Gender and Land Rights Database

Burkina Faso

Normas consuetudinárias, crenças religiosas e práticas sociais que influem no direito à terra diferenciada por gênero

Dans les collectivités traditionnelles, le droit de propriété est exercé par le chef de terre -"Tengsoaba" chez les Moose, ou Mossi - qui est l'intermédiaire entre les ancêtres et les vivants (19). Même si les terres appartenant aux ancêtres sont occupées et appropriées au nom de tout le groupe ethnique, clanique ou familial, la femme est exclue quant à l’appropriation de la terre (20). 

En effet, selon la répartition coutumière des droits sur la terre et sur les ressources, les femmes et les jeunes n’ont aucun contrôle sur la gestion du foncier dans le sens où la terre peut leur être enlevée n’importe quand. Dans ce cadre, les pratiques coutumières du mariage offrent quelque protection (23).

Les femmes ne disposant pas directement de droits à la terre, y ont accès par l'intermédiaire des maris et des parents masculins. Tout homme marié a l'obligation de se marier et de donner à son épouse une parcelle de terre pour ses propres activités agricoles. À cet égard, les femmes disposent du contrôle sur les produits qu'elles cultivent dans leurs propres champs - même si ces cultures doivent être utilisées pour satisfaire les besoins de subsistance du ménage - et sur une partie des produits qu'elles cultivent dans les champs appartenant à leurs maris (1). 

Dans le cas spécifique de la province de la Comoé, les jeunes épouses doivent travailler dans les champs de leurs maris, en plus des travaux qu'elles effectuent dans leurs propres champs. L'étendue de l’obligation mentionnée ci-dessus est variable selon certain groupe de population, mais elle est particulièrement importante chez les Turka et les Gouin. En général, les femmes sont libérées de ces obligations vers 45 ans, lorsque leurs enfants sont suffisamment âgés pour apporter à leur tour leur force de travail (1).

En ce qui concerne les femmes divorcées, elles peuvent se remarier pour accéder aux terres du nouveau mari et peuvent bénéficier de terres attribuées par leur famille d'origine. Alternativement, elles peuvent accéder au foncier en empruntant la terre à des personnes n'appartenant pas à la famille, sachant pourtant qu'elles n'y bénéficieront d’aucune sécurité foncière et que leurs droits d'usage seront limités, comme par exemple, l’interdiction de planter des arbres (1).

Les veuves peuvent, selon le lévirat, se re-marier avec le frère du mari décédé. Si la femme se refuse au lévirat elle peut retourner chez sa famille d’origine, mais elle est censée laisser ses fils avec la famille du mari décédé et elle perd tout sorte de droit au foncier (23).

Sources: numbers in brackets (*) refer to sources displayed in the Bibliography