Protection sociale pour la pêche et l'aquaculture (SocPro4Fish)

Isla Cristina accueille un cours international sur la promotion du travail décent dans le secteur de la pêche

23/05/2025,
Isla Cristina, Espagne

Une formation internationale visant à renforcer les conditions de travail dans le secteur de la pêche s’est achevée à Isla Cristina, en Espagne. Pendant cinq jours, plus de 30 participants – responsables d’administrations des pêches, inspecteurs du travail, conseillers techniques et spécialistes de 19 pays – ont pris part à des sessions techniques, des activités pratiques et des échanges interinstitutionnels. 

La pêche est reconnue comme l’une des professions les plus dangereuses au monde. Les travailleurs, en particulier dans les communautés artisanales et migrantes, sont souvent confrontés à de longues heures de travail, des environnements hostiles, une protection sociale limitée ainsi qu’à des obstacles à l’accès à un travail décent. S’attaquer à ces défis est essentiel pour promouvoir la durabilité, l’équité et la résilience des communautés côtières et du secteur halieutique à l’échelle mondiale. 

Renforcer les capacités pour un travail décent 

Le cours, intitulé « Promotion de conditions de travail décentes dans le secteur de la pêche », a été organisé par le CIHEAM Saragosse, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), et l’Institut Social de la Marine (ISM), avec l’appui de l’Institut national de sécurité et de santé au travail (INSST). L’événement s’est tenu au Centre national de formation d’Isla Cristina (CNF). 

L’engagement de la FAO en faveur d’un travail décent dans la pêche et l’aquaculture repose sur la Déclaration de 2021 du COFI sur la pêche et l’aquaculture durables, qui appelle l’Organisation à faire progresser le travail décent et la protection sociale dans le secteur. Cet engagement s’inscrit dans le cadre de la Stratégie de transformation bleue de la FAO, qui met en avant le rôle de la protection sociale dans la promotion du bien-être des pêcheurs et de la durabilité. Cette stratégie s’aligne avec le mandat global de la FAO visant à renforcer les capacités professionnelles, promouvoir des pratiques responsables et garantir des conditions de travail sûres et équitables. 

Les participants ont examiné le cadre juridique international relatif aux droits des travailleurs de la pêche, les déficits de travail décent, notamment les violences, le travail des enfants et le travail forcé, la sécurité et la santé en mer, la situation des travailleurs migrants et les mécanismes de protection sociale. Le programme a combiné des modules théoriques avec des démonstrations techniques et des études de cas pour permettre aux participants d’évaluer et d’améliorer les conditions de travail dans leurs pays respectifs. 

Le cours a également abordé les conditions de travail sur les navires opérant dans les zones maritimes situées au-delà des juridictions nationales (ABNJ), soulignant la nécessité d’une coopération entre institutions nationales et internationales pour progresser dans ce domaine. 

Dans le cadre de son engagement auprès des Organisations régionales de gestion des pêches (ORGP), le projet « Pêcheries en haute mer » du programme Océans Communs, financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), a soutenu la participation de six représentants. 

Lutter contre le travail des enfants et promouvoir la protection sociale 

La FAO a présenté son approche pour lutter contre le travail des enfants dans le secteur de la pêche, mettant en avant sa collaboration continue avec l’Organisation internationale du travail (OIT) pour actualiser les orientations internationales. Le guide FAO-OIT sur le travail des enfants dans la pêche et l’aquaculture a été cité comme ressource clé pour les décideurs et les parties prenantes. La FAO a également souligné l’importance de la protection sociale, conformément au Chapitre 6 des Directives volontaires pour une pêche artisanale durable, comme fondement du travail décent. 

Apprentissage pratique et engagement institutionnel 

En complément des sessions techniques, les participants ont effectué des visites de terrain et des exercices pratiques, tels que des inspections de navires, des simulations de sécurité au travail et des études de cas démontrant la nécessité de mettre en œuvre des solutions concrètes. Ces activités ont permis d’illustrer l’application de la réglementation intersectorielle du travail et l’importance du dialogue social. 

Lors de la séance d’ouverture, des représentants du gouvernement espagnol, du CNF, de l’INSST et de la municipalité d’Isla Cristina ont réaffirmé leur engagement en faveur du travail décent dans le secteur de la pêche. 

Soutenir les Objectifs de développement durable 

Le cours s’inscrit dans les efforts conjoints du CIHEAM Saragosse, de la FAO, de l’ISM et de l’INSST pour renforcer les capacités humaines et institutionnelles en soutien aux Objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD 1.3 (Mettre en œuvre des systèmes de protection sociale), l’ODD 8 (Travail décent et croissance économique), l’ODD 10 (Réduction des inégalités) et l’ODD 14 (Vie aquatique). L’approche intersectorielle du programme souligne l’importance de la collaboration dans des domaines tels que la sécurité au travail, le droit du travail, la migration, l’équité de genre et la gouvernance maritime. 

Pendant cinq jours, l’atelier a constitué une plateforme d’échange et de coopération entre professionnels venus d’Europe, d’Afrique, d’Asie et des Amériques. Les participants repartent avec des compétences renforcées pour promouvoir le travail décent, la protection sociale et des moyens de subsistance durables dans le secteur de la pêche.