Paraguay
Au Paraguay, la gestion des ressources halieutiques repose sur des périodes de fermeture temporaire de la pêche, appliquées chaque année à l’échelle nationale et selon un calendrier variable. Bien que ces fermetures contribuent à la conservation des stocks de poissons, elles limitent la capacité des pêcheur·se·s à subvenir à leurs besoins durant cette période.
Pour atténuer cet impact, un dispositif d’indemnisation a été mis en place afin de soutenir les pêcheur·se·s et d’encourager le respect de la réglementation.
Le Programme d’assistance aux pêcheur·se·s du territoire national (Programa de Asistencia a Pescadores del Territorio Nacional, en espagnol) offre un appui financier pendant la période de fermeture. Le montant de l’indemnisation dépend de la durée de la fermeture. Pour en bénéficier, les pêcheur·se·s doivent être inscrit·e·s dans la base de données nationale des pêches et satisfaire à un critère d’éligibilité fondé sur le niveau de pauvreté.
Le programme soutient environ 19 648 pêcheur·se·s, avec un seul versement par ménage. Le montant versé est ajusté selon la taille du foyer (personne seule, petite famille, grande famille), sauf pour les pêcheur·se·s autochtones, qui sont exempté·e·s de cet ajustement.
La FAO a évalué la pertinence et la performance du programme, en examinant notamment l’utilisation des registres sociaux et les impacts socio-économiques du dispositif. L’organisation a également analysé les moyens de subsistance alternatifs et les vulnérabilités des pêcheur·se·s.
Ce projet a permis de renforcer la collaboration interinstitutionnelle entre les ministères chargés du développement social et de l’agriculture, pour une réponse plus intégrée et durable aux besoins du secteur de la pêche artisanale.
Appui aux politiques fondées sur des données probantes
La FAO a réalisé une évaluation de l’impact socio-économique du Programme d’Assistance aux Pêcheur·se·s Artisanaux (Programa de Apoyo a los Pescadores Artesanales, PROAP), ainsi qu’une analyse approfondie des vulnérabilités des pêcheur·se·s. Les résultats ont montré que 97 % des bénéficiaires du PROAP ne cotisent pas au fonds de retraite, mettant en lumière une couverture sociale très insuffisante parmi les pêcheur·se·s artisanaux·ales. De plus, seulement 58 % des bénéficiaires sont officiellement enregistré·e·s comme pêcheur·se·s, ce qui souligne les difficultés à formaliser leur statut dans le secteur.
La FAO a également évalué les vulnérabilités auxquelles font face les pêcheur·se·s, telles que l’accès limité à l’éducation, des conditions de logement et d’assainissement précaires, des conditions de travail instables, ainsi que l’absence d’accès aux systèmes de retraite.
Développement d’outils techniques
La FAO a évalué les systèmes d’enregistrement des pêcheur·se·s artisanaux·ales au Paraguay et a développé des outils techniques pour faciliter la mise en œuvre efficace des programmes de pêche. Cela comprend des lignes directrices pour la mise en œuvre d’un programme national d’aquaculture sur cinq ans, des mécanismes pour formaliser et renforcer les associations existantes dans le secteur de la pêche artisanale, ainsi que des lignes directrices pour la création de nouvelles associations dans les communautés de pêche.
Échanges de connaissances et diffusion
Le Groupe de travail Catalyseur a été mis en place pour améliorer la coordination institutionnelle à travers des ateliers interministeriels. Ce groupe rassemble les principaux ministères publics en charge du développement social, de l’environnement et du développement durable, du cabinet social, ainsi que de l’agriculture et de l’élevage. Il a été créé dans le cadre du projet Protection sociale pour la pêche et l’aquaculture (SocPro4Fish) au Paraguay, financé par l’Agence norvégienne de coopération au développement (Norvège).