L’insécurité alimentaire aiguë s’aggrave dans les zones contrôlées par le Gouvernement au Yémen, dans un contexte de forte réduction des financements et de ralentissement économique
©Ahmed AlBasha
La situation de la sécurité alimentaire dans les zones contrôlées par le Gouvernement dans le sud du Yémen est désastreuse, avec près de la moitié de la population en situation d’insécurité alimentaire aiguë et luttant pour trouver de quoi se nourrir. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont averti contre le risque d’aggravation de la crise de l’insécurité alimentaire dans les mois à venir.
La dernière mise à jour partielle du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), publiée aujourd’hui, brosse un tableau sombre pour les gouvernorats du Sud. Entre mai 2025 et août 2025, environ 4,95 millions de personnes seront confrontées à une insécurité alimentaire de niveau «crise» ou pire (phase 3+ de l’IPC), dont 1,5 million en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC). Cela représente une augmentation de 370 000 personnes souffrant d’insécurité alimentaire sévère par rapport à la période allant de novembre 2024 à février 2025.
La situation devrait se détériorer davantage à l’avenir. Entre septembre 2025 et février 2026, 420 000 personnes supplémentaires pourraient se retrouver en phase 3 de l’IPC ou dans une situation plus grave si une aide urgente et pérenne n’est pas fournie. Cela porterait à 5,38 millions le nombre total de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère dans les gouvernorats du Sud, soit plus de la moitié de la population.
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Les crises multiples qui se chevauchent continuent d’exacerber l’insécurité alimentaire, notamment la récession économique qui perdure, la dépréciation de la monnaie dans les gouvernorats du Sud, les conflits et les phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes. Le retard de la saison des plantations, le risque accru d’inondations en juillet et la propagation de maladies touchant à la fois les animaux et les végétaux, en particulier le criquet pèlerin, devraient accentuer davantage les pressions qui pèsent sur une situation déjà fragile.
Les acteurs humanitaires, notamment l’UNICEF, le PAM et la FAO, sont en train de redéfinir leurs priorités humanitaires au Yémen, en ciblant les zones à haut risque avec des interventions intégrées dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la nutrition, de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène, ainsi que de la santé et de la protection, afin de maximiser l’impact de leurs actions visant à sauver des vies.
«Le fait que de plus en plus de personnes au Yémen ne sachent pas d’où viendra leur prochain repas est extrêmement préoccupant à un moment où nous sommes confrontés à des difficultés de financement sans précédent», a déclaré le directeur adjoint du PAM au Yémen, Siemon Hollema. «Une aide immédiate est nécessaire pour que nous puissions continuer à venir en aide aux familles les plus vulnérables qui n’ont personne d’autre vers qui se tourner».
Les agences appellent de toute urgence à une aide humanitaire et à un soutien aux moyens de subsistance durables et à grande échelle afin d’empêcher les communautés de sombrer davantage dans l’insécurité alimentaire, de garantir l’accès aux services de base et de créer des opportunités économiques et des moyens de subsistance.
Le représentant de la FAO au Yémen, Dr Hussein Gadain, a souligné: «La situation est désastreuse et nécessite une intervention urgente, sachant que l’agriculture est la clé pour mettre fin à la crise alimentaire au Yémen. De plus, les précipitations tardives et insuffisantes en avril jettent une ombre sur la saison des plantations actuelle, menaçant les moyens de subsistance déjà fragilisés des agriculteurs et la disponibilité des denrées alimentaires. Avec une aide d’urgence, nous pouvons relancer la production alimentaire locale, préserver les moyens de subsistance et passer de la crise à la résilience en garantissant ainsi l’efficacité et l’efficience».
Les personnes déplacées à l’intérieur du pays, les ménages ruraux à faible revenu et les enfants vulnérables sont particulièrement touchés, car ils sont confrontés à une vulnérabilité accrue en raison des réductions budgétaires, de la diminution des moyens de subsistance et de la réduction des mécanismes de résilience.
Le représentant de l’UNICEF au Yémen, Peter Hawkins, a souligné qu’ «environ 2,4 millions d’enfants de moins de cinq ans et 1,5 million de femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition aiguë au Yémen, ce qui les expose à un risque accru de maladies, de retard de développement et de décès». «Les données nutritionnelles de l’IPC suggèrent une nouvelle détérioration dans au moins cinq des 17 zones de subsistance dans les régions contrôlées par le gouvernement internationalement reconnu du Yémen. L’UNICEF et ses partenaires prennent donc des dispositions pour intensifier leur intervention, qui doit perdurer si nous voulons surmonter la crise», a-t-il ajouté.
En savoir plus sur ce thème
À propos de la FAO: l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) est une institution spécialisée des Nations Unies qui pilote les efforts internationaux pour éliminer la faim. Notre objectif est d’assurer la sécurité alimentaire pour tous et de garantir que chacun a accès à une alimentation de qualité pour mener une vie active et saine. Avec plus de 194 membres, la FAO travaille dans plus de 130 pays à travers le monde.
Pour en savoir plus, suivez la FAO Yémen sur X: @FAOYemen
À propos du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM): le PAM est la plus grande organisation humanitaire au monde. Elle sauve des vies dans les situations d’urgence et utilise l’aide alimentaire pour ouvrir la voie à la paix, à la stabilité et à la prospérité pour les populations qui se remettent d’un conflit ou d’une catastrophe.
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À propos de l’UNICEF: l’UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant, dans chacune de ses actions. En collaboration avec nos partenaires, nous travaillons dans 190 pays et territoires pour traduire cet engagement en actions concrètes, en concentrant nos efforts sur les enfants les plus vulnérables et les plus exclus, dans l’intérêt de tous les enfants, partout dans le monde.
Pour plus d’informations sur l’UNICEF au Yémen et son travail en faveur des enfants, rendez-vous sur www.unicef.org/yemen
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Contacts
FAO: Evani Debone
PAM: Cheyenne Curley
UNICEF: Kamal Al-Wazizah