des données et de la préparation aux situations d'urgence pour répondre aux échanges intra et inter-commerce. Voici mes réflexions sur la discussion.

1. La ZLECAf déclenchera les pays africains et les blocs régionaux à revitaliser leur production agricole en termes de productivité et de sécurité alimentaire. Cela signifie que nous verrons une augmentation de la spécialisation des cultures et de l'entreprenariat dans les domaines à valeur ajoutée pour les produits agricoles afin de répondre à nos goûts et préférences régionaux divers. Au Kenya, nous avons besoin de chips plantain, pas moi mais c'est un besoin. Les effets négatifs tels que la concurrence déloyale du commerce informel, c'est-à-dire les marchandises qui traversent les frontières sans adhérer au protocole, peuvent être réduits en créant un environnement propice au moyen des subventions pour les intrants et les produits agricoles.

2. Les politiques commerciales peuvent traiter efficacement le commerce transfrontalier informel dans le contexte de la ZLECAf en établissant un système de traçabilité utilisant la géolocalisation et le suivi des produits agricoles. Ce qui pourrait empêcher la formalisation inclusive du commerce agricole en Afrique est l'absence d'une politique continentale commune régissant les questions relatives au commerce informel et le seuil de production par lequel un État est considéré comme autosuffisant pour nourrir sa population dans une culture / un produit animal.

3. Au Kenya, l'année dernière en particulier, nous avons connu une hostilité où les commerçants transportaient leurs marchandises dans un pays voisin et en représailles, les citoyens attaquaient et détruisaient leurs marchandises. On pense que nous sommes « mauvais pour les affaires, ce qui signifie des capitalistes injustes ». Le manque de bonne volonté politique peut être un défi majeur freinant le commerce agricole transfrontalier. Étant donné que la plupart de ces problèmes découlent de mauvaises relations politiques, le renforcement de bonnes relations politiques avec nos voisins a en fait contribué à réduire l'hostilité dans le commerce transfrontalier.

4. Lorsqu'un pays interdit l'utilisation de certains produits agrochimiques synthétiques alors que les autres pays voisins passent ces produits chimiques interdits en contrebande dans l’État concerné à un prix inférieur les agriculteurs finissent par utiliser lesdits produits chimiques, les mesures SPS sont adultérées. Une compréhension commune et une décision commune doivent être établies en ce qui concerne les mesures SPS / OTC pour notre continent.

5. Si les denrées alimentaires essentielles figurent sur la liste des produits sensibles et exclus, la sécurité alimentaire et nutritionnelle sera affectée négativement étant donné que le coût du commerce de ces produits sera plus élevé et donc les économies d'échelle plus faibles. Les pays peuvent s’engager dans le commerce transfrontalier informel interdit.

6. Comme notre sœur l'a mentionné plus tôt, il doit y avoir une politique continentale qui détermine un seuil en ce qui concerne le niveau de sécurité alimentaire un pays doit avoir pour pouvoir exporter ses produits excédentaires vers le reste de l'Afrique.

Vous pouvez trouver mon grain de sel ici : https://marymwema.wordpress.com/

 

Traduction française ci-dessous

As a farmer, our fears are the exchange and competion that may arise by some unsrouplous middle men who will change labels and trade on foreign goods in tha AFCTA to the detriment of encouraging African growing farmers. This aspect have to be seriously looked into.

En tant qu'agriculteur, nos craintes sont l'échange et la concurrence qui peuvent survenir par certains intermédiaires peu scrupuleux qui changeront les étiquettes et le commerce des biens étrangers dans le contexte de la ZLECAf au détriment d'encourager les agriculteurs africains. Cet aspect doit être sérieusement examiné.

Traduction française ci-dessous

I really do not imagine which benefits could be derived from such an institution. Of course, there is the famous analysis by Ricardo, which says that, by exploiting comparative advantages, trade expands the feasible production set, and creates opportunities. This is an old idea, but precisely because it is old, if it was really good, we would know!

Now, it turns out that, through centuries, hundreds of liberalisation agreements have been signed, and have been abandonned after a while... Why such a destiny would be avoided in the Inter-African case?

The real problem with this sort of agreements in market deficiencies: of course, with « perfect » markets, Ricardo would be right . But since trade must be processed through markets, if markets are not operating smoothly, it may happen - it happens frequently - that the cost of repairing market vagrancies is far higher than the benefits from trade itself... Prices are unexpectedly either too high or too low, and markets are unable to perform their true function, to  adjust supply to demand.

Indeed, while such situations occur only from time to time with industrial products, the demand of which is elastic (meaning a relatively stable market equilibrium point) , it is the rule for food and other products, the demand elasticity of which is low. In addition, the free trade agrements deprive nations from the instruments which allows them to cope with emergencies and local crisis. Thus, free-trade agreements are not recomanded for countries the production of which is essentially agricultural, unless a full fledged common agricultural policy is setup, as in the case in Europe. And even in Europe, the common agricultural policy is so difficult to set up that it could run into jeopardy in the near future.....

See my book  : Jean-Marc Boussard :  les prix agricoles, nouveaux dialogues sur le commerce des bleds, L’Harmattan, Paris, 2017.

Je n'imagine vraiment pas quels pourraient être les avantages d'une telle institution. Bien sûr, il y a la célèbre analyse de Ricardo, qui dit qu'en exploitant les avantages comparatifs, le commerce élargit l'ensemble de production faisable et crée des opportunités. C'est une vieille idée, mais justement parce qu'elle est vieille, si c'était vraiment bien, on le saurait!

Il se trouve qu'au fil des siècles, des centaines d'accords de libéralisation ont été signés et abandonnés après un certain temps ... Pourquoi un tel destin serait-il évité dans le cas interafricain?

Le vrai problème avec ce type d'accords concernant les insuffisances du marché: bien sûr, avec des marchés «parfaits», Ricardo aurait raison. Mais comme le commerce doit être traité par les marchés, si les marchés ne fonctionnent pas correctement, il peut arriver - cela arrive fréquemment - que le coût de la réparation des caprices du marché soit beaucoup plus élevé que les avantages du commerce lui-même ... Les prix sont soit inopinément trop élevés soit trop bas, et les marchés ne sont pas en mesure de remplir leur véritable fonction, d'ajuster l'offre à la demande.

En effet, si de telles situations ne se produisent que de temps en temps avec des produits industriels dont la demande est élastique (c'est-à-dire un point d'équilibre de marché relativement stable), c'est la règle pour les produits alimentaires et autres dont l'élasticité de la demande est faible.

De plus, les accords de libre-échange privent les nations des instruments qui leur permettent de faire face aux urgences et aux crises locales. Ainsi, les accords de libre-échange ne sont pas recommandés pour les pays dont la production est essentiellement agricole, à moins qu'une politique agricole commune à part entière ne soit mise en place, comme c'est le cas en Europe. Et même en Europe, la politique agricole commune est si difficile à mettre en place que dans le future proche, elle pourrait être en péril .....

Voyez mon livre: Jean-Marc Boussard: les prix agricoles, nouveaux dialogues sur le commerce des bleds, L’Harmattan, Paris, 2017.

 

Traduction française ci-dessous

The idea seem to be excellent. However, the same concept may have already been in place through various Blocks within the continent. The Blocks may include SADC, EAC (East African Community); and similar Blocks in other regions of Africa.  For AfCFTA idea to fly, it needs to be aligned with trade agreements that have been ratified by members in each Block.

This will ensure sustainability of the aims and objectives of AfCFTA.

L'idée semble excellente. Cependant, le même concept peuvent avoir été en place par le biais de divers blocs sur le continent. Les blocs peuvent comprendre la CDAA, la CAE (Communauté d'Afrique de l'Est); et des blocs similaires dans d'autres régions d'Afrique. Pour que l'idée de la ZLECAf réussisse, elle doit être alignée sur les accords commerciaux qui ont été ratifiés par les membres de chaque bloc.

Cela garantira la durabilité des buts et objectifs de la ZLECAf.

 

M. Dugasa Dirbaba

Society for Education, Environment and Development(SEED)
Éthiopie

Traduction française ci-dessous

What always come to my mind related to this issue is that is really free trade is 'free'? This question is raised because of the fact that when the so-called free trade agreements are signed between countries it is assumed that there are various costs comprising societal, economic and environmental. Hence before undertaking free trade agreements, African countries and others developing countries must make sure that the benefit outshines the stated costs. They shouldn't sign the agreements blindly just free trade is good and beneficial to their respective countries and citizens. It is important to remember the saying goes ' there is no free lunch'. Here it is vital to note that I am not opposing the free trade or against but expressed my doubt. The economists and policy makers need to dig out the pros and cons and avail on to the table their respective developing countries leaders for final decision. It must be confirmed that the free trade is really free or not.

Many thanks,

Dugasa Dirbaba

Ce qui m'est venu à l'esprit à propos de cette question est de savoir si le libre-échange est vraiment
« libre »? Cette question est soulevée en raison du fait que lorsque les soi-disant accords de libre-échange sont signés entre les pays, Il est supposé qu'il y ait des différents coûts, comprenant des coûts sociétaux, économiques et environnementaux. Par conséquent, avant de conclure des accords de libre-échange, les pays africains et les autres pays en développement doivent s'assurer que les avantages dépassent les coûts déclarés. Ils ne devraient pas signer les accords aveuglément, le libre-échange est bon et bénéfique pour leurs pays et citoyens respectifs. Il est important de se rappeler que rien n'est gratuit. Ici, il est essentiel de noter que je ne m'oppose pas au libre-échange, mais j'ai exprimé mon doute. Les économistes et les décideurs doivent découvrir les avantages et les inconvénients pour aider leurs pays respectifs à prendre la décision finale. Il faut confirmer que le libre-échange est vraiment libre.

Merci beaucoup,

Dugasa Dirbaba

 

TRADUCTION FRANÇAISE CI-DESSOUS

Dear members of the FSN Forum,

Thank you once again to those who have contributed their insights to this important discussion on the AfCFTA and agriculture. Building on what has already been discussed since last week, this week’s discussion focused on a number of key issues. One important point is that the majority of African countries are net food importers. As such, the first priority of these countries is to ensure national food security needs are met and domestic surpluses are built up before they can export into the liberalised AfCFTA market. It was noted that weaknesses in food production can be addressed not only by improving productivity but also by providing government support to smallholder farmers and producer associations to build their capacity to compete with lower priced imports and food aid. Another important point raised that may hinder the smooth functioning of the AfCFTA is the tendency for governments, widely documented in the trade and economics literature, to interfere in free trade agreements in the name of national security with unanimous trade bans and similar restrictive measures due to lack of adequate planning, policies, strategies, institutions and programmes to address food production and food security challenges.

A further comment pointed out that intra-African trade not only provides African countries with an opportunity to complement North-South economic relations but also opens up a new dynamic market with long-term gains in terms of job creation and access to cheaper industrial raw materials and diverse foods that will help address pervasive food insecurity challenges on the continent. Additionally, an important comment noted the need for greater clarity on the definition of terms such as “cross-border trade” and formal vs. informal trade as a way to improve the governance, predictability and performance of intra-African trade.

Many thanks to those who have contributed so far. We encourage and welcome all members to provide their inputs and reactions, while referring as much as possible to the six guiding questions in the topic note.

Kind regards,

Jean Senahoun
FAO Regional Office for Africa

Chers membres du Forum FSN,

Merci encore à tous ceux qui ont partagé leurs idées au cours de cette importante discussion sur la ZLECAf et l'agriculture. En misant sur ce qui a déjà été discuté depuis la semaine dernière, la discussion de cette semaine s'est centrée sur un certain nombre de questions clés. Un point important est que la majorité des pays africains sont des importateurs nets de produits alimentaires. Ainsi, la première priorité de ces pays est de répondre aux besoins nationaux de sécurité alimentaire et garantir que les excédents intérieurs sont établis avant de pouvoir les exporter via le marché libéralisé de la ZLECAf. Il a été noté que les faiblesses de la production alimentaire peuvent être corrigées non seulement en améliorant la productivité, mais aussi en fournissant un soutien gouvernemental aux petits exploitants agricoles et aux associations de producteurs pour renforcer leur capacité à faire concurrence aux importations à bas prix et l'aide alimentaire. Un autre aspect important soulevé qui peut entraver le bon fonctionnement de la ZLECAf est la tendance des gouvernements, largement documentée dans la littérature commerciale et économique, à s'immiscer dans les accords de libre-échange au nom de la sécurité nationale avec des interdictions commerciales unanimes et des mesures restrictives similaires en raison de manque de planification, de politiques, de stratégies, d'institutions et de programmes adéquats pour répondre aux défis concernant la production et la sécurité alimentaire.

Un autre commentaire a souligné que le commerce intra-africain offre non seulement aux pays africains la possibilité de appuyer les relations économiques Nord-Sud mais ouvre également un nouveau marché dynamique avec des gains à long terme en termes de création d'emplois et d'accès à des matières premières industrielles moins chères d'aliments divers, qui aideront à résoudre les problèmes d'insécurité alimentaire omniprésents sur le continent. En outre, une remarque importante a souligné la nécessité d'une meilleure clarté en ce qui concerne la définition de termes tels que «commerce transfrontalier» et commerce formel vs informel comme moyen d'améliorer la gouvernance, la prévisibilité et les performances du commerce intra-africain.

Merci beaucoup à ceux qui ceux qui ont déjà contribué. Nous encourageons et invitons tous les membres à apporter leurs contributions et réactions, tout en se référant autant que possible aux six questions directrices de la note thématique.

Cordialement,

Jean Senahoun
Le Bureau régional de la FAO pour l'Afrique