Intégrer des approches sensibles aux conflits dans les programmes de la FAO
Les conflits compromettent la résilience et peuvent forcer les individus et les ménages à s'engager dans des stratégies d'adaptation de plus en plus destructives et irréversibles qui menacent leurs moyens de subsistance futurs, la sécurité alimentaire et la nutrition.
Dans la région du Proche-Orient et de l'Afrique du Nord (NENA), le conflit est le principal moteur de l'insécurité alimentaire. Dans les pays en conflit, le niveau de sous-alimentation est actuellement six fois plus élevé que dans les pays non touchés par un conflit, tandis que le niveau d’insécurité alimentaire sévère est deux fois plus élevé que dans les autres. Au Yémen, par exemple, 17 millions de personnes (60% de la population) souffrent d'insécurité alimentaire sévère.
Le conflit est également un facteur principal de déplacement de la population. Près de 75% des 67,6 millions de personnes déplacées à l’échelle mondiale ont été contraints à fuir en raison de la violence dans cinq pays de la région.
Par ailleurs, les conflits entravent le développement, tout comme ils intensifient et consolident la pauvreté existante. Les pays du NENA touchés par les conflits déboursent 21 à 67% de leur PIBsur des dépenses liées aux conflits.
Dans ce contexte, il devient crucial d'appliquer une optique sensible aux conflits à notre travail.
Programmation sensible aux conflits
Renforcer la programmation de la FAO dans les contextes fragiles et touchés par les conflits est essentiel pour soutenir des moyens de subsistance résilients, tout en veillant à ce que les interventions n'aggravent pas la situation conflictuelle et facilitent, là où cela est possible, les transformations positives dans la zone d'intervention. Par conséquent, l'adoption d'approches sensibles au conflit pour informer en matière de programmation est impérative pour l'Initiative régionale pour favoriser la résilience et renforcer la sécurité alimentaire et la nutrition (RI-FSN).
« Dans une région où plus d'un tiers des pays sont touchés par des conflits, la programmation sensible aux conflits est une priorité pour l'Initiative régionale pour favoriser la résilience et renforcer la sécurité alimentaire et la nutrition », a déclaré Ayman Omer, administrateur chargé de l’exécution de l’Initiative régionale RI-FSN.
Dans le cadre institutionnel de la FAO pour soutenir une paix durable dans le contexte de l'Agenda 2030 et avec le soutien de l'Unité de Crise Prolongée au siège de la FAO et Interpeace, l'Initiative Résilience a organisé le 1er mai une formation de trois jours sur la programmation sensible aux conflits qui a réuni les participants des pays les plus touchés par les conflits ou en état de crise prolongée dans la région.
Avec cette formation, le RI-FSN vise à soutenir les bureaux des pays opérant dans des situations de conflit à appliquer une approche et des outils structurés pour s'engager efficacement dans une analyse et une conception sensibles aux conflits afin d'informer le développement et la mise en œuvre du programme.
Les participants ont souligné l'importance d'inclure des outils spécifiques lors de la conception et de la mise en œuvre des programmes, afin d’assurer une meilleure compréhension des dynamiques et des principaux facteurs de conflit dans les circonstances changeantes de leur contexte.
03/05/2018
