Inverser la tendance en matière de désertification : la FAO et Djibouti lancent un plan audacieux pour renforcer la mise en œuvre de la Grande Muraille Verte
Lancement d’une nouvelle stratégie et coalition nationale pour déployer la Grande Muraille Verte à Djibouti
Avec près de 90 % de son territoire classé comme aride ou semi-aride, Djibouti est confronté à des défis importants tels que la désertification, la pénurie d'eau, le déclin de la fertilité des sols et la nécessité de renforcer la résilience et le bien-être des communautés rurales. Pour relever efficacement ces défis, le pays a renouvelé son engagement en faveur de l'initiative de la Grande Muraille Verte (GMV) en lançant officiellement sa Coalition nationale et sa Stratégie nationale et Plan d'action 2025-2034 révisés de la GMV.
L'atelier national de trois jours (reportages vidéo ici et ici), qui s'est tenu du 27 au 29 octobre 2025 à Djibouti, a réuni 45 participants, dont des représentants du Ministère de l'Environnement et du Développement durable (MEDD), du Ministère de l'Agriculture, de l'Eau, de la Pêche, de l'Élevage et des Ressources halieutiques (MAEPE-RH), d'autres ministères sectoriels concernés, des autorités locales, du monde universitaire (CERD et Université de Djibouti), des coopératives rurales (notamment l'Association PARI et la coopérative Ali-Faren), des associations de femmes, ainsi que des partenaires techniques et opérationnels tels que la FAO, le PAM et l'OIM. L'atelier a constitué une excellente plateforme de dialogue et de coordination sur la GMV et a permis de valider des instruments stratégiques, opérationnels et de reporting. La Stratégie nationale et le Plan d'action révisés de la GMV (2025-2034), élaborés avec le soutien continu de la FAO, définissent les orientations futures de la mise en œuvre de l’initiative à Djibouti, dans le cadre de la Stratégie régionale de l'Agence panafricaine de la GMV. Le document présente le cadre stratégique et institutionnel de Djibouti pour la mise en œuvre de l'initiative au cours de la prochaine décennie, en alignant les actions nationales sur les engagements régionaux et mondiaux en matière de climat et de restauration des terres.
Cet atelier a également offert l'occasion de lancer le projet multi-pays et financé par le FVC intitulé « Renforcement de la résilience dans la Grande Muraille Verte africaine » (SURAGGWA). « C’est le premier projet à Djibouti dédié exclusivement à la Grande Muraille Verte », a déclaré Idriss Ismaël Nour, Directeur de l'Environnement. En effet, Djibouti a pour objectif la restauration de 300 000 hectares de terres dégradées dans son nouveau plan d'action, et le projet SURAGGWA couvrira jusqu'à 10 % de cet objectif, en plus du développement de filières de produits forestiers non-ligneux tels que la résine de Boswellia (encens), l'Opuntia (cactus), le palmier dattier et la production de fourrage pour le bétail. Approuvé en juillet 2025, SURAGGWA vise à accélérer la restauration des terres à grande échelle, à promouvoir les chaînes de valeur durable de produits forestiers non-ligneux et à renforcer les capacités des institutions nationales et régionales de la GMV dans huit pays du Sahel. Cette initiative est la première proposition multinationale de la FAO et la plus importante demande de financement jamais soumise au nom de ses pays membres. SURAGGWA s'appuie sur les premières interventions du projet Action Contre la Désertification (ACD) depuis 2021 à Djibouti. L'atelier national a permis à la FAO de présenter SURAGGWA auprès de la Coalition nationale et du ministère de l'Environnement et en particulier ses trois composantes, les modalités de mise en œuvre et les partenariats de réalisation, et en validant une feuille de route opérationnelle de deux ans (2026-2027). Grâce à cet engagement renouvelé, la FAO et le MEDD réaffirment leur volonté commune de veiller à ce que les interventions de la Grande Muraille Verte à Djibouti soient coordonnées, transparentes et inclusives, ouvrant ainsi la voie à une restauration des terres efficace et à l'amélioration des moyens d’existence dans tout le pays.
Pour l’élaboration des situations de référence biophysiques et socio-économiques de la GMV, la FAO a collaboré avec des experts nationaux afin de former et de garantir que l'harmonisation des rapports et du suivi des interventions et des progrès soit évaluée et mesurée régulièrement de manière transparente, comparable et cohérente. Les résultats des références socio-économiques et biophysiques nationales évaluées ont été présentés lors de l'atelier, fournissant ainsi des données de référence solides pour la planification, le suivi et l'évaluation des interventions et des activités de restauration des terres. La FAO a également présenté les outils numériques innovants d'analyse de l'utilisation des terres et de suivi de la restauration développés dans le cadre du programme ACD, notamment l'Application de Suivi de la Restauration des Terres dans la GMV et Collect Earth. Ces outils sont de plus en plus utilisés et adoptés par les pays et l'Agence panafricaine de la GMV. L'utilisation de données et d'outils efficaces et coordonnés est essentielle pour évaluer et suivre les progrès tant de SURAGGWA que de la GMV.
Grâce au soutien financier de l'Union européenne (projet K4GGWA) et du FVC, la FAO a joué un rôle de premier plan en aidant Djibouti à mettre en place la Coalition nationale pour la GMV, un mécanisme de gouvernance inclusif qui rassemble les ministères, les gouvernements locaux, les communautés et les partenaires de développement. Le lancement officiel de la Coalition marque une étape importante dans le renforcement de l'appropriation nationale et de la coordination des initiatives de restauration des terres et de résilience climatique dans tout le pays.