Base de données Genre et le Droit à la Terre

Mali

Normes coutumières, croyances religieuses et pratiques sociales ayant une influence sur les droits fonciers différenciés selon le genre

Il existe de nombreuses ethnies ce qui engendre une diversité culturelle et des coutumes qui varient d’une ethnie à une autre. On note deux groupes socio-professionnels qui sont les nomades - bien que le nomadisme traditionnel soit de plus en plus limité - et les sédentaires (19).

Dans les groupes sédentaires, la cellule sociale de base est la famille étendue ou blon-dah qui signifie la porte du vestibule. Le blon-dah est constitué de plusieurs foyers goua et est dirigé par un patriarche qui est l’aîné des frères de la même génération. Le goua est dirigé par un gouatigi, chef de foyer. Le conseil de famille se compose de différents gouatigi. Le chef de foyer a la charge et la responsabilité des membres de son foyer.

Néanmoins il  y a toujours plus la tendance à la dislocation des blon-dah au profit des goua. Cette forme d’organisation sociale permet de gérer les difficultés liées à l’exploitation agricole, principale activité de ces groupes sociaux (21).

La gestion coutumière de la terre est marquée par son aspect collectif et la redistribution des parcelles par les chefs de terre, essentiellement aux hommes qui accordent aux membres de leur famille des possibilités de jouissance (19).

Pour tous les groupes ethniques, quelle que soit leur religion d'appartenance, les descendants du premier défricheur du lieu, que seules la généalogie et l'histoire orale peuvent faire remonter et préciser dans le temps, sont qualifiés de propriétaires terriens ou de chefs de terre qui peuvent être chef de village. Ils sont chargés de la gestion des terres sur une portion géographique donnée.

Le premier défricheur et ses descendants répartissent ensuite les terres entre les membres des différentes familles, clans ou lignages arrivant par la suite. Les premières familles arrivées sur le site sont considérées comme autochtones et détentrices des droits d’usage et de gestion sur la terre. Chaque lignage originaire du lieu a ses terres et en assure la gestion. Les terres sont parfois réparties entre chefs de famille masculins qui en sont alors responsables (11).

Que ce soit pour les hommes ou pour les femmes, les modalités d'accès varient selon qu’ils sont autochtones ou allochtones. Un homme autochtone obtient la terre en raison de son appartenance à un lignage au titre duquel elle est transmise aux enfants de sexe masculin lors du décès. Un homme allochtone obtient la terre souvent par le prêt.

Lorsqu'un allochtone a besoin de terres, il passe par l'intermédiaire de son logeur qui lui confiera une portion de ses terres. Si ce dernier n'a pas de terres disponibles, il mènera les démarches auprès de son lignage ou du chef de terre. Le prêt de terre est accordé pour que le bénéficiaire puisse assurer sa subsistance. Il est assorti du respect de clauses sociales, c'est-à-dire les coutumes. Le bénéficiaire dispose de droits d'usage.

Le prêt est également concédé entre autochtones. Cet arrangement intervient quand une personne ne dispose pas de suffisamment de terre pour effectuer la production souhaitée en fonction de la main d'œuvre dont elle dispose (11). 

En ce qui concerne les femmes, qu’elles soient autochtones et allochtones elles ne possèdent pas les mêmes marges de manœuvre que les hommes. En effet, les femmes autochtones ont accès à la terre par l’intermédiaire de leur mari. Similairement, pour l’accès à la terre les femmes allochtones dépendent de leur mari qui dépend de son tuteur. Les unes et les autres travaillent sur les terres de leur mari et peuvent obtenir une parcelle, dont elles ont l'usage, pour faire du maraîchage si la pression foncière n’est pas trop importante (11).

Sources:  Les nombres affichés entre parenthèse (*) font référence aux sources énumérées dans la Bibliographie.