Bureau régional de la FAO pour le Proche-Orient et l'Afrique du Nord

L’approche holistique de la FAO pour lutter contre l’insécurité alimentaire et renforcer la résilience dans les pays touchés par des conflits

Un agriculteur expose ses récoltes de millet, symbolisant la résilience et l'espoir après une saison difficile à Gedaref, au Soudan.

©FAO/Mahmoud Shamrouk

03/12/2024, Le Caire

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) continue de fournir une aide d’urgence conjuguée à des efforts de développement et de consolidation de la paix dans les pays touchés par des conflits dans la région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord (NENA). 

Selon le Bulletin régional de suivi des politiques alimentaires publié récemment, les conflits dans la région NENA ont gravement compromis la sécurité alimentaire. Les conflits ont perturbé la production agricole, détruit les infrastructures, causé des déplacements de populations et affaibli les économies locales, plongeant ainsi des millions de personnes dans une situation de faim aiguë.  

Le bulletin souligne que les conflits restent le principal facteur de la faim dans la région, actuellement objet du plus grand nombre de conflits dans le monde et subissant le coût le plus élevé de la violence. 

Les efforts internationaux menés par la FAO visent à fournir une aide d’urgence, à reconstruire les systèmes agricoles et à créer une résilience à long terme. Cependant, l’ampleur des crises régionales nécessite des interventions globales et durables qui conjuguent l’aide d'urgence aux efforts de développement et de consolidation de la paix. Cette approche axée sur le nexus  — humanitaire, développement et paix — est essentielle pour aborder les problèmes structurels à l’origine des conflits et de l’insécurité alimentaire, tout en veillant à ce que les populations touchées soient non seulement nourries, mais aussi soutenues dans la reconstruction de systèmes alimentaires résilients. 

«Aborder l’insécurité alimentaire dans la région NENA nécessite des réponses coordonnées, un soutien financier substantiel et des stratégies à long terme qui donnent la priorité au renforcement de la résilience, à la durabilité environnementale, à la consolidation de la paix et à la stabilité sociale pour briser le cycle de la faim et des conflits», souligne l’économiste principal de la FAO pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, Ahmad Mukhtar.  

Le récent bulletin note également que les prix des denrées alimentaires ont augmenté à l’échelle mondiale, cette année. Toutefois, les prix alimentaires affichent une tendance modérée à l’accélération ou à la baisse, dans la plupart des pays de la région. La sécheresse en début de saison suscite des inquiétudes quant à l’établissement des cultures, et les conflits continuent de réduire les rendements dans des pays tels que la République du Soudan, la République arabe syrienne et la République du Yémen.  

La section du bulletin consacrée au suivi des politiques met en évidence les efforts déployés pour accroître la production nationale de cultures stratégiques (telles que le blé, l’orge et le maïs en Algérie; le blé et la canne à sucre en Égypte; le blé et le riz en Iraq; et le blé à Oman et en Arabie Saoudite), ainsi que d’engrais (Égypte, Iraq, Qatar et Arabie Saoudite). Les pays travaillent, également, à l’augmentation des capacités des silos à grains (Algérie, Égypte et Iraq). L’Égypte a, elle, augmenté le prix du blé local et celui importé, tandis que l’Iraq a augmenté le prix des engrais importés pour soutenir les producteurs nationaux. 

Le changement climatique a affecté la qualité et la quantité des produits agricoles. D’ailleurs, plusieurs pays de la région sont en train de mettre en œuvre plusieurs mesures d’adaptation et d’atténuation des effets du changement climatique, en l’occurence la construction de serres à climat contrôlé (Oman, Qatar et Émirats arabes unis), le reboisement (Liban et Oman), la réduction de la production de produits hydrovores (le riz en Égypte, par exemple), la modernisation des infrastructures d’irrigation, y compris la construction de barrages et l’augmentation de l’utilisation des eaux usées (Maroc et Oman), et le dessalement (Tunisie). 

De nombreux pays de la région ont obtenu de bons résultats en matière d’exportation de produits agricoles au cours de la campagne 2023/2024. L’Égypte, par exemple, a exporté des agrumes, des pommes de terre, des oignons, des raisins et des haricots, tandis que le Maroc a exporté des fruits et des légumes. Le Royaume a, aussi, levé son interdiction d’export sur les pommes de terre et les oignons vers les pays africains. Le Royaume hachémite de Jordanie a, quant à lui, restreint les exportations de tomates pour stabiliser les prix intérieurs. 

Les pays sont, également, en train de diversifier leurs importations de blé afin d’accroître la résilience des approvisionnements; l’Égypte important de la Turquie, le Maroc et la Tunisie de la Russie. Les Émirats arabes unis ont achevé les négociations avec l’Australie, le Chili, le Maroc et la Nouvelle-Zélande en vue d’un accord de partenariat économique global visant à stimuler le commerce et l’investissement dans tous les secteurs.  

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