Principales constatations: Échanges d’informations GFOI

15/03/2024

L’Initiative mondiale pour l’observation des forêts (GFOI) a achevé un nouveau cycle annuel d’échanges d’informations et se félicite du nombre record de participants et de l’engagement de l’ensemble de la communauté GFOI. Ces échanges sont l’occasion pour les partenaires de dresser un bilan des progrès récents, des sujets de discussion brûlants et des difficultés communes que les pays de trois grandes régions forestières rencontrent dans l’élaboration et l’entretien de leurs systèmes nationaux de surveillance des forêts (SNSF), ainsi que dans l’application des procédures correspondantes de mesure, de notification et de vérification (MNV) des émissions.

Les webinaires sur les régions Asie-Pacifique, Afrique et Amérique latine et Caraïbes ont permis de faire le point sur la surveillance des forêts et l’estimation des gaz à effet de serre en 2023. Parmi les intervenants figuraient des experts et des représentants de l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ), de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’Initiative internationale norvégienne pour le climat et les forêts (NICFI), des initiatives SERVIR, SilvaCarbon et de la Banque mondiale, ainsi que des Gouvernements de l’Allemagne, de la Colombie et de la République démocratique populaire lao. On trouvera ci-dessous un bref aperçu de ces précieux échanges.

Afrique

 

Dans toute l’Afrique, des initiatives variées sont menées pour améliorer le suivi des forêts dans le cadre d’une approche globale visant à gérer ces ressources vitales. Les inventaires nationaux des forêts, les technologies de télédétection et la transparence sont au cœur de ces efforts. Les initiatives AIM4Forests et CBIT-Forest de la FAO, l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale et l’initiative des femmes d’Afrique centrale pour l’action climatique de Silvacarbon, entre autres, permettent de fournir une assistance technique, un appui en matière d’analyse des données et une aide à la prise en compte des questions de genre, ce qui contribue à renforcer les capacités de suivi et à favoriser l’inclusion.

Les pays d’Afrique centrale bénéficient d’activités visant à mieux cartographier les zones de production de cacao et d’efforts ciblés de réduction des émissions, qui sont alimentés par les données complètes issues des inventaires nationaux des forêts. En Afrique de l’Ouest, les activités comprennent la réalisation d’analyses précieuses sur le secteur du cacao, la fourniture d’un appui essentiel pour la mesure, la notification et la vérification (MNV) des émissions, l’octroi de paiements liés à la réduction des émissions et la création d’inventaires nationaux des forêts dans toute la région. En outre, l’équipe des sciences appliquées de l’initiative SERVIR met à profit la technologie pour estimer, suivre et cartographier les changements des sols et la dégradation des forêts. En Afrique de l’Est et en Afrique australe, on enregistre également des progrès, tels que la revitalisation des inventaires nationaux des forêts et des systèmes MNV, l’amélioration de la gestion des données forestières et le renforcement des initiatives de restauration, et des stratégies d’atténuation des émissions liées aux forêts sont mises en place pour répondre aux exigences en matière de MNV.

Le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier a souligné qu’il était essentiel de mettre en place des systèmes robustes de suivi afin de contrôler efficacement la réduction des émissions. L’initiative SERVIR joue un rôle vital dans l’autonomisation des communautés et le renforcement des capacités techniques, mais la transposition de ses interventions à plus grande échelle se heurte à des obstacles. En outre, le stockage et l’intégration des données représentent des défis qui nécessiteront une intensification des efforts, si l’on veut parvenir à exploiter pleinement le Programme de données satellitaires NICFI.

En Afrique, l’esprit de collaboration est présent dans tous les aspects de la surveillance des forêts. Il convient d’utiliser différents outils, de nouer des partenariats solides et de s’attaquer avec diligence aux problèmes qui se posent. Les principales activités ont notamment consisté à recueillir méticuleusement des données sur la composition et la santé des forêts et à utiliser la télédétection pour obtenir des informations en temps réel sur les changements d’affectation des terres et les zones touchées par la déforestation.

Asie-Pacifique

 

Dans la région Asie-Pacifique, qui est dotée de paysages variés et luxuriants, des activités sont menées pour évaluer la santé des forêts, comprendre leur rôle dans le changement climatique et assurer une gestion durable des ressources forestières à l’aide des nouvelles technologies. La surveillance des forêts donne lieu à une multitude d’activités, qui permettent d’aborder la question sous des angles divers.

Les initiatives comprennent la mise en place et le perfectionnement d’inventaires nationaux des forêts, qui fournissent des données essentielles sur la composition et la croissance des forêts, ainsi que sur le stockage du carbone. La télédétection, qui permet de surveiller en temps réel les changements d’affectation des terres, la restauration des tourbières et même la déforestation, joue un rôle crucial. Le renforcement de la transparence est une autre priorité, ainsi que l’action menée par les pays pour améliorer la manière dont ils rendent compte des émissions liées aux forêts et de leur absorption. Des initiatives telles que les projets AIM4Forests et «Renforcer les capacités mondiales pour accroître la transparence dans le secteur forestier (CBIT‑Forest)» de la FAO, ainsi que le Partenariat pour les données forestières, offrent des perspectives prometteuses de progrès en matière de qualité des données, d’accessibilité et de collaboration.

La région Pacifique bénéficie des projets mis en œuvre par l’Agence allemande de coopération internationale: le projet de gestion et de conservation des écosystèmes de carbone bleu (MACBLUE), qui vise à cartographier les mangroves et les herbiers marins, et le projet de réhabilitation et de gestion des tourbières (PROPEAT), grâce auquel un inventaire des tourbières a été réalisé à des fins de restauration et de suivi. La région reçoit également une assistance pour la gestion des systèmes nationaux de surveillance terrestre et la mise en œuvre de REDD+. Au Cambodge, au Népal, en République démocratique populaire lao et au Viet Nam, SilvaCarbon contribue à l’amélioration des inventaires nationaux des forêts et à la préparation de données pour différentes initiatives de financement de la lutte contre les émissions de carbone, grâce à l’utilisation de méthodes avancées de surveillance des forêts. La République démocratique populaire lao a mis en place un système de suivi de la déforestation au niveau provincial, dans le cadre du projet F-REDD 2 soutenu par l’Agence japonaise de coopération internationale, et elle s’emploie à évaluer les facteurs nationaux d’émissions liés à la combustion de la biomasse avec l’aide de l’initiative SilvaCarbon. Dans le cadre de son portefeuille de programmes de réduction des émissions, la Banque mondiale fournit un appui important aux régions de l’Asie du Sud et de l’Asie orientale et du Pacifique, avec le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions de carbone forestier et le Fonds biocarbone.

Ces efforts s’appuient sur la collaboration entre diverses organisations et les pouvoirs publics, qui s’emploient ensemble à garantir la santé et la durabilité des écosystèmes vitaux de la région. Ces approches globales reflètent l’évolution positive de la surveillance des forêts dans la région Asie et Pacifique, et ouvrent à la voie à un avenir dans lequel ces écosystèmes vitaux sont préservés et prospèrent.

Amérique latine et Caraïbes

 

Les organisations partenaires, les gouvernements et les initiatives s’emploient avec diligence à concevoir des solutions de surveillance des forêts dans toute la région, qui visent notamment à améliorer l’estimation des émissions dans les pays qui participent au programme ONU-REDD et à harmoniser les données dans le cadre des systèmes d’inventaires nationaux des forêts. Des initiatives telles que AIM4Forests et CBIT-Forest de la FAO apportent aux nations les outils et les connaissances nécessaires pour mettre en place de solides systèmes de mesure, de notification et de vérification (MNV) des émissions.

La Colombie, où le système national de surveillance des forêts s’appuie sur des données d’entraînement, des définitions claires et des processus numériques, est un brillant exemple de réussite. Les stratégies d’atténuation, notamment le recours fréquent à la télédétection et la prise en compte de l’utilisation des terres, permettent d’entrevoir un avenir meilleur.

Au-delà des frontières, la collaboration mise en place entre l’initiative SERVIR et SilvaCarbon, et les projets que cette dernière met en œuvre en Amazonie et en Amérique centrale, mettent en avant l’esprit de coopération régionale. SilvaCarbon apporte son expertise dans des domaines tels que l’inclusion des mangroves et les systèmes d’alerte, tandis que SERVIR favorise la collaboration et le renforcement des capacités dans le cadre d’ateliers et de projets axés sur les données. Des initiatives telles que SERVIR Carbon Pilot (S‑CAP) permettent d’étendre la portée de la collaboration, de partager des connaissances et de renforcer les capacités au-delà de la région Amérique latine et Caraïbes.

Les activités de collaboration entre les trois principales régions forestières (Asie-Pacifique, Afrique et Amérique latine et Caraïbes) reflètent une évolution positive et témoignent des progrès accomplis dans la surveillance des forêts au niveau mondial. Comme l’ont expliqué les intervenants, les efforts susmentionnés illustrent les approches multiformes mises en œuvre par les organisations et les gouvernements dans trois ces grandes régions forestières tropicales. La collaboration et la transparence sont essentielles pour surmonter les difficultés et assurer une gestion durable de ces précieux écosystèmes, l’objectif étant de rendre la planète plus saine pour tous.

En savoir plus sur ce thème

Veuillez cliquer sur les liens ci-dessous pour obtenir plus d’informations sur l’initiative GFOI et les activités de ses partenaires.