Forum global sur la sécurité alimentaire et la nutrition (Forum FSN)

Ce membre a contribué à/au:

    • Monsieur ou Madame, je vous fais parvenir, ci-joint, la modeste contribution de l'ADACO relative à l'objet ci-dessus cité. Cordialement.


      La contribution de l’ADACO a porté sur le questionnaire suivant :

      1. Partagez-vous les principes directeurs indiqués ci-dessus ?

      L’Association pour le Devenir des Autochtones et de leur Connaissance Originelle (ADACO) partage les principes directeurs indiqués ci-dessus, tout en rappelant que dans certaines régions en Afrique notamment au Gabon, les Peuples Autochtones (Autochtones Pygmées) et les Communautés Locales ou les Populations Locales gèrent, partagent et échangent certains savoirs traditionnels liés aux systèmes alimentaires et à un patrimoine culturel commun.

      1. Les objectifs doivent-ils inclure l'intégration des systèmes alimentaires et de connaissances des peuples autochtones, ainsi que les enseignements tirés de ces systèmes, au profit de tous ou uniquement au profit des peuples autochtones en tant que détenteurs de droits ?

      ADACO pense que les objectifs doivent inclure l'intégration des systèmes alimentaires et de connaissances des peuples autochtones, et les enseignements tirés de ces systèmes au profit d’abord des peuples autochtones en tant que détenteurs de droits, puis au profit de tout le monde.

      1. Quels sont les défis liés au consentement préalable, libre et éclairé, à l'accès et au partage des avantages lors de la promotion et/ou de l'intégration à grande échelle des systèmes alimentaires et de connaissances des peuples autochtones ?

      Les défis sont :

      • Pour le consentement préalable, libre et éclairé : inexistence d’un cadre juridique national qui encadre ce principe notamment dans les pays en voie de développement (Afrique) ; la non prise en compte des droits des peuples autochtones sur la gestion de leurs terres et territoires etc.
        • Pour l'accès et le partage des avantages lors de la promotion et/ou de l'intégration à grande échelle des systèmes alimentaires et de connaissances des peuples autochtones : la non prise en compte par certains pays notamment en Afrique de l'accès et du partage des avantages lors de la promotion et de l'intégration à grande échelle des systèmes alimentaires et de connaissances des peuples autochtones ; les Etats africains doivent inclure les Peuples Autochtones, leurs représentants et les associations des peuples autochtones dans l’élaboration des politiques publiques liées aux systèmes alimentaires ;
      • Les États devraient aborder la question du consentement préalable, libre et éclairé selon une approche fondée sur les droits de l’homme, notamment en s’attachant à promouvoir le renforcement des capacités des autorités publiques et des fonctionnaires y compris des juges et des parlementaires ;
        • Les États devraient établir un ou plusieurs mécanismes nationaux de réglementation approprié, de préférence au niveau constitutionnel ou législatif, afin de réglementer les consultations dans les cas où l’obtention du consentement préalable, libre et éclairé est requis ou est l’objectif même de la consultation ;
        • Les États devraient traiter directement avec les peuples autochtones. Lorsque ces peuples demandent eux-mêmes à négocier directement avec des entreprises privées, ces dernières doivent agir avec la diligence voulue pour garantir le caractère approprié des procédures de consultation ;
        • Les États devraient fixer des conditions préalables à l’obtention effective du consentement préalable, libre et éclairé, comme le renforcement de la confiance, la démonstration de bonne foi, l’application de méthodes de négociation culturellement adaptées et la reconnaissance et le respect des droits naturels des peuples autochtones ;
        • Les États devraient faire en sorte que les peuples autochtones aient les ressources et les capacités nécessaires pour participer effectivement aux processus de consultation, en appuyant le développement de leurs propres institutions, sans pour autant compromettre l’indépendance de ces dernières ;
        • Les États devraient s’entretenir largement avec tous les peuples autochtones susceptibles d’être touchés, par l’intermédiaire des organes de décision représentatifs de ces peuples, dans lesquels ceux-ci sont encouragés à inclure des femmes, des enfants, des jeunes et des personnes handicapées ;
        • Les États devraient faire en sorte que tous les peuples autochtones aient la possibilité de participer aux études d’impact (environnemental, culturel, social et en matière de droits de l’homme), lesquelles devraient être réalisées avant la formulation de la proposition etc.

      1. Comment le rapport peut-il garantir l'inclusion des groupes marginalisés, la pérennité et la protection contre les risques de commercialisation des systèmes alimentaires et de connaissances des peuples autochtones ?

      Le rapport peut garantir l'inclusion des groupes marginalisés, la pérennité et la protection contre les risques de commercialisation des systèmes alimentaires et de connaissances des peuples autochtones à travers les éléments suivants :

      • Reconnaitre le droit à la l’alimentation et à la préservation des connaissances des peuples autochtones dans les cadres juridiques nationaux ;
        • Accéder à la propriété intellectuelle et industrielle ;
        • Créer les conditions de reconnaissance des indications géographiques protégées pour les systèmes alimentaires des peuples autochtones ;
        • Créer des labels sur les produits alimentaires liés aux savoirs traditionnels ;
        • Créer les conditions d’accès rapide de ces produits aux marchés nationaux, régionaux et internationaux etc.

      1. Comment les connaissances et les traditions orales doivent-elles être documentées et référencées dans le cadre de l'élaboration du rapport ?

      Les connaissances et les traditions orales doivent être documentées et référencées dans le cadre de l'élaboration du rapport de la manière suivante :

      • Utiliser tous les supports modernes et anciens de documentation et de référence des connaissances et des traditions orales, à savoir : enregistrement audio, écrits, vidéos, digitalisation, numérisation, apprentissage pratique des connaissances et des savoirs traditionnels ;
        • Utilisation de l’Intelligence Artificielle lorsque c’est possible ;
        • Sauvegarder le patrimoine culturel matériel et immatériel à travers la collection, la documentation et l'archivage, la protection et le soutien des détenteurs des savoirs traditionnels etc.

      1. Quels aspects liés à l'action des populations autochtones, par exemple dans les questions de gouvernance, pourraient être abordés ?

      Les aspects liés à l'action des populations autochtones, dans les questions de gouvernance sont :

      • Renforcer les questions de gouvernance et de gestion des ressources naturelles et de territoire par les peuples autochtones et les autres communautés locales selon leurs règles et institutions traditionnelles ;
        • Accès des peuples autochtones à l’information et à l’éducation ;
        • Accès et usage basés sur la propriété commune et les règles et lois coutumières ;
        • Autonomisation financière des peuples autochtones ;
        • Utiliser les technologies traditionnelles pour pérenniser et renforcer les systèmes alimentaires des peuples autochtones ;
        • Plaidoyer sur les droits des peuples autochtones notamment dans les pays en voie de développement ;
        • Résoudre les lacunes qui entravent la capacité des peuples autochtones à participer aux travaux des entités des Nations Unies. On retiendra notamment le fait que les organes de gouvernance, les institutions ou les organisations des peuples autochtones doivent se constituer en ONG accréditées auprès du Conseil économique et social pour pouvoir participer aux réunions. D’autres organes onusiens devraient envisager d’adopter une approche plus souple en ce qui concerne la participation des représentants des peuples autochtones et de leurs institutions, compte tenu de leurs besoins ainsi que de leurs structures organisationnelles traditionnelles et historiques ;
        • Prendre des mesures pour enforcer la participation des peuples autochtones aux travaux des entités des Nations Unies, en s’appuyant sur les principes affirmés dans la Charte des Nations Unies, la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones et les dispositions pertinentes du droit international ;
        • Envisager la mise en place d’un mécanisme d’accréditation pour permettre aux représentants et institutions des peuples autochtones des sept régions socioculturelles de participer davantage aux travaux des entités des Nations Unies, sur la base de critères d’accréditation larges, objectifs et transparents, dont le principe de l’autoidentification ;
        • Augmenter la contribution au Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les peuples autochtones et d’élargir le mandat du Fonds pour soutenir la participation des peuples autochtones à d’autres réunions des entités des Nations Unies qui les concernent ;
        • Faciliter la délivrance en temps utile de visas pour les représentants de peuples autochtones souhaitant participer aux réunions des entités des Nations Unies ;
        • Le Conseil des droits de l’homme devrait envisager d’encourager la participation des représentants des peuples autochtones et de leurs institutions à ses sessions, selon les modalités établies par les mécanismes consacrant leurs travaux aux peuples autochtones, sans exiger le statut consultatif auprès du Conseil économique et social ; Toutes les entités des Nations Unies dont les travaux ont une incidence sur les peuples autochtones devraient envisager de mettre en place des structures telles que despolitiques, des plateformes et des personnes référentes afin de faciliter la participation effective des peuples autochtones auxdits travaux etc.

      1. Manque-t-il certains documents et instruments politiques importants/pertinents dans la liste des documents de base ?

      Les documents et instruments politiques importants dans la liste des documents de base qui manquent sont :

      • Interpréter les Principes directeurs des Nations Unies pour les peuples autochtones (IWGIA, 2014) formule des recommandations à l’intention des États, des entreprises, des peuples autochtones et des autres parties prenantes pour une application effective des Principes directeurs en relation avec les droits humains des peuples autochtones.
        • La Norme de performance 7 de la Société financière internationale (SFI)vise à garantir que les activités des entreprises limitent au minimum les incidences négatives, promeuvent le respect des droits humains, la dignité et la culture des populations autochtones, favorisent des avantages en termes de développement qui soient culturellement appropriés. Les Normes de performance environnementale et sociale de la SFI définissent les responsabilités des clients de la SFI dans la gestion de leurs risques environnementaux et sociaux.
        • Les mesures de sauvegarde concernant les peuples autochtones de la Banque asiatique de développement visent à s’assurer que la conception et la mise en œuvre des projets financés par la Banque promeuvent le plein respect de l’identité, des droits humains et des moyens de subsistance des peuples autochtones, tels que définis par les peuples autochtones eux-mêmes. La Déclaration politique de protection exige des consultations significatives pour la mise en œuvre d’un « plan sur les peuples autochtones.
        • Une approche collaborative aux évaluations des incidences sur les droits humains présente un modèle solide pour une approche collaborative aux évaluations des incidences sur les droits humains avec la participation des personnes affectées par un projet et de l’entreprise, ainsi qu’éventuellement d’autres parties prenantes telles que le gouvernement hôte, pour mener conjointement une évaluation des incidences considérée comme crédible par toutes les parties et qui puisse contribuer à s’attaquer aux déséquilibres de pouvoir qui existent souvent entre les entreprises et les communautés dans le cadre de projets du secteur privé.
        • Manuel à l’usage des trois mandants de l’OIT. Comprendre la Convention (n° 169) relative aux peuples indigènes et tribaux, 1989 : un outil pratique pour mieux comprendre la pertinence, la portée et les implications de la Convention n° 169 et promouvoir des efforts conjoints pour sa mise en œuvre etc.

      1. Pourriez-vous indiquer les références pertinentes à prendre en compte ?

      Les références pertinentes à prendre en compte sont :

      $FILE/ OP410French.pdf.

      • Alden Wily L 2011c « The Law is to Blame: The Vulnerable Status of Common Property Rights in Sub-Saharan Africa ». Dans Development and Change. 2011 : 42(3) 1-25.
        • Barnard A et J Kenrick (dir.) 2001 Africa’s Indigenous Peoples : ‘First Peoples’ or ‘Marginalised Minorities’? Centre of African Studies, University of Edinburgh.
        • Benjaminsen TA et C Lund (dir.) 2002 Securing Land Rights in Africa. Londres, Frank Cass.
      • Bruce JW 2000 « African Tenure Models at the Turn of the Century : Individual Property Models and Common Property Models ». Dans Land Reform, Land Settlement and Cooperatives. Rome : FAO, Vol 1, p. 16-27.
        • Commission pour l'Afrique 2005 Notre intérêt commun : Rapport de la Commission pour l'Afrique.Londres.
        • Aperçu du rapport du projet de recherche par l’Organisation Internationale du Travail et de la Commission Africaine des droits de l’Homme et des Peuples relatif à la protection constitutionnelle et législative des droits des peuples autochtones. Bureau International du Travail, ACHPR, Genève, 2009.
        • Bigombe L., P. & Loubaky M. C. : La consultation et la participation des populations autochtones « pygmées » à l’identification et la protection de leurs usages des ressources forestières et fauniques dans l’aménagement forestier: expérience de l’UFA Kabo de la CIB Nord du Congo, ILO 2008.
        • Inclure les peuples indigènes dans les stratégies de réduction de la pauvreté Guide de bonnes pratiques établi à partir des cas du Cambodge, du Cameroun et du Népal. OIT, 2008.
        • Indigenous Peoples and the Millennium Development Goals : Perspectives from Communities in Bolivia, Cambodia, Cameroon and Nepal, ILO, 2006.
        • Indigenous Women and the United Nations System : Good Practice and Lessons Learned; Secretariat of the UN Permanent Forum on Indigenous Issues, 2006.
        • Rapport du groupe de travail d’experts de la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples sur les populations/ communautés autochtones, adopté par la CADHP, lors de sa 34e session, en 2003. Publié en 2005 par la CADHP et l’IWGIA.

      1. Comment les meilleures pratiques, les normes éthiques et les stratégies de lutte contre le changement climatique devraient-elles être mises en évidence dans le rapport ?

      Les meilleures pratiques, les normes éthiques et les stratégies de lutte contre le changement climatique devraient être mises en évidence dans le rapport de la manière suivante :

      • Créer des mécanismes inclusifs d’assurance pour lutter contre les risques climatiques au niveau régional et national pour lequel chaque partie prenante y compris les peuples autochtones contribuera directement ou indirectement ;
        • Soutenir la recherche, la vulgarisation et la mise en œuvre d’instruments du secteur public et du marché en faveur d’approches agroécologiques, régénératives, fondées sur la nature et les savoirs traditionnels pour les systèmes agricoles et alimentaires des peuples autochtones ;
        • Procéder à un examen systématique et approfondi des politiques, stratégies et mécanismes d’incitation existants qui favorisent ou entravent la transition vers des systèmes alimentaires durables (y compris la résilience des systèmes alimentaires des peuples autochtones) ;
        • Le rapport devra prendre en compte les principes d’éthique suivants : la diversité biologique, la diversité culturelle, la solidarité dans la vie sur Terre, la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité, la justice mondiale, la résilience, la durabilité (frugalité, énergies renouvelables ; reboisement), le principe de précaution, le devoir de partager les connaissances scientifiques sur le changement climatique, et l’intégrité de la recherche scientifique etc.

      1. Comment les meilleures pratiques ou stratégies visant à promouvoir la compréhension interculturelle devraient-elles être mises en évidence dans le rapport ?

      Les meilleures pratiques ou stratégies visant à promouvoir la compréhension interculturelle devraient être mises en évidence dans le rapport de la manière suivante :

      • Contribuer par le dialogue en montrant la spécificité des savoirs et des connaissances traditionnels et des interactions que les peuples autochtones ont avec les autres communautés locales ;
        • Soutenir la reconnaissance des savoirs traditionnels des peuples autochtones qui contribuent à la sauvegarde de la biodiversité et à la promotion du développement durable en tant que moyen indispensable pour favoriser le développement des compétences interculturelles liées aux systèmes alimentaires des peuples autochtones ;
        • Améliorer les compétences interculturelles des organisations de la société civile traitant des problématiques des peuples autochtones ;
        • Soutenir les organisations culturelles de la société civile à travers des projets concrets liés à la compréhension interculturelle
        • Appliquer le principe de solidarité interculturelle inscrit dans l’Acte Constitutif de l’UNESCO afin d’établir les responsabilités en fonction des moyens financiers pour répondre aux besoins des populations et des individus touchés par les changements climatiques, et plus largement les responsabilités envers l’environnement et des générations futures ;
        • Élaborer les politiques publiques qui prennent en compte les compétences interculturelles tout en préservant notre identité culturelle notamment celle des peuples autochtones etc.

      1. Les documents juridiques antérieurs, tels que le consentement préalable et éclairé, sont-ils suffisants à la lumière de cette évolution de la réflexion sur les savoirs des populations autochtones, ou doivent-ils être révisés ?

      Les documents juridiques antérieurs tels que le consentement préalable et éclairé doivent s’adapter à la lumière de l’évolution de la réflexion sur les savoirs des populations autochtones, et ils doivent être révisés. Ces documents ne sont pas suffisamment connus par les autochtones eux-mêmes dans les pays en développement notamment en Afrique. Certains pays Africains utilisent les normes de la Banque Mondiale sur les Peuples Autochtones (Politique de la Banque mondiale sur les peuples autochtones (PO/PB 4.10) mais ces normes n’ont pas été pris en compte dans des textes juridiques spécifiques au niveau national ou elles ne sont pas suffisamment prises en compte.

    • Monsieur ou Madame, je vous fais parvenir, ci-joint, la contribution de  l’ADACO relative aux Orientations sur le renforcement au niveau national des interfaces entre science et politiques au service des systèmes agroalimentaires - Projet de rapport
      Cordialement.
      Pouaty Nzembialéla Davy, Président du Bureau Exécutif de l’ADACO
       
      1- Lorsque vous envisagez de développer une interface entre science et politiques pour les systèmes agroalimentaires dans votre pays, quel est le plus grand défi que les orientations de la FAO, telles qu'elles sont présentées ici, peuvent vous aider à relever ? 
       
      Le principal défi ici est de réunir l’ensemble des acteurs ou des parties prenantes (les secteurs public et privé, les instituts scientifiques, les organisations de la société civile (associations, fondations, ONG et les organisations autochtones etc). Ces acteurs doivent adhérer à l’approche qui consiste à développer une ou des interfaces entre la science et les politiques publiques liées aux systèmes agroalimentaires. Dans certains pays africains, les décideurs ne tiennent pas souvent compte des points de vue de la société civile ou des organisations des peuples autochtones en ce qui concerne l’élaboration des politiques publiques. Les données scientifiques agricoles ne sont valables que si elles aboutissent à des données probantes qui associent les connaissances scientifiques et les connaissances implicites ou traditionnelles. Ainsi, les orientations de la FAO doivent aussi privilégier le renforcement de la coopération étroite entre la FAO et les organisations de la société civile des pays concernés. Car, la production des données factuelles doit mettre en exergue les données citoyennes collaboratives prévues dans le cadre de Copenhague sur les données citoyennes. De plus, ADACO a apprécié le fait que l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) et le Conseil Scientifique International (ISC) aient uni leurs forces dans le but d'accélérer les progrès vers les objectifs de développement durable. Grâce à un nouveau partenariat, les deux organisations se concentreront sur l’intégration de la science dans l’élaboration des politiques et sur la promotion de l’innovation dans les systèmes agroalimentaires. 
       
      Quelles sont vos suggestions pour rendre ces orientations plus pratiques et plus facilement applicables au niveau national ? 
      Nos suggestions portent sur ce qui suit : - Appliquer une théorie du changement qui prend en compte toutes les parties prenantes (secteurs public et privé, OSC, ONG etc) ; - Renforcer étroitement la collaboration entre la FAO et les Organisations de la Société Civile (OSC) ; Partage - Proposer aux pays membres de la FAO et aux OSC des outils de mise en œuvre des interfaces entre la science et les politiques publiques nationales inclusives ; - Soutenir la production ou l’échange des donnés citoyennes collaboratives dans le domaine agricole en fonction du cadre de Copenhague sur les données citoyennes ; - Soutenir et renforcer les innovations agricoles basées sur la nature dans le secteur privé de chaque pays etc. 
       
      2- Les rubriques/éléments identifiés dans le projet d'orientation sont-ils les plus importants pour renforcer les interfaces entre science et politiques au niveau national ? 
       
      Les rubriques identifiées dans le projet d’orientation sont indispensables pour renforcer les interfaces entre la science et les politiques nationales. Cependant, les éléments identifiés doivent tenir compte des contraintes réelles de chaque pays et du caractère inclusif des politiques qui seront mis en œuvre. Il est nécessaire que les décideurs changent leur manière d’élaborer les politiques publiques et qu’ils s’inscrivent dans une approche inclusive et globale. Les politiques sont faites pour les populations qui expriment leurs besoins à travers la société civile ou d’autres canaux de communication. 
       
      Dans la négative, quels sont les autres éléments à prendre en considération ? 
       
      Les autres éléments à prendre en considérations sont : - les contraintes politiques, sociales, économiques, culturelles et environnementales etc ; - la prise en compte par les décideurs d’un changement de paradigmes dans l’élaboration des politiques etc. 
      Y-a-t-il d'autres questions qui n'ont pas été suffisamment abordées dans le projet d'orientations ? Les autres questions concernent : - la problématique des prix des produits agroalimentaires ; - la maitrise des coûts (coûts cachés) de facteurs de production liés à l’activité agricole (transport, intrants agricoles, emballages, la chaine d’approvisionnement etc) ; - l’équilibre entre l’agroécologie et l’agro-industrie etc ; - la prise en compte de la spécificité des systèmes alimentaires des peuples autochtones et des communautés locales ; - les conflits homme-faune et la sécurisation des terres agricoles des communautés locales et des peuples autochtones ; - la limitation des terres agricoles au détriment de la préservation des écosystèmes naturels etc. 
      Y-a-t-il des sections/thèmes sous représentés ou surreprésentés au regard de leur importance ? Les sections ou thèmes sous représentés sont : - La prise en compte des petits producteurs agricoles dans chaque pays ; - Les contraintes liées aux changements climatiques et à la préservation des systèmes alimentaires des peuples autochtones ou des communautés locales ; - Soutenir ou renforcer les capacités des parties prenantes dans la mise en œuvre des interfaces entre la science et les politiques publiques etc. 
       
      3- Afin de rendre les orientations aussi concrètes que possible, nous incluons un grand nombre d'encadrés/études de cas sur des exemples concrets d'utilisation. Dans ce contexte, veuillez fournir une contribution de 300 à 450 mots portant sur des exemples, des réussites ou des enseignements tirés de pays qui ont renforcé ou renforcent les interfaces entre science et politiques au service des systèmes agroalimentaires, notamment en s'attaquant aux asymétries de pouvoir, à la collaboration entre les systèmes de connaissances, à la connexion entre les différentes échelles, aux activités de développement des capacités et à l'encouragement de l'apprentissage entre les interfaces entre science et politiques. 
       
      Au Costa Rica par exemple, la sécurité alimentaire est mesurée par les disponibilités et la production alimentaires par habitant et par des indicateurs directs du degré de sécurité alimentaire des ménages qui a régulièrement progressé. Ce succès s'explique en partie par la priorité donnée à la lutte contre la pauvreté. Malgré les problèmes macroéconomiques rencontrés et l'ajustement des politiques qui a réduit la production de quelques cultures traditionnelles, la réorientation vers une croissance tirée par les exportations a permis d'importer davantage pour maintenir le niveau des disponibilités alimentaires par habitant, actuellement proche de 3000 calories par jour. Ainsi, le Costa1 Rica fait figure de pionnier dans le domaine de l’enrichissement à grande échelle de nombreux produits alimentaires et condiments. Si le pays avait entrepris d’enrichir la farine de blé en fer dès 1958, c’est à partir des années 1990 qu’il a mené une campagne plus vigoureuse en faveur de l’enrichissement en fer. Le fer pulvérulent, fortifiant aux propriétés peu efficaces, a été remplacé par le bisglycinate ferreux dans la farine de maïs en 1999 ainsi que dans le lait liquide et en poudre en 2001, et le fumarate ferreux a été ajouté dans la farine de blé en 2002. Afin d’évaluer l’efficacité du programme d’enrichissement, on a procédé à un examen de la prévalence de l’anémie chez les femmes (de 15 à 45 ans) et chez les enfants (de 12 mois à 7 ans) avant (1996) et après (de 2008 à 2009) l’instauration de l’enrichissement obligatoire. Pour ce faire, on s’est appuyé sur les données issues d’une enquête nationale menée d’abord auprès de 910 femmes et 965 enfants puis auprès de 863 femmes et 403 enfants, respectivement avant et après l’introduction du programme. Pendant cette période, l’anémie est passée de 19,3 pour cent à 4 pour cent chez les enfants et de 18,4 pour cent à 10,2 pour cent au niveau national. Parallèlement, la carence en fer a reculé-passant de 26,9 pour cent à 6,8 pour cent chez les enfants-de même que l’anémie ferriprive qui est passée de 6,2 pour cent à un niveau indétectable. 
       
      4- Souhaitez-vous ajouter des informations supplémentaires ? 
       
      En 2022, la société civile a été convoquée pour l’élaboration du Plan-Cadre de Coopération Gabon-Nations Unies (2023-2027). L’ADACO a pris part à ce processus puis, notre rôle s’est arrêté à cette étape. Soulignons aussi que lors de cette concertation, toutes les parties prenantes n’étaient pas représentées. Nous aurions voulu voir les représentants des entreprises, les universitaires, les centres de recherches, et les représentants des collectivités locales etc. Cependant, il n’existe pas au Gabon de cadre de concertation juridiquement reconnu par un décret ou une loi. La déclaration des nations unies sur les droits des peuples autochtones prévoie que les Etats doivent reconnaitre dans leur cadre juridique interne le Consentement Libre, Eclairé et Préalable, ce qui n’est pas le cas. Bien que certains pays appliquent les recommandations de la Banque Mondiale sur les Directives Opérationnelles sur les peuples autochtones, cette application est d’ordre générale ou globale. Nous pensons que lors des consultations multipartites, les peuples autochtones sont considérés comme les autres communautés car certains Etats en Afrique ne reconnaissent pas ce terme ou cette appellation de « Peuple Autochtone ». Ce qui a pour conséquence de les tenir à l’écart de toute décision qui les concerne car, le plus souvent le processus de consultation s’impose à eux. Par ailleurs, la République Gabonaise a amorcé un tournant de changement depuis la prise du pouvoir par les militaires le 30 août 2023, et plusieurs réformes sont en cours. Nous espérons que les nouvelles autorités prendront en compte les orientations de la FAO en matière d’élaboration des politiques publiques. Nous avons aussi constaté qu’un Plan National de Développement de la Transition 2024-2026 (PNDT2024-2026) est en cours d’élaboration. Dans son élaboration, ce Plan n’a pas inclus toutes les parties prenantes excepté les Administrations techniques et certaines entités du secteur privé. 
       
      Existe-t-il des références clés, des publications ou des connaissances traditionnelles ou différentes qui sont absentes du projet et dont il faudrait tenir compte ? 
      Les références clés, les publications ou les connaissances traditionnelles sont : - http://www.cairn.info/revue-tiers-monde-2012-3-page-51.htm; - http://recherche.afd.fr; - FAOlex.fao.org/docs/pdf/Gab172637.pdf ; - 10-Gab165018%20PNSA.pdf ; - GUIDANCE ON STRENGTHENING NATIONAL SCIENCE-POLICY INTERFACES FOR AGRIFOOD SYSTEMS DRAFT FOR REVIEW – APRIL 2024 ; - Stratégie de la FAO en matière de science et d’innovation, FAO, Rome, 2022 ; - Renforcement des interfaces entre science et politiques au service des systèmes agroalimentaires, Cent trente-septième session, Rome, 6-10 novembre 2023 ; - Grandes lignes et feuille de route de la stratégie de la FAO en matière de science et d’innovation, Cent soixante-huitième session, 29 novembre - 3 décembre 2021 ; - RAPPORT DU GROUPE D’EXPERTS DE HAUT NIVEAU INTITULÉ « SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET NUTRITION : ÉNONCÉ D'UNE VISION GLOBALE À L'HORIZON 2030 », Quarante-septième session « Sécurité alimentaire et nutrition – faire la différence », 8-11 février 2021.
    • Monsieur ou Madame, l'ADACO vous fait parvenir, ci-joint, sa contribution relative à l'objet ci-dessus cité. Cordialement.

      ADACO's contributions to the above themes are as follows:

      1. How can FAO and CSOs work together to regain the momentum lost and work jointly to "leave no one behind"?

      Let's start by clarifying the following: the FAO Strategic Framework 2022-2031 has been drawn up in response to the main global and regional challenges in the areas covered by its mandate. It was approved on June 18, 2021, at the forty-second session of the FAO Conference. This Framework aims to support the achievement of the 2030 Agenda by transforming agrifood systems to make them more efficient, inclusive, resilient and sustainable, with a view to improving production, nutrition, the environment and living conditions, without leaving anyone behind. The main pillars of this Strategic Framework are :

      • Improved production: the aim is to establish sustainable consumption and production patterns through efficient and inclusive supply chains in the food and agriculture sectors at local, regional and global level, ensuring the resilience and sustainability of agrifood systems in the context of climate and environmental change.
      • Improving nutrition: eliminating hunger, achieving food security and improving nutrition in all its forms, notably by promoting nutritious foods and increasing access to healthy diets.
      • Environmental improvement: protecting and restoring terrestrial and marine ecosystems, promoting their sustainable use and combating climate change (reduction, reuse, recycling and waste management) through more efficient, inclusive, resilient and sustainable agrifood systems.
      • Improving living conditions: promoting inclusive economic growth by reducing inequalities (between urban and rural areas, rich and poor countries, men and women).

      In addition, the Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) often holds informal dialogues with civil society organizations (CSOs) from around the world, while exploring ways of improving engagement and achieve greater effectiveness in the field and in regional and global forums. FAO recognizes the important role of CSOs in the fight against hunger and the transformation of agrifood systems, in particular for their wealth of knowledge and expertise and their "strategic and unique presence on the ground, close to those who need it most". FAO has had a long history of working with non-state actors, including CSOs, to strengthen food and nutrition security for all. In line with its mandate to eradicate hunger and malnutrition worldwide, FAO has defined a policy (in 2011 and 2017) aimed at indigenous peoples. It covers the following points:

      • Indigenous communities, which make up a significant proportion of the world's population, are exposed to food insecurity
      • Secondly, respect for the knowledge, cultures and traditional practices of these peoples contributes to the sustainable and equitable development of the planet
      • And finally, the FAO recognizes the benefits that can be derived from closer collaboration with these peoples. These principles respond to the explicit request of the UN Permanent Forum on Indigenous Issues, other UN bodies and indigenous peoples themselves for a framework to ensure that their needs and concerns are effectively taken into account. The aim of this policy is to provide FAO with a framework to guide its work on indigenous peoples' issues. Current activities do not follow a systematic course of action with regard to these issues, and would benefit greatly from a common direction and approach. These principles are also important for the indigenous populations themselves, as they set out and clarify what they are reasonably entitled to expect from the Organization. This policy focuses on certain important areas covered by FAO's mandate, and identifies the motivations and benefits of a partnership between FAO and indigenous peoples. It is the culmination of a series of consultations with indigenous peoples' leaders, the UN Permanent Forum on Indigenous Issues, the Inter-Agency Support Group on Indigenous Issues and members of the FAO Governing Body.

      In view of the above, we can suggest the following:

      • Consolidate and strengthen the gains made by working directly with civil society organizations (CSOs)
      • Schedule periodic meetings with CSOs to review progress under the new FAO Strategic Framework 2022–2031
      • Give priority to broad inclusion of all CSOs with the aim of leaving no one behind, including indigenous organizations
      • Formalize more inclusive partnerships with CSOs at international, regional and national levels, as some countries do not often call on the expertise of CSOs even though they have real local expertise (on the ground)
      • FAO should facilitate the work of certain CSOs with country and sub-regional offices, as these offices often neglect the expertise of CSOs (this is what ADACO suffered with the FAO sub-regional office in Gabon)
      • Provide financial or technical support to indigenous organizations to help them transform food systems to make them resilient to climate change
      • Enable CSOs to formalize projects based on local approaches
      1. How can CSOs contribute to such transformation to boost impact on the ground? Please propose concrete actions.

      CSOs can contribute to this transformation through the following activities:

      • Maintaining gains in terms of capacity building and structuring of CSOs
      • Continued advocacy, awareness-raising, policy monitoring and actions to reinforce democratic values, respect for human rights, good governance, the rule of law, the right to food and local development.

      In addition, CSOs need to improve their operating practices in terms of ethics, accountability and commitment to networking. To this end, FAO could support the financing of micro-projects to develop small-scale farming activities at community or local level, in order to improve living conditions for communities in the areas where these projects are implemented. Let's not forget that CSOs have adopted global standards that should shape these transformations through the implementation of the Istanbul Principles in important areas such as equitable partnerships, solidarity and empowerment of populations. But CSOs are also profoundly affected by the political context in which they work, including donor and government policies and regulations. In July 2021, the OECD Development Assistance Committee adopted the Recommendation on Enabling Civil Society in Development Cooperation and Humanitarian Assistance. It is the first legal policy instrument and common standard for the protection and promotion of civic space, to fully support civil society organizations, including the priority of local development, and to encourage the effectiveness, transparency and accountability of CSOs.

      What's more, the majority of the world's poor population live in rural areas, and agriculture is their primary source of food, employment and income. Around 500 million small farms in low- and middle-income countries support three billion people, who produce most of the food consumed there. Smallholder farming is labor-intensive and often highly efficient: small-scale producers supply 30–34% of the world's food on just 24% of the world's agricultural land. And since most farms are less than one hectare in size, they enable their owners–many of whom are also employers–to improve their diet nutritionally, increase their income and ensure food security in economies often lacking effective and appropriate social protection systems. As incomes rise, the demand for fresh food produced by small farms also follows an upward curve. CSOs could propose the following:

      • Improve profitability and production through greater use of intensive, knowledge-based, circular, sustainable and climate-resilient techniques
      • Go into agricultural services and food processing, transport and marketing
      • Enable farmers, especially women and young people, to enter profitable value chains, rewarding them for the ecosystem services they provide and helping them overcome difficulties in accessing water and land rights, capital, information and new technologies

      Finally, transforming food systems involves paradigm shifts at all stages to make food systems healthy and nutritious, by providing nutritious and affordable diets for good health; inclusive, by enabling sustainable livelihoods for all food system stakeholders; environmentally sustainable, by consuming and producing food within planetary limits; and resilient, by ensuring that people can access food and protect their livelihoods when food systems are affected by extreme events or market shocks, and by political instability or conflict (Ruben et al., 2021). The transformation of food systems has the potential to bring systemic benefits to people and the environment. At the same time, we recognize that food systems do not sufficiently meet people's needs, and that their environmental costs contribute to global climate change and biodiversity loss. Transforming food systems aims to improve human nutrition, promote inclusion, protect biodiversity and contribute to a more sustainable and resilient food system.

      1. How can FAO and CSOs maximize their collective impact in adapting to climate change and/or mitigate its consequences?

      Adaptation to climate change must accompany any effort to promote food security, poverty reduction or the sustainable management and conservation of natural resources. Adaptation to climate change is linked to adjustments to current or predicted variability and to changes in average climatic conditions. The global mitigation target can only be met if the agriculture, forestry and fisheries sectors, which account for a third of greenhouse gas emissions, make a significant contribution to mitigation. FAO therefore gives priority to mitigation activities in these sectors. Its technical knowledge gives it the expertise needed to help members realize their mitigation potential.

      If we are to combat climate change, it is essential to start by implementing measures that address our food and farming systems. We need to look at how we produce our food, how we feed ourselves and how we use our natural resources. Agriculture is responsible for around 25% of greenhouse gas emissions, but it offers many solutions which, if implemented, will help achieve the global targets set in the context of the fight against climate change. To meet this challenge, we need to start by transforming our food and farming systems. We need to restore degraded land and put an end to food wastage, and take measures to help communities adapt to the new pressures they face (population growth, urbanization, etc.), while protecting the planet's resources and biodiversity.

      FAO has been working with the Green Climate Fund (GCF) since 2016 to help countries build their resilience to the effects of climate change. The food and agricultural sectors present unique opportunities to create synergies between climate and development programs. Support for agriculture, and in particular for small-scale farmers, is essential if we are to achieve SDG 1 (end poverty) and SDG 2 (zero hunger) in the context of climate change. It also contributes to SDG 13 (climate change), SDG 14 (sustainable management of the oceans) and SDG 15 (life on earth). FAO is fully committed to supporting countries in achieving their targets. The Organization envisions a world in which food and agricultural systems are resilient to the effects of climate change through adaptation measures and mitigation solutions. It recommends large-scale climate financing to support the transformation of agriculture as the key to a more sustainable future.

      Today, the key priority is to build the capacity of the most vulnerable groups and communities to improve their ability to adapt their livelihood systems. Thus, particular attention and support must be given to involving local populations in analyzing their changing situation, identifying possible solutions and deciding on the best way to adapt. This new approach is known as community-based adaptation or CBA. The aim of community-based adaptation (CBA) is to enable communities to decide and engage in development that is sustainable, climate-resilient and sensitive to the changing risks associated with climate change. CBA happens when vulnerable groups and communities have the opportunity to analyze their vulnerabilities, risks and capacities; to strengthen their adaptive capacity; to decide and engage in actions that are sustainable, resilient and responsive to climate information and changing risks; to make choices in uncertain climates; to receive support from local and national actors in terms of capacity building, information systems, services and local policy implementation. CBA is only possible if CSOs intervene alongside these communities to help them adapt to the multiple changes.

      1. Based on your partnering experience, can you share a good example of meaningful engagement with FAO or another UN agency/development partner? Please underline what you think worked well and why.

      Since 2016, ADACO has been operating using its own funds, and for almost 8 years our Executive Board has been seeking partnerships and various collaborations with the United Nations system, in particular FAO, UNESCO and WIPO.

      In 2021, we collaborated directly with the FAO Indigenous Peoples Team in Rome to contribute to the development of the first White Paper on Indigenous Peoples' food systems. This year we continued the same collaboration, contributing to the design of the second white paper on the mobile livelihoods of Indigenous Peoples and their collective rights over land, territories and natural resources, and we're still waiting for FAO to publish it. In 2023, our collaboration with the FAO Indigenous Peoples Team will be formalized. The General Assembly of the States Parties to the 2003 Convention for the Safeguarding of the Intangible Cultural Heritage decided at its 9th session, held at UNESCO headquarters in Paris from July 5 to 7, 2022, that ADACO would be one of the accredited NGOs (Resolution 9.GA 7). The Director-General of UNESCO also invited our organization to the 17th session of the Intergovernmental Committee for the Safeguarding of the Intangible Cultural Heritage, held in Rabat, Morocco, from November 28 to December 3, 2022. In addition, Sandrine Moughola, Secretary General of ADACO (Gabon), was elected to the Electoral Council to organize the elections for members of the PCI NGO Forum Committee in 2022.

      The application for observer status for the Association pour le Devenir des Autochtones et de leur Connaissance Originelle (Association for the Future of Aboriginal People and their Original Knowledge–ADACO) to attend meetings of the Assemblies of the Member States of the World Intellectual Property Organization (WIPO) and the Unions administered by WIPO, was approved by the said bodies at their meetings held at WIPO headquarters in Geneva on July 14–22, 2022. ADACO now appears on the list of national non-governmental organizations invited to attend meetings of WIPO-administered assemblies and unions, as observers in accordance with the applicable principles. This question was dealt with in document A/63/9 entitled Summary report, which is available at https://www.wipo.int/meetings/fr/details.jsp?meeting_id=67908.

      In terms of activities, our organization was invited to the Director General's annual consultation with non-governmental organizations (NGOs), which took place on December 6, 2022, from 9am to 11am at the headquarters of the World Intellectual Property Organization (WIPO) in Geneva. Since 2012, WIPO's Director General has chaired this annual event, which testifies to the importance of NGOs as stakeholders in the intellectual property system. WIPO's Medium-Term Strategic Plan 2022–2026 expresses the vision of a global, balanced and efficient IP ecosystem that benefits everyone, everywhere, and the desire to build a more inclusive IP community that better serves women, youth and small and medium-sized enterprises, as well as the use of innovation to address global challenges such as climate change.

      This year, we worked with the FAO (Rome) Partnership Division (PSU) responsible for collaboration with the United Nations to develop Standards of Practice to guide ecosystem restoration. The only drawback here is that our financial resources are insufficient to attend these face-to-face meetings. We always attend these meetings by videoconference. We wish to continue this type of partnership, while further strengthening it through capacity-building, ongoing dialogue, and technical or financial assistance, etc. We also often respond to calls for submissions to consultations published by the Global Forum on Food Security and Nutrition (FSN Forum). ADACO appreciates this type of collaboration, as it is simplified and requires no specific legal constraints. Because quality of a partnership or collaboration requires that the terms of collaboration between the two parties to be simplified and understandable. It will therefore be essential for these partnerships to be more direct and have an impact on the ground for the well-being of local populations.

      What are the most significant challenges CSOs face in their engagement with FAO?

      • The main challenges facing CSOs in their engagement with FAO can be summarized as follows:

       

      CSOs find it difficult to carry out their actions or activities because of the obstacles faced by certain population groups in realizing their right to food. These obstacles may be linked to biological or socio-economic factors, discrimination or stigmatization, etc. The right to food and the principles of equality and non-discrimination imply that particular attention must be paid to different categories of people and population groups within society, especially those in vulnerable situations. These include the following population groups: people living in poverty in rural and urban areas; indigenous peoples; disabled people, women and children, etc. This list is not exhaustive, and other people or population groups may face particular problems in realizing their right to food.

      In addition, people living in poverty cannot fully exercise their right to food because they cannot acquire adequate food or the means to produce it. However, the fact that they lack the means to obtain food is also due to persistent forms of discrimination in access to education and information, in participation in political and social life, and in access to justice. Most indigenous peoples are among the most vulnerable to hunger and malnutrition, largely due to a long history of social, political and economic exclusion, and centuries of expropriation and dispossession of their lands. Understanding what the right to food means for indigenous peoples is more difficult than simply reviewing the statistics on hunger and malnutrition. Indigenous peoples have their own notions of what constitutes adequate food, and their aspirations are far removed from the criteria generally applied to development and economics. Their perception of food security is inseparable from their socio-cultural traditions and the special relationship they have with the land and resources of their ancestors.

      What's more, food, how it is obtained and consumed, is often an important part of their culture, as well as their social, economic and political organization. The realization of indigenous peoples' right to food depends on their access to, and control over, the natural resources found on their ancestral lands, since their food is often derived from cultivating these lands, gathering food, fishing, hunting and raising livestock. The confiscation of land without the free, prior and informed consent of the indigenous peoples concerned, and the lack of legal recognition of land ownership rights, represent serious obstacles to the realization of the right to food. It is therefore important to grant these peoples title to their ancestral lands. According to the International Labour Organization's Convention No. 169 concerning Indigenous and Tribal Peoples in Independent Countries: "Governments shall take steps as necessary to identify the lands which the peoples concerned traditionally occupy, and to guarantee effective protection of their rights of ownership and possession" (paragraph 2, article 14). The United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples, adopted in 2007, proclaims that indigenous peoples have the right to use and develop the lands they own because they have traditionally owned them (article 26) and that States must take due account of the land tenure systems of these peoples (article 27).

      In Gabon, indigenous peoples meet most of their food requirements through gathering, fishing and game hunting. The latter are semi-sedentary and still represent fairly marginalized groups whose needs are not taken into account in national development master plans. Then, deforestation, human-wildlife conflict and restrictions on the preservation of biodiversity considerably eroded their livelihoods. Evolution and modernity have brought them into contact with other peoples. However, their practices and means of subsistence, such as farming, have transformed their socio-community organization, while keeping their cultural practices intact. Women play an important role in farming, as it highlights their capacity to work (as producers and processors) and their contribution to the social equilibrium of communities. They also play a key role in the resulting exchanges: they are both traders and distributors of food within the household.

      Indeed, the effects of the Covid-19 pandemic have further accentuated the vulnerability of these groups, exposing them to greater precariousness and creating new challenges, notably by limiting their sales opportunities. As part of its missions in Gabon, the FAO Subregional Office plans to integrate the needs of these indigenous populations into the next technical cooperation framework with the Gabonese Republic. With this in mind, in September 2023, the FAO-Gabon Program has initiated a series of missions to this target group. Community consultations were held in the villages of Matamatsengué, Foungui and Njoye 1 (Ngounie province). The aim was to collect data, identify real needs, particularly those of women and young people, and develop a technical and operational support program, in line with respect for indigenous peoples' right to food. All these exchanges helped us to understand the organization and social structure, to gather useful socio-demographic information and to identify the needs of the population in general and the specific needs of women in the areas of food and vegetable production, fishing, gathering and small-scale crafts. This work sequence follows other missions carried out by the FAO Gabon Office in November 2021 in the Baka community of Minvoul (Woleu Ntem province). The data from these two stages will serve as the basis for a technical support program.

      In addition, the FAO's Sub-regional Office did not deny ADACO's involvement, as it carried out a mission in our intervention zone, in particular to Village Nioye.

      However, the Bureau is aware of our existence. To carry out pilot agricultural activities in this remote region of Gabon (Ikobey, in the village of Nioye 1), it would be necessary to build infrastructures such as the Nioye 1 and 2 schools, which are in a state of complete disrepair, rehabilitate dispensaries, combat human-wildlife conflict and provide sunlight on the road. ADACO had already sent the FAO Country Office in Gabon a document detailing the concerns of the region's Tsogo and Babongo populations. This is an opportunity for ADACO to call on FAO's General Management in Rome to remind FAO's Sub-regional Office in Gabon to involve indigenous peoples' associations at national level in this type of project and activity, without exclusion. It was this approach that led us to work directly with the FAO Bureau in Rome. This is because some country offices (in Gabon) of certain International Organizations (IOs) often fail to adopt the working principles laid down in the Charters or Constituent Acts of these organizations, particularly as regards CSO involvement in the implementation and monitoring of certain projects.

        • What could FAO do to remedy some of these problems? Please provide specific examples.

      Today, it is imperative to re-examine the potential of FAO's partnership with CSOs. The commitment of civil society will be essential if we are to achieve the goal of halving the number of food-insecure people. We need to capitalize on FAO's ability to reach out to a wide range of groups, while reaffirming that it is the responsibility of governments to ensure food security for their citizens. For example, we can commission an in-depth evaluation of cooperation between FAO and NGOs and other civil society organizations (CSOs), in consultation with our technical units and decentralized offices, as well as with external partners. This assessment could enable us to formulate policy and strategy guidelines that are appropriate to the challenges we face in the future.

      So, why should FAO seek to strengthen its links with civil society, and how and in what form should these links be strengthened, and what type of partnership or collaboration should be envisaged?

      Closer collaboration with NGOs and other CSOs should enable fairer and more judicious decision-making under the auspices of FAO, by taking into account the interests of all social sectors and building consensus among all stakeholders. This cooperation should also enrich the Organization's standard-setting activities and enhance the effectiveness of our Field Program by drawing on the skills, experience and knowledge of NGOs and other CSOs. This will help mobilize additional resources to achieve common food security objectives. FAO can provide civil society with invaluable technical, financial and institutional support, helping them to replicate successful NGO approaches and gain better access to information and decision-making processes.

      To this end, we need to identify which organizations within civil society are competent for which type of cooperation, so as to have the necessary basis for choice. FAO must focus its efforts on priority partners such as organizations representing important categories, e.g. farmers and consumers, associations of vulnerable groups such as indigenous peoples, and technically competent intermediary NGOs able to engage in ongoing cooperation with FAO. Whatever the organization, the partnership must be simplified and respect the essential principles of compliance with the FAO mandate. Following this assessment, we will be able to identify the following activities: information sharing and analysis; dialogue on policies and programs in the field; and resource mobilization. These activities should be implemented in consultation with all FAO partners, including CSOs. Similarly, we need to make a strategic choice of partners and activities, encouraging coordination and networking between NGOs and other CSOs so as to increase dialogue and mobilize all players. What's more, these organizations must share responsibility for program planning and implementation, as well as for resource allocation.

      It is also important that FAO country representatives ensure that the national organizations closest to rural populations are not excluded from this process.

       

    • Je vous transmets, à toutes fins ut utiles, la modeste contribution de l'ADACO relative à l'objet ci-dessus cité.

      S'il vous plaît voir le commentaire dans le fichier joint.

      Cordialement.

      Davy Pouaty Nzembialela