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Afrique De L’ouest

Les prix des céréales secondaires ont affiché des tendances contrastées en octobre et sont restés à des niveaux nettement supérieurs à ceux observés un an auparavant dans la plupart des pays

11/11/2022

Dans les pays sahéliens, les prix des céréales secondaires ont affiché des tendances contrastées en octobre et sont restés à des niveaux exceptionnellement élevés. Les prix élevés tiennent à la faiblesse des disponibilités commerciales en raison des récoltes céréalières inférieures à la moyenne rentrées en 2021 et des flux commerciaux réduits, associés aux goulets d'étranglement logistiques persistants liés à la covid-19, aux interdictions d'exportation de céréales dans plusieurs pays et aux sanctions économiques imposées au Mali au cours du premier semestre de 2022 par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Les perturbations des marchés causées par les piètres conditions de sécurité dans les zones du Liptako-Gourma et du bassin du lac Tchad ont également contribué au niveau élevé des prix.

 

Au Mali, les prix du sorgho et du mil produits localement ont généralement augmenté en octobre, malgré les récoltes en cours, les hausses les plus prononcées ayant été enregistrées sur les marchés situés dans les zones centrales du pays en proie à des conflits et dans les zones limitrophes du Sénégal et du Burkina Faso. En glissement annuel, les prix des céréales secondaires ont progressé de quelque 125 pour cent, compte tenu de la situation précaire de l’offre sur le marché en raison des effets persistants des sanctions imposées par la CEDEAO sur le commerce transfrontalier au cours du premier semestre de l'année, de la production céréalière réduite en 2021 et des piètres conditions de sécurité, dans un contexte de vigueur de la demande intérieure et à l’exportation. Au Burkina Faso, les prix des céréales secondaires se sont généralement stabilisés ou ont fléchi en octobre dans l’essentiel du pays, sous la pression de l’arrivée sur le marché des cultures précoces, mais ils ont augmenté sur les marchés situés dans les régions du nord et de l'est gravement touchées par des conflits. Les prix du sorgho et du mil ont augmenté de respectivement 70 et 120 pour cent en un an, en raison principalement des perturbations des marchés causées par une grave détérioration des conditions de sécurité dans les zones en proie à des conflits et de la forte concentration de personnes déplacées à l'intérieur du pays qui a accru la demande alimentaire. Au Mali et au Burkina Faso, les perspectives de production inférieure à la moyenne ont accru les pressions à la hausse sur les prix. Au Niger, les prix du mil et du sorgho ont sensiblement baissé en octobre, conformément aux tendances saisonnières. La production céréalière de 2022 devrait rebondir après la forte contraction de la production en 2021, et exacerber ainsi les pressions saisonnières à la baisse. Sur la plupart des marchés, les prix sont proches des valeurs observées un an auparavant. Toutefois, à Tillaberi et Niamey, les prix étaient encore supérieurs de 15 pour cent à leur niveau de l'année précédente. Au Tchad, les prix des céréales secondaires ont affiché des tendances contrastées en septembre et sont restés nettement plus élevés qu’un an auparavant, compte tenu des graves perturbations des marchés et des moyens de subsistance causées par les inondations généralisées, qui ont également provoqué des dommages importants aux cultures sur pied, et par les piètres conditions de sécurité dans les régions du Lac et de Tibesti. Les prix du maïs, du sorgho et du blé se sont établis à des valeurs supérieures de respectivement 55, 37 et 46 pour cent à celles de l’an dernier.

 

Dans plusieurs pays riverains du golfe de Guinée, les prix des céréales secondaires ont également affiché des tendances contrastées entre septembre et octobre. Au Ghana, les prix des céréales secondaires produites localement ont augmenté pour le deuxième mois consécutif en octobre. Malgré les disponibilités moyennes à supérieures à la moyenne issues des bonnes récoltes céréalières de 2021 et des récoltes céréalières de 2022 en cours, les prix du maïs, du sorgho et du mil se sont établis à des valeurs supérieures de respectivement 45, 115 et 140 pour cent à celles d’octobre 2021. Cela s’explique par les pressions inflationnistes persistantes exercées par la vigueur de la demande d'exportation, la dépréciation de la monnaie nationale et la hausse des prix internationaux des produits de base. Au Togo, les prix du maïs et du sorgho sont restés généralement stables ou ont encore baissé en octobre, sous la pression des récoltes en cours de la campagne principale, tandis qu'ils ont augmenté à Lomé et dans les zones septentrionales limitrophes du Burkina Faso, en raison de la forte demande transfrontalière. En glissement annuel, les prix du maïs et du sorgho ont progressé de respectivement 25 et 40 pour cent par rapport à leurs valeurs de l'année précédente, reflétant une forte demande intérieure et la hausse des coûts de production. Au Bénin, les prix du maïs ont baissé pour le troisième mois consécutif, alors que ceux du sorgho sont restés globalement stables. Dans l’ensemble, les prix du maïs et du sorgho se sont établis à des valeurs inférieures de respectivement 20 et 10 pour cent à celles de l'année dernière, compte tenu des disponibilités suffisantes sur le marché. Au Nigeria, les prix des céréales secondaires ont affiché des tendances contrastées entre septembre et octobre. En moyenne, les prix du maïs et du mil ont augmenté de plus de 15 pour cent en un an, alors que les prix du sorgho sont restés proches de leurs niveaux de l'année précédente. Sur certains marchés du nord-est et du centre-nord, les hausses annuelles des prix ont été plus prononcées, soutenues par des conditions de sécurité médiocres et des coûts de transport accrus, récemment aggravés par les perturbations causées par d’importantes inondations. Les prix du riz ont augmenté en septembre et octobre, soutenus par une forte demande, les variétés locales et importées ayant enregistré des hausses de respectivement 55 et 35 pour cent par rapport à l’an dernier. L'inflation alimentaire annuelle au Nigeria a atteint un record de 23,34 pour cent en septembre, soutenue par les coûts accrus des importations, associés à la dépréciation de la monnaie nationale, dans le sillage des hausses des prix internationaux des produits de base.